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Le Lied en français – XXVII – Gute Nacht (Winterreise n°1)


Enjeux

Ici encore, la longueur des phrases et l'accentuation parasite des prépositions, en français, sont un enjeu fondamental pour la traduction. Tentative de résolution ici en dédoublant certaines valeurs de fin de phrase (vous verrez, sur la partitiion, des tirets qui montrent une finale en « -e » à placer à votre guise pendant a durée du temps écrit), afin d'éviter de faux appuis prosodiques.

Alternance de rimes « féminines » (paroxyton) et « masculines » (oxyton) comme dans l'original – à l'exception du début, vraiment délicat si l'on veut du sens, de la concision, et un début accrocheur comme avec ce « Fremd » répété qui est tout un programme...

Comme pour les autres étapes du voyage, ces traductions (sans mètre) ne sont pas destinées à la lecture, mais à être entendues dans le cadre des rythmes et phrasés de Schubert – les repères des vers sont donc les rimes uniquement. En principe, contrairement aux traductions d'antant qu'on peut trouver d'occasions, celle-ci est respectueuse de l'original.

Poème

Gute Nacht / Bonne nuit

De loin me suis approché,
Au loin repars dans le malheur.
Tout mai était harnaché
De maint bouquet de fleurs.
La fiancée parlait d'amour,
Sa mère brodait ses atours.
Pourtant du monde je me retranche,
Recouvert par la neige blanche.

Non, je ne puis de ce voyage
Retarder les apprêts ;
Seul dois franchir ces paysages
Sur de sombres chemins de grès.
Sinistre clair de lune,
Seul compagnon de mes émois ;
Et sur les traces dans la brume
J'ai cherché les bêtes des bois.

Puis-je demeurer plus longtemps
Pour être le jouet des hommes ?
Laissez les chiens éructants
Garder l'entrée de vos royaumes !
L'amour aime l'errance,
Ainsi le ciel nous a réduits ;
Trompés par l'espérance,
Infidèle, bonne nuit !

Pour ne troubler pas ton sommeil
Je pars sans que mes pas t'éveillent ;
Tu ne dois pas m'entendre,
Pousse, pousse, le verrou vermeil !
J'écrivis sans t'attendre,
Un mot d'adieu : « bonne nuit »,
Pour que tu puisses apprendre
Qu'en te louant j'ai fui.

Partition

Parce que cela est juste et bon :

La ligne vocale française est disponible au format PDF sur le serveur de CSS.

On peut télécharger librement et dans le respect de la législation française les éditions du tournant du vingtième siècle publiées sur IMSLP. La ligne vocale se greffe exactement sur l'accompagnement.

Comme précédement : sur demande, je peux fournir une version adaptée à la tonalité de votre choix, ou collaborer sur les sources LilyPond.

Lorsque le travail sera fini, je proposerai sans doute plusieurs versions du cycle à différentes hauteurs.

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Retrouver les autres étapes du projet lied français sur CSS.


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Commentaires

1. Le mercredi 19 février 2014 à , par Robert le Dromadaire

Excellent, même si l'on est plutôt loin de la qualité de la traduction proposée par Günther von Streckenbach dans l'édition de 1976 de l'enregistrement EMI de Fischer-Dieskau / Moore (excellente version par ailleurs). Si peux la trouver, il y a probablement de quoi y puiser.

2. Le vendredi 21 février 2014 à , par DavidLeMarrec

Merci. :)

C'est même très mauvais si on lit ça comme une traduction littéraire.

Streckenbach n'est pas en vers ni chantable, je présume ? Parce que ses trouvailles seront difficilement exploitables si les appuis du mètre ne coïncident pas avec les mesures du vers allemand et les courbes mélodiques de Schubert...
Je ne souhaite de toute façon pas l'utiliser, le charme de l'exercice est aussi de chercher seul et de se mettre en danger ; lorsqu'on est trop imprégné d'une traduction, elle fait écran aux autres possibilités.

Mais j'aimerais beaucoup la lire, si elle est bonne, je vais donc me mettre en quête. Tu pourrais peut-être en mettre un petit extrait, pour voir un peu le ton général ?

Quelle version DFD / Moore ? Il n'y en a pas de 76, seulement 55, 62 et 71 (plus Prades, mais ce n'est pas chez EMI), donc la réédition de quelle version ? À quoi ressemble la pochette ?

J'aime particulièrement 62 (plus fouillée, moins uniformément lyrique que 55), pas trop 71 (où je le trouve complètement asséché, restent plutôt les grimaces interprétatives que son charme des décennies précédentes ou suivantes, vraiment une version creux de la vague). Mais je n'ai pas vu ces traductions, je crois : une fois qu'on a étudié les poèmes, on ne vérifie pas les traductions de toutes les versions existantes, forcément.

Je prendrais donc bien une référence, je suis assez intrigué.

Merci pour ces pistes !

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David Le Marrec


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