Carnets sur sol

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jeudi 14 juillet 2011

Carl NIELSEN - Première Symphonie - une version de référence inattendue


Les lutins ont déjà proclamé leur violente tendresse pour les premières Symphonies de Carl Nielsen. Ces oeuvres, à défaut d'être données au concert en France, ont vécu une intense fortune discographique ces dernières années - un guide discographique est en préparation.

Mais quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, au détour d'une vérification de routine pour constater si l'on trouvait enfin une vidéo de symphonies de Nielsen hors des 4 et 5... une version de la Première (la plus négligée de toutes) qui surpasse toute les autres à mon goût, en tout cas pour son premier mouvement, l'un des plus beaux de tout Nielsen.

Et pourtant... il ne s'agit que de l'orchestre du lycée Saint-Anne à Valby (une portion de Copenhague). Qui accueille, certes, des étudiants plus âgés et extérieurs à l'établissement. Mais tout de même...


Il est d'usage de faire un effort d'originalité pour les photos d'orchestre, mais il faut bien admettre qu'ils se sont surpassés ici... les jeunes cervelles ont mouliné sévère.


Je suis effaré par la lisibilité, le feu, la logique structurelle (que j'entends mieux ici, même sans l'image, que n'importe où ailleurs)... Pourtant, instrumentalement, quoique fort bons, ce n'est pas parfait, pas du niveau d'un orchestre professionnel.

Ne vous laissez pas abuser par l'entrée en matière brouillonne (aussi bien pour la mise en place que pour la justesse), ça ne dure que quelques mesures.


(Les autres mouvements se trouvent sur la chaîne de l'orchestre, à la suite de celui-ci.)

Comment cela est-il possible ?

J'y vois plusieurs explications.

Suite de la notule.

dimanche 3 juillet 2011

Naji Hakim (°1955) - Rubaiyat


Comme on peut s'y attendre, une oeuvre pour orgue peut difficilement rendre le caractère aphoristique des Robaiyat d'Omar Khayyâm - à moins d'utiliser un format Kurtág (auquel il faudrait ajouter un humour un peu plus franc), ce qui serait très intéressant.


Or Naji Hakim écrit une grande forme en quatre mouvements, certes sur des motifs simples et obstinés (mais c'est son style, de même que cette tonalité un peu sinueuse qui ruisselle de façon parfois un brin bavarde), qui se succèdent tout en restant parents. Aussi, le sentiment persistant de solennité (la registration et l'harmonie ne sont pas franchement primesautières non plus) se trouve aux antipodes de l'impression directe et fugace que produit la lecture des spirituels Robaiyat. Etrange adaptation. (En réalité, on y entend pas mal de "tricot" organistique assez caractéristique.)

Paru chez Priory en 1992, avec d'autres compositions de Naji Hakim qu'il joue sur le Cavaillé-Coll du Sacré-Coeur de Paris, mais l'oeuvre a depuis été reprise par d'autres interprètes.

Pour un mot sur les Robaiyat de Khayyam - et leur adaptation réussie par Jean Cras -, voir ici.

Et pour entendre Ulf Norberg jouer l'oeuvre en ligne :

Suite de la notule.

Atmosphères - III - "Positivité"


1. Une configuration rare

Avant la période romantique, on peut considérer que les émotions sont exprimées en musique de façon plus schématique, plus codifiée.

Mais à partir de la période romantique, lors du triomphe des affetti musicali, il est très rare que la musique soit complètement détachée d'émotions "négatives", ou au minimum mitigées (joie inquiète ou mélancolie douce, par exemple).
Et cela culmine au vingtième siècle, avec les virtuoses de l'ambivalence, tel Schreker qui dans ses Gezeichneten parvient à exprimer simultanément plusieurs sentiments contradictoires ; mais aussi avec la noirceur - ou du moins la violence - propre aux langages du vingtième siècle.

Aussi, les musiques expressives et porteuses d'émotions très positives, mais sans que le langage musical ne soit archaïsant ou schématique, sont-elles assez rares.
Un peu comme les comédies sentimentales dépourvues de niaiserie : ça réclame beaucoup d'adresse sans doute pour les écrire... et en tout cas pour les dégoter !

--

2. Echantillon

J'en propose un exemple particulièrement frappant et roboratif :

Suite de la notule.

David Le Marrec


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