Carnets sur sol

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Ian BOSTRIDGE

Manière de mettre la zizanie, voici un sujet sympathique.

Eh bien moi, j’adore absolument Bostridge. Et plus que tout, dans les lieder de Schubert. Si, si. Mais attention, pas n’importe comment ; avec Drake en co-interprète et si possible sur le vif. Le Winterreise avec Andsnes n’est pas totalement exaltant.

Les deux compères déploient une force d’imagination et de suggestion hors du commun. Et jamais dans la facilité. A l’inverse de Fischer-Dieskau, qui articule différemment chaque syllabe (jusqu’à l’orgie d’intentions plus ou moins abouties, dans les années 70), ici ce sont les atmosphères qui sont savamment travaillées. On peut ne pas aimer ce chant grimaçant, mais il y a là une personnalité artistique très affirmée et un travail en profondeur sur les oeuvres, dans le but de leur rendre justice. Dans Im Frühling, Über Wildemann, Der Zwerg ou encore Totengräbers Heimweh, je marche totalement.

Oui, c’est parfois chichiteux, la voix apparaît et disparaît (pas très sonore, on l’imagine), oui, on peut détester ces faces déformées qu’on imagine à l’écoute. Mais c’est tellement construit, tellement éloquent, et m’apprend tellement sur chaque lied que j’écoute en leur compagnie que j’y suis très attaché.

Je m’abstiendrai de faire le récapitulatif de tous les répertoires qu’il a abordé. Mais Orfeo, Aeneas, les Evangelistes, Belmonte et à l’autre bout les songs de Britten et The Tempest d’Ades, c’est très impressionnant. Je l’aime partout, avec cette voix multiforme, qui semble successivement passer par tous les conduits possibles, avec au besoin aussi bien des bruits de gorge que de l’émission mixte...




Ajout du mardi 3 juillet 2007 : on peut entendre Ian Bostridge et Julius Drake dans une radiodiffusion archivée par la radio lettonne : article correspondant.


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Commentaires

1. Le jeudi 21 décembre 2006 à , par Morloch

bonjour (je crois que c'est la première fois que je poste ici)

Je n'avais pas vu que vous étiez amateur de Bostridge, pour information aux parisiens qui passent par ici, il passe le 23 janvier au châtelet avec Drake dans un programme de lieder de Schubert (ce n'est pas précisé lesquels)

La description ici faite est attirante, mais quand vous dites "chichiteux", ça veut dire plutôt subtil ou plutôt lourdingue et affecté ? bah je verrai bien et de toutes façons à vous lire Brendel aussi est chichiteux (pauvre Alfred tiens, qui jouerait Beethoven le petit doigt en l'air, s'il savait) et je croyais que c'était rédhibitoire sur ce blog. Il y a donc des bons chichiteux (les chichiteux qui se sont achetés une conduite) et les mauvais chichiteux (les infââââââmes).

Bon je vous dirai ce que j'en ai pensé, et on fera avancer la science de la chichitologie.

2. Le jeudi 21 décembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Morloch !

bonjour (je crois que c'est la première fois que je poste ici)

Il me semble aussi !


Je n'avais pas vu que vous étiez amateur de Bostridge,

On fait semblant de se vouvoyer ici, on c'est d'habitude qu'on fait semblant de se tutoyer ? :-)

pour information aux parisiens qui passent par ici, il passe le 23 janvier au châtelet avec Drake dans un programme de lieder de Schubert (ce n'est pas précisé lesquels)

Généralement, leur programmation est très intelligente : quelques tubes, assortis d'un bon nombre de pièces pas extrêmement célèbres mais d'au moins aussi grande qualité - des dernières années de Schubert, généralement à partir de D.800.

Et je me répète :-) :
Il s'agit de l'un des meilleurs duos disponibles dans toute la discographie. Il faut aimer la façon de Bostridge, c'est assez maniéré, mais son association avec Drake est toujours surprenante, très intéressante et engagée.


La description ici faite est attirante, mais quand vous dites "chichiteux", ça veut dire plutôt subtil ou plutôt lourdingue et affecté ?


Subtil et affecté, si on veut. C'est très sophistiqué, avec beaucoup de sons de gorge, d'impuretés savamment agencées. On peut apprécier la qualité du timbre, l'interprétation fouillée, ou au contraire détester cet débauche d'effets vocaux plus ou moins orthodoxes.


bah je verrai bien et de toutes façons à vous lire Brendel aussi est chichiteux (pauvre Alfred tiens, qui jouerait Beethoven le petit doigt en l'air, s'il savait) et je croyais que c'était rédhibitoire sur ce blog.

Ce carnet n'a pas publié de Loi Fondamentale ni de Principes Constitutionnels - à moins qu'un comité dissident ne l'ai fait en grand secret.


Il y a donc des bons chichiteux (les chichiteux qui se sont achetés une conduite) et les mauvais chichiteux (les infââââââmes).

Plus prosaïquement, il y a les chichiteux qui me plaisent, et ceux qui me déplaisent. Ceux qui me plaisent, c'est-à-dire ceux qui se servent des chichis bien trempés d'huile pour servir une logique, une vision (Der Zwerg par Bostridge/Drake le démontre admirablement), et ceux qui le font un peu par plaisir d'étaler leur pensée infinie des textures.

Si l'on écoute Brendel accompagner Goerne dans le Winterreise, prenons Letzte Hoffnung, tandis que le baryton entonne la grande phrase lyrique finale ("[et] je pleure sur la tombe de mon espoir"), le pianiste s'amuse à expérimenter toute une gamme de détachés, d'intonations, de ruptures, d'effets, d'échos, au demeurant fort réussis, mais sans aucun lien avec le propos - juste de l'esthétisme. Pire, ils brisent l'unité de la phrase, parasitent l'attention - "coucou, je suis là !".

Par ailleurs, j'ai dit le plus grand bien de Brendel dans le Schwanengesang, où il est au contraire d'une densité et d'une poésie très réelles. Il n'y a donc pas de banni ici.


Bon je vous dirai ce que j'en ai pensé, et on fera avancer la science de la chichitologie.

Bien volontiers !

3. Le jeudi 21 décembre 2006 à , par Morloch

Oui, on va faire mine de se tutoyer, c'est l'usage sur le net. Mais c'est intimidant ici, les murs sont hauts, et tout ce marbre partout... oula...

tiens sinon ça t'amusera : sâches que je suis l'homonyme exact d'un chanteur d'opéra français bien connu des amateurs de mélodies. On m'a même appelé au téléphone et écrit pour donner des master classes, offres que j'ai toujours repoussées (après un temps d'hésitation toutefois, si je faisais croire que moi, heu lui, a une angine, je pourrais faire ilusion, enfin je ne sais pas...)

4. Le jeudi 21 décembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Oui, on va faire mine de se tutoyer, c'est l'usage sur le net.

C'est un usage répandu, mais qui n'est pas obligatoire du tout. Difficile d'y échapper sur certains forums, mais sur un site personnel, on fait ce qu'on veut.
J'avais posé la question ici, il y a quelque temps.

C'est à la carte, il faut se sentir libre, je m'adapte. J'aime bien, s'il faut choisir, le ton sans décorum du tutoiement, mais je n'ai aucun déplaisir à employer le vouvoiement. Au choix. [On portera à mon crédit que je m'efforce présentement, afin de ne pas influer indûment, d'éviter les pronoms personnels. :-) ]


Mais c'est intimidant ici, les murs sont hauts, et tout ce marbre partout... oula...

Il ne faut pas, il y a des tas de mines connues. C'est juste le décor un peu plus clair.


tiens sinon ça t'amusera : sâches que je suis l'homonyme exact d'un chanteur d'opéra français bien connu des amateurs de mélodies.

Il n'y en a pas des masses... si on passe par le menu les Souzay, Maurane, Le Roux... on finira bien par trouver.

On m'a même appelé au téléphone et écrit pour donner des master classes, offres que j'ai toujours repoussées (après un temps d'hésitation toutefois, si je faisais croire que moi, heu lui, a une angine, je pourrais faire ilusion, enfin je ne sais pas...)

Pour donner des cours particuliers, ça pourrait marcher, mais pour des masterclasses, à mon de se faire refaire le visage...

Je ne sais pas si c'est amusant lorsqu'on est harcelé au téléphone, mais sur le papier, ça l'est plus.
Dommage, avec l'homonyme d'un érudit de la guitare, qui sait...

5. Le dimanche 31 décembre 2006 à , par Morloch

Tiens, ce n'était donc pas des paroles en l'air... Après Sherlock Holmes, Miss Marple, le commissaire Maigret, voici venu DavidLeMarrec (avec en plus un petit côté Fouché, si si... ;) )

6. Le dimanche 31 décembre 2006 à , par DavidLeMarrec

Et non seulement j'ai trouvé le nom, mais que dire de l'adresse ? 8-)

7. Le mercredi 24 janvier 2007 à , par Morloch

je reviens de ce concert de Ian Bostridge et j'ai été époustouflé !

C'est à la fois très original et cela expose parfaitement le texte de chaque lieder avec une grande variétés d'inflexions et d'effets vocaux. J'ai trouvé cela très éloquent, accentué pour conserver l'attention de l'auditeur sur le texte. A sa manière, cela rapproche l'auditeur de la poésie romantique allemande, qui est quand même loin de nous (de moi en tout cas).

Et je trouve un côté romantique à cet interprète qui invente sa façon de chanter les lieder, avec une palette expressive immense.

On peut trouver ça chichiteux sans doute mais j'ai eu l'impression qu'il y avait un équilibre dans tout cela, comme le timbre n'est pas énorme mais très musical quand même, cela garde une certaine sobriété. Le pianiste Julius Drake est en adéquation totale avec Bostridge, il donne lui aussi plus de sobriété au récital avec une belle sonorité ronde qui convient bien à Schubert.

Le personnage de Bostridge a l'air sympathique (j'ai un disque dédicacé ouéééééé je suis trop content), très anglais cultivé.

Agréable ce sentiment en revenat d'un concert d'avoir assisté à quelque chose d'exceptionnel. Bon je suis sûrement bon public mais quand même, on sent bien que Bostridge touche à une maîtrise presque parfaite qui lui permet d'exprimer excatement ce qu'il souhaite d'un lied.

Le programme :

Im Frühling D 882
Über Wildemann D 884
Der liebliche Stern D 861
Tiefes Lied D 876
Auf der Bruck D 853

Aus Heliopolis I D 753
Aus Heliopolis II D 754
Abendbilder D 650
Ins stille Land D 403
Totengräbers Heimweh D 842

Auf der Riesenkoppe D 611
Sei mir gegrüsst D 741
Dass sir hier gewesen D 775

Die Forelle D 550
Des Fischers Liebesglück D 933
Fischerweise D 881
Atys D 585
Nachviolen D 752
Geheimnis D 491
Im Walde (Wäldesnacht) D 708

8. Le mercredi 24 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Morloch,

Et merci pour le programme ! C'est le même, en réalité, depuis 2004.


je reviens de ce concert de Ian Bostridge et j'ai été époustouflé !

J'en suis ravi.

C'est à la fois très original et cela expose parfaitement le texte de chaque lieder avec une grande variétés d'inflexions et d'effets vocaux. J'ai trouvé cela très éloquent, accentué pour conserver l'attention de l'auditeur sur le texte.

Oui, tout à fait, la palette d'effet et l'imagination sont grandes.


qui invente sa façon de chanter les lieder,

C'est une manière tout à fait singulière, en effet.

Tu trouveras le programme contenu dans les deux disques publiés avec Drake chez EMI.


On peut trouver ça chichiteux sans doute mais j'ai eu l'impression qu'il y avait un équilibre dans tout cela, comme le timbre n'est pas énorme mais très musical quand même, cela garde une certaine sobriété. Le pianiste Julius Drake est en adéquation totale avec Bostridge, il donne lui aussi plus de sobriété au récital avec une belle sonorité ronde qui convient bien à Schubert.

Ah, tu la trouves ronde ? D'ordinaire, c'est un peu sec et cassant, mais extrêmement musical. Surtout, je m'émerveille à chaque fois de la capacité de Drake à créer un monde. Les coups de pioche de Totengräbers Heimweh, le monde trouble, voilé du Zwerg, donc il respecte admirablement les nuances, et avec cet éclair qui déchire la basse à la moitié du lied (à l'annonce du meurtre à venir).

Le personnage de Bostridge a l'air sympathique (j'ai un disque dédicacé ouéééééé je suis trop content), très anglais cultivé.

Francophile. Il a réalisé une thèse en histoire sur la sorcellerie : Witchcraft and its transformations, 1650 -1750 (Oxford University Press, 1997). Personnage sympathique, oui !


Agréable ce sentiment en revenat d'un concert d'avoir assisté à quelque chose d'exceptionnel. Bon je suis sûrement bon public mais quand même, on sent bien que Bostridge touche à une maîtrise presque parfaite qui lui permet d'exprimer excatement ce qu'il souhaite d'un lied.

J'ai également cette impression, mais elle est assez peu partagée, on lui reproche ce maniérisme, ces sons peu orthodoxes. Je comprends qu'on soit peu client. Mais tout de même, créer un monde singulier, comme cela, avec le lied, c'est un tour de force.

Ravi que tu en sois revenu satisfait.

9. Le jeudi 25 janvier 2007 à , par Billou

Bonjour,
je m'incruste sur ce dialogue à 2 pr dire que moi aussi je suis fan de Bostridge !
Je reviens du concert avec Drake. Je ne connaissais pas une grande partie des lieder (en gros je connais les 3 cycles, les Goethe lieder, et une dizaine de grands classiques comme Nacht und traume, mais c'est une lacune que je vais pouvoir combler avec les 2 disques que je possède désormais !), et ça rend plus difficile (du moins pour moi) l'enthousiasme.
Cependant j'ai de nouveau trouvé cette voix, ses phrasés et inflexions, son aisance, extraordinaires ; sa voix est touchante quand il convient, et sans concession à la pure beauté plastique du son quand le texte ne le justifie pas, bref effectivement je trouve qu'il peut exprimer exactement ce qu'il souhaite d'un lied.
En écoutant les enregistrements avec Drake, je trouve que sa voix a changé, je la trouve actuellement plus douce et surtout d'une palette beaucoup plus large. Avez-vous cette impression ?
Pour ce qui est de Drake, je trouve effectivement que son son est parfois "sec et cassant", ou plutôt dur (je dirais même qu'il est un peu bourrin dans certaines attaques…), avec un abus des fortissimo (on m'a toujours dit, mais c'est peut-être faux, qu'un triple forte chez Schubert n'est pas comme un triple forte chez Liszt...), surtout dans la première partie de programme, mais c'était certes parfait dans Totengräbers Heimweh. La rondeur est venue après dans la seconde partie, dont les airs s'y prêtaient plus.
Bon allez, je me dévoile, j'ai entendu Bostridge en concert sur Winterreise et La belle meunière également.... et j'ai aimé les 2... oui, même Winterreise qui m'a incroyablement ému ; je trouve d’ailleurs que l'émotion qu'on ressent à la fin d'un cycle est incomparablement plus forte qu'après un récital (son équivalent en concert de piano est pour moi Les variations Goldberg). Dois-je réciter 10 Ave et 5 Pater ?
Bon c'est un peu le hasard, je me suis mis au lied peu avant le passage de Bostridge à Châtelet avec Winterreise (que j'avais découvert par Dieskau mais qui m'avait été révélé par Schreier), donc ça a été mon premier concert de lieder, mon premier (et seul à ce jour... bouhouhou...) Winterreise, ça a été forcément un choc ! Pour l’instant, par ailleurs, je crois que n’importe quel concert de lieder que je connais m’enthousiasmerait…
Pourtant, mon interprétation favorite de Winterreise est celle de Schreier avec Richter, qui est censée être je crois aux antipodes de celle de Bostridge/Andsnes... Avez-vous un conseil d'écoute comparative d'un lied de Winterreise sur ces 2 disques pour me déboucher les oreilles et que j'entende bien la différence radicale entre ces 2 interprétations ? Je pourrai faire cette écoute partition en main pour voir s'ils respectent le texte !
Sinon, y a-t-il une interprétation de Winterreise que vous me conseillez pour entendre quelque chose de radicalement différent ?
Bonne fin de soirée à vous 2, et vivement le prochain concert ! (j'attends avec impatience un nouveau passage de Winterreise…)
PS : merci pour le Souzay/Cortot !!!

10. Le jeudi 25 janvier 2007 à , par Morloch

Oui, en écoutant le CD de lieder de Schubert "volume 2", j'ai aussi trouvé que la voix de Bostridge était devenue plus "chaude", plus "généreuse" en quelques années. Ce disque a été enregistré en 2001.

L'impression que j'avais eu du piano de Julius Drake, c'est que c'était un "vrai" pianiste, avec une belle sonorité, je ne l'ai pas trouvé sec mais plus direct que Bostridge. Il se met au service de son chanteur sans jamais tirer la couverture à lui. Bon maintenant il faudrait réecouter le concert avec ces idées en tête. Groumpf.

J'ignorais le sujet d'études de Bostridge. En revanche je suis plongé dans un recueil de contes d'Hoffmann et en voyant arriver Bostridge sur scène j'ai eu l'impression de voir un personnage sorti directement de mon bouquin, tout déguingandé et de noir vétu. Immersion dans le romantisme allemand avant la première note.

Le public était très international, beaucoup de britanniques j'ai l'impression, dans une salle aux 3/4 pleine.

Pour rejoindre des amis trouvés là par hasard j'ai quitté mon balcon en surplomb de scène et son acoustique fabuleuse pour une deuxième partie en orchestre derrière un type lourdaud venu avec ses deux enfants, qui a assisté à tout le concert étalé en arrière dans son fauteuil, dans une attitude narquoise, en se penchant de temps en temps vers ses enfants pour leur chuchoter des remarques à l'oreille en ricanant. Très désagréable, surtout quand il a trouvé drôle de faire un claquement de langue après une consonne très marquée par Bostridge. Il y a donc des réfractaires au style de ce chanteur, ok, mais je ne comprends pas ce type d'attitude, quel intérêt d'assister à un concert si visiblement on a décidé à l'avance qu'on aimerait pas ? Etaler sa science de la technique lyrique a ses enfants, public idéal de l'érudition paternelle ?

L'essentiel est que le public avait l'air content, il y a eu 2 rappels. Dommage aussi que le Châtelet ait été plongé dans le noir pendant le concert, quasi impossible de suivre les textes sur les programmes.

J'essaierai de voir plus de récitals de lieder, je crois que je suis plus réceptif à ce style qu'il by a quelques années.

11. Le samedi 27 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Billou,

Et bienvenue par ici !

je m'incruste sur ce dialogue à 2 pr dire que moi aussi je suis fan de Bostridge !

Parfait, nous pouvons d'ores et déjà conspirer en triumvirat !


Je reviens du concert avec Drake. Je ne connaissais pas une grande partie des lieder (en gros je connais les 3 cycles, les Goethe lieder, et une dizaine de grands classiques comme Nacht und traume, mais c'est une lacune que je vais pouvoir combler avec les 2 disques que je possède désormais !),

Les oeuvres choisies par Bostridge, nous en avions devisé avec Morloch, ne sont pas les plus célèbres de Schubert, mais ce sont majoritairement des pièces assez tardives et relativementde première qualité. C'est un très beau programme, parfaitement composé.

On évite beaucoup de tubes, sans non plus emprunter les voies de traverses d'oeuvres moins intéressantes ou plus difficiles de jeunesse.


et ça rend plus difficile (du moins pour moi) l'enthousiasme.

Bien sûr, le lied réclame une familiarité pour être pleinement goêté. Néanmoins, quel plaisir de profiter d'un programme un peu original.
Quoique, à présent... trois bonnes années sur les deux mêmes heures de musique, on pourrait changer.


Cependant j'ai de nouveau trouvé cette voix, ses phrasés et inflexions, son aisance, extraordinaires ; sa voix est touchante quand il convient, et sans concession à la pure beauté plastique du son quand le texte ne le justifie pas, bref effectivement je trouve qu'il peut exprimer exactement ce qu'il souhaite d'un lied.

Il est encore plus exceptionnel dans la mélodie anglaise. Il faut
absolument entendre sa Sérénade de Britten, avec Metzmacher, Bamberg et Neunecker, c'est invraisemblable de raffinement.


En écoutant les enregistrements avec Drake, je trouve que sa voix a changé, je la trouve actuellement plus douce et surtout d'une palette beaucoup plus large. Avez-vous cette impression ?

C'est-à-dire depuis les premiers Drake ? (non, pas depuis Sir Francis)

[A propos, j'ignore si vous désirez être tutoyé ou vouvoyé, ici c'est à la carte.]

Je n'ai pas cette impression.
La voix est peut-tere moins acide, l'étoffe plus douce, le geste plus appaisé et assuré, c'est possible. Mais de l'ordre de la nuance, vraiment.


Pour ce qui est de Drake, je trouve effectivement que son son est parfois "sec et cassant", ou plutôt dur (je dirais même qu'il est un peu bourrin dans certaines attaques…), avec un abus des fortissimo (on m'a toujours dit, mais c'est peut-être faux, qu'un triple forte chez Schubert n'est pas comme un triple forte chez Liszt...),

Un peu cassant, mais quelle capacité à créer un monde, quelle imagination musicale, et quelle entente avec le chanteur !


Bon allez, je me dévoile, j'ai entendu Bostridge en concert sur Winterreise et La belle meunière également.... et j'ai aimé les 2... oui, même Winterreise qui m'a incroyablement ému ; je trouve d’ailleurs que l'émotion qu'on ressent à la fin d'un cycle est incomparablement plus forte qu'après un récital (son équivalent en concert de piano est pour moi Les variations Goldberg). Dois-je réciter 10 Ave et 5 Pater ?

Non, c'est normal : cohérence, progression dramatique obligent.

Quel(le) Winterreise et quelle Müllerin ? Il en a réalisé deux de chaque. Son meilleur Winterreise est à mon sens celui avec Drake, si j'en juge par le récital entendu (mise en scène du DVD spéciale à ce qu'on m'en a dit). Le disque avec Andsnes est assez glacial, pas très enthousiasmant. En revanche, les deux Müllerin sont excellentes. Préférence à la dernière avec Mitsuko Ushida d'une poésie admirable ; celle avec Graham Johnson est plus sage et plus verte.

Pour l’instant, par ailleurs, je crois que n’importe quel concert de lieder que je connais m’enthousiasmerait…

Oh, mais voilà un bon client pour ce coin... Il y a une section "Disques et Représentation" où sévit largement Sylvie Eusèbe (comptes-rendus de lied nombreux), et une section "Poésie, lied et lieder" où on passe son temps à décortiquer des oeuvres.

Pourtant, mon interprétation favorite de Winterreise est celle de Schreier avec Richter, qui est censée être je crois aux antipodes de celle de Bostridge/Andsnes...

Je ne sais pas, Schreier est aussi un ténor aux poses contorsionnées, et Richter un soliste. Cette version est phénoménale pour Richter qui pulvérise la concurrence. Ce n'est plus une question d'assurance, d'imagination ou de pertinence, on est dans le domaine de la poésie le concernant...


Avez-vous un conseil d'écoute comparative d'un lied de Winterreise sur ces 2 disques pour me déboucher les oreilles et que j'entende bien la différence radicale entre ces 2 interprétations ?

Il faudrait que je les remette sur la platine. A vue de nez, Das Wirtshaus doit bien mettre en évidence la simplicité de l'une et la sophistication de l'autre.

Je pourrai faire cette écoute partition en main pour voir s'ils respectent le texte !

Je n'ai pas souvenir qu'il y ait d'infidélités dans ces versions. De toute façon, le rubato fait partie du jeu.


Sinon, y a-t-il une interprétation de Winterreise que vous me conseillez pour entendre quelque chose de radicalement différent ?

Décidément, il faudra que je propose une discographie indicative du Winterreise. Il y en a des tas de différentes ! Allen/Vignoles ou Häfliger/Dähler pour la simplicite, Goerne/Johnson pour la douceur, Goerne/Brendel pour la véhémence, Nimsgern/Pflüger pour la façon baryton dramatique sur le retour, Pregardien/Staier ou Hotter/Moore pour le caractère uniquement instrumental, la version avec quatuor à cordes (Elsner/Leipzig, chez CPO), la version orchestrée par Hans Zender (Blochwitz/Zender de préférence)... Et je n'en cite que certaines qui me paraissent plus intéressantes.
En attendant, il y a toujours les recommandations de cet article.

Bonne fin de soirée à vous 2, et vivement le prochain concert ! (j'attends avec impatience un nouveau passage de Winterreise…)

Ce devrait arriver, c'est franchement fréquent.


PS : merci pour le Souzay/Cortot !!!

Il n'y a pas de quoi, c'est fait pour et c'est légal. Je peux en fournir d'autres de la même veine, si besoin.
Mais je suis très content de savoir que ça a pu être utile !

12. Le samedi 27 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Oui, en écoutant le CD de lieder de Schubert "volume 2", j'ai aussi trouvé que la voix de Bostridge était devenue plus "chaude", plus "généreuse" en quelques années. Ce disque a été enregistré en 2001.

Je n'avais pas vérifié la date, mais ça fait donc un sacré paquet d'années qu'il se trimbale le même programme (en partie contenu dans le volume 1 !). Quasiment dix ans ! Il serait temps de changer, même si cela sied superbement à sa voix et à ses possibilités expressives. Schubert (sans parler des autres !), c'est 599 lieder, tout de même ! En plus, avec une voix de ténor, même pas besoin de transposer !


L'impression que j'avais eu du piano de Julius Drake, c'est que c'était un "vrai" pianiste, avec une belle sonorité, je ne l'ai pas trouvé sec mais plus direct que Bostridge. Il se met au service de son chanteur sans jamais tirer la couverture à lui.

Oui, oui, bien qu'il crée des atmosphères formidables ! Mais il est vrai que depuis leur Winterreise, je m'y suis habitué, et que dans ce programme, il excelle totalement.


J'ignorais le sujet d'études de Bostridge. En revanche je suis plongé dans un recueil de contes d'Hoffmann et en voyant arriver Bostridge sur scène j'ai eu l'impression de voir un personnage sorti directement de mon bouquin, tout déguingandé et de noir vétu. Immersion dans le romantisme allemand avant la première note.Les mauvaises langues disent que c'est son fonds de commerce...


Pour rejoindre des amis trouvés là par hasard j'ai quitté mon balcon en surplomb de scène et son acoustique fabuleuse pour une deuxième partie en orchestre derrière un type lourdaud venu avec ses deux enfants, qui a assisté à tout le concert étalé en arrière dans son fauteuil, dans une attitude narquoise, en se penchant de temps en temps vers ses enfants pour leur chuchoter des remarques à l'oreille en ricanant. Très désagréable, surtout quand il a trouvé drôle de faire un claquement de langue après une consonne très marquée par Bostridge. Il y a donc des réfractaires au style de ce chanteur, ok, mais je ne comprends pas ce type d'attitude, quel intérêt d'assister à un concert si visiblement on a décidé à l'avance qu'on aimerait pas ? Etaler sa science de la technique lyrique a ses enfants, public idéal de l'érudition paternelle ?

Pour le cas que tu cites, ça ressemble plutôt à de la méconnaissance (de la rugosité de l'allemand, de la nature du lied, etc.) qu'à de l'étalage de science. Mais je n'ai pas vu et à Paris, ce peut être différent. J'y ai surtout vu de la musique contemporaine, donc public plutôt jeune et très musicien, salles largement vides.


L'essentiel est que le public avait l'air content, il y a eu 2 rappels. Dommage aussi que le Châtelet ait été plongé dans le noir pendant le concert, quasi impossible de suivre les textes sur les programmes.

Le surtitrage me paraît indispensable pour ce genre de concerts. Tout le monde ne maîtrise pas l'allemand, tout le monde n'a pas le temps, le loisir ou l'envie de les préparer à l'avance (et à condition que le programme ne soit pas changé...).

13. Le samedi 27 janvier 2007 à , par Morloch

J'allais beaucoup plus au concert il y a quelques années, cette saison est un "retour" à mes habitudes.

De mon expérience il y a plusieurs publics parisiens, selon les salles et les programmes. Le public de Bostridge m'a paru de tous âges, international et plutôt cultivé.

Il y a le public parisien "catastrophique", qui n'y connait strictement rien, va au concert par convention sociale et s'ennuie comme un rat mort dès que ça commence, en toussant tout ce qu'il peut quand la lumière s'éteint. Ce que j'ai vu de pire est un concert de Maurizio Pollini il y a quelques années devant un public très très néophyte venu voir la star dans un programme Chopin, Schumann et Nono. A ce détail près que Nono faisait les 2/3 du programme et que, pour la seule fois de ma vie, j'ai éprouvé la sensation physique d'une salle pleine à craquer de gens en état de malaise. Je me suis vraiment demandé s'ils n'allaient pas tous s'enfuir en hurlant de terreur après la première heure de Nono. C'est difficile à décrire comme sensation. Nulle part ailleurs dans le monde on ne voit cela.

J'ai ainsi un souvenir ému de Murray Perahia jouant une grande sélection des Mazurkas de Chopin et applaudi entre chaque Mazurka (c'était pourtant marqué en gros sur le programme : n'applaudir qu'à la fin svp. C'est qu'il devait y avoir des précédents), ou de Radu Lupu en récital le jour du décès d'Annie Fischer, demandant au public, dans un français très correct et très clair, de garder une minute de silence à l'issue du morceau qu'il allait jouer. J'ai rarement entendu une standing ovation aussi spectaculaire et à ce point accompagnée de bravos immédiatement après qu'un pianiste ait joué l'accord final d'un morceau.

J'ai retrouvé ce public enthousiasmant en septembre avec Barenboïm et sa 9è de Mahler, chaudement applaudi à la fin du 3è mouvement comme il se doit. Cela aurait été sympathique si il n'y avait pas cette impression qu'une bonne partie d'entre eux était surtout heureux que cela se termine enfin, et de sentir leur cruelle déception d'apprendre l'existence d'un 4è mouvement.

Mais il n'y a pas de règle : j'avais été abasourdi par la culture d'un de mes voisins lors d'un concert de l'ensemble intercontemporain à la Cité de la musique. La soixantaine, il pouvait citer année après année les programmes de Boulez en concert et avait visiblement assisté à la quasi totalité d'entre eux en France. Il en parlait avec un ami à lui, qui avait assisté aux mêmes concerts et s'en souvenait avec des trémolos dans la voix. L'ensemble du public de ces concerts de l'EIC semble très préparé aux oeuvres jouées. C'est réellement un public spécifique, une niche comme on dit.

La semaine dernière le public d'Hopkinson Smith était très varié, beaucoup de jeunes asiatiques, visiblement très au fait de ce qui allait être joué, mais aussi un homme, la quarantaine, m'expliquant doctement à quel point il était étonnant qu'un américain joue un tel programme, et comme il devait dérouter ses compatriotes.

J'ai aussi découvert cette année un public que j'ignorais : celui des fans purs et durs, faisant une compétition du bravo le plus bruyant à la fraction de seconde à laquelle le morceau s'achève. C'était le public de Martha Argerich, de tous âges et prouvant une réelle connaissance de l'oeuvre jouée. Mais je me suis demandé si leur enthousiasme, pour le coup sincère, était si approprié tant le jeu de Martha Argerich dans les Kinderszenen invitait au recueillement, ce soir là.

Il n'y a pas un public parisien, mais plusieurs publics avec des attentes différentes. J'ai l'impression que les salles se remplissent quand au moins deux de ces publics sont attirés par un même concert, mais tout est possible.

Dans mon expérience, le public des grandes villes autres que Paris est varié, cultivé, pas très nombreux mais plus connaisseur, en moyenne, que le public parisien.

En ce moment j'essaie de convaincre des amis d'aller voir le Lohengrin de Gergiev, mais c'est très difficile. Ils semblent croire à un traquenard de ma part (comment ça, leurs craintes sont fondées ???). Le seul spectacle de la saison qui vaut une lueur d'intérêt dans leur regard est la Traviata, c'est un peu décourageant. Cela dit Christine Schäfer ça doit être très bien, je vais peut-être me plier à la raison.

Prochaine étape : Nelson Freire mardi soir. Un nouveau public à découvrir ?

14. Le dimanche 28 janvier 2007 à , par DavidLeMarrec

Il y a le public parisien "catastrophique", qui n'y connait strictement rien, va au concert par convention sociale et s'ennuie comme un rat mort dès que ça commence, en toussant tout ce qu'il peut quand la lumière s'éteint.

Ca n'existe pas à Bordeaux, ni lorsque j'ai pu aller à des concerts (marginaux) à Paris ou ailleurs. Mais je n'ai pas tenté le TCE pour la Griselda de Vivaldi.


Ce que j'ai vu de pire est un concert de Maurizio Pollini il y a quelques années devant un public très très néophyte venu voir la star dans un programme Chopin, Schumann et Nono. A ce détail près que Nono faisait les 2/3 du programme et que, pour la seule fois de ma vie, j'ai éprouvé la sensation physique d'une salle pleine à craquer de gens en état de malaise. Je me suis vraiment demandé s'ils n'allaient pas tous s'enfuir en hurlant de terreur après la première heure de Nono. C'est difficile à décrire comme sensation. Nulle part ailleurs dans le monde on ne voit cela.

J'ai connu ça, mais avec un public provincial sudiste plus appaisé. Le public bordelais peut rester froid, mais jamais glacial, et je l'ai même vu applaudir jusqu'au premier baisser de rideau une oeuvre où les deux tiers au moins de la salle était en malaise. Je m'attendais pourtant à les voir fuir, peut-être même avant la fin.


J'ai ainsi un souvenir ému de Murray Perahia jouant une grande sélection des Mazurkas de Chopin et applaudi entre chaque Mazurka (c'était pourtant marqué en gros sur le programme : n'applaudir qu'à la fin svp. C'est qu'il devait y avoir des précédents),

J'ai vu plusiuers fois Tubeuf embauché pour demander de ne pas se précipiter sur la dernière note du Winterreise...


ou de Radu Lupu en récital le jour du décès d'Annie Fischer, demandant au public, dans un français très correct et très clair, de garder une minute de silence à l'issue du morceau qu'il allait jouer. J'ai rarement entendu une standing ovation aussi spectaculaire et à ce point accompagnée de bravos immédiatement après qu'un pianiste ait joué l'accord final d'un morceau.

Radu Lupu est très fort : il fait même oublier la mort. :-)


J'ai retrouvé ce public enthousiasmant en septembre avec Barenboïm et sa 9è de Mahler, chaudement applaudi à la fin du 3è mouvement comme il se doit. Cela aurait été sympathique si il n'y avait pas cette impression qu'une bonne partie d'entre eux était surtout heureux que cela se termine enfin, et de sentir leur cruelle déception d'apprendre l'existence d'un 4è mouvement.

Mort de rire. :-)


Mais il n'y a pas de règle : j'avais été abasourdi par la culture d'un de mes voisins lors d'un concert de l'ensemble intercontemporain à la Cité de la musique. La soixantaine, il pouvait citer année après année les programmes de Boulez en concert et avait visiblement assisté à la quasi totalité d'entre eux en France. Il en parlait avec un ami à lui, qui avait assisté aux mêmes concerts et s'en souvenait avec des trémolos dans la voix. L'ensemble du public de ces concerts de l'EIC semble très préparé aux oeuvres jouées. C'est réellement un public spécifique, une niche comme on dit.

Oui, tout à fait. Généralement un public très au fait de ce qu'il écoute, et qui pour certains écoutent du classique, pour d'autres du rock expérimental, ou encore s'en tiennent là.


J'ai aussi découvert cette année un public que j'ignorais : celui des fans purs et durs, faisant une compétition du bravo le plus bruyant à la fraction de seconde à laquelle le morceau s'achève. C'était le public de Martha Argerich, de tous âges et prouvant une réelle connaissance de l'oeuvre jouée. Mais je me suis demandé si leur enthousiasme, pour le coup sincère, était si approprié tant le jeu de Martha Argerich dans les Kinderszenen invitait au recueillement, ce soir là.

Ca vaudra toujours mieux que les hueurs déchaînés de certain public d'opéra que je peine souvent à comprendre.


Il n'y a pas un public parisien, mais plusieurs publics avec des attentes différentes. J'ai l'impression que les salles se remplissent quand au moins deux de ces publics sont attirés par un même concert, mais tout est possible.

Bien sûr. Je pensais à la parodie du PDG qui va voir les Vivaldi au TCE pour discuter affaires à l'entracte avec le directeur du Conseil Général.


Dans mon expérience, le public des grandes villes autres que Paris est varié, cultivé, pas très nombreux mais plus connaisseur, en moyenne, que le public parisien.

A Bordeaux, il est plus tempéré, pas toujours débordant dans l'enthousiasme, mais jamais hostile. On entend à peu près un hueur tous les cinq ans...

Ce qui déclenche l'incompréhension : le contemporain - c'est-à-dire de Bartók à Escaich... Ce qui déclenche l'enthousiasme : Mahler et surtout l'opéra baroque (délires même après des prestations simplement bonnes).


Ils semblent croire à un traquenard de ma part (comment ça, leurs craintes sont fondées ???).

S'ils ne parlent pas allemand et n'aiment pas Wagner, ça peut. Sinon, c'est extrêmement tentant. Le problème sera surtout pour Mireille Delunsch de passer l'orchestre, il paraît que sa voix ne sonne pas du tout à Bastille.


Le seul spectacle de la saison qui vaut une lueur d'intérêt dans leur regard est la Traviata, c'est un peu décourageant. Cela dit Christine Schäfer ça doit être très bien, je vais peut-être me plier à la raison.

Schäfer dans Traviata c'est exotique, mais j'aime beaucoup la musicalité de cette chanteuse, comme je le disais aujourd'hui hier même ci-dessus.


Prochaine étape : Nelson Freire mardi soir. Un nouveau public à découvrir ?

Un très beau pianiste, élégant, raffiné et discret, avec des fans moins hystériques que pour Martha !

15. Le mardi 3 juillet 2007 à , par DavidLeMarrec

Notule mise à jour avec la possiblité d'entendre le duo Bostridge/Drake dans un concert (inédit au disque).

16. Le mardi 3 juillet 2007 à , par Bajazet

Ça y est, le disque Haendel de Bostridge arrive. Tremate, empi, tremate !
Il fait même "Dopo notte", le bougre.

17. Le mardi 3 juillet 2007 à , par DavidLeMarrec

Ce doit être... original.

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David Le Marrec

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