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La tragédie grecque est un opéra - I - la « fausse réception », et quelques principes pour y échapper

La tragédie grecque est un opéra.

Puisqu'on vous le dit. Mais on va en dire un peu plus quand même.

Sujet de la série : les tragiques grecs et leur lecture (un peu hypocrite) aujourd'hui ; la dimension musicale de la tragédie grecque ; codes divers pour mieux profiter des réussites du genre ; exemples ; questions laissées ouvertes par l'étude.

Le cothurne, une des images privilégiées du cliché tragique.


Comme cela a été répété mainte fois ici-même, le théâtre exclusivement parlé est une exception de la culture occidentale moderne. En toute autre ère culturelle, en toute autre époque, le théâtre est au moins partiellement chanté. Partout aussi, le théâtre a part liée avec le sacré. S'il ne l'est pas par son sujet, il l'est au minimum par le cadre cérémoniel dans lequel il s'inscrit. Tout cela est acquis.

Tout le monde connaît les trois tragiques grecs qui nous sont parvenus, cela va de soi, puisque tout le monde les a sur sa table de chevet et que personne ne les a jamais lus, mais toujours relus. Disons qu'à tout le moins, on a une idée de quoi il retourne.
Sur le côté génial-qui-nous-parle-encore-aujourd'hui, il faut évidemment mettre un bémol[1]. Oui, certaines pièces de Sophocle sont tout à fait lisibles et efficaces aujourd'hui, même en lecture seule (ce pour quoi elles ne sont absolument pas conçues) : Philoctète, Oedipe-Roi, Oedipe à Colone, voire Electre sont tout à fait lisibles et représentables aujourd'hui - ce qui n'est pas, à mon sens, pleinement convaincant avec Antigone, Les Trachiniennes et surtout Ajax. Mais dans le meilleur des cas, on passe à côté de beaucoup de choses, et nos habitudes contemporaines seront déçues ici ou là, même avec une formation élémentaire en civilisation classique.
C'est pourquoi, en toute honnêteté, je suis assez convaincu d'une grande part de confiture de salon, parce qu'on est censé maîtriser les fondements géniaux de notre civilisation. Pourtant, prendre du plaisir à la première lecture des Perses n'est pas une évidence... Je ne suis pas moi-même en pâmoison devant absolument toutes ces pièces [2], mais il faut bien reconnaître qu'il existe bon nombre de choses magistrales dans ce qui nous est parvenu... à condition d'avoir une idée de l'étalon esthétique qui préside à leur création ! [3]

C'est pourquoi je me propose d'évoquer quelques bricoles.




Je ne m'étends pas sur la dimension religieuse que tout le monde connaît : trois auteurs (Eschyle, Sophocle, Euripide), correspondant quasiment à trois générations successives, exerçant tous à Athènes pendant le culte de Dionysos. Tout était disposé selon un concours d'art dramatique, qui couronnait un poète sur la présentation d'une tétralogie (trilogie de tragédies, plus un drame satyrique) ; chacun pouvait y assister gratuitement.
Tout cela est connu.




Ce que l'on entend moins souvent concerne l'organisation musicale et spatiale de ce théâtre. Billet suivant.

Notes

[1] Altération qui n'existait pas encore, veuillez m'en excuser.

[2] _Ajax_ me laisse assez froid, car son sujet tient vraiment plus de la cérémonie religieuse que de l'idée que nous avons du théâtre.

[3] Ce qui n'est pas aisé, puisque nous ne disposons que de trois auteurs, les plus recopiés, tout simplement.


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Commentaires

1. Le vendredi 4 août 2006 à , par P.L :: site

Merci pour le cothurne, je vais le mettre à côté de mes chopines...

2. Le vendredi 4 août 2006 à , par DavidLeMarrec

Il y a fort à parier que ça leur fasse une belle jambe.

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