Carnets sur sol

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lundi 17 juillet 2017

[bruits de saison] – Fort Boyard symphonique

    Je m'aperçois que l'émission existe toujours – et qu'elle a même existé sans discontinuité –, avec une tendance à gommer la spécificité du lieu (portes assorties à l'épreuve, images retouchées numériquement avec des moyens qui évoquent les essais du début des années 2000, personnages sans rapport avec une ligne défensive inter-insulaire du premier XIXe ou une prison du second XIXe), une fragmentation extrême et une complexification du scénario, loin des débuts où des baroudeurs anonymes étaient filmés à l'heure de diffusion, de nuit, avec des caméras parfois en plan fixe dans les endroits difficiles.

    Ça a l'air cela dit toujours très sympathique, je remarque simplement que, si les lignes de forces sont restées très sensiblement les mêmes depuis 1990 (aussi bien la structure narrative général que le type d'épreuve), la dimension pittoresque est désormais largement atténuée au profit des personnages et des jeux eux-mêmes. Pas de bagnard ou de bohémienne, moins de plans sur les vieilles pierres.

fort boyard fin annees 1980
Chemins de ronde du fort dans la seconde moitié des années 80.
(crédits en bas de l'image)

    Mais si j'en parle ici, c'est que j'ai été frappé par l'évolution du générique. C'était, dès le départ, une trompette de synthèse sur timbales analogiques, mais tout à fait jubilatoire :

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(générique de 1995)

    Les rythmes martelés très bruts, mais irréguliers, et le thème simple (mais un de ceux immédiatement prégnants, de l'étoffe dont on fait les tubes) à la trompette stridente et épique constituaient des ingrédients excessivement simples, mais de nature à camper immédiatement une atmosphère.

    La musique de Paul Koulak a été conservée à travers les saisons mais remaniées (probablement par lui d'ailleurs). Très étrangement, la hauteur de la mélodie a été spectaculairement baissée, ce qui enlève beaucoup de son panache.

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(générique de 2017)

    La fidélité des timbres synthétiques est, étrangement, bien moindre qu'en 1995. (Vous aurez aussi remarqué que la musique ne sert plus que de fond aux images, et que la seconde partie du thème a tout simplement disparu.)

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    En constatant cela, je me suis à nouveau pris à rêver à une belle forme-sonate qui exploiterait ce thème, et suis allé chercher si quelque pékin ne l'aurait pas, pour commencé, tenté avec de réels instruments, voire orchestré.

    Hé bien si.


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(Symphonique de Police, en 2011.)

    C'est ici l'Orchestre Symphonique de Police (qui se présente lui-même uniquement sous le nom internationalisable « Police Symphony Orchestra ») qui officie. Police (à prononcer « pôlitsè ») est une petite ville à l'Est de la Moravie – à la pointe Nord du kraj de Zlín, pour ceux qui sont bons en géographie administrative tchèque – dont le nom ne rend pas les recherches commodes, mais ce n'est ni une ville de seconde importance, ni même de troisième (et peut-être même pas de quatrième). Son orchestre n'est d'ailleurs pas bien vaste, plutôt de format mozartien (quatre violoncelles dans l'enregistrement ci-dessus, et cinq permanents dans la nomenclature officielle de l'orchestre), et tous ses membres en sont bien jeunes – je n'ai pas l'impression, vu leurs propos sur leur site, que ce soient des professionnels non plus.

police symphony

    Toujours est-il que le Symphonique de Police aime à donner des pièces du répertoire grand public international, et, mieux, les documente par des captations. Or, Fort Boyard existe en de nombreuses déclinaisons étrangères, et sa notoriété a largement excédé la seule France – même si chacun regarde les émissions de son pays, naturellement.

    C'est ainsi que l'on peut goûter cette belle version incluant marches harmoniques et dépendances du thème (notamment la petite extension aux cordes). Hélas à la hauteur de la transposition basse des génériques plus récents (moins d'éclat des trompettes), mais tout de même, Vojtěch Stehlík nous emplit les esgourdes de ses timbales martelées. Hourrah.

    Malgré le contenu rudimentaire de la composition de départ (et pas vraiment étoffée lors de l'orchestration, énormément de doublures), ça fonctionne complètement pour moi. Voilà un joli bis pour changer « du » Menuet de Boccherini.

--

Ne me jugez pas, je fais partie de ces âmes perdues qui aiment beaucoup le final de la Septième Symphonie de Mahler.

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(Gürzenich de Cologne, Markus Stenz.)

Et, sans doute encore moins imité, capable de me faire des boucles de fanfares de Richard Strauss.

Lecteur, en vos oraisons souvenez-vous de mes péchés.

David Le Marrec


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