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samedi 10 août 2013

La voix de basse : histoire et nomenclature –€ II –€ Techniques et classification


Cette notule fait suite à une première partie, consacrée à l'histoire et aux propriétés acoustiques de la voix de basse.

3. Principales techniques

À€ la liste de catégories de basse qui va suivre, on peut ajouter dans la plupart des cas (hors les catégories les plus graves, jusqu'à la basse noble) des emplois différents, qui se caractérisent par des modes d'émission spécifiques.

D'abord les basses coloratures, sollicitées dans la musique baroque, particulièrement d'influence italienne –€ ce qui inclut, au XVIIIe siècle, à peu près tout ce qui est produit en langue allemande, anglaise, suédoise... et une partie de la musique française, notamment du côté des cantates et de quelques scènes de folie à l'opéra. On continue à les trouver chez les héritiers de l'opéra seria : opéra classique seria (à numéros), opéra seria du XIXe (belcanto romantique).

Également les basses bouffes, à qui l'on demande des capacités d'éclat (sans forcément une projection ni un volume extraordinaire), un tempérament (extraverti), souvent des ressources dans l'aigu (effets de fausset, écrits ou non). Dans Rossini, on leur réclamera en outre une mécanique précise et très rapide pour exécuter le sillabando (ces moments à débit vertigineux sur une même note).

Dans les deux cas, ces caractéristiques peuvent se greffer sur des organes de natures très différentes, certaines avec l'assise profonde qui caractérise en général les basses, d'autres avec un matériau plus léger et mobile. Ce ne sont pas réellement des tessitures, plutôt des spécialisations, des accessoires, des emplois, des types –€ comme on voudra.

4. Le principe du classement

Contrairement à la plupart des autres types de voix, la nomenclature des basses ne fait pas vraiment débat –€ même si je mets de côté ce qu'en dit la Fach (un système de classement que je trouve non seulement absurde, mais désagréablement fermé, et périlleux pour les chanteurs). On pourrait donc ajouter énormément de sous-catégories, mais la chose n'a pas grand intérêt dans la mesure où chaque rôle et chaque chanteur sont uniques, et on pourrait donc aller jusqu'à une catégorie pour chacun, ce qui fait perdre tout sens à un groupement.

Je dois à nouveau exprimer l'avertissement, déjà formulé en détail au début et à la fin de la catégorisation des ténors (dont je ne suis pas satisfait, mais c'est une autre histoire) : non seulement une telle nomenclature ne peut être qu'indicative, mais il ne faut surtout pas se laisser abuser par ce qu'elle pourrait prétendre être ; ce ne sont que des conventions, à prendre pour ce qu'elles sont. La seule réalité « naturelle » dans les voix d'homme est peut-être la distinction ténor / voix graves, et encore...
Dame Nature n'ayant pas attendu les professeurs de chant, tous les chanteurs se situent plus ou moins entre un ou plusieurs types ; de même, les rôles écrits par les compositeurs ont tous leurs nuances. Un interprète d'une catégorie vocale différente pourra tout à fait légitimement chanter certains rôles de catégories qui ne sont pas en théorie la sienne : chanter un rôle de basse profonde ne signifie pas que l'interprète est une basse profonde, par exemple –€ il pourra simplement avoir les bonnes notes et la bonne couleur pour chanter ce rôle en particulier. Pour couronner le tout, la technique et l'âge font évoluer les voix au cours d'une carrière.

Van Dam a chanté Philippe II et Paolo Albiani, Domingo Siegmund et Nadir, Sutherland Lakmé et Bolena... Faust de Gounod a été chanté par Luccioni, Jobin, Björling, Corelli, Vanzo, Domingo, Leech, Gedda, Araiza, Lance, Vezzani, Roswaenge, Peerce, Aragall, G. Raimondi, Hadley, Labò, Di Stefano, Simoneau...

Pour résumer :
a) un rôle peut être chanté par des chanteurs de différentes catégories ;
b) un chanteur peut chanter des rôles de différentes catégories.

Bref, il faut bien prendre la tentative pour ce qu'elle est : essayer d'isoler les grandes lignes de force de la catégorie vocale, tenter de saisir la logique des compositeurs... Évidemment, et également dans le cas d'une meilleure présentation que ne sera la mienne, cela ne peut pas tenir lieu de raisonnement, et n'est pas vraiment un critère pour approuver ou écarter tel ou tel interprète. Un guide indicatif tout au plus.

[En plus de cela, il est souvent très intéressant de ne pas respecter les indications des compositeurs en la matière, mais c'est une autre histoire...]

5. La nomenclature

Du plus aigu au plus grave :



Zone frontière :

BARYTON-BASSE
Caractéristiques : Il s'agit plutôt d'un baryton (plus le rôle est de format dramatique, plus on trouve de basses) à l'aigu éclatant, de couleur sombre, avec un grave très sonore jusqu'au sol 1, et une bonne endurance dans le haut de la tessiture. Attention, ce ne doit pas être une basse sans graves (on parle plutôt de basse élevée ou de basse aiguë de ces cas, et ce sont plutôt des sous-catégories de basse chantante) : la voix est caractérisée par son mordant plus que par sa tessiture (qui est proche de la basse chantante).

Thomas Stewart en Fliegende Holländer, Theo Adam en Wotan (deux extraits), George London en Don Giovanni (le rôle, lui, peut être tenu par n'importe quelle voix en clef de fa).
Étendue requise : sol1-fa#3
Exemples de rôles : le Hollandais, Wotan... la plupart des autres rôles sont plus difficiles à caractériser comme exclusivement baryton-basse. \[Si bien que, comme pour le baryton-Martin, on constate souvent la tentation de se réfugier sous cette ambiguïté pour certaines voix partiellement construites.]
Exemples d'interprètes : Paul Schöffler (plutôt baryton dramatique), Hans Hotter (plutôt basse noble), George London (baryton dramatique), Theo Adam (plutôt basse noble), Walter Berry (plutôt basse chantante), Thomas Stewart (plutôt baryton dramatique), Tom Krause (clairement baryton), Bryn Terfel (initialement baryton lyrique !), Paul Gay (plutôt basse chantante)...



Les basses :

BASSE CHANTANTE
Caractéristiques : Type de basse le plus répandu. Son grave n'est pas forcément très sonore, l'aigu est généralement plutôt aisé. On trouve énormément de sous-catégories : basses aiguës pour les plus barytonnantes, et on y recrute généralement les basses bouffes et les basses coloratures (voir §3 pour ces types). Certaines sont tout à fait médium, d'autres à l'aise dans l'aigu. Il existe même un tropisme spécifique au romantisme français, avec des basses classées basses chantantes, mais plus claires et aiguës que la plupart des barytons-basses (Méphistophélès chez Berlioz et Gounod, par exemple) –€ ce qui n'exclue nullement les voix dotées de beaux graves, comme Jules Bastin, presque baryton léger dans l'aigu, et disposant de « pédales d'orgue » terrifiantes au moins jusqu'au ré 1 (basse profonde).
La basse chantante est donc un peu le genre fourre-tout de toutes celles qui ne sont pas l'étage inférieur, qui n'ont pas une assise grave très forte, une « verticalité » d'une grande autorité. (En somme, la nomenclature des basses se résume grandement dans l'opposition entre basses chantantes et basses nobles.)

Samuel Ramey en Figaro (Mozart), Paolo Gorin en Méphistophélès (Gounod, rôle d'ailleurs la plupart du temps distribué à des basses nobles, contrairement à l'évidence de la partition, haut placée et plutôt espiègle), Fernando Corena en Bartolo (Rossini, basse bouffe), Michele Pertusi en Assur (basse belantiste).
Étendue requise : fa1-fa#3
Exemples de rôles : Argante (Haendel), Figaro (Mozart), Bartolo (Rossini, bouffe), Philippe II (Verdi), Méphistophélès (Gounod), Don Quichotte (Massenet)...
Exemples d'interprètes : Fernando Corena (bouffe), Sesto Bruscantini (aussi bouffe), Samuel Ramey (aussi colorature), Alain Vernhes, Simone Alaimo (aussi bouffe), Lorenzo Regazzo, Ildebrando D'Arcangelo...


BASSE NOBLE :
Caractéristiques : Voix plus ample, au grave plus sonore que la basse chantante. C'est l'archétype de la basse, avec toute sa « verticalité », sa grande autorité, sa couleur sombre. Contrairement aux emplois nombreux de la basse chantante, ces rôles incarnent presque toujours l'autorité (paternelle ou ecclésiastique, en particulier), et quelques über-méchants. Cette catégorie de basse a en général le plus grand impact en salle, avec le phénomène de halo précédemment mentionné. On l'appelle parfois aussi basse profonde, qu'on peut considérer comme une variante avec une extension grave supplémentaire et sonore, ainsi qu'une couleur particulièrement « noire ».

Jérôme Varnier en Arkel (un rôle de basse noble par caractère, mais vocalement proche des basses chantantes, ici chanté par un timbre de basse profonde), Kurt Moll en Daland (pour illustrer une basse noble au timbre clair, et nasale comme souvent dans la tradition germanique et nordique), Cesare Siepi en Padre Guardiano, Carlo Lepore en Caronte (rôle très grave, surtout au diapason d'origine, donc chanté par les basses profondes), Henri Médus en Brogni (les basses profondes parlent aux basses profondes). D'une manière générale, les « grandes voix » de la catégorie basse noble ont un potentiel de basse profonde (souvent de plus petits rôles), si bien qu'on trouve énormément de ces voix jusque dans le répertoire des basses chantantes (Boris Godunov –€ qui est même, en réalité, un rôle de baryton –€, Méphistophélès de Gounod, Philippe II –€ même si sa catégorisation traditionnelle peut finalement être discutée). Il faut dire que l'impact (et la séduction) de ces organes sont particulièrement spectaculaires.
Étendue requise : mi1-fa#3 (les basses profondes descendent jusqu'au ré, voire l'ut1)
Exemples de rôles : Caronte (Monteverdi), Osmin (Mozart, basse profonde), Commendatore (Mozart), Brogni (Meyerbeer, basse profonde), Padre Guardiano (Verdi), Arkel (Debussy)... On peut considérer comme rôles pour basses profondes ceux qui descendent sous le fa1.
Exemples d'interprètes : Henri Médus (essentiellement basse profonde), Cesare Siepi (également basse profonde), Giulio Neri, Martti Talvela, Kurt Moll, René Pape, Jérôme Varnier, Nicolas Courjal, Jean Teitgen...


Certains chanteurs peuvent couvrir à la fois les deux catégories (chantante et noble) ; Jules Bastin ou Jean-Philippe Courtis, avec beaucoup de graves pour l'un, une très belle égalité de la voix sur toute son étendue « verticale » pour l'autre ; et en même temps un aigu extrêmement souple et timbré, comme un baryton.


A noter également, l'existence dans la musique orthodoxe russe des basses octavistes, qui descendent au moins une quinte plus bas que la basse profonde, avec l'effet (très impressionnant) dit « de pédale d'orgue ». Voir par exemple le disque Basso Profondo –€ from Ancient Russia paru chez CdM Russian Season ; un peu difficile à trouver aujourd'hui, mais certaines plates-formes le proposent au format mp3. Rien n'est prévu pour ces voix à l'opéra –€ le seul ut1 que j'aie vu écrit sur une partition est celui d'Ochs dans le ''Rosenkavalier'' de R. Strauss, alors les sol 0, certainement pas !

C'est de toute façon une technique propre à la musique sacrée russe (qui explique peut-être aussi la tradition de puissance voluptueuses de leurs basses d'opéra, par proximité), et qui est prévue pour des tempi lents dans des espaces réverbérés. [Ici encore, il s'agit de seconder la majesté de la parole sacrée.]


6. Prolongements

Suite de la notule.

jeudi 1 août 2013

La voix de basse : histoire et nomenclature –€ I –€ Propriétés physiques et historiques


Voilà bien longtemps que CSS n'avait pas sacrifié un peu à sa tradition pédagoglottophile. Les nomenclatures ont toujours leurs limites, mais celle des basses dit aussi quelque chose de notre culture et de nos représentations du monde.

1. Un statut à part dans la nomenclature

La voix de basse est particulière à de nombreux titres.

D'abord, elle est la voix dont l'émission, en mode lyrique, est la plus proche de la voix parlée. Les basses sont les seules à avoir le droit de râcler leurs graves et de s'appuyer sur la zone qui leur sert à parler, tandis que toutes les autres tessitures d'expriment à l'opéra beaucoup plus haut (c'est vrai dans une bien moindre mesure pour le lied) que leur « centre de gravité » parlé. (Les mezzo-sopranos et contraltos peuvent aussi le faire, mais seulement dans les œuvres et parties qui autorisent les poitrinés sonores, ou dans les répertoires hors classique, comme les musiques traditionnelles ou la pop.)
Ce fait a beaucoup d'implications : la diction est beaucoup plus facile, et les voix de basse les mieux pourvues peuvent nécessiter très peu de travail (si bien qu'on peut se retrouver avec des techniques relativement frustes qui font, au moins pour un temps, une belle carrière). Bien sûr, cela ne vaut pas pour tous les répertoires : les « désinvoltes » ne survivront pas au répertoire russe ou à Wagner, sauf force de la nature miraculeuse –€ non, je ne nommerai pas John Tomlinson.

Deuxième remarque acoustique étonnante : malgré le degré de technologie des systèmes de captation et de reproduction du son, la réalité de la voix de basse échappe beaucoup plus que n'importe quelle autre aux micros. Il manque ce qui fait toute la différence en « vrai » : l'autorité, la résonance, cette espèce de halo qui, selon qu'il sera présent ou absent, rendra l'interprète magnétique ou terne. La question a déjà été soulevée dans la notule consacrée au volume et à la projection des interprètes lyriques. Les voix qui paraissent avoir le grain le plus dense avec les micros ne sont pas forcément les plus sonores en réalité, et certains timbres très secs en retransmission peuvent se révéler extrêmement charismatique en salle (Fernand Bernadi, Jérôme Varnier, Nicolas Testé en sont... leurs disques sont souvent peu marquants, alors que les entendre en concert représente une expérience absolument indélébile).
Je suppose que cela doit être lié à la dimension physique des harmoniques graves –€ on le constate facilement dans les concerts amplifiés, ça fait bouger les tissus chez l'auditeur –€, et à leur moindre localisation dans l'espace que les autres harmoniques... quelque chose d'à la fois insaisissable et sensible par le toucher.

2. Une situation stable dans l'histoire du chant

À€ l'exception du soprano, qui a toujours existé et a toujours adopté toutes les configurations possibles, toutes les techniques du colibri au hochdramatisch, tous les caractères de la coquette vaine à la vierge modeste, de la bergère sotte à la reine sadique, la basse est la seule catégorie vocale à avoir conservé son caractère inchangé au fil de l'histoire de l'opéra.

Le mezzo-soprano a eu de la stabilité (notamment, que le personnage soit modèle ou repoussoir, une sensualité récurrente dès les bas-dessus de Lully), mais a ouvert son spectre au fil du temps, finissant par aborder jusqu'aux chasses gardées des sopranes (les personnages de vierges et d'ingénues : Chimène, Salammbô, Erika... et même les apparitions, comme Groucha) ; même si la chose est moins évidente que pour le baryton, le vingtième siècle qui a tant mis le soupçon sur les voix aiguës et éclatantes a sans doute contribué à « normaliser » les voix moyennes en tant que « héros » (sopranes avec peu d'extension, mezzos, barytons...).

Le ténor, de la voix qui évoquait l'héroïsme à l'époque où l'on croyait au surnaturel, est progressivement devenu l'amoureux exclusif (statistiquement de plus en plus impuissant) ; son éclat, son caractère peu naturel (la voix de ténor se contruit plus loin après le passage, davantage pour des raisons de fascination des compositeurs et du public pour l'aigu que pour des raisons physiologiques...), sa place trop exemplaire dans les opéras du passé en ont fait au vingtième siècle un objet de soupçon, souvent traîtreux ou tourné en ridicule.
À€ cela s'ajoute la recherche de plus en plus évidente, à l'heure du cinéma(, des pubes racoleuses) et du DVD, d'un physique de jeune premier suffisamment en accord avec les idéaux du moment, qui rend les ténors largement indésirables (en moyenne plus petits, surtout ceux qui ont des aigus, et les plus dramatiques sont souvent les plus larges).

Le baryton, lui, n'est historiquement et techniquement qu'une émanation plus haute et moins sombre de la basse, avec une endurance supérieure dans le haut médium. Son caractère a épousé beaucoup de profils très différents, jusqu'à devenir aujourd'hui la voix privilégiée des compositeurs (et le plus souvent du public).

La basse, donc, a toujours évoqué les mêmes choses. Pour des raisons simples assez évidentes : du fait de leur ancrage très bas, elles sont moins souples, et ne peuvent pas rester longuement dans l'éclat aigu qui permet de mener un drame. Leur stature trop affirmée les rend aussi peu adaptées à l'expression des affects constrastés d'une action scénique : les timbres sont trop homogènes, l'assise trop solide pour cela (c'est aussi la raison, en plus de la traditionnelle transposition beaucoup trop basse, pour laquelle la voix de basse est de très loin la moins adaptée au lied).

Il s'agit réellement d'un problème technique : les voix graves (magnifiées par les voix de fumeurs mourants du cinéma) sont, au moins depuis le milieu du XXe siècle, considérées comme très valorisantes pour un homme, aussi bien du point de vue de la séduction que de l'affirmation de soi. A titre d'exemple emblématique, Nicolas Sarkozy avait suivi un entraînement avant son élection, pour transformer sa voix de ténor –€ en exaltant, assez habilement d'ailleurs, ses harmoniques basses. Cela avait beaucoup contribué au crédit de la mythologie du papillon et de l'homme nouveau qu'il cherchait à incarner.

On rencontrera donc essentiellement, depuis le baroque jusqu'au vingtième siècle :

Suite de la notule.

David Le Marrec

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