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La Dive Note : concerts parisiens d'Alain Jacquon (Cras) et Didier Sandre (Proust)


L'association organisatrice de concerts la Dive Note annonce plusieurs concerts cette saison, dont deux paraissent tout particulièrement digne d'intérêt.

L'occasion aussi de retrouver quelques notules de CSS autour de ces thématiques.

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D'abord et surtout, le samedi 3 décembre 2011, à 20h, au Reid Hall (4, rue de Chevreuse, Paris VIe), un récital d'Alain Jacquon autour de Jean Cras, qui devrait contenir également d'autres compositeurs (Debussy, Séverac et Ravel sont annoncés).

Considérant qu'il s'agit à la fois d'un des spécialistes les plus emblématiques et d'un des interprètes les plus accomplis de la musique française du tournant du siècle, l'expédition est très chaleureusement recommandée.

Chez Cras, on peut l'admirer aussi bien en musique de chambre (Trio avec piano !) que dans la mélodie, ou même en solo, tout cela dans plusieurs volumes Timpani.
On en a déjà dit du bien à l'occasion du parcours discographique dans la mélodie française (un des interprètes les plus agréables à fréquenter au disque), de remarques plus générales sur l'esprit de la musique française pour piano, ou encore de la notule consacrés aux Robaiyat d'Omar Khayyâm.

Netteté de l'articulation et poésie du geste, pour le dire en peu de mots.

Quant à Jean Cras, on peut le retrouver en plus des deux précédents liens dans cette autre notule : Yniold et son double (Lycas dans Polyphème).

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Bien plus tard, le 23 juin 2012, toujours à 20h mais pas forcément dans le même lieu, un concert autour de Proust et de ses relations avec la musique, avec Geneviève Laurenceau (violon), David Bismuth (piano) et Dider Sandre en récitant. Le concept est attirant, mais la platitude (et la pertinence très discutable !) des choix musicaux me laisse un peu circonspect : certes, Franck s'impose, mais Debussy me paraît bien plus douteux (aux antipodes de l'atmosphère de salon et des wagnérismes qui baignent l'imaginaire vinteuillé), et Chopin tout de bon hérétique ici... le convoquer pour faire écho à la sentimentalité proustienne, comme si on ne le jouait pas assez !

Une mise en relation avec Saint-Saëns et Fauré (attestés comme modèles avec Franck), ou encore d'Indy (sa sonate pour violon et piano, précisément !), Dupont (les Heures Dolentes...), Widor (formations chambristes), Vierne (pièces pour piano) ou Lekeu (oeuvres de chambre), aurait été infiniment plus stimulante - et "honnête".

Néanmoins, la perspective d'entendre bien lire l'évocation de Vinteuil en musique n'est pas déplaisante... Il faudrait avoir le détail du programme, peut-être ne se limite-t-il pas à cela.


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Commentaires

1. Le mercredi 16 novembre 2011 à , par Cololi

Tu plaisantes ?

Proust était un fou de Pelléas ! Il évoque Debussy dans la Recherche aussi (certes moins que Wagner).

2. Le mercredi 16 novembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Salut !

Tu plaisantes ?

Non, non, du tout.

Proust était un fou de Pelléas ! Il évoque Debussy dans la Recherche aussi (certes moins que Wagner).

Précisément, Vinteuil n'est pas du tout de l'école du Debussy de Pelléas !

En revanche, comme ils joueront probablement la Sonate pour violon, on peut accepter l'allusion, même s'il l'on est déjà dans quelque chose de très différent du style franco-wagnérien - pour la Sonate de Vinteuil, Proust s'était notamment inspiré de l'Enchantement du Vendredi Saint, tout de même !

3. Le mercredi 16 novembre 2011 à , par Cololi

Mais tu oublies que dans la vie réelle, Proust ... trop malade pour se rendre au théâtre allait écouter Pelléas grâce au "théâtrophone".
Il y a un article sur "Proust et Pelléas" dans l'ASO sur Pelléas.

4. Le mercredi 16 novembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Mais tu vois vraiment une convergence forte entre Pelléas et la musique de Vinteuil ?

En revanche, oui, j'ai réduit la question à cette sonate, mais comme il n'y a pas de chanteur, je doute qu'ils jouent la Juive ou Pelléas en réduction violon / piano avec récitant qui déclame le texte - en rythme, comme chez F. Loewe ? :)

5. Le mercredi 16 novembre 2011 à , par Cololi

Je ne connais pas du tout Vinteuil ! C'est vrai qu'il insiste beaucoup sur cette sonate.

Mais on peut aimer Wagner (et sa descendance) et Debussy ... heureusement, puisque ce sont les 2 plus grands compositeurs de l'histoire :p

Toujours est il que Proust a écouté un paquet de fois Pelléas (même si pas en salle). Il est vrai qu'il n'est pas sans critiques. Il se moque même des zélateurs de Pelléas dans le 4° volume de la Recherche.
Difficile avec le seul article de l'ASO de savoir très précisément ce qu'il pensait. Car les compliments sont toujours atténués. Bizarre. Un mélange d'admiration et de raillerie.

6. Le jeudi 17 novembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Normal que tu n'en aies jamais entendu : Vinteuil n'existe pas, c'est un compositeur qu'on peut supposer franckiste, inventé par Proust.

Mais on est bien d'accord, on peut vénérer à la fois Debussy et Wagner, c'est d'autant plus facile que c'était déjà le cas de Debussy, en dépit de ses forfanteries germanophobes. :)

7. Le jeudi 17 novembre 2011 à , par Cololi

Concernant Vinteuil ... c'est toi qui m'a fait douté ^^

C'est malin ça !!! D'ailleurs c'est tout à fait explicable : les 3 artistes qui sont très présents dans l'oeuvre ne peuvent être que fruit de son imagination, pour éviter qu'on les identifie trop facilement aux vrais ! (et donc juger Proust)
Elstir, Vinteuil et Bergotte : 1 artiste inventé par grand domaine artistique ... et ce sont les seuls à intervenir dans l'histoire du coup. Car si Wagner, Debussy, Strauss et tant d'autre sont cités et discutés ... et même qu'il insère ces 3 artistes au milieu d'autres bien réels ... ils ne sont pas acteurs.

Pourquoi imagine t-on la sonate de Vinteuil comme franckiste ? C'est aussi l'image que j'en ai ... mais je ne sais même pas pourquoi car il ne l'a décrit pas ! Il décrit seulement les effets de celle ci sur Swann (entre autres).

Je lisais ce matin justement le passage où Cambremer parle de Debussy. Il n'y a aucune prise de position de Proust sur Debussy dans ce passage. Il juge Cambremer plutôt ... et à travers elle les zélateurs de n'importe quel compositeur.
Il le dit même explicitement : il y a un fossé entre ces artistes et le publics ... (dont Mme Cambremer). Ce dernier prend une sorte de position caricaturale par rapport aux positions de l'artistes (car surement incapable d'en saisir les subtilités).

C'est ce que j'ai toujours reproché à certains défenseurs (actuels) de l'avant-garde des années 50-60.

8. Le dimanche 20 novembre 2011 à , par DavidLeMarrec

La raison pour laquelle Proust utilise des artistes imaginaires est surtout que cela lui laisse toute liberté pour en faire les personnages qu'il veut. Et puis l'usage d'artistes réels limiterait tellement son propos à des questions d'esthétiques et de chapelles, d'oeuvres concrètes... alors qu'ici il peut bâtir ce qu'il veut.

C'est très précisément le cas avec la Sonate de Vinteuil. Tout de suite les contemporains ont évoqué celle de Franck, mais Proust donne lui-même la clef de l'énigme : il se fonde sur plusieurs oeuvres simultanément. Le début haletant est bien tiré de la Sonate de Franck, la Première Sonate pour violon et piano de Saint-Saëns (qu'il n'estimait pas du tout !) offre le thème de la "petite phrase", les trémolos sont empruntés à l'Enchantement du Vendredi Saint (d'ailleurs je n'avais pas remarqué qu'il y en avait de particulièrement saillants...), sa temporalité inspirée de la Ballade de Fauré...

Et dans le texte, tu as senti que ce n'était ni salonnard, ni impressionniste, plutôt du français dans une forme germanisée, d'où l'impression franckiste, non ?

Pour les défenseurs actuels de l'avant-garde des années soixante, tout dépend de qui l'on parle. On peut tout à fait admirer ce courant pour sa radicalité et sa nouveauté, historiquement ; en défendre l'usage aujourd'hui est une autre problématique, moins convaincante sans doute.

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