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Opéra-Comique 2012-2013 : la fin des sous


Pour eux, pas pour moi (malheureusement, d'une certaine façon).

Assez déçu de la saison annoncée, en comparaison à celles assez exaltantes de Pleyel et du TCE. Les oeuvres mises en scène sont pour la plupart des miniatures (Venus and Adonis, Cendrillon de Viardot, Il Segreto di Susanna, La Voix Humaine...) qui coûtent peu cher, et la saison qui commence tard (travaux encore, il me semble), se termine dans les premiers jours de juin. De toute évidence, on manque d'argent, il faut dire que la jauge est très petite pour Paris et que créer à chaque fois des costumes et décors aussi coûteux ne peut évidemment pas s'équilibrer, même avec le doublement de la subvention (qu'en est-il depuis ?) à l'arrivée de Saint-Pulgent / Deschamps.

Au passage, voilà qui interroge grandement sur la nécessité d'ouvrir ou de rouvrir de grandes salles publiques, comme le 104 (qui a au moins le mérite d'être ouvert sur "le monde"), la Gaîté-Lyrique (avec son concept "connecté" dont je ne suis pas persuadé qu'il puisse servir de ligne artistique fructueuse), et plus encore la Philharmonie à venir...
Si c'est pour ne pas pouvoir remplir leur programmation toute l'année, tout en payant les salaires pendant douze mois, je ne situe pas bien la nécessité... Car l'effet d'affichage sera de bien plus courte durée que le mécontentement si la programmation est décevante, si les impôts augmentent, si les réductions de dotation se multiplient - les deux dernières hypothèses étant fort probables, et concomitamment de sucroît.

Au chapitre des satisfactions tout de même :

=> la création d'une Académie Lyrique assez prometteuse, puisque l'institution voit passer énormément de spécialistes de cette gymnastique très singulière du parler et du chanter alternés. Le choix de Mireille Delunsch paraît étrange, vu sa diction pas toujours acérée (l'émotion passant bien davantage par le phrasé musical et les aspects mouvants du timbre), mais c'est assurément une grande marraine. On y rencontrera une autre jeune "protégée" de CSS, Cécile Achille, tout juste issue du CNSM de Paris, mais qui avait déjà chanté Ô mon bel inconnu du même Hahn à l'Opéra-Comique ;

=> Il Diluvio Universale de Falvetti (version de concert), un bijou du second XVIIe italien - à l'heure actuelle le courant le moins documenté de l'histoire de l'opéra ! -, ressuscité à Ambronay avec brio par le même Alarcón.

=> Le Roi d'Ys de Lalo (version de concert), dans une belle distribution déjà largement entendue à Toulouse (Koch & Ferrari pour les méchants), avec la nouveauté particulièrement attirante d'Ismael Jordi - eu égard à son Roméo fabuleux avec Minkowski. Mais ici encore, c'est un peu à l'économie, puisque ce sera Jean-Luc Tingaud et son orchestre OstinatO (dont l'aspect sonore dépareillé "cachetonne" un peu, en tout cas il en allait ainsi en 2009) qui officieront, et sans mise en scène.

=> Harawi de Messiaen par Karen Vourc'h.

=> Des récitals vocaux intéressants, souvent à l'heure du déjeuner (donc inaccessible pour le commun des mortels qui ne fait pas gardien de musée à la Bourse...), notamment ceux de Marc Mauillon, Béatrice Martin ou les programmes de l'Académie : mélodies françaises rares du début du XXe, intégrale des mélodies de Poulenc...

Par ailleurs, je suis content d'aller entendre, et je remarque avec plaisir que la Cendrillon de microchambre de Pauline Viardot est très à la mode à Paris ces dernières années (trois fois en trois ans !), ce qu'elle mérite musicalement, surtout eu égard à son aspect pratique. Même chose pour le rare David et Jonathas de Charpentier : ce n'est pas ce que j'aurais choisi de monter en priorité dans ce répertoire, mais les Arts Flo disposent déjà du matériel et de l'expérience.

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Un grand nombre de ces productions, pourtant de format réduit, sont donc des partenariats avec des festivals qui auront eu la primeur des créations. Peu importe au public, mais c'est un autre signe des difficultés à se financer. Les récitals vocaux "de prestige" ont aussi quasiment disparu : où sont les équivalents des soirées Gauvin, Gens, Antonacci, Palmer... ? Ici encore, je n'en souffre pas, mais le fait est significatif.

Cela dit, vu la surabondance dans d'autres salles et la relative lassitude vis-à-vis de l'Opéra-Comique, je ne suis pas si dépité : on ne peut pas espérer tous les ans des programmations comme Freischütz Berlioz + Cendrillon Massenet + Atys Villégier, évidemment.

Pourquoi lassé ?

  • Dès que l'on monte, on y entend très mal, si on le rapporte à la proportion de la salle.
  • Même avec la nouvelle climatisation, la chaleur y est infernale partout, sauf au parterre (hors de prix pour les opéras scéniques).
  • La tendance aux jolies mises en décor sans direction d'acteurs rend l'expérience souvent frustrante sur le plan dramatique. Ne reste plus que la musique, qu'on n'entend pas forcément idéalement, et qui n'est de toute façon pas le point fort de ce répertoire !


Il n'empêche qu'on peut y voir de (très très) grandes soirées, bien sûr, mais il est presque agréable d'être conforté dans ce scepticisme-là (largement matériel), vu la charge que font porter sur le calendrier d'autres salles !


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