Carnets sur sol

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mercredi 1 mai 2019

Déodat de Séverac – Le Roi Pinard Ier


Après 10 saisons franciliennes, continuer à découvrir des salles !

Comme ce très actif Espace Ararat en sous-sol à la Butte-aux-Cailles, ou l'on présentait le #ConcertSurSol #125 : extraits retrouvés de l'opéra comique perdu Le roi Pinard Ier, sire de Clos-Vougi de Déodat de Séverac !

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Et dans quel bel équipage !

Les diseuses Clémentine Decouture et Françoise Masset (et quelles voix splendides !), le glorieux ténor Charles Mesrine (aisance sonore de bas en haut, prononciation exceptionnellement exacte), l'emblématique spécialiste de la mélodie française Françoise Tillard !

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Œuvre et présentation étonnantes à plusieurs titres.

D'abord l'œuvre a été perdue dans dans un train par le compositeur, ce concert était donc constitué de fragments des trois actes, issus de plusieurs publications et manuscrits pour voix et piano.

¶ Elle a aussi une genèse étrange : Le Roi Pinard Ier date de 1919, mais sa musique a été écrite en 1907, pour La Princesse d'Okifari, sur un livret de Louis Lointier.

Séverac en reprend toute la matière musicale (sérieuse) pour confectionner cette farce lyrique parcourue multiples références aux usages pendant la guerre (à commencer par son titre), du patriotisme aussi, avec de nombreuses mentions Paris ; cette fois sur un livret d'Albert Bausil.

Pour autant qu'on en puisse juger par les bouts épars exhumés lors de ce concert par Françoise Tillard (une heure récupérée sur les trois actes qui furent écrits et perdus), l'humour n'en est pas toujours très réussi : calembours miteux des noms (Prince Coq-Tel, Ministre Kompétence), intrigue platissime très convenue (une fille à marier, un roi manipulé par un ministre, et tout finit bien sans jamais avoir été risqué), mais aussi quelques sourires, l'Ordre de la Charretière, l'attribution au méchant ministre du poste de « sous-chef des eunuques », l'étymologie de Paris : il n'y a qu'une pomme en période de rationnement, Vénus est insatisfaite de l'ordalie du Mont Ida et la jette sur Pâris en dégommant son circonflexe qui fonde le village.

Tout cela perçu entre les résumés lus et les parties massivement manquantes de la musique…

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¶ Musicalement, le spécialiste du pittoresque naïf Déodat de Séverac propose bien sûr de jolies choses, pas très hardies, mais de belles liquidités fauréennes, des duos d'amour très réussis préfigurant Damase

Beaucoup d'onomatopées (nulles) post-offenbachiennes, aussi.

Résultat très fragmentaire et musique disparate, donc, mais inédit absolu (on a peu de choses de l'immense catalogue de Séverac, et seulement Le Cœur du Moulin en opéra publié !) qui parvenait à prendre vie grâce à ce plateau de rêve. ♥

David Le Marrec

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