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Les Gesänge Op.111 de Max Reger par la Maîtrise de Radio-France


(Jeudi 14 octobre 2010.)

On se déplaçait donc pour entendre ce qui représente pour les lutins de CSS l'un des plus beaux corpus de musique chorale a cappella : les Geistliche Gesänge Op.110 de Max Reger, d'une profondeur de ton et d'une abstraction paradoxalement très émouvantes.

Il s'est révélé que par une erreur d'affichage de leur part ou de lecture de la mienne, il s'agissait des Drei Gesänge Op.111, moins profonds sans doute, mais dont la veine archaïsante reste extrêmement raffinée, pour ne pas dire légèrement sophistiquée. On reste chez Reger, le maître du post-Brahms adapté à l'univers du contrepoint bachisant !

L'intérêt résidait aussi dans l'interprétation par la Maîtrise de Radio-France, le seul choeur d'enfants que j'aie jamais aimé (et que j'aime vivement !), et qui s'est montré particulièrement extraordinaire (en plus de l'ampleur, de l'originalité et de la beauté du répertoire) dans l'ère récente de Toni Ramón, refermée tout récemment par sa disparition très prématurée.


Programme

Outre les interludes pour piano solo, de pièces évoquant la jeunesse et écrites Schumann et Reger, la soirée se découpait en trois parties.

  1. D'abord le "choeur principal", mixte et composé de très jeunes gens, dont la justesse, le souffle dans les voix et l'investissement moyen (comment interpréter des poèmes romantiques allemands à onze ou douze ans !) ne sont pas bien bouleversants, voire un peu dérangeants.
  2. Ensuite le choeur de jeunes filles (un peu plus âgées), excellent. Diaphane, mais avec une chair suffisante, des voix bien placées et surtout un beau sens du texte. Véritablement un choeur d'excellence.
  3. Enfin un choeur composé des deux choeurs (qui ont déjà des chanteuses en commun) en partie rassemblés (puis en totalité), et qui sonne vraiment bien.


Les oeuvres étaient les suivantes, certaines interprétées avec piano, tantôt a cappella.

Johannes BRAHMS

  • 13 Canons, op. 113, extraits
    • n° 10 : Leise Töne der Brust (Exhalez-vous)
    • n° 1 : Göttlicher Morpheus (Divin Morphée)
    • n° 3 : Sitzt a schöns Vögerl (Un bel oiselet)
    • n° 7 : Wenn die Klänge nahn und fliehen (Quand les sons)
    • n° 11 : Ich weiss nicht (Je ne sais pas)
  • 3 Chants sacrés, op. 37
  • 4 Duos, op. 61 (extraits)
    • 1. Die Schwestern (Les sœurs)
    • 2. Klosterfräulein (Jeune religieuse)
    • 3. Phänomen (Phénomène)
  • 12 Lieder et Romances, op. 44, extraits
    • n° 7 : Nun steht die Rosen in Blüte (Maintenant les roses sont en fleurs)
    • n° 10 : Und gehst du über den Kirchhof (Et quand tu traverses le cimetière)
    • n° 11 : Die Braut (La fiancée)
    • n° 12 : Märznacht (Nuit de mars)


Robert SCHUMANN

  • Kinderszenen (Scènes d’enfant) pour piano solo, extraits
    • n° 11 : Fürchtenmachen (Croquemitaine)
    • n° 10 : Fast zu ernst (Presque trop sérieusement)
  • 3 Chants pour trois voix de femme et piano, op. 114
    • 1. Nänie
    • 2. Triolett (Triolet)
    • 3. Spruch (Jugement)


Max REGER

  • Aus der Jugenzeit (De la jeunesse) pour piano solo, extraits :
    • n° 5 : Über Stock und Stein (Courir à toutes jambes)
    • n° 7 : Ein Tänzchen (Une petite danse)
    • n° 11 : Abendgesang (Chant du soir)
  • 3 Gesänge (Chants), op. 111c
    • 1. Im Himmelreich (Au paradis)
    • 2. Abendgesang im Lenz (Chant du soir au printemps)
    • 3. Er ist’s (C'est lui)


Très beau programme donc. Pas toujours bouleversant aussi bien pour les pièces prises individuellement que pour l'interprétation (la jeunesse des interprètes n'était pas étrangères à cette difficulté à pousser plus loin l'incarnation des textes). On peut en revanche saluer l'allemand bien dit et très bien articulé. Le piano d'Astrid Marc avait la petite raideur métronomique des chefs de chant, mais aussi une netteté sans dureté, très appréciable.

Beau programme dans la tradition d'éclectisme et de qualité de la Maîtrise, dirigé par Sofie Jeannin qui succéda à Toni Ramón.

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Pour profiter des talents de la Maîtrise de Radio-France, il faut citer leur plus beau disque, les Petites Liturgies de la Présence Divine de Messiaen dans la version de Myung-Whun Chung. L'une des plus belles oeuvres aussi parmi celles prévues pour ce type de formation, et où avaient déjà brillé les ancêtres des petits chanteurs actuels dans la version Couraud.


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