Carnets sur sol

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Innovant novembre




Encore une fois, sélection personnelle dont le ressort est souvent la rareté ou la bizarrerie. Pour une sélection plus transversale et moins triée, l'Offi et Cadences sont assez complets (tout en ratant certaines de mes propositions, considérant les recoins où je râcle des pépites et ma veille généralisée des clubs interlopes). Et bien sûr France Orgue pour les concerts de pouêt-pouêts à tuyaux, ce n'est pas exhaustif, mais de très loin ce qu'on trouve de plus complet !



1. Rétroviseur

En cliquant sur les liens, mon avis (égrené en général sur le fil Twitter de CSS dans les heures suivant le spectacle, voire dès l'entracte) apparaît. Je m'efforce autant que possible de remettre aussi les œuvres en perspective et de poser des questions plus larges que le bon / pas bon du soir donné, aussi j'espère que les retardataires et les absents y trouveront quelques satisfactions tout de même.

Les ♥ mesurent mon émotion (depuis « ça va, c'est joli » jusqu'à l'extase), non la qualité des spectacles. Des spectacles que j'ai trouvés remarquables m'ont touché avec modération, tandis que d'autres plus bancals ou moins exceptionnels m'ont bouleversé. C'est ainsi.
Quant à ♠ : j'ai pas du tout aimé.

♥ Agréable, mais je ne suis pas entré dans le spectacle.
♥♥ Intéressant.
♥♥♥ Excellent.
♥♥♥♥ Merveilleux.
♥♥♥♥♥ Événément marquant dans une vie de spectateur.

♠ J'aime pas.
♠♠ Je déteste.
♠♠♠ C'est scandaleux !  (encore jamais attribué)
♠♠♠♠ J'ai hué le metteur en scène et vais lui défoncer sa race à la sortie.

► #12 Extraits de tragédies en musique (LULLY, Charpentier, Destouches, Rameau) pour soprano (Eugénie Lefebvre) et deux clavecins, dans la merveilleuse église (juxtapositions XIe-XVIe) d'Ennery. Un délice d'éloquence et de contrepoints : grand, grand concert. ♥♥♥♥♥
► #13 Révélation de Léonora Miano (pièce mythologique évoquant les traites négrières) mis en scène par Satoshi Miyagi en japonais à la Colline, avec un orchestre de 11 percussionnistes. Un univers très étonnant. (avec des morceaux de mythologie et d'onomastique dans mon commentaire) ♥♥♥
► #14 Rarissime exécution en concert du Quintette piano-cordes de Jean Cras, les chants de marin les plus modulants que l'on puisse rêver !  (avec quelques extraits de partition) ♥♥♥♥♥
► #15 Bérénice de Michael Jarrell à Garnier. Grande déception – je n'y retrouve ni le sens dramatique de Cassandre (qui n'était certes pas un opéra), ni le contrepoint lyrique de Galileo (qui n'était certes pas sis sur des alexandrins français).  ♠
► #16 Symphonie n°7 de Stanford (et Concerto pour clarinette), Éric van Lauwe. Très belle interprétation, œuvres pas au faîte du catalogue de Stanford. ♥♥
► #17 Tristan und Isolde : Serafin, Schager, Gubanova, Goerne, Pape ; Viola, Sellars, ONP, Jordan. ♥♥♥ (ça en mérite davantage, mais je connais tellement l'œuvre que l'effet de surprise n'est pas le même, et du fond de Bastille…)
► #18 Grétry, Le Jugement de Midas. CRR de Paris. ♥♥♥♥
► #19 Destouches, Issé. Wanroij, Santon, E. Lefebvre, Vidal, Collardelle, Lecroart, Dolié, Barolz ; Chantres, Les Surprises, Camboulas. ♥♥ (parce que c'est une nouveauté… mais pas palpitant, la faute au livret, et sans doute aussi un biais d'interprétation défavorable au drame, à la danse, à la déclamation)
► #20 Orgue à la Madeleine par Matthew Searles : Franck, (Samuel) Rousseau, Saint-Saëns, Tournemire, Demessieux… Programme français assez incroyable, autour des chorals et de l'improvisation transcrite (celles de Saint-Saëns et Tournemire sont incroyables !). ♥♥♥♥♥
► #21 Quatuor a cappella Bonelli, dans Josquin, Palestrina, Victorian, Mendelssohn, Sullivan, bruckner, Debussy, Peterson-Berger, Duruglé, Kodály, Poulenc, gospels… à un par partie !  Fulgurant, la technique parfaite, et jusque dans les langues !  ♥♥♥♥♥
► #22 Maeterlinck, La Princesse Maleine, Pascal Kirsch. ♥♥♥♥♥
► #23 Bernstein, Candide. Swanson, Devieilhe, Rivenq, Amiel, Saint-Martin, Courcier, Koch. Opéra de Marseille, Robert Tuohy. ♥♥♥♥
► #24 Toshiki Okada, Five Days in March (en japonais). ♥♥
► #25 Meyerbeer, Les Huguenots. Oropesa, Jaho, Kang, Testé… Kriegenburg, ONP, Mariotti. ♥♥♥♥♥
► #26 Berlioz, La Mort de Cléopâtre (Richardot), Symphonie fantastique, ORR, Gardiner. ♥♥♥♥
► #27 Debussy, Pelléas et Mélisande, version piano. Lanièce, Dominguez, Degout, Dear… Martin Surot. ♠ (c'est terrible, encéphalogramme plat… vraiment dangereux à présenter après si peu de répétitions… et pas du tout aimé ce que faisaient les chanteurs, alors même que j'ai adoré Lanièce jusqu'ici, mais il change sa voix, et beaucoup aimé Dear, mais dans des rôles plus opératiques…)
► #28 Haendel, Serse. Fagioli, Kalna, Genaux, Aspromonte, Galou, Andreas Wolf, Biagio Pizzuti. Il Pomo d'oro, Emelyanychev. ♥♥♥♥ (interprété comme cela, quel plaisir !)
► #29 Baroque viennois (Kerll, Fux, Conti, Schmelzer) par le Consort Musica Vera. Une brassée de découvertes ! ♥♥♥♥
► #30 Emond de Michalik. ♥♥♥♥♥ (en cours de commentaire, revenez plus tard)
► #31 Magnard, Hymne à la Justice, par les Clés d'Euphonia. (Et Ravel main gauche, Strauss Tod und Verklärung.) ♥♥ (Magnard passionnant et très réussi, j'étais dans de moins bonnes dispositions pour écouter le reste du programme.)

Et quelques déambulations illustrées d'octobre :
☼ La Forêt de Rambouillet traversée du Sud au Nord, du Palais du Roi de Rome jusqu'aux Étangs de Hollande.
☼ La Forêt d'Armainvilliers, ses arbres remarquables et vestiges archéologiques.
☼ Baillet-en-France, Chauvry, Béthemont, Villiers-Adam… villages autour de la Forêt de l'Isle-Adam

Château de Rambouillet.
Palais du Roi de Rome.

† Église XIIe-XVIe d'Ennery, premier gothique et flamboyances prolychromes.
† Cathédrale Saint-Maclou de Pontoise.
Église Saint-Lubin de Rambouillet (avec vidéo-test d'acoustique).
† Cathédrale Saint-Louis de Versailles.
Sainte-Marie des Batignolles.
† Saint-Joseph-Artisan.
† Saint-Nicolas-des-Champs
† Temple de Port-Royal.

Expo Miró au Grand-Palais

Pour ceux qui ne sont pas mis en lien, vous les trouverez épars sur cette page.



2. Distinctions

Quelques statistiques :
● 20 concerts en octobre (oui, c'est beaucoup) dans 18 lieux différents dont 6 où je n'avais jamais mis les pieds. C'est plutôt bien d'y parvenir encore, après dix ans de loyaux services dans la région.

putto incarnat
Quelques ovations musicales :
Putto d'incarnat de l'exhumation : Consort Musica Vera pour le Requiem de Kerll, Ferey & Sine Qua Non pour le Quintette piano-cordes de Cras, Matthew Searles pour l'ensemble de son programme.
Putto d'incarnat œuvre : Les Huguenots de Meyerbeer, Callirhoé (extraits) de Destouches, Requiem de Kerll, Quintette de Cras, Médée (extraits) de Charpentier.
Putto d'incarnat claviers : Clément Geoffroy (à deux clavecins + continuo Issé), Matthew Searles (registration et souplesse).
Putto d'incarnat orchestre : Orchestre Révolutionnaire et Romantique (couleurs et cohésion dans Berlioz), CRR de Paris et environnants pour Grétry (quel engagement !).
Putto d'incarnat direction : Mariotti (animer ainsi cet orchestre, et rattraper l'air de rien les décalages des chanteurs dans les grands ensembles des Huguenots, du grand art), Ph. Jordan (Tristan).
● Une belle moisson de chanteurs exceptionnels (et je pèse mes mots) : Morgane Collomb (Kerll), Fanny Soyer (quatuor a cappella), Eugénie Lefebvre (Médée, Callirhoé, Amélite, Hespéride d'Issé), Marion Vergez-Pascal (quatuor a cappella), Bo Skovhus (Bérénice), Mathieu Lecroart (Issé), Biagio Pizzuti (Serse), Andreas Wolf (Serse), Adrien Fournaison (quatuor a cappella)… auxquels nous décernons volontiers un putto d'incarnat 2018.
● et les Putti d'incarnat de l'injustice critique, pas forcément adorés comme ceux choisis précédemment, mais réellement admirés, excellents, au-dessus de la désapprobation et que j'ai pu lire ou entendre de façon récurrente à leur encontre : Ermonela Jaho, Martina Serafin, Yosep Kang, Il Pomo d'oro… Courage les petits, vous êtes des grands !

putto incarnat
Quelques saluts théâtraux :
Putto d'incarnat théâtre : Maleine de Maeterlinck (pour le texte et sa vie sur scène, pas pour la mise en scène qui l'abîme en certains endroits), Edmond de Michalik (une sorte de vaudeville à références littéraires, très accessible et tout à fait jubilatoire à chaque instant).
Putto d'incarnat acteurs : Haruyo Suzuki (voix d'Inyi dans Révélation), Bénédicte Cerutti (la Reine étrangère dans Maleine), Cécile Coustillac (la Nourrice semi-comique dans Maleine), Nicolas Rivenq (quel anglais remarquable en narrateur-Pangloss de Candide).

Autant dire que je ne suis pas assuré que novembre soit du même tonnel…



3. Sélection des raretés et événements

En rouge, les interprètes qui méritent le déplacement.
En gras, les œuvres rares.
Et donc combiné : œuvres rares et tentantes (déjà écoutées, ou quelquefois simplement significatives / prometteuses).

Vendredi 2
→ Auditorium de Vincennes : Hymne à la Justice de Magnard (+ Tod & Verklärung, Ravel gauche). Les Clefs d'Euphonia. Libre participation.
→ Gaveau : Schütz, Erlebach, Theile, Ritter, Tunder par l'Arpeggiata.

Samedi 3
→ 16h, Saint-Gervais. Intégrale des motets de Couperin #4 par l'Ensemble Marguerite Louise (Gaëtan Jarry). Libre participation.
→ 18h, Royaumont, Masterclass Immler & Deutsch avec Garnier & Oneto-Bensaid (putto d'incarnat novembre 2017), Boché (putto d'incarnat mai 2018 et juin 2018) & Vallée… 18h, sur inscription.
→ Saint-Merry, violoncelle roumain & français.
→ Maison de la Radio, Esther de Racine avec la musique de scène d'origine de Moreau.
→ Auditorium de Vincennes : Hymne à la Justice de Magnard (+ Tod & Verklärung, Ravel gauche). Les Clefs d'Euphonia. Libre participation.

Dimanche 4
→ 14h30, Péniche Over the Rainbow : des succès de comédie musicale sous la direction de l'ancien grand chanteur-baroque-français Luc Coadou.
→ 15h, Saint-Germain-des-Prés : Concert baroque & musique ancienne coréenne.
→ 16h, Auditorium de Vincennes : Hymne à la Justice de Magnard (+ Tod & Verklärung, Ravel gauche). Les Clefs d'Euphonia. Libre participation.
→ 17h Temple Saint-Pierre (Paris XIX), Reincken au clavecin et Pachelbel à l'orgue par Clément Geoffroy (putto d'incarnat de septembre 2018 et octobre 2018). 55 rue Manin, gratuit.

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Lundi 5
→ Philharmonie, création de CHEN Qigang, Capitole, Sokhiev.

Mardi 6
→ 12h30 puis 19h, CNSM : ECMA, Académie de Musique de Chambre Européenne, le lieu chaque année de mes grands coups de cœur et de mes nouveaux chouchous !  J'y ai découvert avant tout le monde les Akilone, Hanson, Arod, Sōra, Zadig, lorsqu'ils étaient encore élèves…
→ 12h30, Orsay, masterclass de la Fondation Royaumont, cf 3 novembre.
→ Opéra de Versailles, Berlioz, Damnation de Faust. Antonacci, Vidal, Courjal, Les Siècles, Roth. Alerte glottique !  Mathias Vidal a remplacé en catimini (le déjà très bon) Bryan Register. On se retrouve donc avec le plus beau plateau jamais réuni pour cette œuvre. Hélas, il ne reste plus que des places à 80€, car tout était déjà parti…

Mercredi 7
→ Temple du Luxembourg : Massé, Paul & Virginie ; Compagnie de L'Oiseleur. T. Rousseau, G. Laurens, Ratianarinaivo, Qiaochu Li… Massé n'a pas écrit que les pièces légères Les Noces de Jeannette (grand succès d'alors) ou Galathée (qui a bénéficié, il y a longtemps, des rares honneurs du disque) ; voici un de ses drames plus sérieux, qui met en relation ces héros emblématiques de la littérature française avec leurs lecteurs, avec de beaux
ensembles consonants mais riches. Hâte d'entendre cela en action !  Libre participation.
→ Philharmonie : Tippett, A Child of Our Time ; Connolly, Padmore, Relyea, OP, Adès. Oratorio très réussi (style brittenien en mieux), son œuvre emblématique.
→ Philharmonie : Armand Couperin, Dandrieu… par Béatrice Martin, Olivier Baumont, Claire Antonini, et Julien Cigana à la déclamation en français restitué (il n'y a pas plus savoureux que lui !).
→ Odéon : Début des Femmes Savantes mises en scène par Braunschweig.

Jeudi 8
L'une des journées les plus riches de l'année !
→ 18h, Musée d'Orsay : Lauréats de la Fondation Royaumont (dont les membres de la masterclass du 3 novembre) répartis dans le musée !
→ 19h, CNSM : Ouverture du Fliegende Holländer, Concerto pour violon et orchestre à vents de Weill, Concerto pour violon n°2 de Bartók. Orchestre des Lauréats du Conservatoire. Gratuit.
→ Mairie du IIIe : Quintette piano-cordes de Durosoir (et celui de Franck) par l'Ensemble Syntonia (putto d'incarnat 2017). Gratuit ?
→ Philharmonie : Tippett, A Child of Our Time ; Connolly, Padmore, Relyea, OP, Adès. Oratorio très réussi (style brittenien en mieux), son œuvre emblématique.
→ Orsay : Immler-Deutsch dans Schreker, Grosz, Gál, Wolf, Berg. Rarissime et exaltant mais cher pour un récital de lied (35€).
→ Invalides : Requiem de Farr, Élégie pour cordes et harpe de Kelly. Pas des chefs-d'œuvre intersidéraux, mais plaisants et rarissimes.
→ Seine Musicale : Haydn, Symphonie n°102, une Symphonie de CPE Bach, Concerto pour piano n°20 de Mozart. Insula Orchestra, Christian Zacharias.
→ Philharmonie : Louis & François Couperin par Rousset.
→ CRR de Paris : Debussy, Pelléas ; la formation n'est pas claire, j'avais compris Pascal Le Corre au piano, mais je vois qu'à présent des élèves instrumentistes sont crédités. Gratuit.
→ Ivry : Les Justes de Camus.

Vendredi 9
→ TCE : Verdi, Nabucco ;  Opéra de Lyon avec Anna Pirozzi, Leo Nucci… Les meilleurs titulaires d'aujourd'hui, pour un opéra d'un accomplissement remarquable, certes un tube, mais guère donné en France.
→ Chapelle Royale de Versailles : Moulinié, Cantique de Moÿse & Requiem, motets Louis XIII de Formé et Bouzignac. 18€.
→ Philharmonie : Durosoir, Amoyel, Britten, Debussy, Bach sur une copie du violoncelle de fortune de Maurice Maréchal, dans les tranchées. Par Emmanuelle Bertrand.
→ CRR de Paris : Debussy, Pelléas ; la formation n'est pas claire, j'avais compris Pascal Le Corre au piano, mais je vois qu'à présent des élèves instrumentistes sont crédités. Gratuit.
→ Massy : Samson & Dalila, production de Metz (Kamenica, Furlan, Duhamel).
→ Chelles : Sopro, pièce de Tiago Rodrigues en portugais, autour de la figure d'une souffleuse (réellement souffleuse). Donné également jusqu'à mi-décembre au Théâtre de la Bastille, dépêchez-vous, la plupart des dates sont complètes.

Samedi 10
→ 15h, Cortot : Septuor de Saint-Saëns (OCP)
→ 18h, Gargenville (aux Maisonnettes, l'ancienne maison de Nadia & Lili Boulanger), concert viole de gambe / clavecin. 8€.
→ 20h, Église écossaise : violon-piano de Janáček, Sonate pimpante de Rodrigo, Beethoven 9.
→ 20h30, La Chapelle-Gaillard : Lambert, Jacquet, Marais, Dandrieu, etc. Entrée libre. Réservation conseillée.
→ Début de Nel paese d'inverno (en italien) de Silvia Costa, plasticienne qui a été l'assistante de Castellucci.

Dimanche 11
→ Ivry : Les Justes de Camus.
→ 21h, Philharmonie : Chœurs de Caplet (Messe à 3), Reger, Schönberg, Ravel, Poulenc, Fujikura. Chœur de Chambre du Québec, Sequenza 9.3, Chœurs de l'Armée Française. Déplacé à 21h pour cause d'Armistice. Complet mais vérifiez sur la Bourse aux Billets (ou demandez-moi, je risque de revendre ma place…).

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Lundi 12
→ CNSM : programme de chambre au Salon Vinteuil du BDE.
→ Athénée : Mirianashvili.
→ 21h, Théâtre de la Bastille : Sopro, pièce de Tiago Rodrigues en portugais, autour de la figure d'une souffleuse (réellement souffleuse).Jusqu'à mi-décembre,la plupart des dates sont complètes.

Mardi 13
→ Toute la journée : masterclass de Gary Hoffman (violoncelle) au CNSM.
→ 14h, CRR : masterclass publique sur les vaudevilles du XVIIIe siècle.
→ 18h, CNSM : pièces du compositeur récemment disparu Nguên Thiên Dao.
→ 20h, Colline : début du Lazare de Castellucci.
Chœur Calligrammes (putto d'incarnat du concert de l'année en 2017 et 2018 !), programme « Noël espagnol des trois Amériques » : Guastavino, Susa, Galindez, Valera, Corona (pardon, en vérifiant le lieu, je vois que c'est évidemment en décembre)

Mercredi 14
→ 14h, CRR : masterclass publique sur les vaudevilles du XVIIIe siècle.
→ 19h, CNSM : concert de thèse, Paganini au piano. Liszt, Busoni, Michael Zadora, Ignaz Friedman.

Jeudi 15
→ 18h30, Favart : Stockhausen, Donnerstag aus Licht. L'opéra totalisant qui regroupe une large part de sa production sera (partiellement) donné cette année : Jeudi à l'Opéra-Comique, et plus tard dans la saison Samedi à la Philharmonie !  Ici, c'est avec mise en scène, une expérience qui vous convaincra diversement (ensemble très hétéroclite, mais atonal bien sûr), à ne pas rater, au moins pour connaître cet objet étrange.
→ 19h, CNSM : cours public d'improvisation de musique indienne
→ Orsay : pièces à thématiques circassiennes de Satie (Parade !), Stravinski, Rota, Debussy (orchestrations de Children's Corner) etc., par le Secession Orchestra dirigé par Clément Mao-Takacs.
Chœur Calligrammes (putto d'incarnat du concert de l'année en 2017 et 2018 !), programme « Noël espagnol des trois Amériques » : Guastavino, Susa, Galindez, Valera, Corona (pardon, en vérifiant le lieu, je vois que c'est évidemment en décembre)
→ Philharmonie : Monologues de Jedermann de Frank Martin par Goerne, un des grands cycles vocaux du XXe siècle (assez récitatif et dramatique, comme les Vier dramatische Gesänge de Gurlitt ou les Häxorna de Rangström). Couplé avec la Dante-Symphonie de Liszt, fameuse et très enregistrée mais peu donnée en concert.

Vendredi 16
→ Invalides (salon) : pièces à deux pianistes de Saint-Saëns, Debussy, Rachmaninov, Chostakovitch. Avec Jean-Philippe Collard.
→ Philharmonie : Vivier, Grisey (Les Chants du Seuil), EIC, Louledjian (très remarquée la saison dernière dans la Damoiselle Élue – quelle diction, quelle présence !).

Samedi 17
→ 16h30 Épinay-sous-Sénart : baroque des Andes.
→ 18h, Écouen : Jodelle, Cléopâtre captive. Rare représentation de cette pièce fondamentale du patrimoine français. Gratuit sur réservation, dans le cadre merveilleux du château !
→ 18h30, Favart : Stockhausen, Donnerstag aus Licht. Voir jeudi pour commentaires.

Dimanche 18
→ 16h, Maison de la Radio : Chœurs de Schubert, Mendelssohn, Brahms par le Chœur de Radio-France. Ma dernière expérience, il y a près de dix ans, avait été très peu concluante (techniques lourdes qui s'accommodent mal de cette forme délicate), mais Sofi Jeannin (et désormais Martina Batič ?) les a beaucoup assouplis pendant son bref intérim.

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Lundi 19
→ Toute la journée au CNSM : masterclasses du Quatuor Ébène. Gratuit.
→ 19h, CNSM : Symphonies 1 de Beethoven et 9 de Schubert, par les Lauréats du Conservatoire (multi-putto d'incarnat ces dernières années). Gratuit sur réservation.
→ 20h, Villette : début des représentations de l'épisode du Mahābhārata vu par Miyagi, avec son orchestre de percussions (et en japonais), gros succès à Avignon…

Mardi 20
→ 19h, Bondy : Chansons de Bord de Dutilleux (bijoux !), Chansons de la Pointe de Manac'h, Kodály, Ligeti, Fujiwara, par la Maîtrise de Radio-France. Gratuit.
→ 19h, CNSM : Concertos baroques de Jiranek, Heinichen, Reichenauer, Bentner et Zelenka ! Gratuit.

Mercredi 21
→ 20h30, Bal Blomet : pièces d'Anthiome, Berlioz, Saint-Saëns, Fauré. Ambroisine Bré et l'Ensemble Contraste. 22€.

Jeudi 22
→ 12h30 Petit-Palais : récital de lied & mélodie par Kaëlig Boché (double putto d'incarnat au dernier semestre !) et Jeanne Vallée.
→ 20h, Invalides : Programme varié très étonnant. Pièces héroïques pour orgue et cuivres de Widor et Dupré, extraits de Janáček (Glagolitique, Tass Boulba), Bartók, Pärt, Nilović, Eötvös, Rhapsodie pour clarinette et orchestre de Debussy… !
→ 20h, Opéra Royal de Versailles : Salieri, Tarare. Un des plus hauts chefs-d'œuvre de l'histoire de l'opéra, l'un des plus grands succès de l'Opéra de Paris également. J'en avais présenté le livret et le contexte ici. Équipe de dingue menée par Dubois, Bou, Rousset… Donné également à la Cité de la Musique.
→ 20h, Maison de la Radio : Bernstein, Divertimento, Halil, Riffs ; Dusapin, Morning in Long Island. ONF, Sirvend.
→ 20h, Fondation Singer-Polignac : Lauréats du prix Boulanger. Est-ce public ?  (souvent, non, mais je n'ai pas vérifié ici, étant déjà pris…)
→ 20h, T2G : Début des représentations de la pièce de Hideto Iwaï (en français).
→ Maison du Japon : « Jetons les livres ». Théâtre en japonais, viol / pop / onirique / trash. Pas pour moi, mais doit être assez surprenant.
→ 20h30, Philharmonie : Koechlin, Vers la Voûte étoilée (très jolie pièce, pas son chef-d'œuvre, mais on ne le joue jamais, c'est déjà bien…) et autres programmes stellaires d'Adès, Holst, Ives, R. Strauss. Orchestre de Paris, Pierre Bleuse (absolument formidable dans le récent album d'airs français de Julien Behr).
→ 21h, Théâtre de Saint-Louis-en-L'Île : mélodies de Kuula, O. Merikanto, Sibelius, Melartin, par Sophie Galitzine (une bonne voix) et Jean Dubé (oui, le Jean Dubé !). Programme déjà rodé au moins depuis le début d'année.

Vendredi 23
→ 19h, CRR de Paris : Orchestre d'harmonie de la Région Centre dans Roger Boutry (Concerto pour violoncelle et ensemble à vent), et arrangements : Lili Boulanger (D'un matin de printemps), Debussy (Fêtes des Nocturnes) et Bernstein (Suite de Candide). Gratuit.
→ 20h30 : Début de La Naissance de la tragédie de Kuvers.

Samedi 24
→ 15h, Cortot : quatuor à vent. Français, Villa-Lobos, Rossini, Beethoven, Poulenc, Jolivet
→ Tout l'après-midi, MAHJ  : Intégrale des Quatuors avec piano de Mendelssohn (œuvres de prime jeunesse, pas le plus grand Mendelssohn, mais déjà très belles et jamais données) avec le Trio Sōra, Mathieu Herzog, et culminant en fin de journée dans une transcription de la Première Symphonie avec le Quatuor Akilone (et un piano) !
→ 20h30, Saint-Joseph-Artisan : Automn de Delius, première audition française de ce mouvement de suite symphonique. Programme un peu moins aventureux que d'ordinaire (après un tout-Stanford !). Couplage avec le Second Concerto de Brahms. Excellent orchestre d'Éric van Lauwe. Libre participation.

Dimanche 25
→ 12h, Garnier : Quatuors de compositeurs d'opéra. Grétry n°3, Verdi, Meyerbeer Quintette avec clarinette.
→ 16h, Saint-Joseph-Artisan : Automn de Delius, première audition française de ce mouvement de suite symphonique. Programme un peu moins aventureux que d'ordinaire (après un tout-Stanford !). Couplage avec le Second Concerto de Brahms. Excellent orchestre d'Éric van Lauwe. Libre participation.
→ 16h, Chapelle royale de Versailles : Couperin, extraits de la Messe pour les Couvents par Desenclos, et motets par l'Ensemble Marguerite Louise.
→ 17h, Le Pecq : Garnier & Oneto-Bensaid (laquelle fut multi-putto d'incarnat et vient de sortir son premier disque, entièrement des transcriptions de sa main ! ♥) Dans Schubert, Duparc, Poulenc…

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Lundi 26
→ Toute la journée, CNSM : masterclasses du Quatuor Modigliani. Gratuit.

Mardi 27
→ Uniquement des événements déjà cités.

Mercredi 28
→ 19h, CNSM : Concert (de chambre) de l'Association de musique Sainte-Cécile, sorte de remise de prix organisée par d'anciens du CNSM, une des plus anciennes associations culturelles de France. Je ne dispose pas du programme, mais en principe ce sont des gens plutôt bons –  et c'est dans ces murs que je vis régulièrement mes plus belles expériences de musique de chambre !
→ 20h30, Philharmonie : Salieri, Tarare. Un des plus hauts chefs-d'œuvre de l'histoire de l'opéra, l'un des plus grands succès de l'Opéra de Paris également. J'en avais présenté le livret et le contexte ici. Équipe de dingue menée par Dubois, Bou, Rousset… Donné également à Versailles la semaine précédente.
→ 20h30, Philharmonie : Intégrale des airs de cour de Couperin (très peu donnés, même pas sûr d'en avoir déjà entendu !) + divertissements, Sempé.

Jeudi 29
→ 19h, CNSM : orgue de Reger, Escaich, Bach.
→ 20h, Maison de la Radio : Martinů (Concerto pour violon n°1), Bernstein (Songfest, une grande cantate assez réussie), Barber (Adagio & ouverture pour The School for Scandal). ONF.
→ 20h30, Grand-Palais : Lotti, Giove in Argo, étudiants du CNSM, García-Alarcón. Gratuit sur réservation. On dispose de très peu de choses de ce compositeur vénitien (et essentiellement de la musique sacrée, très bien faite). On est à (1718) à l'époque du premier seria, mais on peut parier pour que ce soit plutôt du haut de gamme musical, avec peut-être une forme plus libre, que de la pure ostentation vocale. Mais c'est pur pari de ma part…

Vendredi 30
→ Fin de l'exposition des étonnantes gravures de Georges Focus à l'École des Beaux-Arts.
→ 20h, Maison de la Radio : Symphonie n°2 de Bernstein, OPRF, Vasily Petrenko. Je trouve personnellement cette symphonie particulièrement sinistre et insipide, mais elle est incontestablement rarement donnée.
→ 20h, Opéra Royal de Versailles : première des trois représentations d'Actéon de Charpentier et Pygmalion de Rameau, par l'Atelier Tafelmusik de Toronto. Mise en scène toujours adroite avec peu de moyens de Pynkoski.
→ 20h30, Philharmonie de Paris : Manfred de Tchaïkovski. Orchestre des Jeunes de Roumanie, Mandeal. Très peu joué en France et difficile à réussir, alors par de petits jeunes enthousiastes, c'est tentant !

Samedi 1er décembre
→ 17h30, Écouen, Le Procès de Monsieur Banquet (théâtre). Aménagement d'une pièce allégorique du XVIe siècle, interprété par un seul comédien.

Dimanche 2 décembre
→ 17h, Invalides : Jacques Alphone de Zeegant et Karoł Kurpinski, une Messe, et une Symphonie Chemin des Dames !



Mon agenda étant déjà totalement occupé, je n'ai pas vérifié les récitals d'orgue, mais si vous êtes intéressés, France Orgue fait une grande partie du travail pour vous !

Courage pour vivre votre (meilleure) vie au milieu de toutes ces tentations afférentes !


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Commentaires

1. Le dimanche 4 novembre 2018 à , par Xavier Busatto

Attention, Koechlin à la Philharmonie ce n'est pas le 22 à 20h30, mais le 21 à 20h.

2. Le dimanche 4 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec

Je suis flatté de recevoir plein de commentaires détaillés sur telle formulation ou telle inexactitude sur cette notule, qui m'a pris beaucoup de temps que j'aurais voulu placer dans des notules un peu plus ambitieuses… mais qui trouve manifestement son public !
Bon, pour toi, pas trop de pépites je crois, j'ai surtout élargi mon radar en théâtre de langues exotiques et petits concerts baroques étranges… Et pour le Quintette de Cras, je ne l'ai découvert que le jour même (sur ton forum d'ailleurs, grâce à Actéon !), alors… Il n'y a guère que le Franck-Durosoir par Syntonia (la tuerie !), mais je crois que tu ne peux pas ce soir-là. :/

Merci pour ta rectification ! C'était correctement noté sur mon agenda, j'ai fait une erreur de recopie. Bon, pour la Philharmonie, on peut supposer que les gens réservent avant d'arriver la fleur au fusil, c'est un peu plus gênant pour les concerts qui ne sont qu'à peine annoncés. L'occasion de le redire : je ne fais que le travail de débuscage, vérifiez toujours les informations, la date, le tarif, la disponibilité des places… ! Ou bien je compte sur les sentinelles civiques comme toi. :)

3. Le samedi 24 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec :: site

Soirée #47.

À l'Odéon, L'École des femmes mis en scène par Stéphane Braunschweig.

Le texte a des moments de modernité assez sidérants, tout de même. Alors qu'il brode sur le thème « Comment l'esprit vient aux filles » (sous-titre d'un opéra comique de Favart), il parvient à inventer dada (« Le petit chat est mort »).

Tout n'est pas idéal dans cette mise en scène – le début dans la salle de sport (pour expliquer les propos de vestiaire ?) lumières allumées dans la salle, c'est en tel décalage avec la sophistication et la distance des alexandrins, ça ne fonctionne pas vraiment.

En revanche, en avançant dans la pièce, Braunschweig réussit de belles choses : son Agnès est une sorte de Mélisande, d'une ingénuité sans doute réelle, mais pas sans jeu ni prédation… Il nous envoie aussi de façon assez violente et troublante le décalage des âges, avec Suzanne Aubert (extraordinairement crédible en fillette de treize ans !) habillée trop court, agitant ses jambes, suscitant le désir d'une façon mi-instinctive, mi-calculée, et bâtissant progressivement une gêne d'autant plus grande vis-à-vis de son mariage avec le vénérable Arnolphe (là aussi, tout ne fonctionne pas, mais j'aime toujours beaucoup Claude Duparfait, depuis longtemps un fidèle truchement de Braunschweig).

Et il est vrai que le texte lui-même possède cette crudité dans le détail des premiers émois d'Agnès, son exposition sans apprêts, malgré l'élégance de la langue hautement versifiée, de la découverte d'un corps aux fonctions nouvelles.

En cela, le texte est réactivé avec beaucoup de vivacité, et retrouve sans doute une part de son abrasion première.

4. Le dimanche 25 novembre 2018 à , par Falstaff

Bonjour ! Et les "Impressions de Pelléas", données le 29 et le 30 au CRR, jugez-vous que ça vaille la peine ? Je ne sais pas d'ailleurs si ces concerts sont gratuits ou payants. Merci pour votre avis.

5. Le dimanche 25 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Falstaff !

Je crois (le programme n'était pas clair) que ce sont de larges extraits, voire tout Pelléas avec piano. Ce peut être un peu aride (ça dépend vraiment de l'accompagnateur, et de l'aisance des chanteurs, j'ai vécu les deux expériences opposées, fascinant avec des petits du CNSM, mortel avec des gens célèbres…), mais je sais qu'il y aura Halidou Nombre (les deux soirs ?) en Golaud, un des chanteurs les plus épatants que j'aie entendus ces derniers mois, une voix de baryton qui parvient à conjuguer la densité et la clarté, avec des graves pas du tout forcés et des aigus faciles.

Le confort acoustique et visuel est parfait dans la salle Landowski, ainsi que l'attention du public en général. Les manifestations du CRR sont toujours gratuites, et quasiment toujours sans réservation (et jamais complètes, ils ouvrent le balcon si c'est plein).

Je suis retenu par plus rare, mais je suis très tenté… sans pouvoir rien garantir du tout : pour un tel exercice, cela dépend vraiment de la qualité individuelle de chaque chanteur (et plus incertain encore, de son adéquation aux logiques propres à Pelléas). En principe, au CRR en fin de parcours, ils sont tous bons, mais il suffit d'avoir un Pelléas un peu fébrile ou une Mélisande malhabile, ou tout simplement une approche un peu trop statique de la déclamation debussyste, et l'édifice fragile peut vite s'effondrer.

En somme, c'est très attirant, mais je ne suis rien garantir du tout…

6. Le dimanche 25 novembre 2018 à , par Falstaff

Apparemment ce serait plus que des extraits, c'est véritablement une œuvre de Constant qui permet de jouer "Pelléas" avec des moyens limités. Merci beaucoup pour cette réponse détaillée et nuancée, comme toujours !

7. Le mardi 27 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec

Ah oui, en effet, ce sont les Impressions de Pelléas de Constant, je peux donc un peu mieux en parler : version accompagnée par deux pianos (ça procure vraiment une profondeur de son beaucoup plus conforme à l'original que les versions piano seul), et qui, tout en conservant les interludes, fait un choix restreint de scènes : 1h30 de musique !

I : il ne reste que la lettre (pas de forêt ni de navires)
II : que la fontaine (pas de chambre ni de grotte)
III : que le balcon et Yniold (pas de souterrains ni de terrasse)
IV : que l'outrage et la fontaine (pas de début ni de pierre lourde)
V : un extrait de dix minutes (« J'ai tué sans raison »)

Il manque évidemment des choses essentielles là-dedans, je ne vois pas trop l'intérêt de couper (on peut se passer des marins si on n'a pas les sous), à part éventuellement l'acte V qui est clairement inférieur aux autres… mais tout le monde attend la première scène, le bateau, les souterrains, l'arioso de la terrasse, les répliques insupportables d'Yniold (et puis je ne puis me passer d' « il est vrai que ce château » ni de « j'aimerais mieux avoir perdu tout ce que j'ai »).

Bref, sans doute très intéressant et un peu frustrant aussi.

8. Le mardi 27 novembre 2018 à , par Falstaff

Ah oui, c'est effectivement très étrange ! Merci beaucoup. Pour ma part, dans "Pelléas", mon intérêt diminue d'acte en acte... Mais j'irai sans doute.

9. Le mardi 27 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec

Je me rends compte que la première (je crois) version discographique de cet arrangement a paru il y a quinze jours, dans une très belle distribution.

https://www.deezer.com/fr/album/76439452

Je me rends d'ailleurs compte, en l'écoutant, que je me suis trompé, il y a bien la première scène, mais intégrée après le premier interlude et la lettre de Geneviève, d'où ma méprise sans doute.

Si je n'étais pas ailleurs pour encore plus étrange (Giove in Argo de Lotti, Songfest de Bernstein, Manfred de Tchaïkovski), je m'y serais bien glissé !

(tout de même, entre les souterrains-terrasse, la torture d'Yniold, au III, et bien sûr le grand duo tournoyant du IV, je n'ai pas du tout ce sentiment ; en revanche le V, plus uniforme, plus sirupeux aussi, me paraît clairement moins marquant – dramatiquement aussi, il n'y a plus beaucoup d'enjeu)

10. Le mardi 27 novembre 2018 à , par DavidLeMarrec

Bien, en ayant presque tout écouté ce soir : en réalité la plupart des scènes sont là, mais il y a des coupures. Il aurait pu simplement couper le V, j'insiste (comme dans sa suite symphonique remarquable, qui s'achève sur le climax du IV), au lieu de raboter partout (et de ne donner qu'un fragment du V). Je ne vois pas trop l'intérêt de ne pas tout donner, l'ensemble est déjà très conséquent, on peut faire l'effort de jouer ou d'écouter ce qui manque !

La véritable plus-value tient dans les deux pianistes, qui permettent de rendre bien mieux compte de l'écriture orchestrale que la partition piano d'origine, très nue.

11. Le lundi 3 décembre 2018 à , par DavidLeMarrec

#ConcertSurSol #46

Proposition fort rare de Cléopâtre captive de Jodelle, un des emblèmes du théâtre Renaissance (et la première pièce largement en alexandrins, me semble-t-il), par la compagnie Oghma (originaire du Périgord), au château d'Écouen, puis à l'auditorium de la BNF.

J'avais hésité à m'y rendre, n'aimant pas beaucoup ce texte : je n'en vois pas trop le but, élaborant sur un épisode rebattu avec assez peu de nouveautés, au moyen de blocs de parole qui sont loin d'avoir le panache de ceux de représentants plus tardifs du théâtre pré-classique, comme Garnier ou Viau. Ni l'histoire, ni la structure, ni la langue n'accrochent une impression de pertinence chez moi – considérant l'importance de ce texte dans notre héritage, je ne doute pas d'avoir tort, mais si je formule mon avis en toute honnêteté en laissant de côté les arguments d'autorité, je ne vois pas ce qu'on lui trouve, à la lecture et relecture.
(Le concept de la tragédie humaniste, qu'elle inaugure, est de proposer une déploration sur une catastrophe subie, dans un style élevé, toutes choses que je ne trouve pas très réussies ici, à l'aune de critères sûrement subjectifs et anachroniques.)

Mais un des plus beaux plaisirs du spectacle vivant est d'oser le décentrement, de se confronter à ce qui ne nous paraît pas naturel, avec la légitimité que donne la présence de vraies personnes qui cherchent avec générosité, comme ici, à bâtir des ponts entre un texte aussi loin que possible de nos usages contemporains (quand on pense aux séries à storylines multiples et plot twists permanents, tissées par séquences de deux minutes intercalées…).

Et précisément, le miracle opère : en prononciation resrtituée, les belles protases sonnent avec une grande musicalité (d'autant que, pour les récits didascalisants, on y a adjoint une viole de gambe qui joue sur doubles cordes un tétracorde descendant, qui, avec la déclamation semi-chantée, évoque tellement les mélodrames grecs, moments de saisissement semi-chantés et accompagnés – par de la musique fondée sur des tétracordes, précisément…), et si la syntaxe un peu longue des périodes ne permet pas toujours de suivre toutes les finesses, l'atmosphère, la beauté du flux possèdent leur pouvoir de persuasion propre.

Je n'en sors pas forcément plus convaincu ou éclairé sur le fonctionnement du texte – ce doit être documenté, mais je me suis demandé si le court chœur était réellement parlé, où qu'on n'avait pas eu le temps / trouvé le moyen de le récrire –, en particulier cette représentation d'une action à la fois usée, même à l'époque, et décrite d'une façon pas du tout caractéristique (Cléopâtre une amoureuse tout le temps en pâmoison, faire de la suite d'Actium une histoire de cœur brisé et de mansuétude du souverain – image transparente d'Henri II –, vraiment ?). J'ai aussi entendu dire de la part de gens mieux informés que moi que la compagnie, qui est en effet spécialisée dans le baroque, avait adopté une gestuelle (dont on sait peu de choses) finalement plutôt baroquisante-archaïque que réellement Renaissance (ce dont j'avoue ne pas pouvoir du tout juger).

Une très belle expérience, même si je crains de l'avoir abordée à rebours de son projet initial, centrée sur le prestige de la parole – un peu le même malentendu que mon (notre) amour pour Boulez, je devine !

12. Le mardi 4 décembre 2018 à , par DavidLeMarrec

#ConcertSurSol #49

Concert autour des Cantiques de Noël d'Ernest Gagnon, compositeur canadien ayant vécu à Paris (et étudié auprès de d'Indy), des arrangements encore joués outre-souille. Des pièces très sobres, sur des thèmes qui ont traversé les siècles et fait le bonheur des organises comme les beaux jours des célébrations du solstice (« Çà, bergers, accourons tous », « Les anges dans nos campagnes »). Par Le Vaisseau d'or à Saint-Philippe-du-Roulle.

Le tout couplé avec d'autres œuvres accompagnées seulement par l'orgue positif de Hiroko Nakayama : Bouzignac, du Mont, Mozart (Ave verum corpus), Berlioz (adoration des Bergers de L'Enfance), Bruckner (Locus iste), Saint-Saëns (oratorio de Noël), Leontovych (le fameux cantique ukrainien des cloches, chanté en anglais).

Les pièges de Gagnon ont davantage hérité du souci de collecte et d'hommage au folklore de d'Indy que de sa recherche harmonique post-wagnérienne, mais tout le programme prenait son sel, en réalité, de l'interprétation : tout cela était joué à un ou deux par partie (selon les pièces et les registres), servi par des timbres très nets, et animés par le spécialiste du Verbe vainqueur Martin Robidoux.

Sopranos : Marie Planinsek, Gwenaëlle Clemino
Alots : Matthieu Lancian, Eve-Marie Daoulas-Mamy
Ténors : Fabrice Foison, Sébastien Obrecht
Basses : Sergio Ladu, Aurélien Simonot

Particulièrement séduit par l'assise et la sobre générosité de Fabrice Foison, ou par le timbre joliment coloré de Matthieu Lancian, mais c'est avant tout l'effet ensemble qui frappe, la netteté de cette façon « baroque » de chanter le répertoire romantique, et ces changements de couleurs et d'ampleur remarquables pour un ensemble au nombre si réduit – effets d'enflement du son, jeu sur le métal ou non des voix, pour modifier soudain la texture, la couleur, le climat des reprises… Martin Robidoux est un magicien.

13. Le mardi 4 décembre 2018 à , par DavidLeMarrec

#ConcertSurSol #50

Quatuor n°3 de Beethoven et Langsamer Satz de Webern par le Quatuor Elmire. (Concert « Prélude » à la Philharmonie de Paris.)

Très jeune ensemble (formé en 2017) par de très jeunes musiciens (Cyprien Brod, Khoa-Nam Nguyen, Issey Nadaud, Rémi Carlon), de très grande valeur, aussi bien dans le consonant Webern richardstraussien de jeunesse (avec quelques sorties de routes qui n'excèdent pas vraiment le modèle) que dans le premier quatuor composé par Beethoven, dont les développements excèdent déjà tout à fait Haydn (en 1798-9), et dont les figures d'accompagnement se trouvent ici remarquablement animées par le Quatuor Elmire.

En particulier séduit par cet alto très doux et surtout le violon de Rémi Carlon, qui résonne avec une forme de générosité pas du tout tapageuse, profondeur de son qui semble toucher à l'intimité – et phrasés qui ne cèdent rien à la facilité d'effet que pourraient rendre tentante une telle beauté de timbre, une telle richesse d'assise.

Très beau concert – et de près à la Philharmonie, pour ces concerts gratuits, on entend parfaitement les instruments, sans réverbération, seulement le son détaillé, libre et naturel de leur ensemble.

14. Le mercredi 5 décembre 2018 à , par DavidLeMarrec

#ConcertSurSol #54

Simone Boccanegra de Verdi à Bastille (mise en scène Bieito).

Frappé, à l'écoute, par les préfigurations très nombreuses de La Forza del Destino et, surtout, de Don Carlos, même les parties écrites dès la première version de l'œuvre (on joue toujours la version révisée). L'opéra, indépendamment même de son livret qui vagabonde à coups de décennie et de révélations de ce qu'on croyait évident (je doute que quiconque voyant l'opéra pour la première fois puisse anticiper que l'identité de Fiesco était secrète et qu'il passait pour mort… et doit sans doute se demander le pourquoi de cette révélation finale), est écrit d'une façon particulièrement étrange, juxtaposant des quasi-ariettes avec des ruptures de ton très spectaculaires, comme dans aucun autre ouvrage de son auteur (qui, certes, tend depuis toujours à effacer progressivement les numéros, et en particulier à partir de Stiffelio).
    Les couplets belcantistes qui arrivent soudain au milieu de récitatifs très mobiles et expressifs, comme « Vous le savez / Ben lo sapete » de Don Carlo(s), sont légion dans Boccanegra, changements soudains de style assez déstabilisants, comme si Vivaldi se mettait soudain à citer du Monteverdi au milieu d'une aria

Étrangement, alors que j'aime beaucoup cet opéra (ou, du moins, ses portions les plus marquantes, qui sont parmi ses plus belles pages, dans un catalogue qui n'en manque pas), pas vraiment bouleversé. La distance dans Bastille peut-être, ou l'intensité des concerts précédents (Tarare, Concerto pour violon n°1 de Martinů, Manfred de Tchaïkovski… !). Comme on peut le deviner au disque, c'est particulièrement mal orchestré, et en salle, on ne peut se soustraire aux moments moins marquants – pour moi, ce sont surtout les rôles d'Adorno, Paolo et Fiesco qui portent tout l'intérêt musical. Hors de leurs apparitions et lignes vocales, je suis moins enthousiaste.
    Mon sentiment envers les Verdi est très déstabiliant, assez différent en salle du disque où je les aime tous : Rigoletto et Boccanegra ne m'ont pas particulièrement intéressé, alors que Nabucco et le Trouvère m'ont enthousiasmé à chaque seconde – sans parler de la révélation de Falstaff !

--

Côté exécution, de grandes et belles voix, qui me touchent diversement bien sûr. Admiré la voix très pharyngée (résonant à l'arrière de la bouche) mais très sonore et aisée dans l'aigu, chez Anita Hartig (que j'avais choisie plutôt que Maria Agresta pour sa mobilité expressive, moins évidente dans le hangar de Bastille), la tenue de ligne et la gestion savante de (l'abondante) couverture vocale chez Ludovic Tézier, un grand maître, tout en restant un brin frustré par ce timbre voilé dont il s'accommode depuis plus de dix ans (et quand on l'a entendu avant, il manque quelque chose de la fermeté, de la richesse du timbre).

Un peu déçu à nouveau par Mika Kares : je l'avais trouvé exceptionnel dans le Vaisseau fantôme par Minkowski, une belle basse noble, ample et expressive, mais la voix est un peu courte pour Bastille et surtout, dans Verdi, l'aigu manque de brillant, le médium de métal… le manque de mordant et d'éclat n'est pas possible dans ce répertoire (dans Mozart ou Wagner, ça ne poserait pas de problème). Il devrait vraiment, si ça carrière le lui permet, se tourner vers une autre spécialité que le répertoire italien, où il ne montrera pas, je crois, sa pleine mesure.

Comme je m'y attendais, enchanté par Francesco Demuro : il n'est pas très apprécié des glottophiles, car la voix est peu ample et guère virile, mais on a là une des plus belles dictions italiennes actuelles, avec une couverture minimale, surtout de l'aperto-coperto convoqué dans certains aigus exposés, un métal brillant qui lui permet d'être bien audible malgré le volume limité, une émission bien à l'avance qui permet la clarté, l'intelligibilité, le mordant… Certes, ce n'est pas un Adorno réellement spinto, qui puisse s'autoriser de grands éclats, mais il est très concerné, très vivant, à la fois très bien chanté et réellement frémissant. Ça suffit à me ravir, d'autant que, quoique rôle secondaire, il chante possiblement les meilleures pages de tout Verdi.

Enfin révélation pour Nicola Alaimo (Paolo) : remarquable belcantiste à la longueur et à l'égalité de souffle remarquables, mais dont je doutais de l'état de baryton, trouvant sa voix un peu lisse, manquant d'assise. Même si on peut toujours se demander s'il ne dispose pas d'un potentiel de ténor, considérant la facilité de l'aigu, les harmoniques graves se perçoivent très bien en salle, et au contraire des bandes enregistrées, j'y découvre un éclat remarquable, un squillo qui semble sonner à la tierce, comme les harmoniques des mutations dans les jeux d'orgue !  Et lui aussi a des mots à revendre, combinant toutes les vertus à la fois : longueur de ligne, beauté du timbre, sens des mots, autorité des éclats. Un grand.

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J'aime beaucoup Fabio Luisi (sacré sens des phrasés, des tuilages), mais décidément, son répertoire suscite la curiosité : il dirige donc autant l'opéra italien romantique soumis aux chanteurs que le répertoire contemporain, ou les grandes fresques du répertoire symphonique…

J'ai néanmoins trouvé l'Orchestre de l'Opéra sur la réserve, comme souvent : on le voit d'ailleurs, ce n'est pas qu'ils ne jouent pas, mais ils ne sont pas à fond, on perçoit vraiment qu'ils n'ont pas le sentiment de vivre un moment exceptionnel. Il font (bien) leur boulot, mais ça s'entend, dans les tensions verdiennes, qu'on joue la dynamique écrite et pas forcément la situation, l'affect – encore moins sa vie. Un peu triste.

Le Chœur de l'Opéra en revanche, malgré son recrutement individuel que je trouve aberrant (voix très lourdes, chanteurs qui ne maîtrisent pas le français chanté…), continue son assouplissement : bien que ce soit du Verdi, jamais crié, et beaucoup de nuances, de demi-teintes, les nuances douces sont magnifiques (et pour une fois les fortes pas agressives, juste glorieuses). Un vrai plaisir.

--

Enfin, la mise en scène de Calixto Bieito, que j'aime beaucoup. Pour ses Mozart dérangeants mais pas absurdes (Così), pour son Wozzeck à l'usine, extrêmement pertinent et persuasif… Mais les pires critiques que j'ai lues sur la production, auxquelles je ne croyais guère, se sont matérialisées sous mes yeux.

Il faut décidément (je ne plaisante pas) interdire les décors, voire les costumes, aux metteurs en scène. Qu'un artiste de cette qualité fasse joujou à faire tournoyer sa carcasse de bateau (Boccanegra semble être un armateur, mais rien ne concorde avec dans le livret, ils auraient pu substituer les mots-clefs de la politique génoise, au moins !), en laissant les artistes démunis en front de scène, c'est assez désespérant sur le pouvoir d'attraction nuisible de ces accessoires.
    Pourquoi mettre tout cet argent dans une structure gigantesque, qui a dû coûter une fortune à concevoir, réaliser et stocker, et ne même pas y faire monter les personnages, ni la relier à l'action – tout se passe au pied de cette poupe, sans qu'aucun personnage s'y intéresse jamais… ?

Par ailleurs, les rares efforts ne fonctionnent pas bien : le cadavre de Maria (tuée par Fiesco ?) traînée sur l'avant de la scène, ne serait pas mal vu au théâtre, mais il contredit totalement la pureté assez extatique de l'air d'entrée de Fiesco, et gêne l'expression propre de la musique, sans rien lui apporter, du fait de l'incompatibilité. Comme si Bieito n'avait pas même passé le disque sur sa chaîne (ce qui est très probablement faux, pourtant). Contrairement à l'exécution musicale, une mise en scène peut se préparer, tout de même !

Seule trouvaille pas excessivement originale, mais réussie, le vagabondage du spectre de Maria, que rencontrent Amelia et le Doge dans leurs appartements, et qui plane en effet sur toute l'intrigue alors même que le personnage n'apparaît jamais. Rencontres sans lourdeur, simplement une présence familière et attristante, assez bien figurée.

Il m'a donc manqué, en mise en scène comme à l'orchestre, l'étincelle du petit supplément d'engagement qui fait toute la différence, mais ça reste une soirée de très haut standard – sauf, donc, pour ce qui est de la profondeur de la conception scénique (Tézier passe un acte et demi à mimer Parkinson, figé en front de scène, comme si le metteur en scène l'avait abandonné pour aller acheter des cigarettes et puis traîné en rencontrant un pote au coin de la rue…).

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David Le Marrec


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