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lundi 11 septembre 2006

Surprise

Ce matin, en remplissant le coupon de demande de communication en magasin, guère de réflexion autre que la satisfaction de connaître, pour une fois, la date du jour - je l'avais réservée depuis un moment, recevant de la visite ce jour.

Et ce soir, en consultant le bruit ambiant de la Toile, je me rends compte que j'ai comme oublié quelque chose.

Denis qui constate un point saillant de l'Histoire, Eolas qui place une photographie-hommage à la place de sa gravure habituelle, Versac qui tente finement de décortiquer les théories conspirationnistes et l'originalité de l'événement.

Beaucoup d'autres font silence, et c'est heureux, la commémoration n'efface pas toute l'information.




Mais cette intrusion, cinq ans après, me laisse dubitatif, comme je le stipulais en commentaire chez Inactuel, de façon presque simpliste :

Ce n'est peut-être pas le jour pour le dire, mais je me dis toujours que si nous n'avions pas eu les images, le coup ne serait pas aussi rude.

Ce n'est hélas rien en comparaison des massacres qui eux se renouvellent chaque jour dans l'Afrique jouet de ces puissances qui se sont, pour une fois, senties victimes.

C'est la perte d'une belle assurance qu'on a vécue - au prix bien entendu de pertes civiles inexcusables.

Il y a quelque chose d'un peu dérangeant, de très narcissique dans cette commémoration : « on peut aussi ne pas être en sûreté dans les pays civilisés, chez nous », c'est ce que j'entends en filigrane.




Il ne s'agit bien sûr pas de se faire le plaisir de penser à contre-courant, ni de supposer que les victimes riches valent moins que des victimes pauvres. Mais il s'agit d'un événement isolé, et touchant relativement peu de victimes, par rapport à tant de situations où l'intervention serait possible pour éviter bien pire, si on tient pour critère le nombre de vies.

Tout cela pour remettre en perspective : nous sommes d'autant plus émus que nous nous sentons, nous, concernés. Ce n'est pas parce que cet événement est un parangon de noirceur plus que d'autres ; mais parce qu'il augure officiellement d'une ère de l'ennemi invisible, qui frappe même les sociétés les plus protégées.




Je comprends néanmoins tout à fait l'émoi qui se manifeste, parce que c'est indéniablement le symbole d'un basculement dans la perception occidentale du monde, d'un monde non plus dominé, mais en guerre.

Et la proximité avec ces victimes qui nous semblent tellement semblables, je la comprends aussi. Mais outre que ces commémorations me mettent toujours mal à l'aise, se complaisant un peu dans la douleur ostentatoire (un des restes persistants de judéo-christianisme, transversaux à toute la société), la présentation du caractère exceptionnel du jour me paraît relever de l'illusion d'optique.




Simplement cela, mais pas plus non plus, tant je comprends aisément, au demeurant, ces sentiments qui n'ont rien d'excessif.

David Le Marrec

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