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Premières 'Rencontres européennes de musique de chambre' de Bordeaux - I - Concert d'ouverture (Quatuor ATRIUM)

Vendredi 2 mai, ouverture du bal avec le quatuor lauréat du dernier concours Evian-Bordeaux (juillet 2007).

Au programme, deux raretés et une 'oeuvre angulaire' :

  • Le Quatuor d'Edouard LALO (Op.45)
  • Le Deuxième Quatuor - in memoriam Indira Gandhi de Chary NURYMOV
  • En seconde partie, le Cinquième Quatuor de Dmitri CHOSTAKOVITCH


Ce concert a renforcé notre opinion avec plus de sûreté que dans l'ivresse de l'amoncellement de prestations extraordinaires, en juillet dernier ; aussi bien à propos des oeuvres qu'à propos des interprètes.

Petite visite, comme promis.

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En sortant du concert, nous ressentions avec plus de nettement la (vague) indignation qui nous avait saisi en apprenant la victoire à l'unanimité des Atrium.
Incontestablement, il s'agissait de l'ensemble le plus solide, dont chaque membre avait un niveau absolument exceptionnel. Aussi bien Anton Ilyunin (second violon), d'une sûreté et d'une capacité de chant supérieure a beaucoup de premiers violons en lice (y compris, peut-être, à Alexey Naumenko, leur propre premier violon) que Dmitry Pitulko, peut-être le plus beau son d'alto qu'il nous ait été donné d'entendre (d'une ampleur violoncellistique, mais d'une ductilité violonistique, ce qui se retrouve au niveau du timbre), ou qu'Anna Gorelova, violoncelliste au son d'une rondeur extrême (on songe à Natalia Gutman, mais à un point encore supérieur, vraiment du velours), jamais un bruit de touche, jamais une phrase qui s'affaiblit, un splendide vibrato, des phrasés chaleureux ; tous se distinguaient comme de potentiels solistes internationaux, et de premier intérêt.
Les Atrium étaient aussi ceux qui étaient capables, dans n'importe quelle oeuvre, de cueillir l'ensemble du public, néophytes et professionnels compris, par l'intensité d'un son très homogène, rond et généreux (on pense au Philharmonique de Berlin...), très enveloppant, et plus encore par leur capacité assez inouïe à augmenter la tension dans une oeuvre, la poussée vers l'issue, sans jamais la relâcher, une sorte d'innondation d'enthousiasme, inéluctable. Leur Deuxième Quatuor Tchaïkovsky avait quelque chose d'insurpassable, d'ultime dans son élan incoercible.

Précisément, vous aurez compris d'où provient notre petite réserve : dans n'importe quelle oeuvre. Car le procédé était exactement le même pour chaque pièce. On disait qu'on pouvait songer au Philharmonique de Berln, et précisément ce sont là les mêmes corollaires frustrants qui nous ont posé question.
Car leur Bacri, une musique tonale qui avait bien retenu le premier vingtième germanique, était enthousiasmant, homogène et lyrique comme du Tchaïkovsky ; leur Lalo, voluptueux et très vibré comme du Tchaïkovsky ; leur Schubert (La jeune fille et la Mort), urgent et homogène de coloris comme du Tchaïkovsky.

Entendons-nous bien, il s'agit d'un ensemble absolument extraordinaire, qu'il fallait vraiment entendre dans ces journées pour prendre toute la mesure de sa puissance quasiment démiurgique. Mais nous avions été un peu perplexe de cette attribution à l'unanimité à un ensemble qui n'avait qu'un seul style, très vibré et lyrique, une couleur peu variée. Ils le méritaient, c'est entendu (même si nous avions préféré la pédagogie, le caractère plus analytique et la sensibilité aux styles des Quiroga, qui ont d'ailleurs très logiquement fini deuxièmes), mais à l'unanimité, comme une carte blanche, sans la moindre discordance, c'était étonnant.

A vrai dire, les lutins redoutaient que "nous" n'ayons récompensé un ensemble très spécialiste (de musique russe essentiellement), qui se serait imposé de toute façon dans son répertoire "naturel" par ses mérites réellement exceptionnels. Alors qu'un groupe plus polyvalent et analytique, nettement moins phonogénique aussi comme on a pu s'en apercevoir lors de la radiodiffusion, aurait potentiellement plus de mal à s'imposer - et plus à apporter.
Oui, ce genre de prospective est plus ou moins hors des attributions du jury, et pourtant, le potentiel est bien entendu très soigneusement éudié par ses membres.

Nous aurons l'occasion de vérifier tout cela à l'occasion des concerts donnés par les Quiroga cette semaine (participation aux masterclasses et soirée alléchante partagée avec les Ardeo).

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Il faut à présent nous préparer pour la suite des hostilités. Fin du compte-rendu, ainsi que de celui la soirée de dimanche, plus tard.


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