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mardi 4 novembre 2008

'Je dois tout à Liszt' - Richard Wagner

Il est de notoriété publique que Wagner a emprunté quelques-uns de ses motifs les plus frappants (notamment, dans Parsifal, le leitmotiv du Graal ou celui de la Cène) à Liszt, et lui doit beaucoup pour l'attitude de recherche dans l'hyperchromatisme et l'au-delà de la tonalité.

Le caractère précurseur de Liszt peut se discuter, tant les démarches sont distinctes : en atteignant à la sobriété parfaite, Liszt s'éloigne de la logique tonale et structurelle traditionnelles, mais ne la met pas réellement en péril. En revanche, Wagner, en poussant la richesse du système jusqu'à ses limites, pose la question brûlante de l'après. (Les deux démarches se rejoignant assez, il est vrai, dans la Sonate en si, achevée dès 1853, et qui contient en germe de façon très impressionnante les caractéristiques de Wagner : motifs récurrents, altérés et signifiants, structure continue, richesse des emprunts entre tonalités. Wagner en a sans le moindre doute tiré le meilleur parti, la coïncidence serait un peu forte.)

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Néanmoins, à travers quelques exemples, on s'aperçoit à quel point Wagner était baigné de Liszt. Non pas bien sûr en guettant la moindre mesure pour lui en dérober une idée secondaire, mais de façon suffisamment familière pour que des échos de son aîné se fassent sentir jusque dans sa meilleure musique.

Prenons Tristan. Le merveilleux Prélude par exemple. Et écoutons.

Suite de la notule.

Vif-carnetage - La Petite Renarde Rusée sur le site de l'Opéra de Paris

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21h43 : La vidéo est gratuitement disponible sur l'excellent site Medici.tv.

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21h34 : Très belle réussite de l'Opéra de Paris, un spectacle charmant et, comme l'avait annoncé Morloch à qui sait entendre, porté par une interprète du rôle-titre totalement ébouriffante, une incarnation complète. La réalisation de Don Kent et la prise de son étaient des modèles d'équilibre, pour ne rien gâcher.

Une belle pube pour la Boutique.

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21h33 : Et tout se clôt comme il se doit dans l'éternel renouveau, avec le cycle ininterrompu d'aventures semblables sur les générations. Et le retour des motifs agités des renards, pour une fin dépourvue totalement de solennité.

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21h30 : André Engel dispose de petits amours à ailes bleutés, un peu ridicules, qui illustrent le discours final du garde-chasse - un clin d'oeil à tous ces personnages naïfs et imaginaires, en les plaçant sur le même plan que les figures animales.

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21h23 : Quelle pitié de limiter Michèle Lagrange à des rôles de caractère pour mezzo-sopranes finissantes... Elle qui a tant de verbe et tant de panache - et, à en juger par une Lady Macbeth verdienne pas si ancienne (2002 environ), toujours beaucoup de moyens vocaux. Une vraie personnalité vocale et scénique dont on nous prive malheureusement.

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21h14 : La prise de son, véritablement exceptionnelle, très réaliste par rapport à des sensations en salle, du moins concernant l'orchestre, permet d'entendre les nombreux chants simultanés des personnages en scène et hors scène, ainsi que les contrechants de l'orchestre.

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20h52 : Très sympathique entracte qui montre les coulisses qui font rêver tant de monde... surtout celles-ci, et surtout en action. Vraiment agréable. (A présent, un peu de contexte autour du feuilleton original.)

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20h47 : Elena Tsallagova, dans un français parfait, nous révèle qu'elle fut ballerine, ce qui explique effectivement sa double compétence extraordinaire comme chanteuse et comme actrice extrêmement mobile, précise et investie.

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20h37 : ENTRACTE. Les Belges parlent aux Français. (Nous revenons dans vingt-cinq minutes.)

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20h36 : Le chef possède une capacité de souplesse et de rebond rythmique qui rend cette musique à nouveau intelligible, par rapport à ce que l'on entend généralement de bien plus décoratif et flottant. Avec une très belle vigueur.

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20h34 : Très sympathique mise en scène du mariage, avec son cortège grotesque d'hommes vaguement animalisés. Engel joue beaucoup sur le jeu qui suggère des situations très humaines - notamment l'effroi du conjoint indélicat à l'annonce de l'heureux événement.

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20h31 : Les clins d'oeils plaisants sont nombreux bien sûr avec la convention : la Renarde se dit à moitié humaine, le Renard lui prédit qu'on écrira des opéras sur elle... L'opéra se place très nettement dans une illusion naïve assumée, à regarder avec son artificialité même. Cela justifie, d'une certaine manière, la structure en tableaux juxtaposés : il ne s'agit pas de tenir une tension dramatique.

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20h30 : Gestes très vifs des renards, qui dénotent un travail précis de mise en scène sur les caractérisations de chaque type - l'humanité étant plutôt... titubante.

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20h27 : Le décor évite les représentations naturelles factices en plaçant les personnages dans un univers totalement modelé par l'homme, quasiment urbain. Ce qui entre en écho de façon plaisante avec l'anthropomorphisme des personnages animaliers. Et pose la question de la liberté véritable de ces créatures dans un univers tout à fait maîtrisé.
Ce sera d'autant plus troublant que Bystrouška elle-même revendique une part culturelle humaine.

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20h21 : On admire le jeu très animé, la voix légère et intense (avec un son pincé assez proche du violon tchèque...) d'Elena Tsallagova (en Renarde), d'une remarquable espièglerie.

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20h19 : Au milieu de ce peuple de ratés, de ces tableaux décousus issus du feuilleton à succès de l'époque de Janáček (Liška Bystrouška de Rudolf Tesnohlídek), le relief donné par le chef à la musique soutien l'intérêt. Et la légèreté de l'intrigue est bien plus payante et réjouissante en scène qu'au disque.

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20h14 : La direction de Dennis Russell Davies détaille comme rarement, avec la vigueur de timbre propre à l'orchestre de l'Opéra de Paris, l'orchestration très riche de Janáček - un plaisir.

La mise en scène d'André Engel est centrée autour d'une voie ferrée, marque de la présence de l'humain dans ce paysage en principe dominé par une distribution animale. A la fois point de repère et signe de menace (pour l'ivrogne qui s'y traîne).

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20h05 : Morloch nous rappelle opportunément dans l'oreillette que l'Opéra de Paris diffuse ce soir la Příhody Lišky Bystroušky de Leoš Janáček en flux et en direct sur son site.

David Le Marrec

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