Carnets sur sol

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Richard WAGNER - Die Walküre (La Walkyrie) - Rattle/Berlin, Aix-en-Provence 2007 (et l'esthétique éloquente de Braunschweig)

CSS a donc découvert cette production dont on avait fait tant de bruit. Jadis, nous avions été très séduits par le Rheingold de Baden-Baden (repris au Royal Albert Hall) où Simon Rattle dirigeait l'Orchestre de l'Age des Lumières. Un résultat sonore saisissant, d'une limpidité inouïe, d'où émergeaient l'éloquence lumineuse de Kate Royal (en Woglinde !) et la sobriété profonde de Willard White en Wotan.

Ici, le Philharmonique de Berlin est à l'oeuvre, et nous avons malheureusement manqué, l'an passé, le premier volet qui voyait Mireille Delunsch en Freia.

On évoque bien sûr l'interprétation musicale, mais d'abord les recettes théâtrales de Stéphane Braunschweig, qui ont plus que tout attiré notre attention - et expliqué notre présence devant un téléviseur.


Bis repetita placent : Notre premier intérêt était, il faut bien le dire, la mise en scène de Stéphane Braunschweig, qu'on a partout vu à un degré de présence théâtrale remarquable, sans jamais d'aide vainement accessoirisée.

On y retrouvera les mêmes éléments visuels qu'à l'accoutumée, ces nombreuses nuances de gris, ces vêtements modestes, avec la figure récurrente du pull en laine fait main... Au I, une toile tendue en double pente vers le fond, avec des coulisses (côté jardin[1], celle où Wotan manipule les jumeaux ; côté cour, symboliquement la cuisine et, hors scène, la chambre à coucher). Un environnement étouffant, où la promiscuité prévaut. Au II, un plateau nu, avec une simple table de travail (et un plan arrière de la scène qui peut s'élever). Au III, un grand escalier étroit qui descend vers le spectateur, avec l'entrée de Wotan tout en haut.
A son habitude, Braunschweig préfère resserrer le drame - comme hanté par l'adage qui trop embrasse mal étreint. Quitte à provoquer des superpositions étranges entre les fauteuils chippendale pourpres, les décors sans époque précise et le merveilleux mythologique qui n'est pas aboli.

Ce dépouillement laisse la place à une direction d'acteurs à la fois très présente et dépourvue d'histrionisme. Braunschweig trouve par exemple la clef de l'exposition des leitmotivs. Comment réussir à entrer en résonance avec la musique, alors

  • que le propos des leitmotivs est souvent conceptuel ou narratif (donc abstrait) ;
  • que le mimétisme du visuel par rapport au sonore, ou la redondance ne sont jamais féconds, et rarement esthétiques ?

Braunschweig choisit donc

  • de faire réagir les personnages en décalage temporel avec l'événement musical, de façon à ce que le leitmotiv semble découler de l'attitude des acteurs, ou exposer par avance les causes de leur action ;
  • de proposer un contenu de ces réactions qui diffère légèrement du sens du leitmotiv, de façon à ce que l'un colore l'autre d'une manière un rien distincte.

Un moyen très efficace de rester en contact avec la musique, sans lourdeur mimétique.




Certes, on pourra jouer les mauvais esprits et regretter le peu de traitement du personnage d'ordinaire enthousiasmant de Siegmund, guère aidé par la placidité scénique vaguement indifférente de Gambill ; insister sur la lourdeur du propos martelé comme quoi Sieglinde mène la barque, et avec plus ou moins d'élégance. Pourtant, on assiste à un grand travail, surtout à l'acte I, à la fois de près, par l'expression manifestement réglée des visages, que de loin, avec de grands gestes et déplacements tout aussi éloquents. Une rareté dans le milieu de l'opéra !

L'acte II est sans doute moins inspiré, avec son plateau nu, son mélange un peu étrange des époques des costumes, cette scène de la forêt cachée derrière le bureau renversé de Wotan, cet affrontement statique de Siegmund et Hunding sur la scène au lieu de débuter en coulisses... mais l'acte III s'achève véritablement sur des moments très touchants, avec une sobriété sans exil du metteur en scène (comme si souvent...). L'embrasement simplement projeté sur les murs, mais sans les dimensions ridicules qu'on lui voit parfois, la petite jupe guerrière de Brünnhilde qui descend à mi-chemin du sol depuis les trois fauteuils Chippendale où Wotan l'a délicatement déposée, l'éloignement de dos du dieu, sans se retourner, alors que le brasier le sépare à jamais de la fille bien-aimée... Sans être révolutionnaire ou indispensable, ce III frappe juste, là où nous sommes sensibles...




CSS et ses camarades lutins ont particulièrement été frappés par un geste si simple et si éloquent. Sieglinde, durant la narration de ses malheurs, ôte la nappe blanche de la table. Mais de façon particulièrement parlante, en en serrant deux paquets dans ses points au milieu de la table, la relevant lentement, puis la jetant au fond de la pièce. Avec ce geste simple, esthétique, cette animation de l'espace scénique, Braunschweig porte une triple symbolique :

  1. évidemment, le symbole de la virginité ravie par Hunding, et qui tourmente si fort Sieglinde dans ses délires du II ;
  2. le tournant, à ce moment du récit, de la personnalité et du destin de Sieglinde, qui choisit tout à la fois de renoncer à sa soumission domestique et d'entraîner vigoureusement Siegmund à sa suite dans leur course à l'amour et à l'abîme commune ;
  3. plus largement, l'écrasement passé de la personnalité de Sieglinde que porte la réalisation si singulière de ce geste.

Et sans la moindre once de vulgarité. Il n'y a pas à dire, CSS est admiratif.







Côté interprétation musicale, on s'avoue très mitigé sur le travail de Simon Rattle, qui fait le choix de la force permanente. Chaque accord discret du I est joué à pleine force, menaçant, au point que la fin de l'acte ne parvient pas à imposer une nécessaire urgence supplémentaire. Cette intensité permanente est assez originale et ne nous paraît pas déplaisante - on est certes plus qu'éloigné de l'indignité ! - ; pourtant, elle soulève plusieurs problèmes auxquels nous avons été particulièrement sensibles :

  • un décalage stylistique avec le propos musical, qui impose très clairement des récitatifs discrètement secondés ou ponctués, et une gradation au sein de chaque acte ;
  • une tendance à l'uniformité du propos : toujours tendu, menaçant, sonore, mais en somme peu instructif sur l'action, peu touchant aussi.

Surtout, la tendance à exposer chaque pupitre lors des soli non comme un élément organique de l'orchestre, mais comme un soliste à part entière, produisant à chaque fois le même phrasé emphatique et stéréotypé (en élargissant le tempo, naturellement...) qui attire immanquablement l'attention sur l'instrumentiste plutôt que sur le propos conceptuel du leitmotiv ou sur la beauté intrinsèque de la musique. Jusqu'à la vulgarité, parfois. Violoncelle, hautbois, percussions claires, flûtes (jusque dans l'enchantement final)... ils ne sombraient pas tous, mais tous étaient frappés.
A certains instants précieux, la chose peut devenir irritante à force de répétition.




Enfin, on évoquera très rapidement les chanteurs : sur le sujet, on le sait bien, chacun peut se faire plus aisément une opinion. Pas de faiblesses, non, vraiment pas. Un peu d'inquiétude peut-être pour Eva Johansson (Brünnhilde) qui ayant abordé le rôle de 2002, ne parvient déjà plus à émettre ses aigus qu'au prix d'efforts confinant au cri. Néanmoins, une belle interprétation, avec des efforts de nuance.
Bien que le timbre de Willard White (Wotan) se soit émoussé au cours des ans, on ne retrouve pas ici sa rugosité habituelle, ses intonations toujours bourrues ; sans se montrer le plus diseur du monde, sa solidité participe d'un personnage lu comme un roc fragile, ce qui fonctionne fort bien - même si l'on est en droit de préférer les lectures plus poétiques. La voix acquiert même, par moment (la partie lente des Adieux, notamment), une plénitude qu'on n'avait jamais connue chez cet organe brut.
En Siegmund, Robert Gambill surprend, méconnaissable. Toujours barytonnant, certes, mais pourquoi cette voix droite et translucide, presque "baroqueuse", et pourquoi cette apparente indifférence à ce qu'il chante ? Ca ne ressemble pas à de la fatigue vocale. Etrange chose, très surprenante, mais pas déplaisante au demeurant, n'était cette placidité interprétative qui jette un peu de discrédit sur le reste.
Quant aux deux interprètes restantes, l'admiration le dispute à la vénération.
Mikhaïl Petrenko, Hunding à la langue étrange, campe tout à la fois vocalement et scéniquement un personnage d'une noirceur aussi prégnante que travaillée, avec de belles nuances.
Eva-Maria Westbroek, voix fluide, médium dense qui semblent parfois un peu polis à la radio, révèle au regard un investissement scénique d'une application extrêmement convaincante. Si les traits lyriques n'ont pas l'aisance insolente ou le panache sauvage d'autres Sieglinde, la fascination l'emporte en permanence, et particulièrement lorsque les récitatifs mettent en valeur sa grande éloquence et son médium dense et doux, où l'on se noie. [A prolonger par sa Lady Macbeth de Mtsensk (Janssons), everestique de profondeur, si l'on peut dire - un océan de poésie dans cet univers si prosaïque.]
Enfin Lili Paasikivi, qui passe tout ce que l'on a pu entendre en Fricka : arrogance du port, mordant, densité rougeoyante du timbre, allemand très soigné, véhémence précise du discours... [Voilà de quoi effacer à jamais le pénible souvenir de son allemand déformé dans ce terrible hors piste stylistique qu'avait représenté chez Ondine l'intégrale des lieder d'Alma Schindler-Mahler, orchestrés (façon guimauve) de façon à en gommer le plus possible la modernité.]







Assurément, côté mise en scène, une soirée très instructive. Et dans des conditions d'interprétation qu'on ne boudera certes pas.




On remerciera à toute force l'assistance technique généreuse de Sauron (et, en amont, Ouannier).

Notes

[1] c'est-à-dire sur la gauche du spectateur


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Commentaires

1. Le lundi 12 novembre 2007 à , par G.T. :: site

Je suis venu consulter cet article suite au lien que m'a laissé Jdm...

J'ai vu cette Walkyrie à la télé, et je l'ai trouvé pas mal, même si j'ai aussi quelques réserves. Peut-être parce que j'ai vu l'Or du Rhin l'année précédente à Aix, et une Walkyrie à Marseille un peu avant celle d'Aix. J'ai été emballé par l'Or du Rhin de Rattle à Aix, et la Walkyrie à Marseille a été une très bonne surprise, pour un opéra avec des interprètes et des moyens en-dessous de ceux d'Aix.

Donc, j'attendais peut-être beaucoup de cette walkyrie à Aix... Et il est certain qu'un opéra à la télé, c'est pas ce qu'il y a de mieux. Mais c'est moins l'interprétationde Rattle que la mise-en-scène qui m'a un peu déçu. Faut dire que pas mal de choses m'ont échappé, et je n'aurais pas pensé à cette "symbolique" de la nappe, bien vu !

Et, plus généralement, félicitation pour cet excellent article !

2. Le mardi 13 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Bonsoir !

Nous nous étions déjà croisés chez Kfigaro, tu temps où il tenait salon, il me semble. :-)

(Grâces soient rendues à Jdm pour tant de saint zèle.)


J'ai vu cette Walkyrie à la télé, et je l'ai trouvé pas mal, même si j'ai aussi quelques réserves. Peut-être parce que j'ai vu l'Or du Rhin l'année précédente à Aix, et une Walkyrie à Marseille un peu avant celle d'Aix. J'ai été emballé par l'Or du Rhin de Rattle à Aix,

Des Rheingold de Rattle, je ne connais que celui totalement anthologique (avec White également) de Baden-Baden (repris au Royal Albert Hall), à la tête de l'Age of Enlightenment Orchestra. Evidemment, la clarté permise par les instruments anciens et surtout les modes de jeu moins uniformément pathétiques y sont pour beaucoup. J'ignore donc ce que ça aurait donné avec Berlin.


et la Walkyrie à Marseille a été une très bonne surprise, pour un opéra avec des interprètes et des moyens en-dessous de ceux d'Aix.

Oui pour les moyens, bien sûr, mais pas pour les interprètes, qui se situent largement au même degré de prestigue que ceux embauchés à Aix.
(Pour mémoire pour les visiteurs éventuels : Gabriele Fontana et Torsten Kerl en jumeaux, Janice Baird en Brünnhilde, Albert Dohmen en Wotan, Sally Burgess en Fricka.) Mazette ! Kerl, rien que ça, c'est un autre luxe que Gambill, avec ce vrai spécialiste du germanisme décadent, qui doit ici se balader totalement en Siegmund, avec un timbre idéal ; la ductilité de Fontana, même s'il n'y a pas l'implication de Westbroeck, peut-être ; les raucités éclatantes de Dohmen ; la solidité de Baird... et le tout dirigé par Friedrich Pleyer, un habitué de Marseille qui avait notamment donné une splendide Femme sans ombre de Strauss.
Ma foi, sur le papier, j'aurais, je crois bien, opté pour Marseille !

En faisant abstraction de la mise en scène, qui devait être, je le devine, littérale à souhait, d'un statisme qui force l'admiration comme à chaque fois.


Donc, j'attendais peut-être beaucoup de cette walkyrie à Aix... Et il est certain qu'un opéra à la télé, c'est pas ce qu'il y a de mieux. Mais c'est moins l'interprétationde Rattle que la mise-en-scène qui m'a un peu déçu. Faut dire que pas mal de choses m'ont échappé, et je n'aurais pas pensé à cette "symbolique" de la nappe, bien vu !

Braunschweig peut déconcerter au début, il est vrai que sa doctrine dramaturgique est bel et bien le μηδὲν ἄγαν des Anciens : Rien de trop. Toujours à l'essentiel du drame, jamais d'accessoires décoratifs. Un côté légèrement vingtième, mais difficilement datable dans les costumes.
Mais tant de pertinence et de richesse dans ces gris, dans ces gestes économes mais si suggestifs.

Je l'ai précisé cependant : quelques moments semblaient moins habités. La montée de la tension à la fin du I, avec une étrange stérilisation de l'imaginaire, et l'ensemble du II était moins convaincant - mais l'oeuvre dure si longtemps pour si peu d'action, on peut amplement gracier !

N'est-ce pas ?

Par ailleurs, les deux premiers tiers du I étaient fantastiques, et le III vraiment touchant.


Merci pour ces échos et ces si gentilles paroles !

3. Le mardi 13 novembre 2007 à , par G.T. :: site

En effet, on s'est déjà croisé chez Kfigaro.

Merci pour toutes ces précisions, très éclairantes. J'avoue ne pas être très calé sur les chanteurs d'opéra (je ne savais pas que les chanteurs de la Walkyrie à Marseille valaient bien ceux d'Aix, comme quoi les préjugés :-) ) ce que j'explique par le fait que je n'ai pas eu l'habitude - ou très rarement - d'entendre de la musique classique quand j'étais jeune et je viens surtout du rock... donc, le chant lyrique, j'ai toujours un peu de mal, ça ne me semble absolument pas "naturel". Si j'osais, je dirais que pour moi, un bon chanteur lyrique, c'est un chanteur qui ne dérange pas mon écoute de l'orchestre... J'exagère, bien entendu, mais il est vrai que j'ai une préférence pour les voix assez "pures". Je n'aime pas les vibratos excessifs, les timbres un peu métalliques, les voix trop "expressives".
Quoique ce n'est pas si simple, parce que j'adore justement les grains de voix rocailleux dans le blues, le jazz, le rock (de Louis Armstrong à Tom Waits), mais dans le lyrique, j'aime que ce soit... fluide, éthéré. Ce qui n'est pas évident quand on est un grand amateur d'opéras wagnériens comme moi, car il y a toujours cette tendance à pousser l'expressivité de la voix... Pourtant, il me semble avoir entendu dire que Wagner n'aimait pas qu'on chante ses oeuvres avec une trop grande puissance... j'aimerais bien retrouver où ça a été relevé, je crois que c'est dans le journal de Cosima...

Je vais peut-être faire hurler certains wagnériens qui passeraient par ici mais, sur disque - j'ai en intégrale le Ring de Solti et celui de Boulez - je préfère largement Gwyneth Jones à Birgit Nilsson en Brünnhilde. Tout comme je préfère, dans Tristan, Margaret Pryce avec Carlos Kleiber que Nilsson avec Böhm...

Et c'est la même chose dans les lieder (d'ailleurs, je crois avoir lu ici des choses très intéressantes sur le sublime Winterreise...)

Bref, j'imagine que mes goûts en matière de voix lyriques peuvent sembler aussi "frileux" que quelqu'un qui, dans le rock, n'aime pas que les guitares soient trop saturées :-))

4. Le mercredi 14 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Merci pour toutes ces précisions, très éclairantes. J'avoue ne pas être très calé sur les chanteurs d'opéra (je ne savais pas que les chanteurs de la Walkyrie à Marseille valaient bien ceux d'Aix, comme quoi les préjugés :-) )

Etrangement, Marseille n'est pas une scène extrêmement prestigieuse, alors qu'elle dispose d'un excellent orchestre, d'une programmation peu avare en raretés (toujours heureuses) et de distributions toujours impeccablement choisies... Ensuite, il y a les tics du lieu, comme partout, c'est-à-dire qu'on programme surtout des ouvrages "à voix" et, pour les inédits, du répertoire français. Peu de chances d'y entendre du Schreker...

Il faut que dire la directrice, Renée Auphan, connaît tout ce répertoire pour l'avoir chanté (à une époque où l'internationalisation de la technique vocale n'était pas achevée), et en conséquence, est également plus à même de distribuer avec clairvoyance les opéras qu'elle programme.

Le gros écueil, pour moi, ce sont les mises [strike]en décors[/strike] en scène littérales et immobiles, pas toujours de bon goût de surcroît. Mais lors des radiodiffusions, je n'en souffre guère !

Bref, cette maison fait d'excellentes choses, et cette Walkyrie avait tout pour plaire sur le papier. Le plateau est peut-être même, au total, un peu plus prestigieux côté Marseille...


ce que j'explique par le fait que je n'ai pas eu l'habitude - ou très rarement - d'entendre de la musique classique quand j'étais jeune et je viens surtout du rock... donc, le chant lyrique, j'ai toujours un peu de mal, ça ne me semble absolument pas "naturel". Si j'osais, je dirais que pour moi, un bon chanteur lyrique, c'est un chanteur qui ne dérange pas mon écoute de l'orchestre... J'exagère, bien entendu, mais il est vrai que j'ai une préférence pour les voix assez "pures". Je n'aime pas les vibratos excessifs, les timbres un peu métalliques, les voix trop "expressives".

Tiens, c'est amusant, il en était question ici même il y a deux jours.

Je remarquais précisément que :
"Une voix de musique populaire considérée avec les codes lyriques paraîtra malsaine, avec du souffle qui parasite le timbre, peu d'amplitude, des fêlures en tous sens. Une voix lyrique considérée avec les codes de la musique populaire semblera lourde, épaisse et impersonnelle."

Et même si l'émission lyrique est dans l'absolu sans doute plus "saine", il est tout à fait exact qu'elle sonne toujours plus "artificiel" - parce qu'elle s'éloigne plus des mécanismes parlés.

C'est d'ailleurs le principe de l'opéra que l'acceptation, à tout point de vue, de l'artifice. Moi-même, j'y ai été très réticent à mes débuts, pendant quelques années...

En général, les choeurs passent mieux spontanément : moins de bizarrerie qu'une voix seule, moins de vibrato aussi, plus de fondu...

Ca me paraît donc une perception tout à fait logique et justifiée...


Quoique ce n'est pas si simple, parce que j'adore justement les grains de voix rocailleux dans le blues, le jazz, le rock (de Louis Armstrong à Tom Waits),

Oui, parce que ce sont des grains plus proches de la voix parlée, qui ne sonnent pas "travaillés"/"trafiqués".


mais dans le lyrique, j'aime que ce soit... fluide, éthéré. Ce qui n'est pas évident quand on est un grand amateur d'opéras wagnériens comme moi, car il y a toujours cette tendance à pousser l'expressivité de la voix... Pourtant, il me semble avoir entendu dire que Wagner n'aimait pas qu'on chante ses oeuvres avec une trop grande puissance... j'aimerais bien retrouver où ça a été relevé, je crois que c'est dans le journal de Cosima...

Le fait est que Wagner est très mal écrit pour la voix, même en allégeant l'orchestre - des sauts d'intervalles inconfortables, un orchestre qui babille en même temps... Du coup, ce sont les plus robustes qui en viennent à bout - pas forcément les plus élégants ou les plus inspirés, et surtout pas les plus beaux timbres. Il existe très peu de belles voix dans l'univers wagnérien, si l'on compare à Mozart (ou même, à la rigueur, à Verdi qui souffre tout de même de problèmes similaires pour d'autres raisons).

Ce n'est donc pas qu'une question d'expressivité (en effet désirée par Wagner avant le son), mais aussi, tout simplement, de format vocal et de condition physique.


Je vais peut-être faire hurler certains wagnériens qui passeraient par ici mais, sur disque - j'ai en intégrale le Ring de Solti et celui de Boulez - je préfère largement Gwyneth Jones à Birgit Nilsson en Brünnhilde. Tout comme je préfère, dans Tristan, Margaret Pryce avec Carlos Kleiber que Nilsson avec Böhm...


Nous sommes dans le même cas. :-) Pourtant, Gwyneth Jones a un gros vibrato. Mais tellement plus d'engagement et d'esprit. Quant à Margaret Price, évidemment, cette femme est une flûte !

Il faut dire que, concernant Nilsson, plus le temps passe, moins j'ai d'estime pour le travail des artistes qui considèrent le texte à chanter comme un réservoir de voyelles - à déformer autant que possible pour conserver la meilleure plénitude de la voix... De surcroît, elle ne prononce pas les consonnes. C'est franchement pénible, surtout dans ce type de répertoire où le texte très important ; et surtout que nous ne disposons, en contrepartie, que d'une expressivité à peu près nulle...

Je vois bien le type de chose qui pourrait convenir... je suis prêt à fournir une petite liste adéquate de chanteurs ou de disques rockocompatibles. :)


Et c'est la même chose dans les lieder

Des noms ! Des noms !


(d'ailleurs, je crois avoir lu ici des choses très intéressantes sur le sublime Winterreise...)

J'en suis très heureux ! Quoi donc ?


Bref, j'imagine que mes goûts en matière de voix lyriques peuvent sembler aussi "frileux" que quelqu'un qui, dans le rock, n'aime pas que les guitares soient trop saturées :-))

Ca me paraît surtout très logique - préférer un son personnel à un son un peu plus abstrait.

Il existe d'ailleurs une tendance, dans le chant italien, à idéaliser un modèle de voix parfait, sonore, généreux et assez métallique - un modèle unique. Toute voix qui ressemblerait à Corelli pour les ténors, Bastianini pour les barytons, Siepi pour les basses serait considérée comme parfaite, même sans personnalité propre. C'est une autre démarche, pas forcément plus intéressante d'ailleurs. :)

Mais je ne vois pas l'intérêt qu'il y aurait à hiérarchiser ces approches : selon les attentes qu'on a, on n'est pas satisfait par les mêmes choses. Et effectivement, on peut sans aucun problème se repaître de l'orchestre wagnérien en tolérant les voix.


Bonne journée !

5. Le jeudi 15 novembre 2007 à , par G.T. :: site

Une nouvelle fois, merci pour toutes ces riches et passionnantes précisions.

"C'est d'ailleurs le principe de l'opéra que l'acceptation, à tout point de vue, de l'artifice. Moi-même, j'y ai été très réticent à mes débuts, pendant quelques années..."

En effet, tout est presque "anti-naturel", ça demande au spectateur un effort particulier pour s'y plonger et accepter toutes ces conventions. Ce qui est à mon sens d'autant plus compliqué pour des générations bercées par le cinéma et son "réalisme".

"Le fait est que Wagner est très mal écrit pour la voix, même en allégeant l'orchestre - des sauts d'intervalles inconfortables, un orchestre qui babille en même temps... Du coup, ce sont les plus robustes qui en viennent à bout - pas forcément les plus élégants ou les plus inspirés, et surtout pas les plus beaux timbres. Il existe très peu de belles voix dans l'univers wagnérien, si l'on compare à Mozart (ou même, à la rigueur, à Verdi qui souffre tout de même de problèmes similaires pour d'autres raisons).

Ce n'est donc pas qu'une question d'expressivité (en effet désirée par Wagner avant le son), mais aussi, tout simplement, de format vocal et de condition physique."

C'est exactement ça... bien mieux dit que je ne l'aurais fait. D'ailleurs, je me dis souvent que l'idéal pour moi, ce serait du Wagner chanté comme du Mozart :-) Mais je sais bien que c'est quasi-impossible, pour les raisons que tu évoques. Et pas sûr non plus que ça donne quelque chose de bien...

Pour ce qui est du Winterreise, ce que j'avais lu concerne les 3 derniers lieder du cyle.

"Des noms ! Des noms !"

Fischer-Dieskau, bien entendu...
En recherchant l'article sur Winterreise, j'ai vu que tu avais aussi donné ton avis sur certaines interprétations. Et je suis tout à fait d'accord, je préfère de loin la version avec Moore (la 2°) que celle avec Brendel. Je me souviens de Erstarrung (un de mes lieder préféré...) avec Brendel, DFK est beaucoup plus heurté, théâtral, ce qui ne me plait pas du tout. Pour les lieder de Schubert et Winterreise en particulier, j'ai beaucoup cherché une voix "idéale" pour moi... On en revient toujours à DFK, qui paraît impossible à surpasser. Et, je m'en contente très bien ! Certes, je trouve qu'il y a parfois chez lui une expressivité un peu appuyée, mais le critère n°1 reste le timbre, superbe chez DFK. C'est beau, c'est fluide, que demander de plus...

Tu parles aussi de Stutzmann, que j'avais écouté. L'interprétation me convient, assez épurée, mais c'est son timbre qui me dérange. J'ai de toute façon souvent du mal avec les voix d'alto, cette impression d'une voix qui force et a besoin d'aller chercher profondément chaque note dans le grave... Les sopranes me plaisent plus... sauf quand elles en font trop ou ont des timbres trop métalliques. Je ne connaissais pas la version de Price, mais vu ce que tu en dis, je ne vais pas m'y précipiter. Et si elle crie... très peu pour moi... Dommage, car je partage ce que tu penses d'elle "cette femme est une flûte", on n'aurait pu dire mieux !

Une liste de chanteurs et disques "rockocompatibles", ça me ferait le plus grand plaisir ! Cela pourrait aussi être le sujet d'un article...

Merci encore et à bientôt !

6. Le jeudi 15 novembre 2007 à , par jdm

Bonsoir G.T., heureux de te lire dans ce dialogue.

Une liste de chanteurs et disques "rockocompatibles"

Gérard Lesne ?

7. Le samedi 17 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

En effet, tout est presque "anti-naturel", ça demande au spectateur un effort particulier pour s'y plonger et accepter toutes ces conventions. Ce qui est à mon sens d'autant plus compliqué pour des générations bercées par le cinéma et son "réalisme".

Oui, c’est l’impression que j’ai aussi – avant même l’arrivée de la couleur, j’ai l’impression que le cinéma, qui pourrait être l’outil de convention et d’imaginaire le plus extrême qui soit, devient presque sans retour jusqu’à aujourd’hui un artisanat totalement mimétique. Lorsqu’on voit la rapidité des plans aujourd’hui, l’absence totale de phrasés, tout est conçu pour coller au plus près à la réalité, sans aucune sublimation. Je ne trouve plus l’art, et en tout cas plus l’esthétique, dans le cinéma des cinquante-cinq dernières années… Sans nul doute est-ce ma faute, mais toujours est-il que je ressens de façon aiguë ce que tu dis là.

L’idée d’un langage conventionnel propre à telle ou telle forme d’art est totalement mise à distance, au moins dans la théorie. Et je m’émerveille toujours des phrasés raffinés du cinéma des années quarante… Des phrasés pas théâtraux pour autant, mais bien spécifiques au genre.


C'est exactement ça... bien mieux dit que je ne l'aurais fait. D'ailleurs, je me dis souvent que l'idéal pour moi, ce serait du Wagner chanté comme du Mozart :-) Mais je sais bien que c'est quasi-impossible, pour les raisons que tu évoques. Et pas sûr non plus que ça donne quelque chose de bien...

Oh, si, lorsqu’on peut, c’est merveilleux ! :) Mais du fait des nécessités physiques de puissance, d’endurance, de tessiture, c’est peu souvent le cas. On trouve cependant des cas, comme les Wagner de Janowitz, Della Casa, Schwarzkopf, Liebl, Kozub, Fischer-Dieskau, Kunz…


Pour ce qui est du Winterreise, ce que j'avais lu concerne les 3 derniers lieder du cyle.

Ah oui, c’est celle-ci. Ravi qu’elle ait été utile ! :)


En recherchant l'article sur Winterreise, j'ai vu que tu avais aussi donné ton avis sur certaines interprétations. Et je suis tout à fait d'accord, je préfère de loin la version avec Moore (la 2°) que celle avec Brendel. Je me souviens de Erstarrung (un de mes lieder préféré...) avec Brendel, DFK est beaucoup plus heurté, théâtral, ce qui ne me plait pas du tout.

Oui, à l’époque, DFD est dans une passe difficile vocalement. La voix s’est nasalisée, les intentions sont devenues histrioniques (et réalisées avec un bonheur limité)… Il ne retrouve la plénitude de son génie qu’en fin de carrière, ses Wolf avec Soltész par exemple.


Pour les lieder de Schubert et Winterreise en particulier, j'ai beaucoup cherché une voix "idéale" pour moi... On en revient toujours à DFK, qui paraît impossible à surpasser.

Pour ma part, je fais quelques infidélités, et je préfère sans doute, en fin de compte, Goerne, qui a une relation plus globale, vers à vers plus que syllabe à syllabe ; qui exalte moins le caractère mélodique et strophique, aussi. Qui est extrêmement dramatique.

Mais DFD reste un Everest – il faut connaître, outre Moore 62 pour l’intelligence et Demus 64 pour l’équilibre avec le pianiste et la musicalité, la prise sur le vif de Prades 1955… C’est absolument extraordinaire de tension, d’aisance, de justesse, d’invention ; et Moore est bien plus investi que de coutume.


Certes, je trouve qu'il y a parfois chez lui une expressivité un peu appuyée,

Tout dépend des époques (et des répertoires, dans une moindre mesure), en vérité. Dans Wagner, on est toujours très loin de la surinterprétation.

mais le critère n°1 reste le timbre, superbe chez DFK. C'est beau, c'est fluide, que demander de plus...

Pour ma part, c’est la hauteur de vue sur son art, sa capacité incroyable à développer du sens qui me sidèrent. Timbre incomparable bien entendu, qui ne pourrait acquiescer ?


Tu parles aussi de Stutzmann, que j'avais écouté. L'interprétation me convient, assez épurée, mais c'est son timbre qui me dérange. J'ai de toute façon souvent du mal avec les voix d'alto, cette impression d'une voix qui force et a besoin d'aller chercher profondément chaque note dans le grave...

Ca, se sont les faux alti. :-) Une engeance détestable, en effet, j’en conviens ! Pas de projection, ça force, ce n’est pas expressif, c’est tout rachitique. Nathalie Stutzmann, quant à elle, peut s’épanouir incroyablement dans ses bons répertoires – surtout ceux où elle daigne user de son superbe vibrato.

Dans le Winterreise, je l’avais évoqué en effet. Aussi bien au disque qu’en salle, une approche un peu trop systématisée, bien prévue, où chaque son est à sa place. Un peu trop ordonné et volontaire – et pas très chatoyant non plus, en effet.
J’en étais sorti très partagé – indéniablement pensé, et encore plus du côté de la pianiste, au demeurant – mais avec un esprit de système un peu agaçant – et qui m’avait laissé assez peu séduit, en fin de compte.

Mais l’exégète officielle de Nat’, dont la science stutzmannienne ne connaît point de limites autres que celles de la déraison, me contredirait sans aucun doute. Elle le fit, d’ailleurs.


Les sopranes me plaisent plus... sauf quand elles en font trop ou ont des timbres trop métalliques.

Toujours cette histoire de métal ! :)

Je ne connaissais pas la version de Price, mais vu ce que tu en dis, je ne vais pas m'y précipiter. Et si elle crie... très peu pour moi...

Ce témoignage a paru contre sa volonté, et ses plus grands admirateurs reconnaissent qu’elle y est en très grande difficulté.

Tu peux peut-être essayer celle de Schäfer, même si le timbre est moins immédiatement séduisant et (à peine) plus métallique ?


Dommage, car je partage ce que tu penses d'elle "cette femme est une flûte", on n'aurait pu dire mieux !

Cette femme est même mieux qu’une flûte dans ses plus grandes incarnations, où elle est aussi femme complète !


Une liste de chanteurs et disques "rockocompatibles", ça me ferait le plus grand plaisir !

J’accepte bien volontiers la suggestion de Gérard Lesne, mais afin de ne pas être trop noyé, on peut commencer par le répertoire qui t’intéresse. Je pense donc à des timbres assez purs, peu métalliques, très personnels. Et je commente surtout les timbres, pas forcément l’interprétation, c’est notre pacte. :)

- Gundula Janowitz : soprano lyrique au timbre doré, au vibrato rapide mais léger. C’est précisément cela, Wagner chanté comme du Mozart – mais avec, incontestablement, les moyens requis pour Wagner !
- Lucia Popp : un autre lyrique, avec suraigu. Voix douce, onctueuse, ingénue, joufflue. Ravissante. Elle aussi connaît peu de détracteurs.
- Cheryl Studer : grand lyrique polyvalent à l’extrême, d’une luminosité infinie, et d’une intelligence musicale et textuelle admirable.
- Jessye Norman : soprano dramatique, aux frontières du mezzo. Voix large et charnue, mais extrêmement pure. Ce n’est pas du tout une grande diseuse (euphémisme), mais la volupté sonore et la personnalité vocale sont sans pareilles.
- Peut-être Agnes Baltsa, mezzo dramatique avec des traits de caractère, tempérament tempêtueux, et un timbre qui selon les jours peut être extrêmement métallique ou d’un tissu extrêmement homogène et soyeux, mais constamment avec une grande personnalité vocale et interprétative, quelque chose d’explosif.
- Yvonne Minton, mezzo lyrique à la rondeur exemplaire
- Joyce Di Donato, mezzo soprano, voix pleine, ronde, très satisfaisante sur le plan vocal (mais le répertoire est plutôt celui du belcanto baroque, classique ou romantique).
- Guillemette Laurens, bas-dessus, séduit parfois par son timbre « sale » et acide, si particulier… On pourrait dire la même chose de Brigitte Fassbaender, mais je la crains plus « opératique ». Très chargée en harmoniques, en tout cas.
- Kathleen Ferrier, contralto la plus célèbre de tous les temps, d’un magnétisme lacrymal assez sans pareil – sa voix même semble pleurer, et dans une plénitude…
- peut-être Yann Beuron, ténor lyrique demi-caractère, timbre très personnel, voix ronde ici aussi.
- Fischer-Dieskau, on l’a abondamment.cité, je n’y reviens pas.

On pourrait en citer beaucoup d‘autres, mais il n’interviennent pas nécessairement dans les répertoires que nous avons évoqués : Ghylaine Raphanel, Barbara Hendricks, Andrée Esposito, Valérie Millot, Véronique Gens, Sonia Prina, Howard Crook, Alain Vanzo, Gérard Théruel, Thomas Allen, Ernest Blanc, Ruggero Raimondi, Anatoli Kotcherga…

Toutes des voix très personnelles et pour la plupart fort peu métalliques (ou alors compensées par des caractéristiques précises).

On pourrait poursuivre longtemps comme cela, mais ce serait sans doute plus simple par répertoire. :)

8. Le dimanche 18 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

A propos, Jdm, voici un concert libre de droits de Gérard Lesne, une petite rareté : Trois Leçons des morts de Sébastien de Brossard.

C'est proposé par une radio néerlandaise à titre gracieux.

Ca permettra aussi à G.T. de nous donner son avis.


Personnellement, je n'aime pas trop Gérard Lesne dans les emplois de haute-contre, ou alors dans les cantates française (Clérambault par exemple). Dans Charpentier ou Brossard, il ressemble trop à un contre-ténor, et c'est un peu étrange esthétiquement parlant.

9. Le mardi 20 novembre 2007 à , par G.T. :: site

Grand merci, encore une fois, pour toutes ces réponses passionnantes et ces conseils. Je garde bien précieusement cette liste à laquelle je vais me fier lors de mes prochaines visites à la médiathèque !

A bientôt !

PS : Le lien vers le concert de G. Lesne (salut à Jdm, au passage) ne marche pas... winamp s'ouvre, mais rien ne se passe... peut-être que cela vient de chez moi.

10. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Avec plaisir !


(C'est qu'il faut le lire avec Windows Media (ou VLC). Chez moi, cela fonctionne, je m'en étais régalé peu auparavant.)

11. Le mardi 20 novembre 2007 à , par jdm

Oui, c'est très bien, même s'il y en a qui toussent après trois minutes :)
Et il faut WM que tous les fidèles au PC ont installé re-:)
VLC ? ou Media Player Classic ? VLC, je ne connais pas.

Et avec Gérard Lesne, qui chante, qui joue ?

Merci David et merci G.T.

12. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Rachel Elliot... et Il Seminario Musicale, naturellement !

On peut se passer de WM (qui a un son très mauvais, en plus d'être très curieux sur vos activités), mais c'est le plus souvent ce que les gens ont.

Media Player Classic est très bien aussi, mais moins polyvalent que VLC (qui est compatible Mac, gros avantage lorsque comme moi on fréquente régulièrement des types qui ont ces machins).

13. Le mardi 20 novembre 2007 à , par jdm

David :
Dans Charpentier ou Brossard, il ressemble trop à un contre-ténor, et c'est un peu étrange esthétiquement parlant

Oui, c'est exactement ce que tu décris dans ton article sur les tessitures.

Ce n'est pas tout à fait le lieu d'en parler (on peut déplacer).
Est-ce que les anglophones ne disent pas counter tenor pour "haute-contre" ?

Je ne mettrais pas sur le même plan Alfred Deller, qui a le grand mérite d'être un inventeur, un découvreur, mais qui n'a pas une belle voix -sorry - et Gérard Lesne, qui n'est pas un haute-contre, c'est entendu et cela s'entend bien dans le concert que tu nous offres, mais qui a une voix.
Il est vrai qu'il est autodidacte et, cela, tu n'aimes pas trop.

Encore une fois, qui chante, qui joue <avec> ?

Merci encore David, et non, je ne suis pas un ---

[aujourd'hui, j'essayais les balises [i]] :)

14. Le mardi 20 novembre 2007 à , par jdm

Désolé, David, faute de rafraîchissement, je n'ai pas vu ta réponse à ma première question.

15. Le mardi 20 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Très bien, comme tu le suggères, je te réponds sous l'article adéquat, ça fera moins désordre (mais je m'en fiche un peu, on est là pour causer, pas pour classer :-).

16. Le lundi 26 novembre 2007 à , par jdm

Der Ring des Nibelungen a un sens ! enfin ! enfin, pour moi...

On peut encore voir, dans la semaine,
sur ARTE
un documentaire (quelques éléments à retenir)
samedi 1 décembre à 14H00

Le trésor des Nibelungen (1 h 45)

et le peplum du siècle passé !
vendredi 30 novembre à 14H50

Die Nibelungen (La vengeance de Siegfried) (2 h 45)

(à réserver aux cinéphiles accros, à déconseiller pour les allergiques à ce noble genre)

17. Le lundi 26 novembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Oui, j'ai eu vent de tout cela, entre le peplum du siècle présent (Le trésor) et celui du siècle passé (La vengeance) qui lui était paraît-il assez probant - surtout avec la bonne musique qui a été récemment improvisée pour le concert. Dommage que l'artiste en question n'ait toujours pas de site web, malgré mes insistances et offres de service répétées. :-s

Je ne savais pas qu'on pouvait le visionner en ligne, je vais peut-être m'offrir une petite tranche de rire (au beurre).

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