Carnets sur sol

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jeudi 2 juin 2005

[feuilleton] : Kurtág György, épisode 2 : Bartók

Espoirs trompés et amitiés.

Suite de la notule.

[feuilleton] Kurtág György, épisode 1 : Démarches musicales de jeunesse

Enfant, G.Kurtág a très tôt été intéressé par le principe de la transcription et par l'opéra, deux éléments qui ont nourri beaucoup de ses compositions. En effet, outre son cycle De Machaut à Bach, György Kurtág a très régulièrement adapté le contenu de ses propres oeuvres à différents instruments, a retravaillé des matériaux, presque toujours dans le sens de la réduction, et souvent avec pour destination son carnet des Játékok.



Dans le seul entretien écrit conséquent que l'on ait jamais eu avec lui, Kurtág confiait à Bálint András Varga (réalisé entre 1982 et 1985 ; BAV a également réalisé des entrevues avec Luciano Berio et Witold Lutosławski) :

  • "J'ai aussi été influencé par Webern, non pas en écoutant

ses oeuvres, mais en les étudiant, en "interrogeant" les
petits détails."
Cette fascination pour les mondes nouveaux, pour la découverte d'esthétiques étrangères, peut étonner lorsque l'on sait combien Kurtág tient dans ses oeuvres un discours esthétique très cohérent, voire similaire. L'aspect presque intime de ses choix musicaux, dont l'orientation a été déclenchée par une prise de conscience personnelle, ne résulte donc pas d'une aspiration au solipsisme. Kurtág communique au contraire par la voie de l'admiration, puis de l'assimilation, avec beaucoup d'autres artistes. Toutefois, vu de l'extérieur, ces rencontres peuvent peuvent sembler ne pas influer sur le style ; elles se décèlent mieux dans les longues - si l'on peut dire - suites d'hommages.
En fait, c'est plutôt la démarche créatrice que le style qui se nourrit de ces rencontres. Un autre extrait de ce même entretien en témoigne, dès la jeunesse :

  • "En vérité, moi non plus je n'aimais pas Bartók. Il était

pour ainsi dire trop horriblement bon. (...) La
première fois que j'entendis Le Château de Barbe-Bleue, par
exemple, je trouvai cela positivement laid. Il n'empêche que
l'oeuvre me fit de l'effet. (...) En fait, c'est en
dépassant mes goûts et mon savoir personnels que j'ai
découvert la saveur de la musique de Bartók."

David - EnTók

David Le Marrec


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