Carnets sur sol

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Musique religieuse baroque française - sélection discographique (et difficultés de la nomenclature)


Sept disques, pour beaucoup à prix très abordable. Avec nos conclusions sur le classement en écoles.

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Parmi toutes les merveilles qui paraissent ou ont paru, quelques jalons pour des découvertes heureuses - avec références précises et extraits sonores. A la fois des compositions majeures et des exécutions superlatives.

Classés par ordre chronologique d'exercice des compositeurs. Le classement de CSS des écoles du baroque français est détaillé ici.

L'ensemble de ces enregistrements adopte la "prononciation française" du latin.

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1. Jean-Baptiste LULLY, Petits Motets

William Christie, Les Arts Florissants, Harmonia Mundi.

Première école.

Tout de grâce, à l'italianité très directe et touchante, interprétés dans un style d'une élégance ineffable. Petit effectif (basse continue ou positif), et durée brève (cinq minutes par motet). Des bijoux.

Disponible pour une misère dans la collection Musique d'abord.

Extrait du Salve Regina.

Extrait d'Omnes Gentes.

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2. Paolo LORENZANI, Motets

Hervé Niquet, Le Concert Spirituel, Naxos.

Avec son continuo toujours superlatif (pensons aux deux théorbes), Hervé Niquet rend pleinement justice à ces oeuvres trop rares. De la génération de Charpentier, et légèrement plus âgé que celui-ci, Lorenzani produit une musique d'une mobilité et d'un élan sans rivaux. Le ton en est très italien, aussi bien dans l'exultation des entrelacs vocaux que dans les contemplations, très nues, moins déclamatoires ou dansantes que dans le style plus français.
L'Antienne à la Vierge et le Motet pour les Confesseurs sont à mettre entre toutes les mains, idéaux pour une initiation avec leur veine mélodique très évidente et persuasive - pour ainsi dire des tubes sans public.

Début du Motet pour les Confesseurs.

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3. Marc-Antoine CHARPENTIER, Magnificat H.73

William Christie, Les Arts Florissants, Harmonia Mundi.

(Attention aux numéros de catalogue Hitchcock, chez Charpentier : de nombreuses pièces de liturgie ont été l'objet de compositions successives, très différentes les unes des autres.)

Une note croupit en préparation depuis novembre dans les soutes de Carnets sur sol à propos de cette oeuvre. Un incroyable mouvement de danse, une passacaille qui s'épanouit dans un mouvement de ferveur terriblement enthousiasmant - corporellement.

Christie l'a interprété avec à degré d'élévation bien supérieur, mais c'était tout récemment à Versailles pour l'anniversaire du CMBV [1], et n'a pas été publié (ni ne le sera). L'oeuvre mérite tout de même un détour par ce précédent enregistrement, encore chez Musique d'Abord pour un prix largement accessible.

Le tout début, manière d'entendre le thème de la basse continue. Mais on devine mal ce que deviendra ce développement incantatoire.

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4. Marc-Antoine CHARPENTIER, Te Deum H.146

Hervé Niquet, Le Concert Spirituel, Glossa.

Première école, mais avec une forte teinte italienne. La version Niquet a l'originalité de rendre très sensible la succession des séquences, en changeant sans cesse les tempi et les couleurs. Tout en ajoutant deux préludes pour les trompettes encore plus pétaradants que le célébrissime prélude, il diminue la pompe de ladite introduction, vive et dansante plus que solennelle.

Cette souplesse permanente est un véritable plaisir, mais on peut aussi recommander le brillant Minkowski (Archiv) ou le premier enregistrement de Christie (Erato) pour l'élégance du style.

Extrait de la version Niquet.

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5. Michel-Richard de LALANDE [2], grand motet Jubilate Deo omnis Terra

Paul Colleaux, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, Erato.

Le dépouillement n'entrave nullement l'emphase. Jubilatoire, précisément. Superbes solistes pas tous très connus (Mieke van der Sluis, Heidi Brunner, Gilles Ragon, Ian Honeyman, Bernard Delétré).

On se trouve ici dans la transition avec la deuxième école, déjà annoncée par la manière plus polyphonique de Charpentier. Le Te Deum présent sur le même disque - et de moindre intérêt - est en revanche très imprégné du premier style, typique des grands motets de Lully.

Laudate Nomen Ejus, extrait du Jubilate Deo.

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6. Jean GILLES, Messe des morts (Requiem)

Philippe Herreweghe, La Chapelle Royale, Harmonia Mundi.

ou

Le début de l'enregistrement.

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7. François COUPERIN, Leçons de Ténèbres (du Mercredi Saint)

William Christie, Les Arts Florissants, Harmonia Mundi.

De longues ornementations sur des lettres hébraïques, dans un dépouillement absolu - à la fois gracieux et sans fard. Bouleversant.

La pleine maîtrise de l'élégance stylistique française par Christie trouve ici son meilleur emploi. On peut aussi recommander les motets, dont le ton italianisant rappelle très fortement les Petits Motets de Lully et le Magnificat H.73 de Charpentier.

Incipit Lamentio, début de la Première Leçon pour le Mercredi Saint.

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Remarques conclusives :

On aura remarqué qu'il manque à nos sept péchés véniels un peu de la troisième école, et en effet, sans doute pour des raisons d'inclination personnelle, aucun motet ultérieur ne nous a paru aussi incontestablement passionnant. Bien sûr, on trouvera aussi de grandes beautés à diverses périodes chez Dumont, Brossard, Desmarest ou Levens, mais aucun ici ne rélève de cette troisième esthétique.

Ce sera Mondonville (Grands Motets, Christie, Erato) qu'on recommandera alors le plus volontiers, sans la même conviction toutefois, malgré la grande beauté de ces pièces - un peu plus confortables et figuratives que mystiques, sans doute.

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Autre conclusion intéressante, la répartition que nous avions adoptée à partir de la tragédie lyrique, à savoir :

  • première école : Lully et la génération immédiatement suivante (Lorenzani, Charpentier, Dumont, Brossard...) ;
  • deuxième école : la génération qui éclot après la mort de Lully (Delalande, Gilles, Couperin, Campra, Desmarest...) ;
  • troisième école : la génération Louis XV (Rameau, Mondonville, Boismortier, Mouret...) ;
  • après quoi, décadence ou entrée dans le classicisme,

et dont on pourra à loisir se remémorer les détails, n'est pas très efficace pour la musique religieuse.

En effet, il apparaît plutôt une longue première période où cohabitent hiératisme (Grands Motets de Lully, Leçons de Ténèbres de Charpentier, Te Deum de Delalande, Requiem de Gilles) et italianité polyphonique (Petits Motets de Lully, Lorenzani, l'essentiel de Charpentier, Couperin), avant un tournant qui laisse la place, étonnamment, à plus d'austérité (Requiem de Campra, Motets de Rameau, Motets de Boismortier) - ou assez logiquement à la chatoyance plus exubérante que l'on sait chez Mondonville.
On rencontre ainsi des compositeurs de la première génération bien plus mobiles que les suivants. Et selon le mode d'expression, le style peut considérablement varier. Monodie sinueuse ou polyphonie au sein des petits motets, successions ou mélanges d'interventions solistes dans les grands.

Notes

[1] Centre de Musique Baroque de Versailles

[2] Orthographe adoptée par la BNF et le CMBV, mais on rencontre aussi bien les variantes Delalande (orthographe récurrente sur CSS), de La Lande ou même De La Lande...


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Commentaires

1. Le jeudi 31 janvier 2008 à , par WoO

Merci pour cette très intéressante notule.
J'y ai découvert en particulier cet enregistrement des deux oratorios de Charpentier que je ne connaissais pas. Les trente secondes de l'extrait font furieusement penser à la passacaille d'Armide, perspective réjouissante s'il en est. Je vais essayer de mettre très prochainement la main sur ce disque.
Sinon pour les Leçons de Couperin je trouve que l'enregistrement de René Jacobs (Musique d'Abord) vaut aussi vraiment la peine d'être écouté.

2. Le vendredi 1 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bienvenue par ici WoO !

Concernant le Magnificat et Armide, c'est exactement la pensée qui m'est immédiatement venue, je suis bien content d'être secondé ! Mais la notule s'est tellement étoffée qu'il me faudra un peu de temps pour la publier.

Pour les Couperin, Jacobs est tout de même éloigné stylistiquement, et assez austère avec son positif. On pense plus à du baroque allemand, en réalité. Sinon, il y a Hogwood (avec Kirkby et un clone de Kikby...), un peu hors des clous du style aussi, et Deller qui a vraiment vieilli, au moins du côté des tempi.
Non, Christie, avec son continuo au clavecin, est vraiment d'une élégance et d'un style assez idéaux pour cette musique. Cette musique religieuse lui donne sans doute l'occasion de ses meilleurs disques.

3. Le vendredi 1 février 2008 à , par WoO

> Ce magnificat est-il postérieur à la grande passacaille d'Armide ? Ca serait amusant de le savoir.

> L'austérité de Jacobs ne me gêne pas dans cette page. En fait tout dépend surtout de ce qu'on a envie d'entendre : voix de dessus ce sera Christie sans hésitation, voix de contre-ténor je préfère de loin Jacobs à la vieille version Deller, malgré tout le bien qu'on a dit et qu'on continue d'en dire.
Sinon oui Christie est absolument génial dans ce répertoire ! Pour le moment je n'ai pas rencontré un seul raté (contrairement à Herreweghe par exemple).

4. Le vendredi 1 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Ce magnificat est-il postérieur à la grande passacaille d'Armide ? Ca serait amusant de le savoir.

Je n'ai pas sa date, mais vu le numéro de catalogue Hitchcok (le deuxième des neuf Magnificat), on peut imaginer que c'est antérieur à la création d'Armide en 1686.

L'austérité de Jacobs ne me gêne pas dans cette page. En fait tout dépend surtout de ce qu'on a envie d'entendre : voix de dessus ce sera Christie sans hésitation, voix de contre-ténor je préfère de loin Jacobs à la vieille version Deller, malgré tout le bien qu'on a dit et qu'on continue d'en dire.

Oui, bien sûr, pour la mobilité, c'est préférable. Mais que vient faire un contre-ténor dans cette musique ?

Sinon oui Christie est absolument génial dans ce répertoire ! Pour le moment je n'ai pas rencontré un seul raté (contrairement à Herreweghe par exemple).

Herreweghe n'a pas manqué grand chose non plus dans le religieux baroque français à ma connaissance.

5. Le vendredi 1 février 2008 à , par WoO

A vrai dire je pensais que celle-ci avait justement été écrite pour un contre-ténor...

En ce qui concerne Herreweghe seuls ses grands motets de Lully m'ont vraiment déçus. Ils manquent quand même cruellement de contrastes je trouve. Pendant le Dies Irae on a envie de s'endormir : tout est débité sur le même ton et on dirait que le choeur, les solistes et le chef fonctionnent sous tranxène. Le son est beau (meilleure prise de son que chez Niquet), les voix sont irréprochables, mais tout se traiiiiiiiiiiiine et on s'y ennuie quand même un peu (beaucoup). Sinon je regrette aussi qu'il ne recourt pas systématiquement à la prononciation "à la française", mais là c'est juste une question de goût personnel.

6. Le vendredi 1 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

A vrai dire je pensais que celle-ci avait justement été écrite pour un contre-ténor...

C'est-à-dire que les contre-ténors dans le répertoire baroque français, j'ai beau chercher, je ne vois pas ce que c'est. On a des hautes-contre, des tailles, mais pas de falsettistes intégraux.


En ce qui concerne Herreweghe seuls ses grands motets de Lully m'ont vraiment déçus. Ils manquent quand même cruellement de contrastes je trouve. Pendant le Dies Irae on a envie de s'endormir : tout est débité sur le même ton et on dirait que le choeur, les solistes et le chef fonctionnent sous tranxène. Le son est beau (meilleure prise de son que chez Niquet), les voix sont irréprochables, mais tout se traiiiiiiiiiiiine et on s'y ennuie quand même un peu (beaucoup). Sinon je regrette aussi qu'il ne recourt pas systématiquement à la prononciation "à la française", mais là c'est juste une question de goût personnel.

C'est tout de même le plus souvent qu'il fait la prononciation à la française, et jusque dans le Requiem de Fauré, ce qui avait beaucoup fait tousser dans le public discophile.

Ces grands motets lullystes, à dire vrai, ne me transportent pas, même chez Niquet.

7. Le samedi 2 février 2008 à , par Vartan

Merci pour cet éventail, ça va me forcer à aller écouter ce Requiem de Gilles que je ne connais pas.

Juste au sujet de cette distribution du Couperin, ton avis sur le Deller et le Jacob pour les Leçons ? En dehors de la "mobilité", peut-on faire plus exquisément spirituel, douloureux et introspectif que le britannique ?

8. Le samedi 2 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Les timbres sont magnifiques chez Deller (y compris l'orgue), on s'y noierait. Mais ça reste hélas très massif dans le mouvement.

L'Introit du Requiem de Gilles est inoubliable, d'une mélancolie ineffable.

(avec Howard Crook en prime...)

9. Le mercredi 5 mars 2008 à , par sk†ns

J'ai enfin pu écouter les 3 versions du H146 évoqué ici. Celle de Niquet est magnifique, très colorée (comme tu dirais), très habitée (comme disent les critiques), finalement plus "florissante" que les deux autres (plus "spirituelles" ?), un peu plus austères, je trouve. Ça me paraît particulièrement évident dans le Æterna de Niquet, totalement vibrant.

10. Le mercredi 5 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Très heureux de constater que la magie Niquet ne m'affecte pas seul - mais jusqu'aux brutes épaisses. 8)

11. Le mercredi 5 mars 2008 à , par Bajazet

Salut les Christiques !

Le Magnificat à 3 voix d'hommes de Charpentier est une merveille absolue. Mon premier disque de musique baroque française avait été en 1979 le Te Deum dirigé par Malgoire, complété par ce Magnificat, et je n'écoutais que lui, mais alors en boucle, ce qui au temps du microsillon musclait le poignet. C'était avec Ian Partridge, James Griffett, Michael George. le disque n'est jamais reparu en CD et c'est bien dommage parce que je n'ai jamais retrouvé la puissance d'envoûtement de cette pièce dans les versions CD, le mélange des timbres étant fascinant chez Malgoire.

Curieusement, je n'ai jamais beaucoup accroché au Requiem de Gilles, contrairement à ses Motets ou Lamentations : Niquet a gravé ça à ses débuts (Accord ?). Il y a dans un des motets un duo de basses qui me met en transes. Le Motet de saint Jean-Baptiste est ensorcelant. Tout ça a été réédité, je crois.

J'ajouterais volontiers le premier disque de grands motets de Lalande par Christie (avec Gens, Fouchécourt, Corréas, etc.), qui pousse l'alliance de la majesté et du mystère à des hauteurs extraordinaires. C'est le chant du cygne de Versailles, pour moi. Le Confitebor est une splendeur mais que dire du Super fumina Babylonis ? Dommage que le disque soit plus figé que le concert dont il résulte, car ce concert laissait pantelant.
De Lalande, il y a aussi un De Profundis impressionnant, mais je n'ai plus entendu ça depuis le microsillon de Corboz, peu articulé (euphémisme inside).

Enfin, merci de ne pas oublier la Messe de Charpentier "Assumpta est Maria". Si vous restez froid à ça, vous n'avez pas de cœur ! Disque Christie, avec son premier Te Deum qui est chez HM, et non chez Erato.

12. Le mercredi 5 mars 2008 à , par sk†ns

« Lorsque j'écoute Charpentier, j'ai envie d'envahir la Dordogne. » (Anonyme dauphÿnois)

13. Le mercredi 5 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonsoir, hôte vénérable !

Salut les Christiques !

Christique du Sud-Ouest, ça fait une chouette carte de visite.

Le Magnificat à 3 voix d'hommes de Charpentier est une merveille absolue. Mon premier disque de musique baroque française avait été en 1979 le Te Deum dirigé par Malgoire, complété par ce Magnificat, et je n'écoutais que lui, mais alors en boucle, ce qui au temps du microsillon musclait le poignet.

J'avoue que mon concert Christie capté sur le flux numérique de France Musique\[s\] me préserve de ces excroissances aussi disgracieuses que compromettantes.


C'était avec Ian Partridge, James Griffett, Michael George. le disque n'est jamais reparu en CD et c'est bien dommage parce que je n'ai jamais retrouvé la puissance d'envoûtement de cette pièce dans les versions CD, le mélange des timbres étant fascinant chez Malgoire.

Du beau monde en effet ! C'est magique aussi pour le dernier concert Christie (Andrew Tortise / Marc Mauillon / Jonathan Sells).


Curieusement, je n'ai jamais beaucoup accroché au Requiem de Gilles,

C'est peut-être un peu trop « première manière » pour toi, tout simplement. A l'inverse, je préfère la première période à la période Rameau / Mondonville / Boismortier, on en a souvent parlé. [En revanche, gros faible pour l'après-Gluck, notamment les Salieri et les Jean-Chrétien Bach français.]


J'ajouterais volontiers le premier disque de grands motets de Lalande par Christie (avec Gens, Fouchécourt, Corréas, etc.), qui pousse l'alliance de la majesté et du mystère à des hauteurs extraordinaires. C'est le chant du cygne de Versailles, pour moi. Le Confitebor est une splendeur mais que dire du Super fumina Babylonis ? Dommage que le disque soit plus figé que le concert dont il résulte, car ce concert laissait pantelant.

D'autant plus que ça se trouve en collection économique chez Musique d'abord d'Harmonia Mundi.

Et que Christie est infaillible dans ce répertoire sacré français (pas écouté ce disque précis, cela dit, mais tu as prononcé quelques mots magiques...


Enfin, merci de ne pas oublier la Messe de Charpentier "Assumpta est Maria". Si vous restez froid à ça, vous n'avez pas de cœur !

Dieu merci, je suis en combustion spontanée au contact de ce saint mystère.

Très beau concert tout récent de Niquet avec ce vaste programme.


Disque Christie, avec son premier Te Deum qui est chez HM, et non chez Erato.

Ah bon, le dernier est donc le troisième ! Mazette.

14. Le mercredi 5 mars 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Sk†ns :
« Lorsque j'écoute Charpentier, j'ai envie d'envahir la Dordogne. » (Anonyme dauphÿnois)

Je crois que tu fais erreur, Bajazet disait plutôt quelque chose du genre : « Lorsque j'écoutais Charpentier en 78tr, je voyais gonfler ma pogne. »

15. Le jeudi 6 mars 2008 à , par Bajazet

Non mais vous êtes pas bien, Marrec ?
Je ne suis guère poignant, vous savez.

« Lorsque j'écoute Charpentier, j'ai envie d'envahir la Dordogne. » = Génie ! Génie !

16. Le samedi 19 avril 2008 à , par WoO

Le De Profundis de Lalande par le tandem Paillard / Corboz est une catastrophe : un monolithe qui se traîne péniblement et lourdement sur la route de l'ennui.

A la liste des "indispensables" je rajouterai bien le disque de Claire Lefilliâtre et du Poème Harmonique enregistré pour Alpha : Miserere à voix seule et Leçons de Ténèbres de Lalande.

J'ai réécouté le Requiem de Gilles récemment par Niquet et sa bande (pas la Petite), et comme tous les disques de musique religieuse enregistrés pour ADDA/Accord (3 Campra, 3 Gilles, 1 Boismortier) c'est une petite merveille. Il tirait déjà de son orchestre les sonorités qu'on lui connaît aujourd'hui ! Un sens des contrastes et une vélocité incroyable, un latin à la française et une diction impeccable, rien à dire : tout est parfait.

Pour Philippe Herreweghe mon opinion a encore évolué. En mal. Je ne lui reconnais désormais plus rien de bon dans le baroque français à l'exception des motets de Du Mont dont la discographie est encore très maigre et Armide de Lully (Pour le Requiem de Gilles je lui préfère Niquet). Ses Grands Motets de Delalande sont d'une platitude et d'une incroyable pauvreté (où est le continuo ? où sont les solistes ?), je ne me suis jamais autant ennuyé dans les grands motets de Rameau que sous sa direction, la pédale de freinage est constamment appuyée dans ceux de Lully et de Charpentier. Bon, pour ces derniers il bénéficie quand même d'un plateau magnifique avec Mellon, Poulenard et Ledroit, et de beaux choeurs comme d'habitude, mais ça ne suffit pas.

Finalement je me réjouis qu'il se soit tourné vers Bach et Bruckner.

17. Le samedi 19 avril 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonjour WoO !

Le De Profundis de Lalande par le tandem Paillard / Corboz est une catastrophe : un monolithe qui se traîne péniblement et lourdement sur la route de l'ennui.

Ce sont des pionniers, on ne peut pas non plus leur reprocher ce qu'ils ne savaient pas encore. Quand on voit ce que le pape Harnoncourt était capable de faire à Castor & Pollux... on ne s'étonne pas qu'il ait jugé sévèrement cette musique française... Puisque si les danses sont très réussies, il est totalement passé à côté de la dimension récitative de la musique : tout ce qui n'est pas un "numéro" (même si le terme est impropre ici) est joué très lentement, comme de la "musique pleine", alors qu'elle ne prend sens que dans l'urgence de la déclamation. Ce n'est pas tant une question de tempo que d'attitude, de toute façon.


A la liste des "indispensables" je rajouterai bien le disque de Claire Lefilliâtre et du Poème Harmonique enregistré pour Alpha : Miserere à voix seule et Leçons de Ténèbres de Lalande.

C'est sur ma liste d'écoute prochaine ! :D

En ce moment, il y a quelques urgences (pour nourrir CSS notamment, mais c'est long !) ; je ne désespère pas de m'y mettre très bientôt, parce qu'il me tarde. :)


J'ai réécouté le Requiem de Gilles récemment par Niquet et sa bande (pas la Petite), et comme tous les disques de musique religieuse enregistrés pour ADDA/Accord (3 Campra, 3 Gilles, 1 Boismortier) c'est une petite merveille. Il tirait déjà de son orchestre les sonorités qu'on lui connaît aujourd'hui ! Un sens des contrastes et une vélocité incroyable, un latin à la française et une diction impeccable, rien à dire : tout est parfait.

Niquet me paraît en tout cas, de façon assez évidente, le plus stimulant des chefs d'ensemble (célèbres) en ce moment (et peut-être depuis le début du mouvement). En plus, il semble se tenir à distance de Rameau, ce qui nous permet d'entendre autre chose ! Dans ce répertoire, à part Christie pour la musique religieuse et peut-être prochainement quelques ensembles prometteurs (Stradivaria de Cuiller fait d'ores des déjà des choses très prometteuses, proches de Minkowski), il n'y a guère de concurrence à un niveau constamment si exceptionnel.
J'aimerais bien entendre aussi les Folies Françoises dans un opéra en intégralité.

C'est tout l'éternel (et très logique) problème du disque : on ne prête qu'aux riches. Même s'ils ne sont pas toujours les meilleurs partout.


Pour Philippe Herreweghe mon opinion a encore évolué. En mal. Je ne lui reconnais désormais plus rien de bon dans le baroque français à l'exception des motets de Du Mont dont la discographie est encore très maigre

Peut-être, mais moi j'ai Niquet dedans... De l'intérêt de surveiller la radio (22 septembre 2007 à 19h47 pile, si tu veux faire une demande à France Mu :) ).


(Pour le Requiem de Gilles je lui préfère Niquet).

C'est tout de même d'une noblesse admirable - et quels solistes !


Finalement je me réjouis qu'il se soit tourné vers Bach et Bruckner.

Qu'il est méchant... :-)


Merci pour les compléments, je note pour Delalande, il est nécessaire que je presse l'écoute.

18. Le samedi 19 avril 2008 à , par WoO

QUOI ???!!! NIQUET A ENREGISTRE DUMONT !!!!

Bon je me calme, je bois un grand verre d'eau et je me passe un linge sur le front... Il ne me reste plus qu'à harceler sans relâche nuit et jour France Musique ! :-)

J'ai été un peu méchant avec Herreweghe. Avec Christie il a été un des premiers pionniers à avoir le ton juste, puis il s'est naturellement éloigné de ce répertoire. Ses enregistrements sont également plus anciens (1980-90 environ). Stylistiquement ses disques ne sont peut-être plus au goût du jour, ceux de Niquet le sont toujours.

19. Le samedi 19 avril 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Enregistré, non, mais joué, peut-être. :flower:

Oui, il y a quelque chose de très étonnant avec cette musique, bien plus nettement que pour le reste du répertoire baroque : elle réclame une exactitude stylistique parfaite.

Et le vieillissement des interprétations est terrible.

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