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Antonín Dvořák - Quatuor à cordes n°14


En réécoutant l'oeuvre, je suis frappé une nouvelle fois par ce Dvořák particulièrement inhabituel, assez hystérisant. On est très loin du folklorisme policé (voire formaliste), de ses autres quatuors. Même les 12e (l' « Américain » ) et 13e, qui offrent davantage de personnalité que les précédents, s'en tiennent à une forme de séduction qui repose essentiellement sur la mélodie - finalement plus proche du charme de la rhapsodie, malgré l'usage de formes-sonates très appliquées.

Le premier mouvement de ce Quatorzième Quatuor, au contraire, est d'un esthétique percussive, où les phrases semblent être poussées jusqu'à entrer dans un mur invisible, où les lignes jaillissent sauvagement, et évoque assez fort (n'était l'harmonie) la logique plus sombre et paroxystique du premier quatuor de Bartók. Si le deuxième mouvement se rattache complètement à l'esthétique du scherzo propre à Dvořák, imprégnée de folklore, mais d'un niveau d'inspiration assez haut pour son corpus, à rapprocher de l'emblématique Douzième, le troisième, lui, bien que d'un lyrisme assez romantique, multiplie les frottements de textures et d'harmonie, avec une tessiture très centrale assez étonnante - et alterne les épisodes presque galants avec des sections entières d'une noirceur très inhabituelle pour le compositeur. Le quatrième retourne dans des aspects folkloristes, mais assez jubilatoires - qui évoquent assez fort le final de la Sénérade pour cordes de Tchaïkovski ou le Souvenir de Florence.

Je n'ai pas forcément une vue assez vaste de l'offre (et pas une idée très exacte de ce qu'elle est), mais je peux attester d'expériences très positives avec les Vlach de Prague (Naxos), d'une grande sobriété (sans rondeurs indolentes ni effets apprêtés), ou au contraire, plus généreusement captée, les Alban Berg (EMI), beaucoup plus ronds et exaltés. Encore plus extraverti et contrasté, les Psophos (Orchard), captés dans un petit espace un peu reverbérant mais très précisément. Le résultat qui sonne un peu "en boîte" est un peu moins convaincant que pour les deux précédents (et je ne suis pas sûr d'adorer cette manière très accidentée dans un aussi studio), mais elle a la vertu de pouvoir s'écouter en intégralité, librement et légalement, sur MusicMe.

http://www.musicme.com/#/Dana-Ciocarlie/albums/Antonin-Dvorak:-String-Quartet-No.-14-&-Piano-Quintet-No.-2-0829410116565.html


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