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Cité de la Musique 2012-2013


Le programme étant disponible sur le site de l'institution et Klari ayant posé la question de ses inclinations à chacun, je me contenterai de suggérer quelques concerts atypiques et très prometteurs :

=> La schubertiade insensée Ziesak-Vondung-Güra-Jarnot. Voilà qui promet encore plus que les Liederspiele schumanniens de Röschmann-Kirchschlager-Bostridge-Quasthoff il y a deux ans, en matière d'interprétation. Le programme paraît moins original et cohérent, mais il n'y a vraiment pas de quoi faire la fine bouche. Ziesak illumine des mots, aussi bien au disque (intégrale Schubert d'Ulrich Eisenlohr chez Naxos) qu'en concert (cf. Paulus de Mendelssohn). Et Anke Vondung est une actrice vocale qui connaît peu de pairs, aussi bien en Dorabella que dans le lied exigeant de Wolf.
L'accompagnement de Christoph Berner ne sera pas aussi intéressant, mais la perfection n'est pas de ce monde.

=> Athalie de Mendelssohn (couplage avec les Nuits d'Eté par Véronique Gens, on peut faire plus moche...), une superbe musique de scène, présentée dans sa cohérence avec récitant. Quand on aime Mendelssohn, on y sera.
Mais on se retrouve en même temps que le Giraudoux de Hartmann à Pleyel, c'est-à-dire qu'on a trouvé le moyen de placer les deux soirées les plus originales de la saison le même soir... (Voilà le type de sujet de plainte quand on est spectateur parisien...)

=> Le programme de von Otter inspiré de son étonnant disque consacré à production musicale de Terezin. Du lied décadent foisonnant et original, pas forcément désespéré d'ailleurs.

=> Le concert consacré à la radiophonie (chanson) des années 40.

=> La quasi-intégrale pour quatuor de Kurtág par les Keller, donc la meilleure association possible, avec en prime l'Art de la Fugue où ils ne sont pas manchots non plus.

=> Reigen de Boesmans.

... et puis quantité d'autres choses rares (italiens archaïques par exemple) ou très attirantes (mais pour ce qui est de l'appétance pour tel ou tel interprète, on peut laisser chacun faire son choix).


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Commentaires

1. Le mercredi 28 mars 2012 à , par klari :: site

Il y a *toujours* un soir dans l'année où on aimerait être à la fois aux Bouffes du Nord, à Pleyel, à l'Opéra-Comique, à la Cité et même au TCE.
Reste à savoir lequel. Ceci dit, il s'agit généralement de celui où on est cloué au lit avec une grippe carabinée ;-)

2. Le mercredi 28 mars 2012 à , par DavidLeMarrec

Oui, il y a deux ans, j'avais Kaufmann / Müllerin et l'Op.110 de Reger le même soir. Mais par bonheur, le premier était complet et le second commençait à 20h30. :)

Mais pour l'an prochain, je vois moins de solutions, sauf à obtenir une longue réunion de travail ce jour-là...

3. Le mercredi 28 mars 2012 à , par Ugolino le profond

Puisque tu m'invites à répondre chez toi, ce n'est pas tant une déception qu'une lassitude devant le parfum de musée/colloque, sponsorisé par le ministère de la Culture, dégagé par la programmation. Oui, beaucoup de concerts sont intéressants, et c'est le problème : le système de la cité n'est finalement capable que de produire des concerts <i>intéressants</i>. Je ne demande pas à tous les concerts d'être de grands concerts, mais là je suis à peu près certain, comme pour tout ce que j'ai vu à la cité depuis 3 ans à l'exception d'un concert (et je faisais le constat avec un ami qui fréquente aussi beaucoup la cité, et qui disait la même chose), qu'il n'y aura aucun grand concert, à deux ou trois exceptions près peut être.
Ce n'est pas qu'il n'y ait pas de belles choses, mais c'est toujours présenté d'une manière qui casse tout, pour une raison ou une autre, et qui me font me demander pourquoi je suis là : trop de blabla, trop de fausse cohérence des programmes (c'est souvent en fait aussi incohérent qu'ailleurs), trop de devoir de culture. Ce n'est pas que de l'enrobage, c'est inscrit jusque parfois dans la manière de jouer, et la musique y perd.
C'est la différence entre la musique pensée comme un art et la musique pensée comme culture : la cité est du côté de la culture, on va à la cité pour se cultiver et s'intéresser. Avec un peu de bol, on aura de temps en temps une expérience artistique pendant quelques minutes.

Du coup, je peux y aller ou ne pas y aller, je sais que je ne raterai fondamentalement rien. Ce sont des produits culturels : ils sont remplaçables, même si sur le papier on a l'impression du contraire.

Ca, et je trouve la programmation en musique contemporaine sinistre, de plus en plus conservatrice à quelques exceptions près.

PS : le Hartmann d'Eschenbach, on peut rater, si on a vraiment besoin de choisir. Je ne suis pas dans l'idée de systématiquement descendre Eschenbach, mais les qualités qu'il faut pour réussir Hartmann me paraisse précisément celles qui manquent à la direction d'Eschenbach (clarté de la polyphonie, tranchant, attention à l'intensité rythmique...). J'irai probablement parce qu'on manque cruellement d'Hartmann en France, mais on ne pouvait guère choisir plus mauvais chef dans le circuit pour diriger ça.

4. Le jeudi 29 mars 2012 à , par DavidLeMarrec

En effet, la notule de Klari ne me semblait pas le lieu, merci de m'avoir secondé. :)

Puisque tu m'invites à répondre chez toi, ce n'est pas tant une déception qu'une lassitude devant le parfum de musée/colloque, sponsorisé par le ministère de la Culture, dégagé par la programmation.

Oui, on peut être perplexe devant l'énergie déployée pour être (ou avoir l'air) cohérent sur des thématiques. Mais ça, peu importe si ça reste chouette au final.

Ce qui m'interroge beaucoup plus, et tu as peut-être des pistes de réponse à cette question, c'est la rationnalité économique de mettre plusieurs fois les mêmes compositeurs ou les mêmes interprètes au même moment. Certes, ça crée un pôle qu'on remarque mieux pour acheter une place, mais personnellement, s'il y a quatre concerts passionnants dans un week-end, je n'en vois qu'un ou deux, ayant d'autres choses à faire (même si je suis libre, je n'en ai pas envie...).

Et pourtant, je suis un gros consommateur de concerts (pas un très gros, mais une quarantaine par an, c'est assez supérieur à la moyenne des spectateurs, je suppose). Alors l'essentiel du public, qui est plus occasionnel, on ne pourrait pas l'inciter à voir quatre fois Minkowski (ou n'importe qui / quoi d'autre) dans l'année plus facilement que sur deux semaines ?


Oui, beaucoup de concerts sont intéressants, et c'est le problème : le système de la cité n'est finalement capable que de produire des concerts <i>intéressants</i>. Je ne demande pas à tous les concerts d'être de grands concerts, mais là je suis à peu près certain, comme pour tout ce que j'ai vu à la cité depuis 3 ans à l'exception d'un concert (et je faisais le constat avec un ami qui fréquente aussi beaucoup la cité, et qui disait la même chose), qu'il n'y aura aucun grand concert, à deux ou trois exceptions près peut être.

Quand je dis "intéressant", ce peut être grand aussi, c'est juste un raccourci pour dire que j'ai envie d'y aller. Dans la masse, oui, il y a des soirées dont on admire le projet, mais aussi d'autres qui promettent beaucoup.

Le projet de la Cité de la Musique n'étant pas de se substituer aux grandes salles, même si elle ne faisait que de l'intéressant, ce ne serait pas plus mal. Je trouve le contenu beaucoup plus motivant que l'an passé, en ce qui me concerne, j'ai le sentiment que les oeuvres retenues sont plus intéressantes, que ce soient les rares ou les célèbres. Ce sentiment est tellement diffus et subjectif que je n'en tire bien sûr aucune conclusion générale (sauf que je suis content).

Quel était ce concert exceptionnel ?


C'est la différence entre la musique pensée comme un art et la musique pensée comme culture : la cité est du côté de la culture, on va à la cité pour se cultiver et s'intéresser.

Ce n'est pas faux, mais c'est ouvertement son projet (en parallèle avec les conférences et ateliers). Effectivement, Schumann ou Mendelssohn par Equilbey / Accentus, ça ne promet pas le frisson tellurique des grands chocs, et un certain nombre d'interprètes choisis ont quelque chose de probe, à l'inverse du panache qu'on attache généralement aux "grands"...
Mais ce n'est pas vrai pour tous les répertoires, loin s'en faut (Boulez et Tabachnik pour le premier XXe, Minkowski, Reyne, Rousset, Agnew pour le baroque).

Je suppose que vises tout particulièrement des choses comme les concerts "musiques du monde" (dont la présentation fait un peu "guide touristique comme-si-vous-y-tiez") ou ceux à thème comme Savall. Je n'ai pas encore tenté les uns ni les autres, je ne peux pas dire ce qu'il en est (Savall en salle dans le non-thématique m'a suffi).


Ca, et je trouve la programmation en musique contemporaine sinistre, de plus en plus conservatrice à quelques exceptions près.

Accordé, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent (même si j'en aime un certain nombre). L'EIC ne se produit pas ailleurs ? Parce que pour un ensemble pionnier, ça finit par ressembler à un mini-orchestre de répertoire...


Tout ça pour dire que je partage tout à fait ton interrogation sur le bien-fondé de la démarche "documentaire" en termes de résultats ; mais je n'en tire aucune conclusion, elle m'est plutôt sympathique sur le principe et j'ai passé des soirées très tièdes comme d'autres électriques (plutôt dans le baroque il est vrai).


PS : le Hartmann d'Eschenbach, on peut rater, si on a vraiment besoin de choisir. Je ne suis pas dans l'idée de systématiquement descendre Eschenbach, mais les qualités qu'il faut pour réussir Hartmann me paraisse précisément celles qui manquent à la direction d'Eschenbach (clarté de la polyphonie, tranchant, attention à l'intensité rythmique...).

C'est ce que je dirais aussi a priori (vraiment tout l'inverse de celui qu'on attendrait comme "spécialiste"), mais la seule fois que je l'ai entendu en vrai, pour ''Mathis der Maler'', j'ai trouvé au contraire que ces aspects, contre toute attente, étaient très bien maîtrisés. Animé et lisible, l'inverse de ce qui transparaît en retransmission.

Donc le choix dépendra sans doute de l'envie du moment. (Il faudra peut-être que je prenne quelques précautions tout de même, parce que l'effet glottophile peut m'être fatal, en termes de remplissage, d'un côté comme de l'autre.)

5. Le jeudi 29 mars 2012 à , par Ugolino le profond

Ce qui m'interroge beaucoup plus, et tu as peut-être des pistes de réponse à cette question, c'est la rationnalité économique de mettre plusieurs fois les mêmes compositeurs ou les mêmes interprètes au même moment. Certes, ça crée un pôle qu'on remarque mieux pour acheter une place, mais personnellement, s'il y a quatre concerts passionnants dans un week-end, je n'en vois qu'un ou deux, ayant d'autres choses à faire (même si je suis libre, je n'en ai pas envie...).



Je n'ai pas de réponse, à part le fait que je pense que ça correspond, dans l'esprit, aux attentes du public de la Cité (qui veut une sortie culturelle), même si celui-ci ne va pas à tous les concerts. Public qui n'est pas un, d'ailleurs : il y a apparemment des publics très segmentés à la cité, avec des gens qui ne vont voir qu'un type de concert, mais qui peuvent aller voir tous les concerts de ce type ou presque. Je n'en sais guère plus.

Le projet de la Cité de la Musique n'étant pas de se substituer aux grandes salles, même si elle ne faisait que de l'intéressant, ce ne serait pas plus mal. Je trouve le contenu beaucoup plus motivant que l'an passé, en ce qui me concerne, j'ai le sentiment que les oeuvres retenues sont plus intéressantes, que ce soient les rares ou les célèbres. Ce sentiment est tellement diffus et subjectif que je n'en tire bien sûr aucune conclusion générale (sauf que je suis content).



Je suis assez d'accord sur le fait que c'est plus intéressant que cette saison - qui a été je pense un ratage, globalement (peu d'écho presse, blogs, trottoir).
Après, l'intéressant, oui, mais il y a un moment où la motivation peine : comme c'est à l’extrémité de Paris (avec un métro pourri la plupart du temps entre 19h et 20h en plus), il y a un moment où personnellement je lâche l'affaire si c'est juste "intéressant", surtout si la même semaine ou le même soir j'ai une chance d'être bousculé que je n'ai pas à la cité.

Quel était ce concert exceptionnel ?



J'en ai déjà parlé, je crois, le concert du Studio for new music Moscow (en fait, le groupe de musique contemporaine associé au conservatoire de Moscow - à ne pas confondre avec le très inférieur Moscow Contemporary Music Ensemble), dans le cycle consacré à la musique sous Lénine/Staline. C'était d'ailleurs, et curieusement quelque part, le seul concert de ce cycle vraiment cohérent sur le plan de la programmation, qui allait au fond de son sujet (Chostakovitch/Roslavets/Wychnegradsky/Lourié/Mossolov). Sur le plan musical, cela faisait très "nous musiciens russes montrons à vous pauvres occidentaux décadents comment jouer grande musique russe". Le premier quatuor de Mossolov était incroyable : rien à voir avec tout ce que j'ai pu entendre au disque, et en concert (avec les Danel, que j'aime beaucoup, qui l'ont très bien joué, mais où je n'ai simplement pas reconnu l'oeuvre - et je ne la reconnaitrai probablement plus jamais, sous les doigts de personne).
Ce sont des musiciens totalement inconnus en France, et d'un niveau improbable. La cité avait l'occasion de les réinviter dans le cycle Futurismes, je leur en veux profondément de ne pas l'avoir fait. Je crois qu'en fait cette saison me dégoutte pour cette seule raison.
En plus, grâce à ce concert, j'ai été traduit en russe, ce qui est l'accomplissement d'une vie, un peu.

Mais ce n'est pas vrai pour tous les répertoires, loin s'en faut (Boulez et Tabachnik pour le premier XXe, Minkowski, Reyne, Rousset, Agnew pour le baroque).[quote]
Boulez, il fait surtout du mauvais contemporain une fois par an avec l'EIC... Je trouve les programmations de Tabachnik souvent mal à propos (Wagner/Xenakis après Wagner/Scriabine en début de cette année, et Berio/Mahler... bof), et ca reste un chef très solide mais pas exceptionnel.
En baroque, j'imagine que c'est bien par contre, mais je ne m'y connais pas du tout (j'en suis encore à "toutes ces cadences majeures c'est choupinet" (mais bon l'autre jour quand on m'a demandé pourquoi je n'aimais pas la grande de Schubert la seule réponse que j'ai trouvé c'est que ça manquait d'accords de neuvième sans résolution, alors pour le baroque j'ai encore du boulot)).

[quote]Je n'ai pas encore tenté les uns ni les autres, je ne peux pas dire ce qu'il en est (Savall en salle dans le non-thématique m'a suffi).[quote]
Oui, il parait que Savall ne fonctionne pas du tout en salle, tout du moins dans la salle de la cité. Jamais testé pour ma part.

[quote]Accordé, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent (même si j'en aime un certain nombre). L'EIC ne se produit pas ailleurs ? Parce que pour un ensemble pionnier, ça finit par ressembler à un mini-orchestre de répertoire...[quote]
A part à Beaubourg, je ne crois pas. Il y a eu une certaine ouverture pendant quelques temps qui pouvait laisser à terme espérer un vrai renouvellement, mais là cela semble complètement se refermer. C'est d'autant plus dommage que l'EIC vampirise au moins en "aura" les ensembles plus petits (Aleph, Tm+, 2e2m) dans le registre de la création contemporaine, alors qu'ils ont des programmes beaucoup plus aventureux (qu'ils jouent vaillamment devant 20 personnes).

[/quote][/quote][/quote][/quote][/quote]

6. Le jeudi 29 mars 2012 à , par Ugolino le profond

Il faut que j'arrête d'écrire mes messages à 3h du mat, j'ai complètement craqué sur les quote. J'espère que c'est lisible.

7. Le jeudi 29 mars 2012 à , par klari :: site

Ce qui m'interroge beaucoup plus, et tu as peut-être des pistes de réponse à cette question, c'est la rationnalité économique de mettre plusieurs fois les mêmes compositeurs ou les mêmes interprètes au même moment. Certes, ça crée un pôle qu'on remarque mieux pour acheter une place, mais personnellement, s'il y a quatre concerts passionnants dans un week-end, je n'en vois qu'un ou deux, ayant d'autres choses à faire (même si je suis libre, je n'en ai pas envie...).



Je m'essaie aux "quote", wouhou.
Typiquement, mais il faut préciser que je ne suis pas dans le même segment de mélomanerie que vous deux*, et qui ai besoin d'être guidée (ce que la brochure de la Cité fait très bien) cette stratégie marche du feu de dieu chez moi. Effectivement, le "pôle" me saute aux yeux, me fait envie, et me force ainsi à faire un choix dans les quelques concerts/activités proposés. Pour prendre l'exemple Minkowski, pas sûr en effet que j'y aille autant, ou plus, s'ils se retrouvaient dispersés au cours de l'année.
Mais j'admets sans peine qu'un autre spectateur réagisse différemment !

Par contre, c'est amusant, je crois retrouver certaines des réactions d'Ugolino chez moi en ce qui concerne la musique indienne. J'ai désormais tendance à trouver ce qui était proposé à la Cité, ou ce qui est encore proposé au Théâtre de la Ville, un peu léger et fanfreluché. Mais ces deux institutions ont été cruciales dans mon parcours-de-mélomane-en-musique-indienne. Elles remplissent un besoin, réel, mais qui n'est manifestement plus le mien.


*typiquement, dans mon cas, je n'aime pas la Grande de Schubert simplement parce qu'elle est trop longue ;-p

8. Le samedi 31 mars 2012 à , par DavidLeMarrec

Ave Ugo !

C'est tout à fait lisible, il n'y a que deux auteurs, dont moi : il n'est pas très compliqué de démêler l'un de l'autre.

Je n'ai pas de réponse, à part le fait que je pense que ça correspond, dans l'esprit, aux attentes du public de la Cité (qui veut une sortie culturelle), même si celui-ci ne va pas à tous les concerts. Public qui n'est pas un, d'ailleurs : il y a apparemment des publics très segmentés à la cité, avec des gens qui ne vont voir qu'un type de concert, mais qui peuvent aller voir tous les concerts de ce type ou presque. Je n'en sais guère plus.

Pour les publics segmentés, oui, je l'ai observé (et ça paraît totalement logique) : ceux qui vont voir les raretés du seria ne sont selon toute vraisemblance pas ceux qui vont se jeter sur du Sibelius au pianoforte, des réductions de Stravinski à deux pianos ou les programmes de musique du second vingtième...

Tu dois avoir raison, ça donne une cohérence, l'impression de participer à un événement. Instinctivement, ça agit, ça donne plus envie de faire absolument au moins UN Kurtág ou Minkowski. Mais si on met de côté les "domaines privés" des interprètes (pour qui il est plus commode de rester deux semaines à la suite à Paris), pour des compositeurs, il serait tout de même judicieux de les disséminer dans la saison, quitte à les regrouper par thème dans la brochure.

En ce qui me concerne (et pourtant je consomme plus de concerts que la moyenne des spectateurs, je suppose), je rechignerais à voir deux concerts d'un genre que j'adore dans la même semaine... et certainement pas quatre ! Alors que sur l'année, je pourrais tout à fait le faire.
L'essentiel du public à plus forte raison, s'il ne fait qu'une dizaine de sorties musicales par an...


Je suis assez d'accord sur le fait que c'est plus intéressant que cette saison - qui a été je pense un ratage, globalement (peu d'écho presse, blogs, trottoir).

Et pas très positifs quand ça a été le cas.


Après, l'intéressant, oui, mais il y a un moment où la motivation peine : comme c'est à l’extrémité de Paris (avec un métro pourri la plupart du temps entre 19h et 20h en plus), il y a un moment où personnellement je lâche l'affaire si c'est juste "intéressant", surtout si la même semaine ou le même soir j'ai une chance d'être bousculé que je n'ai pas à la cité.

Oui, bien sûr ! Pour l'extrémité de Paris, ça dépend bien sûr de quel côté on se trouve : c'est beaucoup plus commode depuis Villiers-le-Bel que depuis Versailles, c'est sûr. [/caricature]


J'en ai déjà parlé, je crois, le concert du Studio for new music Moscow (en fait, le groupe de musique contemporaine associé au conservatoire de Moscow - à ne pas confondre avec le très inférieur Moscow Contemporary Music Ensemble), dans le cycle consacré à la musique sous Lénine/Staline. C'était d'ailleurs, et curieusement quelque part, le seul concert de ce cycle vraiment cohérent sur le plan de la programmation, qui allait au fond de son sujet (Chostakovitch/Roslavets/Wychnegradsky/Lourié/Mossolov). Sur le plan musical, cela faisait très "nous musiciens russes montrons à vous pauvres occidentaux décadents comment jouer grande musique russe". Le premier quatuor de Mossolov était incroyable : rien à voir avec tout ce que j'ai pu entendre au disque, et en concert (avec les Danel, que j'aime beaucoup, qui l'ont très bien joué, mais où je n'ai simplement pas reconnu l'oeuvre - et je ne la reconnaitrai probablement plus jamais, sous les doigts de personne).
Ce sont des musiciens totalement inconnus en France, et d'un niveau improbable. La cité avait l'occasion de les réinviter dans le cycle Futurismes, je leur en veux profondément de ne pas l'avoir fait. Je crois qu'en fait cette saison me dégoutte pour cette seule raison.

J'avais remarqué l'originalité de ce concert, effectivement, mais je n'avais eu aucun écho sur sa qualité. Si tu as trouvé ça très bon, je te crois sans hésiter ! :)


En plus, grâce à ce concert, j'ai été traduit en russe, ce qui est l'accomplissement d'une vie, un peu.

En effet !


En baroque, j'imagine que c'est bien par contre, mais je ne m'y connais pas du tout (j'en suis encore à "toutes ces cadences majeures c'est choupinet" (mais bon l'autre jour quand on m'a demandé pourquoi je n'aimais pas la grande de Schubert la seule réponse que j'ai trouvé c'est que ça manquait d'accords de neuvième sans résolution, alors pour le baroque j'ai encore du boulot)).

Effectivement. Le chemin est beaucoup plus dur dans ce sens que dans l'autre...


Oui, il parait que Savall ne fonctionne pas du tout en salle, tout du moins dans la salle de la cité. Jamais testé pour ma part.

Même au Grand-Théâtre de Bordeaux, a priori taillé sur mesure. Le travail des ingénieurs de son label est exceptionnel, il parvient à donner des couleurs, des irisations absolument absentes du concert (sec, gris). En salle, ça ressemble presque à des vétérans de la Grande Ecurie qui auraient été virés. En tout cas les fois où je les ai entendus, dans des répertoires assez différents (suites de Haendel, suite d'Alcyone de Marais, Farnace de Vivaldi).


C'est d'autant plus dommage que l'EIC vampirise au moins en "aura" les ensembles plus petits (Aleph, Tm+, 2e2m) dans le registre de la création contemporaine, alors qu'ils ont des programmes beaucoup plus aventureux (qu'ils jouent vaillamment devant 20 personnes).

Justement, si tu avais les noms des salles où il se passe des choses de ce genre. J'ai souvent écouté les deux derniers ensembles que tu cites, mais je ne les ai jamais vu passer dans la région. Et pourtant, je fouine les programmations !

Maintenant que tu l'as dit, je vais aller voir sur leur site.

9. Le samedi 31 mars 2012 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Klari !

Pour prendre l'exemple Minkowski, pas sûr en effet que j'y aille autant, ou plus, s'ils se retrouvaient dispersés au cours de l'année.

Mais s'ils étaient réunis dans la brochure ?

Je ressens tout à fait ce que tu dis de l'impulsion parce que quelque chose se passe, que c'est le moment de réagir... mais le regroupement sur des dates très proches est-il nécessaire ?

typiquement, dans mon cas, je n'aime pas la Grande de Schubert simplement parce qu'elle est trop longue ;-p

Elle l'est objectivement, non ?
(Mais je l'aime bien quand même.)

10. Le mardi 3 avril 2012 à , par klari :: site

Mais s'ils étaient réunis dans la brochure ?



Le regroupement des dates me force à prendre une décision et à ne pas restée vautrée dans mon fauteuil. Hiiii, c'est maintenant ou jamais, après il n'y en aura plus. je me sens forcée de choisir vite un concert avant de laisser passer une opportunité - quasi-unique du fait du regroupement dans le temps.

(mais je conçois qu'on réagisse différement)

(juste pour dire que je dois être pile-poil dans le coeur de cible de la Cité)

11. Le mercredi 4 avril 2012 à , par DavidLeMarrec

Effectivement, ça se défend très bien (et je ressens aussi cette sollicitation du "maintenant-ou-jamais"), mais ça suppose que leur but est qu'on ne prenne qu'une date dans chaque amas ?

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