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Scènes de Sophocle & Euripide sur France Culture

Plongée sophocléenne ces derniers temps.

Après l' Antigone d'Arthur Honegger. Un texte assez cohérent de Cocteau, avec un incontournable Créon grotesque, mais linguistiquement plus soigné qu'à l'accoutumée. Drame d'une grande vivacité, et inexpliquablement inédit au disque alors que Jeanne d'Arc au Bûcher ne mérite pas nécessairement autant qu'on lui a donné.

Après l' Electre d'Henri Pousseur. Musicalement peu intéressant, surtout des recherches de textures radiophoniques plus ou moins vilaines. Je cherchais à entendre les livrets de Michel Butor, mais ce n'est pas ici l'une de leurs collaborations.

J'avais aussi, il y a plus longtemps, amorcé une série sur la tragédie grecque lue comme un opéra : I, II. Il me restait pour un ou deux épisodes à regarder de plus près certaines pièces à la lumière de quelques spécificités pratiques (déjà présentées ou non) - notamment l'invraisemblable course-poursuite au futur dans Oedipe à Colone.
Et en attendant que les Perses de Prat/Prodromidès[1] (d'après Eschyle) me retombent sous la main pour les commenter plus précisément, je renvoie à nos conversations répétées avec Christian et bien sûr à la biographie rédigée par le même. Une image aux contrastes superbes (noir et blanc), un texte sobrement traduit, une musique qui n'imite pas les procédés grecs, bienheureusement.
Car non seulement on ne sait pas exactement restituer cette musique, malgré les fragments de partition de Sophocle et Euripide qui nous sont parvenus, mais en outre le résultat par les ensembles spécialisés est généralement raté (cf. Grigorio Paniagua, qui plus est très trafiqué), à moins de transiger et d'imiter d'autres folklores orientaux qui nous sont plus familiers (cf. Christodoulos Halaris, plus séduisant, mais trop turquisant et arabisant pour être honnête). Enfin, plus important encore, ce langage musical nous est devenu culturellement à peu près totalement initelligible, il est donc inutile de le convoquer pour nous plonger dans la même atmosphère. La restitution doit avoir lieu, bien que nous ne disposions pas de tous les éléments ni des partitions, mais elle ne sera pas le moyen pour nous de comprendre pleinement ce théâtre, de s'en saisir.
C'est pourquoi l'écriture archaïsante mais non authentique (trombones inclus !) de Prodromidès fait merveille, avec ses choeurs homophoniques, ses récitatifs et ses mélodrames emportés, inspirés. Décidément, on touche là à l'esprit pédagogique, à la solennité, au caractère très codifié de la tragédie grecque, et c'est là un grand souvenir de l'ORTF.
Pour les volontaires, on recrute toujours.


Objet de cette note : France Culture propose des scènes de Sophocle (Antigone, Electre) et Euripide (Electre).

Introduction bienvenue sur la scène, l'absence de scène, la réception potentielle du public, sur l'exigence de ces drames. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une conférence, mais la mise en perspective me paraît importante, de façon à rendre l'oeuvre un peu accessible à tous les volontaires. En outre, le choix des extraits est pertinent, avec cette mise en parallèle intéressante, sur ce doublon singulier d' Electre. Un tube, Antigone, et deux oeuvres moins fêtées, bien que dotées d'une solide postérité. On est toujours frappé à quel point les meilleures idées du drame de Hofmannsthal sont déjà totalement exploitées chez Sophocle, sur lequel il se fonde.

L'interprétation est un peu directe, assez intimiste, on perd largement de la superbe du texte. On oublie totalement qu'il a pu s'agir de vers, et d'une forme très codifiée. En voulant rendre proche de nous, on éloigne une partie de l'intérêt du texte.
Néanmoins, la chose était précisée en avant-propos, et entendre ces pièces jouées est assez précieux pour qu'on s'en réjouisse.


Autre classique, moins célèbre car tardivement traduit, France Culture propose également l' Erotokritos de Vitzentzos Cornaros.

Notes

[1] Voilà bien une chose, au même titre que l' Atys de Lully/Christie/Villégier, qu'il est indispensable de publier !


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