Carnets sur sol

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lundi 27 juin 2011

Saison 2010-2011 : moments choisis


On ne mentionne dans ce bilan subjectif que les soirées les plus remarquables. Les autres étaient aussi très bonnes, mais m'ont moins profondément marqué.

Fait assez notable cette saison, du fait de la largeur de l'offre - et, n'en doutons pas, de la clairvoyance du choix -, aucune soirée dont on soit sorti déçu. Soit qu'elle soit objectivement au minimum très bonne musicalement, soit qu'elle offre en contrepartie des découvertes de premier intérêt.

Au chapitre déceptions, ce seront donc trois représentations en deçà des attentes, mais absolument pas médiocres en elles-mêmes.

Suite de la notule.

Saison 2010-2011 : bilan statistique


Juste pour le plaisir d'observer les pratiques culturelles et surveiller un peu où mène son goût lorsqu'on le suit sans plan d'ensemble : classement comme l'an passé par lieu, genre et période.

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A. Chronologie

Suite de la notule.

Henrik IBSEN - Les Piliers de la société - spectacle de sortie des étudiants du CRR de Paris (Théâtre de l'Aquarium à la Cartoucherie)


Juste la reproduction de l'avis des lutins, tiré du fil de la saison, manière de faire écho à cette proposition bienvenue d'une pièce d'Ibsen moins présente sur les scènes.


Les Piliers de la société d'Ibsen au Théâtre de l'Aquarium (Cartoucherie)

(Dimanche 26 juin 2011.)

Spectacle de fin d'études des étudiants d'art dramatique du CRR de Paris.

Toujours les problématiques de faute originelle, qui se paie au prix le plus fort, dans une dynamique de dévoilement non consenti, et cela dans le cadre d'une société pesante et éprise de morale - où pourtant la position sociale enferme, corrompt et ne peut racheter.

Un matériau presque toujours présent dans le théâtre d'Ibsen, déjà abondamment observé dans la catégorie qui lui est consacrée, et notamment ici.

Suite de la notule.

dimanche 26 juin 2011

Massenet-Marseille-Alagna : Fallait-il remonter Le Cid ?


1. Principe

Le Cid de Massenet est une oeuvre qui suscite la curiosité et l'étonnement.

La curiosité est bien légitime, puisqu'il s'agit de la seule adaptation célèbre de la pièce. Les Stances de Rodrigue avaient été - éloquemment - mises en musique par Marc-Antoine Charpentier, puis le style classique s'était chargé de son adaptation, à la façon d'Andromaque de Grétry / Pitra : c'était alors Chimène ou Le Cid de Sacchini, hésitant entre héroïsme gluckiste et style galant Louis XVI. Les autres appropriations musicales sont beaucoup plus obscures.

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Extrait 1 :


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2. Massenet et le Cid

Massenet, de surcroît, est le compositeur d'opéra de ma connaissance qui varie le plus son style d'un ouvrage à l'autre, de façon très spectaculaire. Quoi de commun entre le sirop mélodramatique de Manon, l'archaïsme franc de Panurge, le romantisme noir de Werther, la féérie pompière d'Esclarmonde, le vérisme abrupt de Thérèse, le lyrisme tristanien de Cendrillon, l'exotisme de Thaïs ?

Et ce n'est pas une affaire de tonalité littéraire, ni même d'effets de style : le langage musical lui-même se révèle totalement plastique d'une oeuvre à l'autre. La chose est bien simple, à moins d'avoir exploré au moins la moitié de son corpus, il serait impossible d'attribuer à Massenet l'une ou l'autre oeuvre d'oreille.

Cette souplesse pouvait donner à espérer le meilleur du Cid, composé entre Manon et Werther, et présenté en 1885, l'année suivant sa composition.

Toutefois, Massenet a composé sa partition en grande hâte, et la qualité d'écriture en a spectaculairement pâti. Certes, il va donner un aspect un peu archaïsant à l'oeuvre... mais dans le plus mauvais sens du terme, en appauvrissant l'harmonie de cette fin de siècle, tout en conservant les tics grandiloquents de l'opéra romantique larmoyant.

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3. Sentiment successifs envers la partition

Il est peut-être utile que je livre ici mon parcours vis-à-vis de cette partition.

Suite de la notule.

mercredi 22 juin 2011

Pancrace ROYER - Le Pouvoir de l'Amour... et les élèves d'Howard Crook - (CRR de Paris & Théâtre Montansier de Versailles)


(Les informations pour assister au spectacle complet à Versailles figurent en dernière partie de notule.)

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1. Situation

L'oeuvre n'est pas tout à fait une première, puisqu'elle a été en grande partie enregistrée par l'Oberlin College of Music (prestigieuse école dans une ville de 8000 habitants de l'Ohio, située à la frontière avec le Canada), lors de représentations scéniques en 2002. Il en manquait cependant la deuxième entrée, qui a peut-être été donnée dans les représentations du Conservatoire de Montluçon (2010), et figure en tout cas dans le spectacle donné cette année par les étudiants du CRR de Paris sous la direction de Patrick Bismuth. D'autres représentations ont peut-être eu lieu plus confidentiellement encore ou dans d'autres pays, puisque le CMBV a publié en 2007 l'édition critique de Lisa Goode Crawford (professeur de clavecin au Conservatoire d'Oberlin, précidément), avec la contribution de Gérard Geay.

C'est quoi qu'il en soit une vraie rareté que nous proposaient (et nous proposent encore, comme on va le signaler) de découvrir les étudiants du CRR de Paris.

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2. Pancrace Royer (et moi)

Pour plus de clarté, autant le signaler clairement : je n'aime pas démesurément Pancrace Royer. Son clavecin d'une virtuosité tape-à-l'oeil contient à mon sens plus de traits que de musique, ce qui est à la fois inutilement fatigant pour le claveciniste et peu passionnant pour l'auditeur. Mais il est vrai que d'une façon générale, je suis très peu intéressé par la virtuosité, à moins qu'elle ne soit ponctuellement nécessaire pour un propos expressif et ne sorte des recettes toutes faites (gammes, arpèges... une fois qu'on les a entendues, on les devine sans même qu'on nous les fasse entendre !). Non pas que je l'évite, mais elle n'ajoute aucune plus-value pour moi.

Concernant son legs vocal, j'avais été assez tiède également en découvrant Zaïde, Reine de Grenade (1739), il y a peu d'années. Une troisième école très galante, très italianisée, où la virtuosité de la mélodie l'emporte sur la tension harmonique, où la fulgurance du trait l'emporte sur le soin de la mélodie. Vraiment ce que j'entends comme la période la moins intéressante de la tragédie lyrique - celle aussi où les livrets sont réduits à rien.

C'est donc avec des attentes réduites et un désir davantage documentaire que je me suis rendu rue de Madrid.

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3. Structure de l'oeuvre

Il s'agit d'un ballet héroïque (1743).

Ballet, car l'action est fragmentée en trois entrées avec des lieux, des époques, des personnages différents qui illustrent une même notion (celle du titre), comme le modèle original de L'Europe galante de Campra, repris à l'époque de Royer avec des oeuvres comme Les Indes galantes de Rameau ou Les Fêtes de Paphos de Mondonville.

Héroïque, car l'action est "sérieuse", avec des codes de la tragédie en musique et non du divertissement galant (contrairement aux ballets du type Carnaval de Venise de Campra, où l'intrigue amoureuse demeure légère).

Depuis la Régence, le Prologue ne sert plus à flatter le souverain-commanditaire, mais explore des notions un peu plus philosophiques, en relation avec le drame à suivre. Ici, le dispositif est particulièrement didactique : Prométhée, horrifié de constater que Jupiter a envoyé sur la Terre les Passions pour tourmenter les humains, rencontre l'Imagination. Celle-ci le rassure : en s'unissant avec l'amour, elle soulage les maux de l'humanité.

Suite de la notule.

lundi 20 juin 2011

Classe de Jeff Cohen au CNSM : initiation au récital de lied - (Raquel Camarinha, Cécile Achille, Mao Morita)


(Au fil des présentations, quelques liens vidéos fournis, pour mesurer un peu ce dont il est question - même s'il est entendu que le contact en salle était bien plus impressionnant que ces extraits-là.)

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1. Un projet

Le principe de cette classe est de faire travailler, durant un an, un duo piano-voix sur un programme de récital autour de la mélodie et du lied.

Un récital de lied est toujours bon à prendre, et j'étais curieux d'entendre les étudiants du CNSM : je ne me sens pas forcément proche de l'esthétique vocale qui y prédomine, mais l'observation en est toujours instructive sur l'état (et surtout les tendances) du chant aujourd'hui.

Double intérêt, donc : se régaler de lied, et s'instruire sur l'enseignement lyrique.

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2. Aspect général

Le concert se composait de trois programmes de quarante minutes (un par duo), thématiques mais sans excès de conceptualité. Contenu :

  1. Cécile Achille / Aeyong Byun
    • Fleurs (R. Strauss, Maeterlinck de Chausson)
    • Mignon (Gounod, Schumann, Tchaïkovsky)
    • Rimsky-Korsakov et la nature (Tolstoï, Nekrassov)
  2. Mao Morita / Mari Yoshida
    • rêveries schubertiennes (Lachen und Weinen, Gretchen am Spinnrade, Nacht und Träume)
    • Baudelaire de Debussy
    • mélodies japonaises (Nakata et Yamada)
  3. Raquel Camarinha / Satoski Kubo
    • séries de Wolf & Goethe (Mignon I,II,III ; Die Spröde & Die Bekehrte)
    • Croner de Vasconcellos, Trois rondeaux (Três Redondilhas de Luiz Vaz de Camões)
    • Weill (Surabaya-Johnny, Nannas Lied, Youkali)


Ces choix se nourrissaient de diverses suggestions culturelles de Jeff Cohen (visites picturales, par exemple), si j'ai bien suivi la présentation.

Il faut bien admettre que, s'y rendant sans humeur spécialement critique mais sans attentes démesurées, les lutins facétieux qui peuplent nos contrées ont été absolument cueillis.

D'abord par l'audace et la variété des programmes : peu de tubes, ou alors en portion très raisonnable... et une variété de langues (très bien maîtrisées de surcroît) assez considérable. Qu'on en juge : allemand-français-russe pour le premier programme, allemand-français-japonais pour le deuxième, allemand-portugais-français pour le troisième.
Considérant que la plupart de ces langues chantées étaient parfaitement maîtrisées par les chanteuses, et qu'elles pratiquent forcément abondamment l'italien, on s'incline déjà devant la diversification consentie.

Ensuite, les pièces choisies, en plus d'être rares, étaient intéressantes. Les Strauss du premier programme ne sont pas anecdotiques (comme ils le sont souvent), les Rimsky-Korsakov sont de petites merveilles très lyriques, les Debussy retenus n'étaient pas les plus faciles (ni solfégiquement, ni vocalement, ni interprétativement - pour ne pas dire les plus difficiles), les mélodies japonaises rarissimes en France ne manquaient pas d'un charme frais, et on peut dire la même chose, dans un autre genre plus romantique et moins naïf, de Croner de Vasconcellos.

Enfin, la qualité d'interprétation m'a fait profonde impression. C'est pour une fois davantage sur ce point que sur les oeuvres que je vais m'arrêter : il sera difficile de détailler un si grand nombre de pièces.

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3. Niveau

Suite de la notule.

samedi 18 juin 2011

Chanteurs et accompagnateurs à l'Hôtel de Lalande


A l'occasion de la Fête de la Musique du 21 juin prochain, la cour du plus beau musée de Bordeaux - et du plus beau musée d'Arts décoratifs que j'aie visité, bien plus cohérent et émouvant que Carnavalet ou le Victoria & Albert - est mise à disposition des chanteurs et pianistes amateurs pour se produire en public, de 20h30 à 23h (deux morceaux, pas trop longs).

Je cite la présentation :

Principe : vous êtes chanteur amateur (vous avez donc, ou vous avez eu, une profession non musicale à temps plein). Vous avez cependant un niveau vocal et musical suffisant pour vous présenter devant un public, même indulgent ! Cette soirée est pour vous : elle sera bon enfant et sans esprit de concurrence.
Pour une organisation satisfaisante, merci de compléter et retourner dès que possible l’inscription ci-dessous. Selon le nombre d’inscrits, chacun pourra interpréter 1 ou 2 morceaux du répertoire dit classique. Des pianistes, amateurs aussi, pourront vous accompagner si vous indiquez ce que vous chanterez (évitez les réductions d’orchestre injouables !), la meilleure solution étant de venir avec votre pianiste.

Au choix : Je viens avec mon accompagnateur/ j’ai besoin d’un accompagnateur et j’apporte une partition de plus
(NB : les pianistes amateurs habitués à l’accompagnement sont très bienvenus aussi !)

Je joins le formulaire à renvoyer à Françoise Richard, par courriel (mfr POINT richard CHEZ free POINT fr) ou bien à communiquer par téléphone (05 56 80 04 86).

L'endroit est magnifique et l'acoustique sera belle, même si sans doute, plein air oblige, un peu difficile pour des amateurs. L'occcasion est suffisamment belle pour être promue en tout cas, et je devine que les pianistes accompagnateurs seront les plus prisés.

samedi 4 juin 2011

La malédiction du zoom


Tout amateur d'opéra a souvent regretté l'abus des zooms dans les captations vidéo, qui font perdre quantité d'information, privent le spectateur de sa liberté d'observer, et déforment les intentions prévues pour la salle en d'horribles grimaces croulant sous le maquillage à la truelle.
Le plus grave étant bien sûr la fragmentation de la scène, la mise en péril de l'économie visuelle du spectacle.

Et il en va souvent de même pour les captations audio. Une bonne prise de son peu rendre la lecture de n'importe quel chef honorable passionnante et analytique, ou, moins souvent, gâter de belles qualités. Tout simplement parce qu'un certain nombre d'informations se perdent dans la distance, et il est souvent intéressant d'entendre un petit morceau de continuo, un fragment de petite harmonie qui échapperaient si l'on écoutait de loin.

Mais ce mixage artificiel a, tout comme les zooms qui dévoilent de beaux détails au risque de masquer l'émotion d'ensemble, ses inconvénients.

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Témoin la vidéo de l'Atys de cette année, diffusée par Mezzo.

Suite de la notule.

David Le Marrec


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