Carnets sur sol

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vendredi 9 juillet 2021

Derniers concerts


Au terme d'un cycle de quinze jours avec un concert tous les soirs, l'occasion de mentionner aux lecteurs du site qui seraient curieux la présence de petits comptes-rendus à dérouler en cliquant sur les vignettes Twitter ou à remonter sur la page Facebook du site.

Pour avoir quelques retours sur Minkowski dans Mozart, Gillet dans Lecocq et Gens dans LULLY, mais surtout le piano renié de Boulez, les mélodies de Bonis, Canal, Vieu, Strohl, les trios de Sohy, Le Beau, Mayer, les quatuors piano-cordes de Jaëll, Le Beau, Pejačević, les œuvres symphoniques d'Holmès, Bonis, Jaël et Sohy, les sonates à deux violon de Sirmen, le quatuor à quatre violons de Bacewicz, des inédits tragiques de Collasse et Desmarest, du Racine en prononciation restituée…

Ces contenus, brefs dans les descriptions et éphémères dans l'intérêt qu'ils susciteront, ne méritent pas forcément la place dans une notule, mais ils pourraient concerner l'une ou l'autre de vos niches préférées !

Vous pouvez vous-même devenir le nouveau héros de cette histoire en vous jetant sur l'agenda des concerts franciliens de l'été.

samedi 3 juillet 2021

L'agenda des festivals franciliens 2021 – des compositrices, de la musique de chambre, des jardins sur tout le territoire !


maubuisson


Puisqu'on me presse de publier la sélection de la semaine prochaine, je fais mieux : voici la sélection des plus beaux concerts de l'été en Île-de-France, dans son beau tableau.

Je n'y ai relevé que le nécessaire pour ma consommation personnelle. Pour une vision plus complète et conforme à vos goûts, n'hésitez pas à compulser les programmes des principaux festivals de la région, assez nombreux et originaux cette année – seuls Bagatelle et Sceaux  (largement centrés sur le piano chopinien, moins essentiels pour moi) semblent avoir sombré, tandis que les nouveaux festivals-covid (Un Temps pour Elles, Rosa Bonheur, le Potager du Roi, Ouvertures) se sont fortifiés …



Les festivals thématiques

Un Temps pour Elles
https://www.festival-untempspourelles.com/
Dans des sites historiques du Val d'Oise (abbayes, châteaux…), exclusivement consacré aux compositrices, et très denses en inédits et chefs-d'œuvre. Le festival immanquable en France cette année !  (Et c'est 15€ le concert !)

Rosa Bonheur
https://www.chateau-rosa-bonheur.fr/festival/
À Thomery (77), une des plus belles villes de la région, consacré à la création féminine (incluant le jazz vocal, le théâtre, les lectures, la cuisine…), dans un cadre enchanteur.



Les festivals de musique de chambre

« Idéal » au Potager du Roi
https://www.idealaupotagerduroi.com/
Le festival de Renaud Capuçon à Versailles. Les prix ont augmenté (30€), la programmation est davantage prestigieuse (interprètes reconnus, comme Petibon et Yoncheva) que jeunes musiciens comme lors de la première saison, mais de beaux programmes, certains originaux, et très bien servis.

Les Frivolités Parisiennes
https://lesfrivolitesparisiennes.com/spectacle/lete-des-frivolites/
Quelques dates à Paris & Île-de-France de l'ensemble. Musique vocale avec accompagnement chambriste, en général.

Conservatoire américain de Fontainebleau
https://www.musiqueauchateau.com/concerts
Dans le jardin anglais du château ou au manoir de Bel-Ébat.

Nouveau festival à Achères-la-Forêt (77)
https://classik.forumactif.com/t9492-festivals-2021
Voir le message du 22 juin. Je n'ai pas trouvé le site du Festival.

ProQuartet
https://www.proquartet.fr/fr/concerts/seine-et-marne-1
Queue de comète du festival de mai-juin, il reste la scène amateur (de très haut niveau) à Saint-Loup-de-Naud (77), où se trouve l'une des rares églises romanes d'Île-de-France !



Les festivals parisiens

Orchestre de Chambre de Paris à Sully
http://www.orchestredechambredeparis.com/
L'Orchestre de Chambre de Paris se produit, toute la semaine du 5 juillet, dans de la musique symphonique et chambriste du XVIIIe siècle. Avec des invités (le Concert de la Loge Olympique notamment). Le lieu, dans le jardin de cet hôtel particulier sur la face Sud de la Place des Vosges, permet de profiter simultanément des concerts d'oiseaux chanteurs dissimulés dans la treille du jardin.
(Je donne une place pour le concert de ce samedi.)

Jeunes Talents
https://www.jeunes-talents.org/festival/
Inamovible, la scène (cour de Guise, aux Archives Nationales) de musique de chambre pour les jeunes musiciens (pour la plupart issus du CNSM) rejoue de grands tubes, avec cette année quelques programmes vocaux un peu originaux (musicale vocale américaine). Baroque absent cette année.

Classique au Vert
https://festivalsduparcfloral.paris/programmation/classique-au-vert/
Au Parc Floral de Vincennes (techniquement Paris XIIe), de la musique symphonique ou de chambre, du jazz classicisant… 6€, l'entrée du parc floral. Arriver tôt.



Autres bons plans

Festival gratuit omniprésent
https://www.fevis.com/agenda/
Partout en Île-de-France, le festival Ouvertures propose des concerts gratuits en journée, par de petits ensembles spécialisés – musique ancienne, musique baroque, musique contemporaine – et des programmes souvent transversaux ou inattendus. L'occasion de découvrir des fermes, jardins, parcs en banlieue proche ou lointaine… et même certains dissimulés dans Paris !

Si avec tout cela vous n'êtes pas occupés et repus… il vous reste :

France Orgue
https://france-orgue.fr/disque/index.php?zpg=dsq.con.pre&keywd=&srgn=10&cmd=Go
La source la plus complète (non exhaustive, mais qui y tend assez sérieusement) des concerts d'orgue.

L'Officiel des spectacles
http://offi.fr/concerts/salles-de-concert-paris.html  
Source non exhaustive mais très riche, qui permet de trouver certains petits concerts. La Madeleine reçoit d'ordinaire beaucoup d'orchestres ou chœurs universitaires et / ou amateurs, de bon niveau, auxquels on peut assister gratuitement. (Mais avec la fermeture des frontières, je n'ai pas vérifié ce qu'il en était.



Bon été francilien et musical… ou lointain et silencieux, à votre Guise !

samedi 5 juin 2021

[podcast] Les incroyables festivals franciliens de l'été 2021


http://operacritiques.free.fr/css/images/festival_rosa_bonheur_thomery.jpg

L'été arrive… et les festivals covid ont non seulement survécu, mais se sont développés !

Je commettrai peut-être une notule écrite, mais sous le coup de l'émotion, un petit cri d'enthousiasme devant la conservation du Festival du Potager du Roi et même le dédoublement de celui de Rosa Bonheur / Un Temps pour Elles, devenus deux festivals séparés – le premier dans un lieu exceptionnel, le second avec une programmation étourdissante de nouveauté !

Voici donc la présentation des festivals de l'été francilien, rapidement babillée sous forme audio : https://1fichier.com/?541dkteo9io4b79er3xw .

(Pour ce qui est de la question de mettre à l'honneur les compositrices, j'ai essayé d'évoquer le sujet de façon plus structurée dans cette notule, suivie d'une liste – très partielle, les nouveaux disques s'accumulent vite – de figures importantes à découvrir).

mardi 1 juin 2021

#ConcertSurSol #47 : Man of La Mancha de Leigh, dans sa traduction de Brel

#ConcertSurSol #47 : Man of La Mancha de Mitch Leigh, dans sa traduction de Brel.

Plus séduit que ce que je craignais (pas renversé par « L'inaccessible étoile », ni par les versions discographiques), avec quelques réserves :

Suite de la notule.

#ConcertSurSol #46 : Le soulier de satin, de Dalbavie


#ConcertSurSol #46 : Le soulier de satin de Dalbavie.

Séduit mais pas convaincu par cette création : conformément à ce que je prophétisais pour moi-même il y a une poignée de jours,

Suite de la notule.

#ConcertSurSol #45 : Saint-Saëns, Stravinski, Silvestri par Măcelaru


#ConcertSurSol #45

Très ému par ce concert du National de France

Suite de la notule.

#ConcertSurSol #44 : Milhaud-Claudel, Machuel-Bonnefoy, Franck Martin à double chœur, par le Chœur de Radio-France


#ConcertSurSol #44

Concert puissamment original du Chœur de Radio-France :

Suite de la notule.

mercredi 26 mai 2021

L'agenda de la reprise 2021 // Podcast des concerts de la semaine


Puisqu'on me supplie de toute part de le rendre public, je m'exécute.

Opéra de Paris, Philharmonie, Opéra-Comique, Théâtre des Champs-Élysées, Athénée, Châtelet, CNSM, Salle Cortot, Salle Gaveau, Seine Musicale, Orchestre de chambre de Paris, Théâtre 13, Musée Guimet, Quai Branly, Opéra Royal, Grandes Écuries de Versailles, Potager du Roi, Opéra de Massy, Bois-le-Roi, Chartrettes, Grez-sur-Loing, Montigny-sur-Loing, Barbizon…

Grand relevé des principales salles franciliennes qui ont rouvert… et début de relevé pour les festivals franciliens de l'été.

agenda_reprise_mai_2021.png

Voici donc un tableau, initialement au format .ods (Open Office), mais également disponible aux formats Excel .xls ou plus interopérable .xml (je n'ai pas vérifié les mises en forme qui changeaient avec ces deux formats).
Enfin, il est aussi possible, tout simplement, de lire le tableau sous forme d'une page en .html affichable dans votre butineur favori.

J'ai aussi été tenté, après avoir réalisé un petit guide audio pour introduire des amis au concert de soir, par l'exercice d'un podcast, présentant les concerts entre lesquels choisir cette semaine.
Le résultat est… discutable, 40 minutes de parlote tout de même (il aurait fallu le découper en pistes, concert par concert, mais je n'aurai pas le temps de le faire cette fin de semaine… à voir pour la prochaine livraison), mais il peut peut-être intéresser les curieux qui se demandent quel concert choisir : j'y dis un mot sur les œuvres et les interprètes, mais j'essaie aussi de présenter l'intérêt du concert et les stratégies en matière de prix et de placement dans la salle.

Je vous livre ainsi l'objet tel qu'il est (ça bafouille terriblement au tout début, ça devient plus fluide ensuite), trop long, non pisté, mais si vous êtes curieux des concerts proposés, vous pouvez toujours essayer de fouiner dedans.
Je suis très intéressé par les retours (utile, malcommode, mettre l'accent sur ci ou ça, hiérarchiser de telle façon, le mettre à disposition sous tel format…).

Carnets sur sol vous emmène en balade à travers les concerts possibles de cette semaine !
(Fond sonore : la Symphonie n°1 de Saint-Saëns, puis celle en la.)

samedi 26 septembre 2020

Les jauges menacées


Camarades concertivores,

Je vois la panique qui s'empare de vous. Je vois vos âmes flétries sous les coups de ce destin qui efface implacablement les vies que vous rêviez.

C'est pourquoi je vous ai pris en pitié.

En attendant la prochaine limitation, quelles sont les salles potentiellement affectées par la limite globale de jauge à 1000 personnes ?  (personnel inclus normalement, mais il semble que Roland-Garros soit en passe d'obtenir dérogation pour ne compter que les spectateurs, ou du moins ne pas compter tous les accrédités du site, qui explosent largement cette limite… je ne sais ce qu'il en sera pour les théâtres)

philharmonie_maestra.jpg

Opéra Bastille : 2745 places. Donc largement en-dessous des 65% de remplissage qu'on peut espérer (vu qu'on ne distancie que sur le même rang, et que la plupart des gens viennent à 2 ou 3). Ce n'est pas que la saison-testament de Lissner, ni à son annonce, ni à présent que les travaux sont lancés, ni avec ce qu'il en reste (un Ring donné une seule fois et en version de concert, une Carmen…), fasse terriblement envie, mais c'est encore plus mal parti, disons.

Philharmonie de Paris : 2400 places. Il y aura donc des pertes significatives sur les spectacles les plus remplis. Lorsque ce fut le cas en février-mars, la maison n'avait pas essayé de rembourser les spectateurs excédentaires et avait purement et simplement annulé – avec un véritable débat qui s'en est suivi sur la rémunération des artistes qui avaient été embauchés sans avoir pu jouer. Je ne sais pas si c'était un découragement face à la complexité de la tâche (la jauge allant toujours plus bas de jour en jour) et la colère potentielle du public, ou une projection rationnelle du poids économique démesuré de faire jouer de grands orchestres étrangers devant une salle largement vide.
La grande salle de la Cité de la Musique / Philharmonie 2 n'est pas concernée : 1600 places maximum (en mettant le public debout au parterre), mais c'est plutôt 900 dans le format concert qu'on voit ordinairement.

Châtelet : 2010 places. Avec la distanciation, il ne doit pas y avoir trop de perte, mais les spectacles les mieux vendus risquent d'être remboursés à la marge, ou fermés à la réservation.

Opéra Garnier : 1979 places. Garnier étant toujours plein – et les spectateurs de ballet classique tradi ne pouvant pas très souvent se satisfaire ailleurs –, on risque d'avoir quelques remboursements. Mais pas énormément (les stalles et les places aveugles ne sont jamais très remplies, on est plutôt sur une jauge de 1700 places lorsque tout est bien vendu, soit très peu d'excédent avec la distanciation).

Théâtre des Champs-Élysées : 1905 places. Avec la distanciation et les places aveugles qui ne sont jamais vendues, il ne devrait y avoir, de même, pas trop de tension hors des marges, et seulement pour quelques spectacles totalement vendus en jauge distanciés.

Les autres salles (Maison de la Radio, 1461 places, Opéra-Comique, 1100 places ; Marigny, 1024…) sont nettement en-dessous de la limite en incluant les mesures de distanciation, même à guichet fermé (ce qui à Radio-France, huhu…).

Ainsi, hors Bastille et Philharmonie, le préjudice en classique et théâtre devrait être minime (ce ne sont ni le Zénith ni les Arenas !). Le TCE a tout de même déjà prévenu ses spectateurs.

--

La justice serait de rembourser les détenteurs de billets selon leur moment de réservation, comme prime à la planification, la fidélité (et la trésorerie)… Mais je trouverai pour ma part tout à fait recevable que le théâtre fasse le choix de rembourser en priorité les billets les moins onéreux. C'est injuste socialement, mais quand on sait la tension mise sur les maisons – la plupart des subventions nouvelles ont été absorbées par l'Opéra de Paris, et se limitent de toute façon essentiellement aux établissement publics ! –, on pourrait comprendre qu'elles tâchent de limiter la catastrophe en préservant au maximum leurs recettes (et ce n'est pas comme au restaurant ou dans l'avion, le coût de production d'un siège loué à 10€ est exactement le même que pour un siège loué à 200€…).

Toutes les maisons ne communiquent pas bien : la Philharmonie ne modifie ses informations, si l'on n'a pas déjà un billet, que sur la page des spectacles, il faut donc régulièrement tout relire pour découvrir que le programme et le chef ont changé ; de même pour la Maison de la Radio, pas de page dédiée aux modifications ; l'Opéra parle depuis des mois d'un Ring donné une seconde fois à Radio-France sans avancer de dates précises, de grille tarifaire, de conditions de réservation, et n'a toujours pas, je crois, révisé la distribution de la série ; même à l'Athénée, le meilleur accueil de la capitale, on semblait lassé alors qu'on réserve un abonnement, leur principale source de devises…
Je leur souhaite donc à tous beaucoup de courage : sans même parler de la panique absolue de créer des spectacles qui s'avèrent impossibles, au fil des nouvelles normes, les uns après les autres, il doit être particulièrement difficile d'équilibrer la parcimonie de communication (il ne s'agit pas d'effrayer le public au moindre doute) et le respect du spectateur – l'annulation tardive de certains concerts dont le caractère irréalisable était un secret de polichinelle parfois depuis des mois –, la ligne de crête est fine.

Bon courage à eux et à nous !

samedi 12 septembre 2020

Le reprise des concerts : Lefilliâtre dans d'Ambruys, Phillips dans Smyth


En attendant la prochaine notule – consacrée, si c'est celle-là qui est terminée en premier, à un grand coup de cœur envers un génie fauché à 20 ans –, un petit mot pour rappeler que la saison à repris, et que vous trouverez, quasiment en temps réel, son écho en suivant ce lien. En cliquant sur « lire la discussion », ou sur le message lui-même, se déroule un court fil avec quelques brèves impressions.

Pour l'instant, au 12 septembre, 5 concerts (dans deux jours, il y en aura 8…). Et déjà beaucoup de merveilles : airs de cour de Bousset, d'Ambruys et Charpentier, Quatuors d'Elfrida Andrée, Henriëtte Bosmans, Kaija Saariaho, Camille Pépin, Quintette à deux violoncelles d'Ethel Smyth… et pas par n'importe qui – Orchestre de Chambre de Paris, Claire Lefilliâtre, Lucile Boulanger, Quatuor Dutilleux, Quatuor Hermès, Xavier Phillips…

On enchaîne aujourd'hui avec l'opéra (si, si !) Le pauvre Matelot de Darius Milhaud. Mais pour voir nos œuvres de bohème, savez-vous bien qu'il faut payer ?
Depuis Paris, 2 trains et 10km de marche (aller). Soit environ 4h aller + 4h retour (au départ de Paris, sinon c'est plus long).

La rapidité de l'évolution des annulations (toujours appeler avant de se déplacer… d'ailleurs pour aujourd'hui personne ne m'a répondu et la maison a annulé un concert vocal sans prévenir la semaine passée… il faut aimer le risque) et des ajouts de dernière minute ne me permet pas, pour l'instant, de maintenir sérieusement à jour l'agenda des concerts interlopes franciliens. Veuillez m'en excuser.

Bonne reprise concertante à vous, en attendant la prochaine Fin-du-Monde !

lundi 27 juillet 2020

Toutes les (vaines) prévisions de la saison (pourrie sur pied) 2020-2021


2020_rentree.png

Voici donc la nouvelle version, incluant cet été jusqu'à juillet 2021, du relevé des concerts annoncés en Île-de-France. Pour ne pas passer mon (reste de) jeunesse à colorer des cases en rouge ou gris, j'ai simplement supprimé les concerts annulés. Et modifié les programmes où j'ai aperçu les changements. Pour l'instant, ce sont essentiellement la Philharmonie et la Maison de la Radio qui ont annulé / remanié, mais nul doute que la jauge pleine des loges encaissées du Théâtre des Champs-Élysées va imposer des ajustements radicaux, par exemple.

Malgré les incertitudes, vous trouverez de quoi vous divertir – si d'aventure vous avez survécu à la fois à la Plaie et, pis encore, aux privations de concert du semestre dernier. Pas beaucoup en symphonique (très peu de nouveautés, et même les orchestres invités inhabituels ne sont pas ceux qui font le plus rêver, ni en prestige ni dans mon goût subjectif…), et la musique de chambre arrive plus tard, dans les petites salles où les concerts sont annoncés dans la quinzaine qui précède… En revanche côté opéra, beaucoup de propositions originales et délicieuses, Sacrati, Desmarest, Campra, Keiser, Weill, Misraki, Stockhausen, Gilberto Gil, Dusapin… Il n'y a guère que le XIXe qui soit un peu déserté en nouveautés, mais je n'ai sans doute pas encore bien exploré les propositions de Bru Zane…

Saison chorale extraordinaire à Radio-France, avec Batič qui reprend vraiment en main la maison en proposant une quinzaine de concerts mettant en valeur le chœur dans du vrai répertoire choral (original dans l'absolu, mais en réalité fondamental pour chœur non seulement soumis aux nécessités de la scène / du symphonique). On sent déjà le frémissement stylistique depuis l'intérim Jeannin, j'espère que Batič parviendra à libérer le potentiel de la maison (avec des voix recrutées plutôt avec des qualités de solistes très charpentés, pas évident).

Pas de hâte de toute façon : beaucoup de ces propositions (et particulièrement celles beaucoup de monde sur scène et / ou avec des chanteurs) seront à nouveau remaniées, voire supprimées.
[Je me figure qu'au premier musicien ou spectateur malade, on fermera la salle sine die, voire toutes les salles de la ville, voire toutes les salles de France.]

Mais vous disposez déjà d'un petit relevé pour vous organiser… ou du moins rêver un peu.

Car il est doux de croire – et il est permis d'espérer.

samedi 11 juillet 2020

La fièvre de l'été parisien


agenda_juillet.png

L'exercice est devenu compliqué au fil de ces dernières semaines : suivre la piste des multiples annulations, substitutions, adaptations et créations de formats de concerts musicaux !

J'ai relevé (pour moi, donc seulement les concerts qui me tentaient le plus) ce qui se faisait en Île-de-France et je vous le partage, comme naguère – ou, peu s'en faut, jadis.

Vous trouverez tout dans ce tableau, jusqu'à fin septembre.

Il manque donc beaucoup de dates, mais vous y trouverez les principaux bons plans de l'été :
→ superbe programmation, originale et de haute volée, de Jeunes Talents (à Sainte-Croix des Arméniens catholiques et à l'Hôtel de Soubise) ;
→ nouvelle initiative du Potager Royal de Versailles, avec à la fois de très beaux programmes et de très beaux ensembles (5€) ;
→ le Conservatoire Américain de Fontainableau joue dans le Jardin Anglais du château et dans le parc du Manoir de Bel-Ébat (gratuit) ;
→ le Festival Ouvertures, de la musique ancienne et folklorique au contemporain, par divers ensembles partout en Île-de-France ;
→ quelques concerts à la Maison de la Radio (10€) ;
Orchestre de Chambre de Paris dans les hôtels du centre (10€).

Je vends aussi des places (10€ !) pour Mozart dans la cour de l'Hôtel de Sully (acoustique splendide, orchestre idéal, expérience adaptée à tous les publics) et le ballet composé par Chtchédrine d'après Carmen de Bizet à la Maison de la Radio. Petits veinards.

Pour la rentrée, cela s'annonce plus compliqué : le virus fait déjà son retour ces jours-ci, beaucoup de salles ont vendu des jauges complètes en mars à juin dernier, la Philharmonie a publié ses annulations / révisions de septembre-octobre, l'Opéra ne rouvrira que le 23 novembre avec un bout de Ring en version de concert…

Profitez si vous le pouvez, les concerts que j'ai vus sont bien organisés (distanciation, port du masque général), les programmes stimulants et les musiciens évidemment galvanisés par l'occasion de revenir sur scène.

mercredi 24 juin 2020

L'Athénée Louis Jouvet : élu meilleure saison et meilleur plan 2020-2021


normandie_misraki.png

Extrait vidéo de Normandie joué par les Frivolités.

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L'Athénée a dévoilé sa nouvelle saison.

L'exemple de la maison qui fait varié – théâtre (dont musical ou en langue étrangère),  opérette, recoins inexplorés du répertoire (seria de langue allemande, opéra comique dodéphonique…), opéra contemporain, récitals de lied (Wolf !) et mélodie (Messiaen !) –, qui fait ambitieux, qui propose du neuf dans les meilleures conditions d'exécution… En termes de mise en scène, on y fait toujours très animé, même avec des moyens limités – véritables directions d'acteur, pensée de l'espace scénique au delà des automatismes…

Je ne compte plus les découvertes ou expériences extraordinaires en ces murs : Les Bains macabres de Connesson, The Lighthouse de P.M. Davies, The Importance of Being Earnest de Gerald Barry, Trouble in Tahiti de Bernstein, Le Testament de la Tante Caroline de Roussel… Si bien que j'ai fini par appliquer la règle : « l'Athénée fait une création, je cherche pas à deviner si ça vaut la peine, je viens ». Je m'en suis toujours félicité depuis.

De surcroît, cette saison, la salle est en tarif unique (on était à un double tarif 32/26€, je crois), à 26€ la place, déjà raisonnable… mais en abonnement, on peut avoir 50% de réduction, sachant que les places sont déplaçables et même remboursables sans justification. 13€ en première catégorie pour de l'inédit toujours original et servi avec soin… de quoi prendre le goût du risque !
Il faut ajouter à cela qu'il s'agit d'un des plus jolis théâtres de Paris, qu'on y est proche des artistes, y voit bien et entend bien de partout… et que le personnel est le plus aimable de toute la capitale, toujours prévenants et adorables – d'ailleurs beaucoup de ces petits jeunes assistent au spectacle, on les sent vraiment intéressés par ce qu'ils font.

Pour entendre de l'opéra à Paris, c'est avec l'Opéra-Comique (dans un autre genre), l'adresse où l'on peut vraiment se lancer aller écouter un opéra en toute confiance : on sera bien servi.

(C'est tout de même plus agréable à écrire – mais peut-être moins amusant à lire – que mon opinion sur l'Opéra de Paris, qui constitue à peu près le miroir parfait de l'Athénée : hors de prix, inconfortable pour les fesses, les yeux, les oreilles, accueil standardisé, répertoire rabâché, mises en scène paresseuses, orchestre d'une désinvolture sidérante…)

En théâtre, je ne goûte en général pas trop la dominante, des pièces pour initiés (un peu du théâtre méta-, beaucoup de Tchekhov et de Beckett) jouées parfois en langue étrangère, mais dans des approches assez austères / abstraites qui ne m'ont pas beaucoup touché. Non que ce soit fait à la légère, mais pas du tout mon genre, je ne suis pas le public cible.

Je puis donc seulement conseiller à propos de leur saison musicale, particulièrement avenante cette année !

--

Déjà, les soirées de lied.
Pass-Cemin dans des ballades hugoliennes, Ives et les Australiens ;
Röschmann-Martineau ;
Kleiter-Drake dans Wolf ;
Boché-Cemin.

Et puis les opéras. Ma sélection :

1) Normandie de Misraki par les Frivolités Parisiennes. Hilarant, interprété au plus haut niveau (l'humour grivois à la française, tout dans l'innuendo jubilatoire, même pour moi dont ce n'est pas le fonds de commerce), avec de beaux numéros musicaux. J'ai déjà vu la production, c'est un moment assez grisant. ·

2) Pour les Fêtes, Le diable à Paris de Lattès avec les Frivolités à nouveau, mis en scène par l'excellent Édouard Signolet (qui fait énormément avec très peu !). Dans le domaine du léger, Yes ! la saison dernière avec la même équipe était un enchantement.

3) Von Heute auf Morgen de Schönberg (scène maritale assez intense, de loin son meilleur opéra) en réduction pour 5 instrumentistes par l'excellent Némoto (notamment auteur d'un Winterreise pour ensemble très opérant), couplé avec un Offenbach diabolique rare.
·
4) L'eau-péra de Lavandier ; je ne sais ce que ça vaut, mais Lavandier a les qualités de caméléon nécessaires pour éviter l'ennui à l'opéra. Il écrit aussi correctement pour la voix, même si je n'avais pas été ébloui par son dernier cycle de mélodies, et orchestre redoutablement bien.

5) Mr Shi and his Lover, théâtre chinois avec musique de scène, me tente beaucoup. Mais expériences pas toujours probantes dans cette salle du théâtre étranger – Strindberg en italien – ou musical – Ismène de Rítsos avec la musique d'Aperghis, subjectivement la pire expérience en salle depuis 10 ans (ce n'était objectivement pas mal réalisé du tout, mais musicalement peu dense, et la pièce se contentait de ressasser le mythe d'Antigone dans un dispositif visuel qui me mettait mal à l'aise).

6) Les Sept Péchés capitaux de Weill & Brecht : un ballet chanté (écrit pour Balanchine), organisé autour d'Anna qui tente de faire fortune aux USA, commentée par la voix moralisatrice de sa sœur et un quatuor vocal masculin…  Beaucoup plus lyrique que le Weill cabaretier, à peine si l'on peut comparer.

7) Powder Her Face d'Adès : sorte de remix un peu jazzy de l'histoire de Lulu, célèbre dans la presse pour la faveur buccale qui y est représentée, mais ici le fond de sauce brittenien du langage d'Adès est vraiment teinté d'irrémédiable déréliction – ambiance Wozzeck dans la solitude de l'hôtel-lupanar désert.
(Pas très réjouissant, je le trouve aussi moins prenant que The Tempest, ni que ses jeux chambristes ou orchestraux… mais indéniablement bien écrit musicalement, et théâtralement assez marquant.)

8) Croesus de Keiser (auteur de la Passion selon saint Marc un temps attribuée à Bach, que je trouve bien plus intense que la Matthieu et aime peut-être même davantage que la Jean – quels chorals !), du seria hambourgeois (l'exception écrite en allemand, donc), très bien fait. Ce restent des récitatifs secs entrecoupant des airs clos, mais la qualité musicale en est réelle et séduisante.

9) 10) Je suis moins optimiste sur le mash-up Salomé (ce peut être jubilatoire comme laborieux, à tester) et sur le Mélisande & Pelléas revu par Stücklin avec musique pour claviers électroniques (je crains que ça ne rejoigne pas le Maerterlinck taiseux, évanescent et parfois grotesque que l'on aime). Mais je n'ai pas vraiment d'éléments pour m'en faire une opinion.

--

Voilà une maison qui mérite de franchir le pas… en particulier si votre budget est mince et votre curiosité étendue !

[Dois-je préciser que je n'ai aucun partenariat, aucune invitation avec l'institution, et n'y connais même personne, malgré les aspects de publi-reportage de cette notule : éloge sincère.]

David Le Marrec

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