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AaaaaaAh !

Contrairement aux apparences, pas de rapport direct avec Katherine Fuge (entrée BaaAAAAAARRbaaaaAAAARHAaaaa).

Mais c'est un peu le même principe tout de même.


Quelle excitation, en réécoutant le duo final de Siegfried chez Keilberth 1953 (version que CSS a déjà gracieusement mis à votre disposition) que d'entendre, outre cet orchestre allant et tendu, le plus beau couple qu'on puisse ici entendre - surtout Mödl, on aura compris que CSS en est, du moins dans ses meilleurs rôles et ses meilleures années, passablement gaga.

On ne repassera pas par le menu les vertus respectives d'un Windgassen plus incarné que de coutume ou d'une Mödl au faîte de ses moyens - on sait bien ce que CSS en pense (ici d'abord, ensuite). Toujours cette chair fauve, cet aspect fiévreux chez Mödl ; véritablement Brünnhilde, une guerrière, une passionnée, une révoltée, qui vient de se réveiller au monde et qui bondit sur le pauvre Siegfried - elle n'est pas dégoûtée - nous autres on l'a vu à l'oeuvre, le garçonnet.

Et ici dans sa pleine gloire vocale, comme en témoigne le contre-ut final atteint sans glisser trop ostensiblement. Et ces consonnes à fondre...




Mais ce qui a suscité notre note, un petit détail piquant, ne concerne pas notre impératrice Mödl. Voici toute la fin du duo - ce qui nous intéresse se situe à 1'10'' du début de l'extrait - il s'agit de l'entrée de Windgassen-Siegfried.

Vous entendrez dès le propos de Brünnhilde la thématique (leitmotiv of course) de l'héroïsme de Siegfried prolonger celle de l'ouvrage des walkyries [1].

Voici :


... n'est-ce pas ?





Ce « ah ! » ouvert et niais, comme si on lui avait marché sur l'orteil, c'est merveilleux.

Totalement électrique, vraiment toute la niaiserie ahurie de ce Siegfried mal dégrossi qui découvre l'amour.

On peut aussi y voir le goût coupable de CSS pour les sons ouverts, mais qu'importe, nous exultons en entendant cette expression-là.




Afin de ne pas vous laisser dans l'appétit insatisfait, rappelons une fois encore que l'opéra (et même le cycle !) en entier est disponible sur CSS.

Enfin, pour ce qui est du duo lui-même, vous pouvez le charger directement sur nos serveurs pour plus de commodité.

Amusez-vous bien (il est permis sans honte de se le repasser plusieurs fois à la suite - vous avez le prétexte du chef-d'oeuvre).

Notes

[1] On pouvait écrire « valkyries » en France au début du siècle. L’usage imitatif de l’allemand s’est répandu avec d’autant plus d’aisance qu’on ne joue plus jamais Wagner en français – contrairement à l’anglais qui conserve quelques territoires – à l’English National Opera (ENO), et au disque (Reginald Goodall pour EMI, David Parry pour Chandos). Il n'existe au demeurant aucune intégrale enregistrée en français.


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Commentaires

1. Le dimanche 2 décembre 2007 à , par jdm

David :
vraiment toute la niaiserie ahurie de ce Siegfried mal dégrossi qui découvre l'amour

C'est à la seconde 75, non ?
Peu importe, je vois que tu as vu le péplum du siècle que je recommandais, avec en tête d'affiche et de Siegfried le champion olympique du lancer de marteau à l'époque (ce n'est pas un canular --- et ce n'est peut être pas quelqu'un qui est tombé sur son pied).

Connais-tu la version 'Marianne James' du drame ? "Siegfried, là-bas là-bas, dans la forêt forêt..."...
Point de vue émotion, c'est autre chose que les rigolades de Bayreuth, on n'en ressort pas indemne !

2. Le lundi 3 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

C'est à la seconde 75, non ?

Tout à fait ; c’est même marqué. :)


Connais-tu la version 'Marianne James' du drame ? "Siegfried, là-bas là-bas, dans la forêt forêt..."...
Point de vue émotion, c'est autre chose que les rigolades de Bayreuth, on n'en ressort pas indemne !

J'avais prévu une réponse superbement premier degré, mais je crois que c'était trop.

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