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[Carnet d'écoutes n°86] – L'Aida « de » Pappano


aida pappano

Reproduction d'un rapide commentaire laissé ailleurs.

Alors que je viens d'écouter les deux plus belles versions (discographiques) d'Aida jamais passées entre mes oreilles (Molinari-Pradelli à San Francisco en 1960 et surtout Solti au Met en 1963), je reste très impressionné par cette version Pappano qui tient toutes ses promesses et réunit à peu près toutes les qualités requises.

D'abord, avant tout (et contrairement à ce qu'on peut croire, élément capital dans Verdi), un chef formidable, qui tire des couleurs inédites, choisit des tempi neufs (le premier acte est très marquant de ce côté) souvent très habilement fondés (j'aime moins le ralentissement du trio de sidération du III), travaille la présence des masses ou des chambrismes… Il y a eu plus subtil dans le détail des phrasés, mais rarement plus beau dans les timbres.

Le plateau est très bon, à commencer par Erwin Schrott (contre toute attente, choisir une basse chantante permet une expression assez charismatique, on récupère donc largement de ce côté ce qu'on perd en profondeur de son dans les ensembles – je n'avais jamais entendu un Ramfis qui s'apparentait vraiment à un personnage) et Jonas Kaufmann, toujours tendu et incroyablement nuancé (le duo du Nil, le duo final, suspendus, murmurés, sur le fil de la voix, fascinants).
Les pirates du concert romain donné au même moment révèlent une voix assez limitée en volume, un peu masquée dans les grands tutti et peu audible dans les graves – phénomène accentué par sa captation de dos (Kaufmann a une voix assez directionnelle, dont le volume sonore peut largement varier selon l'emplacement de l'auditeur). Très beau, mais un rien malingre pour le rôle ; en revanche, en studio, c'est évidemment la perfection incarnée. Un Radamès sombre, maudit, torturé, pas du tout un général solaire, plutôt un amant spectateur de sa propre chute, mais terriblement abouti.

J'aime moins le reste : Ekaterina Semenchuk irréprochable, mais vraiment esthétiquement dans le registre de l'ogresse russe (à tout prendre, je choisis plutôt le tempérament d'Obraztsova ou la sobriété de Borodina), pas trop mon goût ici (en Lyubasha, pourquoi pas) ; Ludovic Tézier dont le grain s'élime irrémédiablement (moins de fermeté, une sorte de voile effiloché), et surtout pourvu d'un accent français assez pénible (toutes les finales sont lourdes, les mots accentués avec une minutie scolaire assez maladroite), alors que je n'avais jamais ressenti cela chez lui (qui a quand même passé l'essentiel de sa vie à chanter ce répertoire) ; Anja Harteros impeccable vocalement, mais toujours impavide (et ce vibrato lent blanchâtre, vraiment pas beau) – en revanche, les bandes sur les genoux révèlent une voix qui, de loin, sonne au contraire juvénile, avec une largeur d'émission couronnée par un superbe squillo (éclat d'harmoniques aiguës), un peu à la façon de Janowitz ou Isokoski. De toute façon, contrairement à la plupart des Aida, elle chante le rôle écrasant sans difficulté (sauf l'ut, blanc et auquel on a rajouté un maximum de réverbération… véniel, quasiment aucune voix de ce format ne peut le faire proprement), c'est déjà suffisant pour moi – le rôle est étrangement peu attachant, je trouve.

Donc pas une référence absolue pour moi, mais un réel émerveillement qui se place parmi les plus belles réussites de la discographie. Disons que ce serait la dernière des cinq versions que j'aime le plus, quelque chose comme cela.



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Commentaires

1. Le mardi 20 octobre 2015 à , par Benedictus

Tiens, je vais essayer.

A priori, ça me disait assez peu (pas trop tenté par l'affiche, à part Pappano, Schrott et Tézier - mais apparemment, Tézier...) Ça me permettra peut-être d'apprécier enfin Kaufmann (je viens d'écouter le I de Walküre: c'est incroyable à quel point ce chanteur, dont je ne conteste absolument pas les immenses qualités, me laisse absolument froid.)

Si c'est la dernière de tes cinq versions préférées, quelles sont les deux que tu intercalerais entre les live de Solti et de Molinari-Pradelli, d'une part, et cet enregistrement, de l'autre? (Personnellement, j'en suis resté à Karajan-Tebaldi-Bergonzi-Simionato: dans des œuvres qui ne me fascinent pas plus que ça, j'ai tendance à rester très «dictionnaire des disques Diapason».)

2. Le mercredi 21 octobre 2015 à , par David Le Marrec

Si c'est la dernière de tes cinq versions préférées, quelles sont les deux que tu intercalerais entre les live de Solti et de Molinari-Pradelli, d'une part, et cet enregistrement, de l'autre? (Personnellement, j'en suis resté à Karajan-Tebaldi-Bergonzi-Simionato: dans des œuvres qui ne me fascinent pas plus que ça, j'ai tendance à rester très «dictionnaire des disques Diapason».)

J'ai dit ça à la louche, hein.

Si j'en reste à ce qui se trouve en disque (sinon, j'ai une bande de García-Navarro avec Beňačková, Sylvester et Nimsgern, intouchable bien sûr…), j'intercalerais les studios Karajan II (c'est très orchestral-enveloppant, comme ses autres disques EMI, Otello, Lohengrin, Don Carlo… et ici ça fonctionne remarquablement, dans une distribution de poids-plumes très engagés) et effectivement Karajan I (pas très intéressant orchestralement, mais glottologiquement imparable). Tu vois, pas forcément des raretés révolutionnaires.

Mais les grandes versions, plus ou moins officielles, ne manquent pas (surtout dans les années 50-60, avec le tourbillon des grandes voix d'alors qui se croisent au fil des productions), dont certaines inattendues (Muti à Munich avec Fassbaender et Nimsgern, Ono, Harnoncourt…).

Les versions allemandes que j'ai écoutées (Schmidt-Isserstedt avec Rosvaenge, Karajan avec Martinis) ne sont pas complètement du même niveau, hélas. Mais sympas quand même, ça s'écoute très bien.

3. Le jeudi 22 octobre 2015 à , par Benedictus

Bon, alors, ça y est, j’ai écouté cette nouvelle version.

Je suis globalement assez d’accord avec toi: très beau travail de Pappano; prévisiblement pas du tout séduit par Harteros et Semenchuk (qui, à elles deux, font symptôme - ça rejoint un peu ce que tu disais sur Netrebko et Lemieux dans le Trovatore salzbourgeois); Tézier décevant au regard de ses standards habituels (mais à te lire, j’avais craint bien pire que cela); Schrott superlatif, en effet.

Reste Kaufmann: je ne sais vraiment pas quoi en dire, sinon que je n’accroche pas. La voix est probablement très belle, mais à peu près à l’opposé de ce que peux aimer chez un ténor (c’est bas, c’est excessivement couvert, ça nasalise un peu et ça exhibe le travail). Ensuite, côté caractérisation, j’admets volontiers que ce que fait Kaufmann est remarquablement fouillé, incarné et cohérent. Mais ça reste toujours un peu le même cliché romantique du héros ténébreux («tourmenté et lucide dans sa chute»), que ce soit ici ou dans Siegmund. A tout prendre, je trouve au moins autant d’efficacité dramatique à d’autres clichés - «noble mais fragile» (Bergonzi), «héros fruste qui court à son destin tragique» (Del Monaco), «solaire et inconscient» (Pavarotti) - qui ont au moins le mérite de susciter (ou d’être suscités par?) un chant plus direct.

Au total, c’est donc globalement de la belle ouvrage, mais vraiment pas une référence personnelle. (En revanche, selon les critères de la critique professionnelle, cet enregistrement pourrait assez avantageusement remplacer les éprouvants studios Solti, Muti et Abbado des années 70-80 comme «référence».)

Du coup, je vais me tourner vers d’autres choses. Karajan II-EMI, je n’ai pas essayé (tout comme son Don Carlo), refroidi que j’avais été par son Trovatore. En effet, Muti à Munich et Harnoncourt me tentent beaucoup... Quand tu parles des années 50-60, tu penses à des choses en particulier? (J’ai bien vu un Tebaldi-Del Monaco-Erede, mais sans Savarese, hélas!)

Ah, mais au fait, j’y pense, tu n’avais pas dit, un jour, en d’autres lieux, que la version studio Metha-Nilsson-Corelli te semblait «référentielle»? ;-)

4. Le dimanche 25 octobre 2015 à , par David Le Marrec

Bonsoir Benedictus,

Merci de venir en donner la primeur ici. :)

Par rapport au Trovatore de Salzbourg, je trouve tout de même que les deux dames chantent parfaitement (alors que Netrebko était toute molle, même si totalement maîtrisée, et que Lemieux était, en revanche, gênée par son émission très engorgée). Symptomatique de quoi, pour toi ? Semenchuk, je vois (mais embaucher les mezzos slaves-orientales dans Verdi – et hélas dans Bizet… –, c'est une norme au moins depuis les années 80) ; mais Harteros ? La voix me paraît assez singulière, pas particulièrement marquée par les modes du temps.

Au disque, je trouve ce qu'elle fait pas bien joli (le vibrato blanchâtre, l'absence absolue d'expression ou même d'investissement), mais les bandes du concert romain laissent percevoir une voix manifestement à la fois ample et dotée d'une très belle résonance aiguë, de sorte que ça puisse sonner à la fois glorieux, large et juvénile (façon Janowitz ou Isokoski, toutes proportions gardées). Il n'est donc pas impossible que ce soit le truchement du micro qui nous abuse.
Comme j'irai plutôt voir la grande diseuse Kaune que Harteros dans le Rosenkavalier parisien (et qu'elle annulera vraisemblablement, de toute façon), je ne pourrai pas me prononcer de sitôt, mais j'ai cette intuition. Sinon, comment justifier que le public l'adore malgré son expression bovine et son jeu rhizomique.


Kaufmann et autres Radamès

(c’est bas, c’est excessivement couvert, ça nasalise un peu et ça exhibe le travail).

Tout ça est très vrai – c'est même à peu près tout ce qu'on peut lui reprocher (je précise que par « bas », tu parles de contruction de la voix à partir du socle et pas de la justesse qui est irréprochable dans ce disque comme ailleurs).

Mais ça reste toujours un peu le même cliché romantique du héros ténébreux («tourmenté et lucide dans sa chute»), que ce soit ici ou dans Siegmund.

Werther est probablement son meilleur rôle. Ainsi que quelques autres où il apporte une dimension supplémentaire (Cavaradossi, Lohengrin, Parsifal…).
Mais je suis d'accord avec toi :

A tout prendre, je trouve au moins autant d’efficacité dramatique à d’autres clichés - «noble mais fragile» (Bergonzi), «héros fruste qui court à son destin tragique» (Del Monaco), «solaire et inconscient» (Pavarotti) - qui ont au moins le mérite de susciter (ou d’être suscités par?) un chant plus direct.

Clairement, pour moi, Del Monaco (pour les raisons que tu cites, et puis son agitation rythmique incomparable), Bergonzi (pareil que toi, douce vaillance), Carreras, Sylvester, Cura me touchent plus directement. Pour un rôle de ce genre, la franchise de l'émission et de l'expression est un atout : Kaufmann est quand même très subtil pour un ado sanguinaire qui se fait rouler dans la farine par sa nénette. C'est d'ailleurs l'un des rares rôles où je n'ai pas envie de me plaindre de Corelli (même si dans son air, dont tout le monde vante – à juste titre – le morendo final, les portamenti sont d'une grâce loxodontale…).

En revanche, Pavarotti, j'ai beau avoir réévalué son legs complètement à la hausse (la diction est tellement extraordinaire, et l'émission tellement facile, il n'a pas besoin de mettre beaucoup d'expression pour dire beaucoup), c'est vraiment l'un des rôles où, jeune ou vieux, ce n'est pas possible pour moi. Il paraît tellement tranquille, non, ce n'est pas possible. Pourtant, il n'est pas convaincant qu'en Duc de Mantoue ou en Riccardo du Bal Masqué, c'est un très grand Otello ou Canio… Mais là, non, je ne peux pas (comme ses Nemorino au sérieux pontifical).


Les studios « de référence » (pour la presse)

Au total, c’est donc globalement de la belle ouvrage, mais vraiment pas une référence personnelle. (En revanche, selon les critères de la critique professionnelle, cet enregistrement pourrait assez avantageusement remplacer les éprouvants studios Solti, Muti et Abbado des années 70-80 comme «référence».)



Je ne suis pas sûr d'y revenir souvent non plus (caractère très disparate, c'est un peu comme Mehta, on passe d'un émerveillement à l'autre, pas toujours confortablement… mais là au moins, Aida chante juste, pas comme Nilsson), on verra à l'usage.

(Bien d'accord, les « références » habituelles, à part Karajan I – Leinsdorf, Solti, Muti, Abbado – sont assez redoutablement atone et ennuyeuses.)


Karajan II

Du coup, je vais me tourner vers d’autres choses. Karajan II-EMI, je n’ai pas essayé (tout comme son Don Carlo), refroidi que j’avais été par son Trovatore.


Le Trouvère de Salzbourg, toutes amygdales dehors ? Électrisant ou insupportable, c'est selon (je suis dans le second cas).

Non, c'est très différent, c'est la même prise de son très enveloppante et massive que son Lohengrin et son Otello ; c'est assez pesant pour Don Carlo (même si la distribution est assez fantastique, en particulier Baltsa qu'on n'a pas sans Karajan et Carreras à son sommet), mais je trouve que cette Aida de cathédrale a une force dramatique et une ampleur extrêmement persuasives. Il n'y a pas beaucoup plus ardent que ça dans la discographie.


Muti à Munich – Harnoncourt avec Vienne

En effet, Muti à Munich et Harnoncourt



Muti est très animé ce soir-là, le problème est qu'il y a Tomowa-Sintow, irréprochable mais comme toujours plus épaisse qu'expressive, et je ne suis personnellement pas un inconditionnel de Domingo dans ce rôle (mais il est dans un très grand soir, je veux bien rendre les armes). En revanche, Fassbaender et Nimsgern à leur faîte, ce qui n'est pas un mince attrait pour les gens comme nous !

Harnoncourt n'est pas prioritaire, mais c'est une belle version, plus allégée dans les voix (plutôt des lyriques solides que des spinti) qu'à l'orchestre, qui cherche quelque chose de classicisant pas inintéressant, mais pas forcément chambriste.


Mehta

Ah, mais au fait, j’y pense, tu n’avais pas dit, un jour, en d’autres lieux, que la version studio Metha-Nilsson-Corelli te semblait «référentielle»? ;-)

Presque : c'est dirigé avec allant et des voix extraordinaires (Bumbry et Sereni à leur meilleur niveau, ça magnétise !), Corelli y est plein d'énergie et moins glotto-démonstratif que d'ordinaire (chez Questa en 51, il est déjà pénible pourtant). Le problème est surtout que Nilsson ne parvient pas à plier sa voix aux lignes, et qu'elle tend en plus à chanter bas (je ne parle pas de sa réfrigération naturelle, particulièrement crédible en éthiopienne nubile !).
Mais la version, par son énergie et son naturel, oui, emporte l'adhésion à peu près sans réserve. Une référence beaucoup plus crédible, en tout cas, si l'on n'aime pas le studio lyophilisé.


Autres versions de l'Âge d'Or

Quand tu parles des années 50-60, tu penses à des choses en particulier? (J’ai bien vu un Tebaldi-Del Monaco-Erede, mais sans Savarese, hélas!)

Il y en a des tas. Effectivement le studio que tu cites est très bien, même si Stignani n'appelle pas, évidemment, l'hystérie.
(De toute façon, Savarese, on l'a par ailleurs avec Serafin à Naples, ce n'est pas exceptionnel).

Il y en a des tas, on trouve des Del Monaco-Simionato, des Bergonzi-Simionato, d'autres avec Gorr ou Cossotto, et en allant dans le moins célèbre comme Lo Forese ou Labò, je suis certain qu'on peut trouver largement aussi bien que ça…

Pour les versions commerciales que j'ai identifiées, je peux déjà recommander :

¶ Solti, Met 1963 (Price-Gorr-Bergonzi-Sereni-Siepi),
¶ Molinari-Pradelli, San Francisco 1960 (Rysanek-Dalis-Vickers),
¶ Votto, Scala 1956 (Stella-Simionato-Di Stefano),
¶ Serafin, Naples 1953 (Tebaldi-Penno-Savarese), dans un son très précaire et pas tout à fait à leur meilleur niveau,
¶ Capuana, Tokyo 1960 (Tucci-Simionato-Del Monaco-Protti),
¶ Karajan, Vienne 1951 (en allemand, avec Martinis et Metternich !), pas réussi comme leur Force du Destin, mais vocalement superbe quand même,
¶ et pourquoi pas Questa en studio en 1951 (Curtis Verna-Corelli-Valdengo), tous plutôt dans un mauvais jour (mais ça fait quand même un bel attelage).

Il y a aussi Schmidt-Isserstedt avec Rosvaenge finissant qui n'est pas mal !

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David Le Marrec

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