Carnets sur sol

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[Sursolscope] Le mois de mars à Paris


Sélection d'événements, avec un petit mot pour aider à choisir.

=> 1er, Amphithéâtre Bastille : Notturno de Schoeck par Eröd et le Quatuor Aron, couplé avec le Quatrième Quatuor de Zemlinsky.
Programme très original, avec des oeuvres qui sont d'authentiques chefs-d'oeuvre, au sens le plus complet : des sommets représentatifs de leurs périodes. Le Notturno de Schoeck s'apparente beaucoup au Deuxième Quatuor de Schönberg, aussi bien dans les couleurs harmoniques (proches de celles du premier mouvement) que dans l'ambiguïté formelle entre quatuor et lied. En un flux unique sur près de quarante minutes, on traverse les textes de Lenau et Keller. Raison de plus pour venir : les textes sont toujours fournis à l'Amphi !
Quant au Quatrième Quatuor de Zemlinsky, il se situe sensiblement dans le même univers, mais plus tardif et tourmenté - quelque part entre le Deuxième et le Troisième de Schönberg. Autre chef-d'oeuvre.
Adrian Eröd ayant déjà fait ses preuves comme liedersänger, c'est un moment assez incontournable si on s'intéresse aux décadents.

=> 1er, Cité de la Musique : Berlin dans des oeuvres de chambre avec vents de Brahms, Debussy et Ravel.

=> 4, Pleyel : Requiem de Verdi avec le Choeur Philharmonique Tchèque de Brno (superbe ensemble). Et l'Orchestre National de Lille.

=> 5, Amphithéâtre Bastille : Conférence d'Hervé Lacombe sur Wagner & les Français.
Sujet passionnant très prisé de CSS (je vous laisse fouiner dans CSS à propos de Reyer, d'Indy, Chausson ou Ropartz, par exemple).

=> 7, Amphithéâtre Bastille : Lemieux, Blumenthal et les Psophos dans Schindler-Mahler, Lekeu et Elgar.
J'aurais aimé une autre chanteuse (Lemieux, c'est vraiment pâteux), mais les autres artistes sont enthousiasmant, et le programme à la fois original et décadent ne peut que faire très envie. (Dommage en revanche que ce soit toujours la première série de Schindler qui soit jouée, alors que les autres sont encore plus puissamment personnelles. Et qu'on ne les entend jamais - même au disque, on a très souvent la série de 1910.)

=> 8, Amphithéâtre Bastille : Merbeth dans R. Strauss, Zemlinsky, Schreker, Schönberg, Korngold, Webern.
Ici aussi, je redoute une voix un peu large et durcie pour le lied et la salle, mais Merbeth est une artiste capable, je crois, d'adapter finement son style à ce genre d'exercice. Et le répertoire concerné peut souffrir une lecture un peu ample. Il ne manquait plus que Gurlitt, et nous avions la quintessance du lied décadent germanique réuni en deux jours à l'Amphi.

=> 18, Châtelet : Carousel de Rodgers & Hammerstein II.
Les raretés du Châtelet en matière de Musical ne m'ont pas toujours totalement convaincu, en revanche ils ont montré à plus d'une reprise leur habileté à monter les standards à leur plus haut niveau, soit en invitant comme pour les Miz, sont en faisant eux-mêmes leurs productions. Je n'ai pas pu voir sur place The Sound of Music, My Fair Lady et Sweeney Todd, mais au delà de la réception critique très favorables, les échos publiés en ligne par le théâtre parlent d'eux-même sur la très grande qualité de ces soirées.
Pour information, l'essentiel du recrutement se fait auprès de chanteurs lyriques (anglais courant exigé, pas seulement les vagues prononciations opératiques) qui maîtrisent les deux styles.

=> 20, Opéra-Comique : Début de l'intégrale Poulenc par les chanteurs de l'Académie (apparemment d'excellent niveau, si j'en juge par les quelques noms qui me sont déjà familiers).
Le midi, donc difficile pour s'y rendre.

=> 22, Opéra-Comique : Uri Caine utilise le matériau d'Otello de Verdi.
Ici aussi, les échos des concerts sont assez impressionnants, riche univers sonore.

=> 23, Colline : Solness d'Ibsen par Braunschweig.
Si je ne devais voir qu'un spectacle dans la saison... il n'y a que Thésée de Gossec à l'Opéra Royal avec lequel j'aurais réellement hésité. Et la Colline aurait gagné. On peut lire par ici les impressions sur d'autres productions d'Ibsen en France, dont trois par Braunschweig.

=> 23, Versailles : Te Deum de Lully & Charpentier.

=> 24, TCE : Symphonie de Chausson par l'Orchestre Lamoureux.
Je suis toujours impressionné par la régularité de sa programmation (au moins une fois par an !) à Paris, alors qu'elle est à peu près complètement absente partout ailleurs.

=> 24, Palais Garnier : Quintette de Bruckner.

=> 24, Pleyel : La Mer, L'Oiseau de feu (sans doute une suite) et une pièce de Vivier - Dudamel et Los Angeles.

=> 25, Opéra-Comique : Le Roi d'Ys de Lalo, largement passé de mode, est de retour. Cette oeuvre remarquable est de plus très bien servie, avec une distribution familière de la partition (Koch et Ferrari l'ont déjà chanté à Toulouse, et plutôt bien), ou extrêmement prometteuse (Ismael Jordi, génial Roméo pour Minkowski, et Nicolas Cavallier dans le rôle-titre). Orchestre de Montpellier dirigé par Jean-Luc Tingaud.

=> 28, Versailles : Passion selon saint Jean par Pichon (avec Güra et Gilchrist)
Jusqu'à présent très convaincu par tous les Bach de Pichon que j'ai entendus (les messes !). Et des valeurs sûres de l'oratorio germanique baroque aux commandes.

=> 28, TCE : Ein Deutsches Requiem par Ziesak / Goerne / ONF / Masur (association déjà ouïe dans Paulus).
J'attends beaucoup des talents de phraseuse de Ziesak, et bien sûr de Goerne, de Masur, tous très adéquats ici. En revanche, en vérifiant si le (probable, vu ses ennuis de santé cumulés) remplaçant de Kurt Masur était mentionné, je m'aperçois qu'il s'agit du Choeur de Radio-France. Ouille (1, 2, 3).
J'espère que le soin apporté s'approchera davantage de cet antique Paulus.

=> 29, Opéra-Comique : mini-opéras de Wolf-Ferrari et Poulenc (avec Antonacci)
Pas forcément très envie de réentendre La Voix Humaine sur scène, mais vu le peu qu'on donne de Wolf-Ferrari (et n'ayant d'ailleurs jamais eu l'occasion d'ouïr Antonacci sur scène), l'occasion reste tentante.

=> 31, Eglise de la Trinité (16h) : le Livre du Saint-Sacrement de Messiaen par Jon Gillock.
L'une de ses plus belles oeuvres pour orgue (donc de ses plus belles oeuvres), aux côtés des plus limpides et presque primesautières Ascension et Nativité. La variété de climats et la puissance de cet univers - où les dissonances deviennent consonances - s'exprime dans toute sa gloire au sein de ce livre.
Il s'agit du concert mensuel consacré à Messiaen à la Trinité (dernier dimanche du mois), dû à la récente association Grand Orgue Trinité Messiaen, fondée à l'occasion de l'anniversaire des vingt ans de la disparition du compositeur.

Et aussi au théâtre, période riche dans tous les genres : Much ado about nothing en VO à la Galerie de Nesle, Troilus & Cressida à Richelieu, Le Songe d'une Nuit d'Eté au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Occupe-toi d'Amélie à la Michodière...

En gras, soirées où j'ai prévu de me rendre ; soulignées figurent les incertitudes.



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Commentaires

1. Le dimanche 24 février 2013 à , par Ouf1er

Veinards de parisiens, quand même....

2. Le dimanche 24 février 2013 à , par David Le Marrec

Pour avoir été un guinard de provincial, je confirme, nous sommes divinement lotis.

Paradoxalement, une des premières sources de stress à Paris vient de là : il faut sans cesse choisir (ou se déplacer). Dès qu'on regarde les programmations d'un peu trop près, on pourrait faire une sortie par jour sans se forcer...

3. Le dimanche 24 février 2013 à , par Xavier

Pour Dudamel, l'Oiseau de feu c'est le ballet entier, c'est certain, c'est la seule oeuvre jouée en 2è partie.
La pièce de Vivier est assez courte et complète la 1ère partie avec la Mer de Debussy.

4. Le dimanche 24 février 2013 à , par David Le Marrec

Flûte, alors je vais devoir y aller. :)

Merci Xavier !

5. Le lundi 25 février 2013 à , par Paulette

Pour le Roi d'Ys en concert salle Favart, on perd malheureusement Ismael Jordi, qui aurait été idéal, pour se retrouver avec Sébastien Guèze, hélas :(

6. Le mardi 26 février 2013 à , par David Le Marrec

Noooooooooooooooooooooooooooooon !

Merci Paulette, je crois que j'aurais défailli en découvrant la nouvelle au dernier moment.

Non pas que j'aie quelque chose contre Sébastien Guèze, mais il aurait sans doute quelque profit à tirer d'une pause où il s'interrogerait sur sa technique et l'évolution de son capital vocal. En tout cas, pas exactement la grâce que j'espérais en Mylio, moi non plus.

Bonne (fin de) soirée !

7. Le lundi 18 mars 2013 à , par Isa

Un merci spécial à David Le Marrec, car j'ai assisté à la générale de Carrousel, et j'ai vraiment beaucoup aimé, j'ai aimé le côté spirituel de l'histoire et comment il est mis en scène, je ne m'attendais pas du tout à ça.
Le seul dommage est la sonorisation des voix, qui les rend plates.
Encore merci.

8. Le mardi 19 mars 2013 à , par David Le Marrec

J'en suis ravi, Isa. Carousel est quand même un classique immanquable, je ne suis pas sûr d'être très original en l'ayant recommandé.

J'y étais hier pour la première, je n'étais pas très enthousiaste (parce que je n'aime pas démesurément Rodgers & Hammerstein, tout simplement), mais dans son genre ultra-littéral & voix lyriques, c'était remarquablement réalisé à tout point de vue. Et on n'entend pas tous les jours ces oeuvres avec un orchestre complet (l'Orchestre de Chambre de Paris, rien que ça ! et qui semblait s'ennuyer ferme vu la très grande simplicité technique de la partition, au regard de son répertoire habituel...).

La sonorisation était totalement linéaire en effet (même niveau sonore pour les forti et les piani, aucune spatialisation lorsque les personnages se déplacent), mais c'est la façon traditionnelle d'amplifier la comédie musicale, ce n'est donc pas une faute de la production. Et j'ai même trouvé que l'égalisation du potentiomètre n'était pas aussi interventionniste que pour Magdalena de Villa-Lobos ou Les Miz de Schoenberg.

Bonne soirée à vous !

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