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Les plus beaux récitatifs - V - Donizetti, Lucie : la fin d'Edgar


1. Un choix

Très célèbre, un peu moins dans sa version française qui a tout de même été célébrée par une double sortie CD / DVD avec Natalie Dessay et Roberto Alagna (Patrizia Ciofi et Marcelo Álvarez ont également été captés par la télévision ou la radio dans la même production).

Ici, au contraire des récitatifs proposés jusqu'ici dans cette série, la prosodie n'est pas particulièrement exceptionnelle, même en italien. Au contraire, des expressions fortes sont parfois diluées dans des mélismes musicaux, des cadences, ou encore situées sur des hauteurs qui uniformisent le ton du chanteur.

D'où provient le charme particulier de ce récitatif, alors ?

Je vois essentiellement trois paramètres :

  • de très belles courbes mélodiques qui esthétisent remarquablement le texte ;
  • de belles couleurs harmoniques simples, qui touchent par leur consonance tout en ménageant de nombreux changements d'éclairage (modulations) ;
  • une situation dramatique et des mots graves ; même s'ils n'échappent pas à certaines ficelles de la littérature librettistique, une fois portés par la musique, ils s'envolent avec une grande force.


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2. Pourquoi en français ?

Le texte d'Alphonse Royer (1803-1875) et Gustave Vaëz (1812-1862) est de qualité sensiblement égal à l'original italien. Certains mots sonnent avec bonheur (la rupture pathétique du lexique héroïque avec "infortuné débris", par exemple), et d'autres vers semblent user de stéréotypes pour compléter la rime. Beautés et coutures, exactement comme en italien.

J'ai donc choisi le texte français, plus rare, et auquel je rends en bonne logique moins injustice.

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3. Une captation

Comme pour l'ensemble de cette série, je me suis astreint (pour mon grand amusement et pour votre profonde détresse) à réaliser moi-même les illustrations sonores.

Chaque section (récitatif initial, cantilène, cabalette) étant reliée par des récitatifs de même saveur, j'ai publié l'intégralité de la scène. Par principe, je ne m'interdis aucune tessiture, mais ici, elle est sensiblement plus aiguë que les basses claires, les barytons lyriques et les ténors courts que j'ai l'habitude de fréquenter, avec un vrai ténor lyrique. Cela s'entend, et n'arrange rien dans l'approximation des carrures et de l'accompagnement.
Une fois, de plus, c'est uniquement un document, et ici de surcroît, un pur amusement puisque le disque se trouve dans le commerce.

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Pour retrouver la série : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?Les-plus-beaux-recitatifs .


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Commentaires

1. Le mardi 8 novembre 2011 à , par Cololi

Eeeett moooooi la tOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOmbeeeee.

J'adore cette fin d'Edgard. Clairement la plus belle page de Donizetti. Et le moment le plus jubilatoire pour moi ce n'est pas la partie chantée, mais l'intro juste avant le chant.

Ensuite le "Bientôt l'herbe des champs croitra, sur ma pierre isolée" !

Faut pas se le cacher ce final est loin d'être facile à chanter. Surtout quand on essaye de se la faire héroïque à la Alagna ^^.

2. Le mercredi 9 novembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Cololi !

Au passage, la graphie Edgar est celle de ma partition (début XXe, donc pas forcément exacte), graphie effectivement minoritaire en France, si jamais il y avait un doute sur son emploi - tu cites très logiquement Edgard, qu'on trouve ainsi dans certains commentaires.

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Pour moi, la fascination vient surtout du récitatif initial, qui culmine en quelque sorte avec le début de la cantilène, encore très récitative (jusqu'à "mausolée"). Et puis les réponses d'Edgar au choeur funèbre (très belles harmonies, même Bellini ne fait pas souvent aussi bien).

L'intro est belle aussi, en effet, surtout les appoggiatures de cor.

Ensuite, est-ce vraiment supérieur au meilleur de Donizetti ? Aux quatuors, oui, c'est probable. A la Favorite et aux Martyrs, ça peut se discuter, seuls leurs meilleurs récitatifs s'approchent de ces cîmes - et au passage, beaucoup d'atmosphères comparables dans les Martyrs, je trouve (Félix, en particulier).
Non, le supérieur, mais plus par la force de son originalité que par sa beauté immédiatement, possiblement, ce serait dans Il Diluvio Universale que j'irais le chercher.

Cela dit, sur la globalité de l'oeuvre, je place Lucia et Lucie très en-dessous des autres titres que j'ai cités...

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