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mardi 15 janvier 2008

Répartition invisible des votes et des richesses

Un mot minuscule sur les propos de Laurent Davezies, présentant son ouvrage La République et ses territoires - La répartition invisible des richesses ce matin sur France Culture.

D'ordinaire, CSS n'est que modérément séduit par les longues séries de généralités chiffrées égrenées par les sociologues ou géographes, énonçant souvent des évidences ou des demi-surprises, sans nul doute utiles en haut lieu pour décider, mesures scientifiques à l'appui, mais assez peu stimulantes intellectuellement à entendre.

Pourtant, ici, quelques vérités structurelles rarement soulignées méritent l'arrêt.

  1. Le phénomène de la « politique du sommeil » : les élus locaux ne sont pas incités, structurellement, à rendre leur territoire productif. Car ceux qui y travaillent ne sont pas nécessairement ceux qui y résident et, de ce fait, ne votent pas. Il sera donc plus productif, électoralement parlant, de favoriser le calme et les espaces verts que l'élargissement d'une zone industrielle enrichissante. Bien entendu, Laurent Davezies souligne que cette configuration n'empêche nullement certains élus de se montrer efficaces et vertueux, mais il le remarque à juste titre : on ne peut pas appeler bon système le système qui doit, pour fonctionner, se reposer exclusivement sur la vertu de ceux qui l'appliquent.
  2. La redistribution invisible des richesses, qui donne son sous-titre à l'ouvrage, constitue aussi une inertie structurelle très forte dans le développement des territoires, et dont on soulève finalement peu, ici également, les enjeux.
    • Parce que la redistribution s'effectue depuis les régions actives vers les régions peuplées - au détriment de l'activité, donc.
    • Parce que les régions qui consomment se portent mieux (plus aisément en tout cas) que celles qui produisent.
    • Il est toutefois à noter que l'ensemble des pays que nous considérons comme alteri nos emploient ce système redistributif. Il ne s'agit donc pas, dans son discours, de le changer, mais d'en avoir conscience.

D'une façon générale, le propos de Laurent Davezies a le mérite de ne pas invoquer en une permanente incantation le changement, mais de proposer, tout simplement, des clefs pour méditer sur ces structures qui conditionnent profondément la politique et l'économie.

Suite de la notule.

David Le Marrec

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