Carnets sur sol

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Les traductions de Carnets sur sol

A l'occasion de l'envoi pour le formidable projet d'Emily Ezust de quelques traductions, les farfadets ont aidé les lutins trop oisifs à rassembler celles proposées sur CSS.

Vous pouvez retrouver les textes en langue originale et les commentaires détaillés, pour chaque lied traduit, dans notre rubrique consacrée au genre.

De même, plusieurs notes peuvent éclairer tel ou tel choix de traduction.

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HEINE
(Schubert)

Atlas [traduction chantable]

Moi l'infortuné Atlas ! Moi l'infortuné Atlas !
Le monde, le monde entier des peines - je le dois porter. [1]
Je porte l'insupportable,
Et en moi mon coeur voudrait se briser.

Ô coeur trop fier, tu l'auras bien voulu !
Tu voulus être heureux - heureux sans partage ;
Ou pour jamais malheureux - coeur trop fier -
A présent tu es malheureux.


[1] (Variante également opérante prosodiquement, mais qui reprend un cliché qui n'est pas explicite chez Heine : "Le poids du monde, je le dois porter".)

[Dans la note originale, les accents pour le chant sont indiqués.]

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METASTASIO
(Schubert)

Il traditor deluso

Aria d'après une double source.

1) Hélas ! Je tremble, je sens
Ma poitrine tout entière s'inonder d'une sueur glacée.
Fuyons !
Ah, quel... quel est le chemin ?
Qui me l'indique ?
O Dieu !  Qu'ai-je entendu ?  Que m'arrive-t-il ?
Où suis-je ?

2) Ah l'air environnant est déchiré d'éclairs, étincelle ;
Il ondoie et vacille, le sol traître !
Quelle nuit profonde
D'horreur m'enveloppe !
Quels fantômes funestes,
Quelles alarmes sont-ce là !
Quelle cruelle épouvante
Dans mon coeur !


__Le texte original de la première partie provient de Gioas, rè di Giuda.__

Gioiada
Arresta il passo, empia figlia d’Acabbo !
Ah, degli abissi pendi già sulla sponda,
la vendetta di Dio già ti circonda!

Atalia
Ahimè! Qual forza ignota anima
quelle voci! Io tremo, io sento
tutto inondarmi il seno di gelido sudor.
Fuggasi! 
Ah quale… Qual è la via?
Chi me l’addita?
O Dio! Che ascoltai? Che m’avvenne?
Ove son‘ io?

Aria (Atalia)
Nell‘ orror della tempesta
il timor mi veggo accanto;
nè so quanto ancor mi resta
di dolente a paventar.
Ove volgo il mesto ciglio
Ah purtroppo il mio periglio
vado misera a incontrar.
Nell‘ orror ... (parta)

__Traduction :__

Joad
Suspends tes pas, fille impie d'Achab !
Ah, des abîmes es suspendue déjà au bord,
La vengeance de Dieu déjà t'enserre  !

Athalie
Hélas ! Quelle force inconnue anime
Ces voix !  Je tremble, je sens
Ma poitrine tout entière s'inonder d'une sueur glacée.
Fuyons !
Ah, quel... quel est le chemin ?
Qui me l'indique ?
O Dieu !  Qu'ai-je entendu ?  Que m'arrive-t-il ?
Où suis-je ?

Air (Athalie)
Dans l'horreur de la tempête,
Je me vois près de craindre,
Et ne sais combien encore me reste
De souffrances à redouter.
Où que je porte mon regard affligé,
Ah, je ne vais que trop à la rencontre,
Malheureuse, de mon péril.
Dans l'horreur... (reprise de la première strophe) (elle part)

--

METASTASIO
(Schubert)

Da voi, cari lumi.

From Attilio Regolo, atto II.

De vous, chers astres,
dépend mon sort ;
vous êtes mes dieux,
vous êtes mon destin :
à votre aspect
je vais changeant.
Vous m'inspirez courage,
quand vous brillez joyeux ;
quand vous êtes assombris,
vous me faites trembler.

--

ANONYMOUS
(Bellini)

Vaga luna che inargenti

Vaga luna, che inargenti / Belle lune, qui inargentes
queste rive e questi fiori / ces berges et ces fleurs
ed inspiri agli elementi / et inspires aux éléments
il linguaggio dell'amor; / le langage de l'amour ;
testimonio or sei tu sola / alors es seule témoin
del mio fervido desir, / de mon fervent désir ;
ed a lei che m'innamora / et à celle qui me charme,
conta i palpiti e i sospir. / conte mes frémissements et mes soupirs.

Dille pur che lontananza / Dis-lui aussi que l'éloignement
il mio duol non può lenir, / ne peut appaiser ma peine ;
che se nutro una speranza, / que si je nourris une espérance,
ella è sol nell'avvenir. / elle réside seulement dans l'avenir.
Dille pur che giorno e sera / Dis-lui aussi que du matin au soir
conto l'ore del dolor, / je compte les heures de ma souffrance,
che una speme lusinghiera / adoucies par un espoir flatteur
mi conforta nell'amor. / d'amour.

--

EICHENDORFF
(Schumann, Zemlinsky)

Waldesgespräch

Es ist schon spät, es ist schon kalt, / Il est déjà tard, il fait déjà froid,
Was reitest du einsam durch den Wald? / Pourquoi chevauches-tu seule à travers les bois ?
Der Wald ist lang, du bist allein, / Les bois sont vastes, tu es seule,
Du schöne Braut! Ich führ dich heim! / Belle fiancée, je te conduis à la maison !

"Groß ist der Männer Trug und List, / Les appétits et la malice des hommes sont infinis,
Vor Schmerz mein Herz gebrochen ist, / Mon coeur est brisé par la peine
Wohl irrt das Waldhorn her und hin, / Le cor s'éloigne ici et là,
O flieh! Du weißt nicht, wer ich bin. / Oh fuis ! Tu ignores qui je suis. "

So reich geschmückt ist Roß und Weib, / Si richement parés sont le cheval, la femme,
So wunderschön der junge Leib, / Si splendide le jeune corps
Jetzt kenn ich dich - Gott steht mir bei! / Je te connais - Dieu me vienne en aide !
Du bist die Hexe Lorelei. - / Tu es Loreleï - l'enchanteresse.

"Du kennst mich wohl - vom hohen Stein / Tu me connais bien - depuis les hauts rochers
Schaut still mein Schloß tief in den Rhein. / Mon château contemple, silencieux, les profondeurs du Rhin
Es ist schon spät, es schon kalt, / Il est déjà tard, il fait déjà froid,
Kommst nimmermehr aus diesem Wald./ Plus jamais tu ne quitteras cette forêt."

__Version chantable :__

Il est bien tard, il fait bien froid ;
Pourquoi chevaucher seule dans le bois ?
Le bois est grand, tu es bien seule,
Belle épousée, je te reconduis.

– Grande est la malice des hommes,
De peine mon coeur fut brisé,
Entends-tu le cor ici et là ?
Ah fuis ! Tu ne sais qui je suis.

Si richement paré l'équipage
Et sublime le jeune corps...
– Je te connais ! Dieu me soutienne !
Tu es Loreleï - l'enchanteresse.

– Tu me connais, certes tu me connais, de leur rocher
Tous mes Etats contemplent le Rhin,
Il est bien tard, il fait bien froid,
Plus jamais ne sortiras de la forêt, (plus jamais, de la forêt).

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HEINE
(Schumann)

Ich grolle nicht [chantable]

    Ich grolle nicht, und wenn das Herz auch bricht, / Je ne me plains - quand il se briserait ;
    Ewig verlor'nes Lieb ! Ich grolle nicht. / Amour perdu_à jamais, je ne me plains.
    Wie du auch strahlst in Diamantenpracht, / Si tu scintilles, en éclat de diamant
    Es fällt kein Strahl in deines Herzens Nacht. / Aucun rayon dans la nuit de ton coeur.
    Das weiß ich längst. / Je le sais bien.

    Ich grolle nicht, und wenn das Herz auch bricht, / Je ne me plains - quand il se briserait ;
    Ich sah dich ja im Traume, / Car je t'ai vue en songe,
    Und sah die Nacht in deines Herzens Raume, / J'ai vu la nuit qui règne dans ton sein,
    Und sah die Schlang', die dir am Herzen frißt, / J'ai vu l'aspic, qui te rongeait au coeur,
    Ich sah, mein Lieb, wie sehr du elend bist. / J'ai vu ma mie, à tel point misérable ;
    Ich grolle nicht. / Je ne me plains.
   
    [Partition avec texte français fournie par nos soins dans l'article correspondant.]
   
--

LENAU
(Schumann)

Meine Rose

 Au beau joyau du printemps,
 A la rose, ma joie,
 Qui déjà ploie et pâlit
 Des rayons brûlants du soleil,
 J'apporte une coupe d'eau
 D'un sombre, profond puits.
 
 Ô rose de mon coeur !
 Par le silencieux trait de la douleur
 Tu dois ployer et pâlir ;
 Je voudrais à tes pieds,
 Comme l'eau à cette fleur,
 En silence verser mon âme !
 Même si je ne pouvais alors plus
 Te voir, joyeusement, te dresser à nouveau.
 
 --
 
 VITTORELLI
(Schubert, Verdi)
 
 Non t'accostar all'urna
 
 Non t'accostar all' urna, / Ne t'approche de l'urne
Che l'osse mio rinserra, / Qui mes os renferme,
Questa pietosa terra / Cette terre pleine de pitié
È sacra al mio dolor. / Est sacrée pour ma douleur.

Odio gli affanni tuoi, / Je hais tes douleurs,
Ricuso i tuoi giacinti ; / Et refuse tes jacinthes ;
Non voglio i tuoi pianti ; / Je ne veux pas de tes pleurs ;
Che giovano agli estinti / Qu'importent aux défunts
Due lagrime, due fior ? / Deux larmes, deux fleurs ?

Empia ! Dovevi allora / Empie ! Tu devais plutôt
Porgermi un fil d'aita, / M'offrir un rayon d'espérance
Quando traéa la vita / Lorsque j'achevai ma vie
In grembo dei sospir. / Au sein des soupirs.

A che d'inutil pianto / Pourquoi d'un inutile pleur
Assordi la foresta ? / Assourdis-tu la forêt ?
Rispetta un' ombra mesta, / Respecte une ombre affligée,
E lasciala dormir. / Et laisse-la dormir.

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RÜCKERT
(Reger)

Winterahnung 
("Pressentiment de l'hiver")

    L'automne m'a trompée -
    Mère, que la plainte t'en soit confiée.
    L'hirondelle est partie au loin
    Et ne m'en a rien dit.

    Et a emporté avec elle
    La lumière, l'éclat du soleil,
    et lorsqu'elle retournera -
    Je serai éteinte.


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David Le Marrec

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