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Bouddhisme ordinaire


En entendant Angelin Preljocaj et Alain-Gérard Slama dialoguer sur France Culture autour du bouddhisme, je suis une fois de plus saisi par la vision extrêmement convenue qu'on nourrit en France de ce mouvement religieux.

Ils conviennent tous les deux du lieu commun habituel : le bouddhisme est en réalité une philosophie plutôt qu'une religion. Pour une raison simple : il y a une ligne de vie, et pas de dieu.

Ces deux dernières affirmations sont incontestables. Néanmoins, il y a longtemps que je suis convaincu du contraire, et plus en lisant le théâtre sacré bouddhique ou en fréquentant la pensée singulière de Nagarjurna qu'en lisant les romans de Hesse - ce qui ne veut pas dire qu'ils ne l'aient pas fait, bien évidemment, mais leur perception reflète certains réflexes très occidentalisés.

Il n'est que de constater les procès (mérités) que l'on intente au christianisme, et au catholicisme en particulier, pour la règlementation, voire la haine du corps (choses qui, cela dit, existaient déjà à Rome dans les relations conjugales...) - sans parler de l'islam, dont le texte fondateur, clairement normatif, laisse encore moins de part à l'interprétation et donc à l'assouplissement des pratiques au fil de la sécularisation (il est toujours plus difficile de contredire frontalement le texte saint dont on dépend que de se laisser glisser dans ses failles).
Or, en matière de défiance, le bouddhisme va bien plus loin, puisqu'il rejette tout ce qui est terrestre, et à commencer par les sentiments que nous considérons comme les plus nobles - Siddhârta abandonne parents, épouses, enfant pour vivre loin de tout et sans rien. C'est saint Alexis, mais sans les états d'âme qu'on lui a parfois prêtés.

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Et le bouddhisme n'est pas une philosophie. Pour la ligne de vie, on en trouvera aussi dans chaque religion, voire chaque psychologie humaine, ce n'est pas vraiment un critère déterminant.
Certes, il n'y a pas de dieu, mais le bouddhisme se contruit sur un culte (où la 'divinité' n'est que le messager qui ouvre la voie, mais il y a tout de même vénération, offrandes, superstitions, etc.). Par ailleurs, le bouddhisme ne consiste pas en une analyse du monde réel, mais en une spéculation sur la bonne attitude pour obtenir un au-delà favorable - il ne s'agit pas d'une pensée à proprement parler, mais plutôt d'une ligne de conduite, qui ne trouve pas sa justification dans quelque chose qui soit sujet à débat : on ne peut pas démontrer ou infirmer la métempsychose.

Bref, un culte qui réunit des fidèles en vue d'une vie future meilleure : ce que l'on appelle une religion, quoi.

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Par ailleurs, le prestige dont jouit le bouddhisme dans nos contrées me chagrine quelque peu. Pas seulement parce qu'il y a là une dénonciation du matérialisme à peu de frais, cet espèce d'épouvantail qu'aussi bien l'antique Moscou que le Vatican d'aujourd'hui dénoncent comme le père de tous les mots. Alors que le concept n'a pas plus de sens que de se prétendre humaniste par exemple (qui va se prétendre ennemi de l'humanité - et qui va vivre sans matérialité ?). [Et en matière d'individualisme, autre mal hautement dénoncé, le bouddhisme se pose comme un modèle, tout de même, avec un Salut très individualisé, et même absolument soumis à la rupture des liens avec autrui...]

Mais surtout parce que le bouddhisme est fondé sur une représentation du monde qui a un double effet pervers.
Tout d'abord, fonder le monde sur la haine du monde est le pire pari que l'on puisse faire : rien n'assure de l'exactitude des représentations de l'au-delà (il faut déjà sélectionner le bon représentant, à supposer qu'il soit audible...), et le monde présent (Saṃsāra ou pas) est bien là en revanche. On peut concevoir une foi fondée sur le sacrifice partiel, même radical, pour créer de l'ordre dans la société (respect de la loi, partage) ; mais les ermites eux-mêmes ont une consolation, celle morale du respect de leurs semblables et du dialogue quotidien avec Dieu. Alors que les affects positifs eux-mêmes sont suspects pour le bouddhisme, qui y voit une preuve d'attachement au monde.
Ensuite et plus concrètement, le bouddhisme est un formidable outil d'asservissement politique : si l'on a une mauvaise vie, c'est qu'on l'a mérité dans une vie antérieure. Aussi, il ne faut pas aider ceux qui souffrent, car c'est l'ordre du monde qui les punit (peu de religions ont une idée aussi rigoureuse de la rétribution) ; et la soumission au pouvoir politique va de soi, puisque c'est notre faute passée qui nous contraint à obéir.

Pour ceux qui seraient dubitatifs, qu'ils se plongent donc dans la littérature bouddhique. On trouve de façon très accessible chez Gallimard Le Signe de Patience, dont le 'Prologue' exprime très nettement ce que j'ai essayé de détailler. Un homme pauvre supplie la divinité de le sauver ; elle refuse d'abord parce qu'il a mérité de crever comme un chien errant, puis répond à son voeu. Et il se révèle le pire des avares, parce que son âme était bel et bien mauvaise.
C'est en somme la double peine : si on est pauvre ou malade, non seulement on le reste, mais en plus on porte la charge morale de l'avoir mérité, à ses propres yeux et aux yeux de la société.

Je ne prétends pas que les bouddhistes vivent ainsi leur foi, mais de même qu'on peut reprocher au catholicisme l'inculcation de la défiance envers le corps (ce qui n'est pas tant dans les textes que dans la tradition, avec ses dérivés qui vont jusqu'au extrémités cathares), le bouddhisme contient des justifications assez terribles pour l'absence de cohésion sociale et même l'oppression. Il faut juste en avoir conscience et ne pas en faire la promotion comme s'il s'agissait d'une idéologie inoffensive du type méditation-camomille.

Je ne prétends pas non plus qu'il n'ait pas marqué une rupture importante, au moment où c'était nécessaire pour compenser d'autres excès dans une société étouffante (encore que sa fusion avec le confucianisme à l'époque du Japon d'Edo ait produit l'un des pires systèmes oppressifs au monde - et surtout l'un des plus durables).

Mais c'est toujours mieux de voir clairement ce dont on fait la promotion, ça évite de se méprendre sur la beauté pure de l'exotisme.

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On avait déjà un peu parlé bouddhisme sur CSS, au cours de notre série autour du Kunqu, voir notamment les articles autour de la construction générale (construction téléologique), ou bien sur la concision dramatique (exterminations et contenu idéologique).

A part ça, Siddhârta est un ballet sur une musique de Bruno Mantovani, déjà présent cette saison à Paris en attendant son nouvel opéra Anna Akhmatova la saison prochaine. Il faut donc y courir, d'autant que le propos librettistique semble intéressant.

Par ailleurs, une présentation pleine de clarté de modestie par Angelin Preljocaj, qui fait envie.


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Commentaires

1. Le dimanche 4 avril 2010 à , par Moander

Je renverrais cet article très intéressant à mon père pour le convaincre qu'il se fourvoie sur le Bouddhisme!!

Personnellement, j'aurais des tendances animistes africaines avec un zeste de culture judéo-chrétienne... Chacun fait sa tambouille!!

Pour la haine des corps du christianisme, ça n'est peut-être pas si mal pour contrebalancer le destin invincible de la réification des corps. Tout est affaire d'équilibre!!

Bonne journée! Je vais aux courses à Saint-Cloud!!

2. Le dimanche 4 avril 2010 à , par Inconnu

Bonjour,

Mes souvenirs d'études de philosophie comparée sont lointains, mais j'ai quand même une remarque : les "défauts" que vous indiquez sont déjà dans l'hindouisme (où l'asservissement politique est beaucoup plus ostensible, d'ailleurs) dont le bouddhisme est originellement un dérivé, et a au contraire tendu à travailler contre ces défauts. Et vous oubliez que le bouddhisme distingue assez nettement les deux communautés, sacrée et profane, et ne prend pas aussi nettement de haut la communauté profane que vous semblez le croire. La "haine du monde" - qui n'en est pas une, je trouve le choix de l'expression malheureux, étant donné qu'il repose sur une réflexion et une croyance en l'illusion de la réalité, finalement assez peu distincte de ce qu'on pourra trouver dans certaines philosophies européennes y compris au XXème siècle, jusque dans la physique actuelle - et la soumission au karman sont surtout des règles pour les moines, et l'application à la vie courante est beaucoup moins contraignante.
Et j'ajouterais que haine, dialogue avec dieu, consolation, vie future meilleure, "il ne faut pas aider ceux qui souffrent", voire la question du matérialisme, tout cela me parait relever de concepts chrétiens qui ne sont pas applicables directement pour comprendre la pensée bouddhique. Quand on se plonge dans les textes, il est évident que le bouddhisme est très différent de la présentation new-age qu'on donne en occident et qu'il peut être soumis à de nombreuses critiques, mais il vaut mieux le faire de l'intérieur, à partir des concepts mêmes (ou en tout cas en les établissant clairement), sinon on ne fait que refaire de la médiatisation à l'occidentale à l'envers, et je ne vois pas trop ce que ca apporte.
Du reste, j'ai toujours trouvé le petit véhicule plus convaincant et humble que le grand véhicule qui prend une portée universaliste et doctrinaire qui finalement le rapproche plus des autres religions.

Ceci étant dit, il est évident qu'on présente couramment tout cela n'importe comment, à la mode new-age, et en l'ayant très mal compris.

3. Le dimanche 4 avril 2010 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Inconnu !

Juste deux remarques :

1) Oui, j'ai d'ailleurs signalé que je ne niais pas le projet du bouddhisme comme un soulagement libérateur par rapport à ce qui préexistait. Mais je parles en termes d'état factuel de la religion.

2) Oui, j'ai tout à fait adopté l'occidentalisation à gros traits du vocabulaire, c'est délibéré. Mon propos n'était pas de tenir un discours interne et nuancé (j'ai vu des spécialistes français se faire reprendre très au fond par des fidèles, et ils étaient passés à côté de l'essentiel...), mais bien d'essayer de remettre, dans notre réception occidentalisée, le bouddhisme à une place plus exacte.

Evidemment, ce sont juste des pistes pour détricoter un peu l'image fausse qu'on s'en fait du point de vue occidental, et pas un résumé fidèle de ce qu'est le bouddhisme. C'est pourquoi j'ai fait le choix d'utiliser le vocabulaire occidental habituel, qui n'est effectivement pas adapté si on veut travailler précisément sur la question, parce que ce sont d'autres concepts qui sont en jeu. Ce n'était pas mon ambitieux dans ce "billet d'humeur" que j'ai mis dans la catégorie appropriée, si on regarde l'étiquetage.

Cela dit, les faiblesses que j'ai indiquées sont pour certaines quand même visibles, même si exprimées à gros trait.


Merci pour ce rebond sérieux !

4. Le lundi 5 avril 2010 à , par jdm

Bonjour,

J'accroche juste sur votre remarque que le Japon à l'époque Edo ait été l'un des pires systèmes oppressifs au monde. Je me demande bien où vous avez trouvé une pareille chose.
Le confucianisme a été introduit au Japon au même moment que le bouddhisme bien avant l'ère Edo. Il y a eu un renouveau du confucianisme pendant l'ère Edo. Je ne suis de loin pas un spécialiste mais de plus en plus d'études récentes montre que l'époque Edo est très loin d'être une espèce d'ère glaciaire où la société japonaise se serait figée jusqu'à la révolution Meiji. La révolution Meiji et le décollage industriel du Japon qui a suivi ont au contraire été rendu possible par le fort niveau de développement de la société japonaise, développements organisationnels mais aussi culturels, philosophiques et politiques (et sur ces points le néoconfucianisme qui a bien entendu justifié la séparation de la société en classes a aussi permis le développement d'une pensée philosophique et politique séparée du bouddhisme). Le niveau de vie des japonais a l'époque Edo (en tout cas dans les grandes villes) était sans doute un des plus élevés au monde.
Je ne connais pas bien le bouddhisme. J'avais lu quelque part que le bouddhisme zen japonais s'était développé justement comme une technique de contrôle propre à une société militaire; sauf peut-être mais les détails me manquent que le développement du bouddhisme zen au Japon est le fait d'une société qui est militaire avant tout par un passé révé et mythifié: la classe anciennement militaire est bien la classe dirigeante et elle reste militaire sans doute par tout un ensemble d'habitudes et d'apparences mais l'ère des guerres est bien passée à l'époque où le zen se développe.
Par ailleurs mais c'est une remarque qui n'a que valeur d'anecdote, les quelques bouddhistes que je connaisse me donnent tout sauf l'apparence d'être des larves misérables, anéanties par une haine farouche contre le monde ou contre leur corps. Je vois au contraire des gens profondément équilibrés et portés par une profonde recherche intérieure et entièrement personnelle, sans influence sur leurs relations avec les autres et la société.

5. Le lundi 5 avril 2010 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir et bienvenue Jdm !

Merci pour votre commentaire. (Attention, vous avez - eu - un homonyme dans ces pages.)

J'accroche juste sur votre remarque que le Japon à l'époque Edo ait été l'un des pires systèmes oppressifs au monde. Je me demande bien où vous avez trouvé une pareille chose.

Dans tout ce à quoi j'ai pu avoir accès à l'époque où je me suis un peu plongé dans la question. C'est effectivement un mélange de confucianisme et de bouddhisme particulièrement normatif.

Je ne parle pas du développement économique ou même social du Japon à cette époque, mais de l'environnement extrêmement rigide dans lequel étaient plongés les individus. Il faut voir par exemple les jeunes gens de Saikaku, qui croient faire oeuvre subversive en s'enfuyant... et en se tuant (pas qu'il ne s'agirait pas de semer le désordre tout de même). Le contestataire n'imagine même pas le rester, tant le système est verrouillé.
De même, le fonctionnement instutionnalisé des otages féodaux est assez révélateur de la logique de stabilité et des fondements de cette société.

Après ça, je n'y étais pas, et je ne parle pas de niveau de vie bien sûr.


Par ailleurs mais c'est une remarque qui n'a que valeur d'anecdote, les quelques bouddhistes que je connaisse me donnent tout sauf l'apparence d'être des larves misérables, anéanties par une haine farouche contre le monde ou contre leur corps. Je vois au contraire des gens profondément équilibrés et portés par une profonde recherche intérieure et entièrement personnelle, sans influence sur leurs relations avec les autres et la société.

Il va de soi que je n'ai pas parlé des croyants eux-mêmes, sur lesquels je me garde bien de formuler un jugement, tant il y a de libre-penseurs obscurantistes et d'animistes clairvoyants.
Je relevais juste que l'idéalisation de ce qui est bien un religion a quelque chose de naïf : le bouddhisme n'est pas sans corollaires qui sont tout sauf anodins. Après, une fois qu'on l'a dit, ça suffit, c'est le cas pour la plupart des modes de pensée de toute façon. Mais ça va mieux en le disant qu'en s'abusant volontairement sur un orient harmonieux et épanoui qui viendrait féconder notre matérialisme occidental.

6. Le mercredi 7 avril 2010 à , par jdm

Je pense qu'il devait s'agir de moi. J'avais déjà commenté sur vos pages, sur un sujet japonais sans doute. J'habite le Japon et l'éternel sujet de l'étrangeté du pays me préoccupe bien entendu aussi. Désolé d'insister et de rebondir sur un sujet qui ne concerne plus du tout la musique...
Que l'époque Edo ait été l'objet de tentatives de rigidifier et codifier les normes sociales de manière particulièrement élaborées est vrai. Que ces tentatives aient été couronnées de succès, je n'en suis pas sûr. La société d'Edo avait des zones de liberté et de passage entre les différentes classes. Le développement très important de la classe marchande qui est une des principales caractéristiques de l'époque le montre bien. Bien entendu la situation était sans doute beaucoup plus difficile dans les campagnes mais il y avait déjà à l'époque de très nombreuses possibilités de voyage (importance croissante notamment des échanges de produits agricoles, etc.).

Le suicide est un vaste sujet mais faut-il forcément le rattacher à une exception culturelle japonaise? Je doute qu'il existe des chiffres sur le nombre de suicides à l'époque Edo et je ne sais pas s'ils étaient réellement nombreux mais il ne faut pas forcément confondre un thème littéraire important (et lié encore une fois à un passé militaire qui n'existe plus à l'époque Edo mais qui inspirait la classe marchande qui patronnait Saikaku) et la réalité. Aujourd'hui encore le nombre important de suicidés au Japon interroge et pourtant la société n'est plus divisée en classes rigides. Peut-on vraiment interpréter ces suicides comme la conséquence d'une impossibilité de s'échapper? Il ne faut pas oublier que si le respect de l'autorité est effectivement souvent beaucoup plus prégnant au Japon qu'en France, cela dépend aussi des époques. L'époque Edo a connu des soulèvements importants et répétés, le plus souvent causé par des famines ou des problèmes avec un gouvernant local.
Le système des otages féodaux est bien entendu révélateur (en tout cas au départ) des problèmes fondamentaux de stabilité que connaissait le pays. Une fois institutionnalisé, le système a contribué au fort développement des échanges économiques et à l'intégration de l'ensemble des régions à une économie devenue ainsi nationale.

Je suis bien entendu tout à fait d'accord que le bouddhisme est une religion et qu'il me semble aussi difficile de la séparer d'un milieu historique et culturel même si je me trompe sans doute. Passionnant à cet égard est l'acculturation du christianisme en Corée du Sud (religion qui n'est de loin plus minoritaire) et le rôle particulier des minorités chrétiennes au Japon (actuelles mais aussi les marranes japonais, restes des chrétiens de St François Xavier qui ont continué à vivre leur foi cachés). Anecdote amusante: un petit village au nord du Japon prétend être le lieu où le Christ est mort (http://en.wikipedia.org/wiki/Shing%C5%8D,_Aomori) et il existait un certain moment (début des années 70) toute une littérature liant les japonais à une tribu perdue d'Israël. J'ai eu l'occasion de rencontrer une secte religieuse formée d'intouchables du centre du Japon qui prétendait être à eux seuls une tribu perdue.

7. Le mercredi 7 avril 2010 à , par DavidLeMarrec

Bonjour !

Non, non, l'autre est un commentateur très régulier de ces pages (il a changé de pseudo depuis), dans un style très différent. :)


Désolé d'insister et de rebondir sur un sujet qui ne concerne plus du tout la musique...

Au contraire, il est agréable que vous preniez le temps de me répondre sur ces autres sujets qui ne motivent pas en principe la fréquentation de CSS, mais comme c'est juste mon bac à sable, je suis content d'y deviser de choses diverses. :)


La société d'Edo avait des zones de liberté et de passage entre les différentes classes.

Certes, mais elles me paraissent si minces !

Le suicide est un vaste sujet mais faut-il forcément le rattacher à une exception culturelle japonaise?

Non, non, je ne parlais pas de sa quantité ni même de sa place culturelle, simplement de l'idée qu'il est impossible de subvertir durablement la société - qu'une fois la protestation faite, on ne peut plus exister, même hors de la société.
Mais pour l'élargir à la conception japonaise, il me semble que cette façon de concevoir le suicide comme une protestation en soi est quand même assez typique de cette culture - en Occident, la protestation se teinte plus de désespoir (on parle d'ailleurs des "bouffées délirantes" qui président au passage à l'acte) que de volonté de fermeté (du moins après les stoïques, si on veut rester dans le gros trait bien épais...).

(et lié encore une fois à un passé militaire qui n'existe plus à l'époque Edo mais qui inspirait la classe marchande qui patronnait Saikaku) et la réalité.

Bien sûr. Mais quel rapport étroit entre le passé militaire et les suicides amoureux chez Saikaku ?


Aujourd'hui encore le nombre important de suicidés au Japon interroge et pourtant la société n'est plus divisée en classes rigides. Peut-on vraiment interpréter ces suicides comme la conséquence d'une impossibilité de s'échapper?

Je me garde bien de toute interprétation globale, surtout dans une société qui est désormais bien plus ouverte et sujette à des influences beaucoup plus diverses. (Même si je suis toujours frappé de la force d'un certain conformisme social, qui ne me semble pas aussi puissant dans d'autres sociétés - les repas entre collègues le soir, l'inaccessibilité des maisons particulières...)
Interpréter d'un coup les suicides du Japon d'aujourd'hui, même s'il y a sans doute une part de tradition, ça me paraîtrait bien téméraire de ma part. :)


Anecdote amusante: un petit village au nord du Japon prétend être le lieu où le Christ est mort (http://en.wikipedia.org/wiki/Shing%C5%8D,_Aomori)

Oui, effectivement, et il y a d'autres prétendants en Inde. :)


Merci pour ces détails. Et bonne journée !

8. Le samedi 1 mai 2010 à , par lou (jdm dans une vie antérieure) :: site

J'avais bien de la lecture en retard, mais j'ai des circonstances...

Je me suis engagé dans un fil "sérieux" qui a retenu un peu de mon temps, et maintenant, c'est le jardin qui fait son printemps.

David, tu sais que je ne commente pas certains de tes articles, non par timidité mais par ignorance - et béatitude d'apprendre en te lisant.

Cette page sur le bouddhisme... oui, tu m'y attendais peut-être ? j'y reviendrai... peut-être.

Si nous commençons à en parler ici, il nous faudra plusieurs vies. Evidemment, comme je suis un chat, j'ai un avantage sur toi.

Si j'inscris le sujet à mon programme, entre les collaborateurs épinglés de la légion d'honneur (à titre militaire !) et Michel Onfray, en passant par mon amitié, non pas seulement virtuelle, avec Dani Lary, certains de mes lecteurs vont se et me demander si je ne devrais pas "consulter".

Bon, je vais tondre mon herbe. Un touriste allemand s'est couché dessus.

[ça suffit pour distinguer les styles ?]

:)

9. Le samedi 1 mai 2010 à , par DavidLeMarrec

C'est là que Lou vécut dans la volupté calme,
Et son style félin lui valut mainte palme.

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