Carnets sur sol

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(Far) West Opera


On admirera la culture lyrique de Calamity Jane, du moins celle de Paul Francist Webster, le lyricist de l'histoire :

Here's a hat from Cincinnati,
same as Adelina Patti
wore in ev'ry famous concert hall.



Pas tout à fait l'image qu'on se fait de la culture de l'héroïque mais fruste alcoolique, que les spécialistes supposent vaguement analphabète (invalidant au passage l'authenticité des fameuses lettres à Janey). Mais le film de David Butler n'élude pas la propension du personnage à enjoliver sa propre légende, et la cuistrerie de la référence est assez amusante.

Cela pose aussi la question de la popularité des chanteurs d'opéra d'alors : je doute qu'on trouve Willard White ou Bryn Terfel cité dans un musical d'aujourd'hui... (et ce même si le second a déjà interprété le rôle-titre de Sweeney Todd, à Chicago)

Au passage, j'ai placé en illustration la ligne vocale de cet extrait sonore, mais il s'agit de la partition de la version théâtrale de 1962 de Ronald Hanmer et Phil Park, un peu remaniée et surtout augmentée de nouveaux numéros (par le compositeur lui-même, Sammy Fain), tandis l'extrait sonore, avec Doris Day, est tiré de la bande originale de 1953.

Elle diverge donc quelque peu, mais vous remarquerez aussi la liberté que l'interprète prend sur les hauteurs écrites, et pas seulement pour échapper au fa 2 (la partition n'est pas transposée). On vérifie également la présence raisonnable de rythmes déhanchés, ainsi que le caractère très bas des tessitures : la voix paraît claire, juvénile et sopranisante alors qu'en théâtre lyrique on parlerait de tessiture de contralto.

Bref, un illustration du propos tenu hier autour des évolutions et spécificités du genre musical, du point de vue de l'opéra.


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Commentaires

1. Le samedi 23 juillet 2011 à , par vartan

J'avais espéré entendre également ta prestation dans ce lied ! :-(

2. Le lundi 25 juillet 2011 à , par DavidLeMarrec

Si vous n'êtes pas sage, nous vous infligerons cette contrition avec grand plaisir.

3. Le samedi 30 juillet 2011 à , par Ouf1er

Dans les lyrics (un peu antérieurs, il est vrai) de Ira Gershwin ou les comédies musicales de Porter, on trouve pas mal de réferences amusantes aux personnalités de l'époque, tous "cercles" confondus (politiques, artistiques, etc...). Le plus amusant étant de repérer les "rimes" originales et inventives mettant en exergue des noms propres.

Sur l'art du "Lyrics", consulter l'excellent ouvrage d'Ira Gershwin, qui constitue un croustillant récit d'anecdotes de compositions et d'écriture :
http://www.amazon.fr/Lyrics-Several-Occasions-Gershwin/dp/0860015475/ref=sr_1_65?s=english-books&ie=UTF8&qid=1312024633&sr=1-65

Un ouvrage dont pourrait s'inspirer bon nombre d'auteurs de lyrics contemporains, à qui la notion même de prosodie semble totalement inconnue.

4. Le samedi 30 juillet 2011 à , par DavidLeMarrec

L'art de la référence (et jusqu'à aujourd'hui !) n'est pas l'un des moindres charmes du genre, de mon point de vue. :)
En l'occurrence, c'est le fait de rapprocher deux univers aussi peu en contact qui m'a amusé (vraiment du grand n'importe quoi !).

La discipline des lyrics est effectivement à part, je m'en aperçois tous les jours quand je fais mes adaptations en langue française... mais dans mon cas, j'ai la contrainte beaucoup plus rassurante du texte d'origine, alors qu'ici la part est bien plus créative.


Pour la qualité prosodique des productions récentes, je ne leur jette pas la pierre, vu où en est rendu l'opéra... (parler de prosodie, c'est presque devenu vulgaire...)

Il me semble toutefois que les musicals anglophones sont moins sujets à cette crise, il existe tout de même une tradition du rebond verbal (aussi bien dans leurs vers classiques que dans leurs comédies musicales plus anciennes).

En revanche en France, les élisions vulgaires, les contre-accents bancals ET inexpressif... Même pour les Miz, l'original de Boublil est assez atroce, comparé à la version anglaise - qui sans être d'une superlative poésie, se tient très bien.

Evidemment, les mètres français avec leurs accents réduits et fixes sont une moins bonne école. Même chose pour les comédies musicales historiques...
Je crains que ça ne tienne aussi tout simplement au "génie" propre de la langue.

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David Le Marrec


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