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Guide pour les 'Victoires de la musique classique' - 2 - "Artiste lyrique de l'année"

Poursuite de la balade.

Artiste lyrique de l'année
  • Natalie DESSAY (soprane)
    • Abonnée évidemment, chaque année nommée, et à chaque nomination récompensée. Ou pour ainsi dire. Non pas que son aigu ne soit timbré comme aucun autre (elle refuse pour ainsi dire la voix de flageolet pour émettre tout en voix pleine, très impressionnant), ni que son engagement ne fasse plaisir à voir, ni même que sa reconversion soit ratée - au contraire, elle apporte beaucoup de musicalité dans un répertoire parfois traité de façon purement vocale. Mais elle n'est pas seule.
    • On a manifestement à elle en écrivant le règlement : « L'artiste ayant reçu la Victoire l'an dernier dans cette catégorie ne peut concourir les deux années suivantes dans cette même catégorie. »
  • Sandrine PIAU (soprane)
    • Autre format léger, mais dont le répertoire ne cherche pas le suraigu. Ce qui revient toujours à son propos, et aussi justifié que possible : "petite voix, grande musicalité". Voix fluette mais parfaitement maîtrisée (en salle, ses aigus filés sont sans égaux de sûreté et de finesse), et sens du phrasé sans faille. Beaucoup de baroque évidemment, et elle tire le meilleur parti de cette voix. Evidemment, côté diction, comme dans son dernier récital de mélodie, ce type de voix pose des problèmes d'intelligibilité, et il est plus difficile d'y parvenir dans la mélodie qu'avec l'emportement et les gestes (fussent-ils vocaux) du théâtre.
  • Rolando VILLAZON (ténor)
    • Le règlement a manifestement été rédigé à son intention : « L'artiste lyrique français - ou étranger résidant en France depuis plus de 5 ans et ayant notoirement une activité musicale en France - qui a, soit réalisé un enregistrement phonographique, soit chanté en récital ou représentation lyrique entre le 13 novembre 2006 et le 12 novembre 2007. »
    • On entend beaucoup tousser à propos de sa nomination, et avec quelque raison, puisqu'en plus de l'interruption forcée depuis septembre, le début de son année n'avait pas clôturé sa meilleure saison... Beaucoup de soirées un peu désordonnées, dans un style unique et emporté, séduisant mais en-dessous de son potentiel réel et des exigences stylistiques de certains rôles. Par ailleurs un excellent chanteur, mais en faire l'artiste de l'année ne laisserait pas d'étonner, si l'on ignorait.
    • En ce moment, le pauvret concentre beaucoup de critiques, surtout du fait de son omniprésence. Comme Netrebko avec laquelle il partage tant de productions, il s'est trouvé très rapidement propulsé comme incontournable des premiers rôles à Vienne, ce qui paraît un peu disproportionné au vu de ses mérites comparés à la concurrence, quand bien même ils sont bien grands. Cette discordance entre jeunesse, qualité et célébrité a facilité les attaques de tous bords, généralement très exagérées.

Evidemment, la manifestation se voulant tout publics, on voit bien qu'on a cherché à exposer des interprètes largement connus, pour lesquels tout un chacun pourrait prendre position.
Selon notre goût, Anne-Catherine Gillet, Blandine Staskiewicz, Guillemette Laurens ou Marc Barrard auraient été plus indiqués, mais on ne nous l'a pas demandé. Sans parler de Mireille Delunsch bien entendu, pour les plus inconditionnels d'entre nous. Et un bon paquet d'autres, dont on n'a pas nécessairement entendu les prestations, mais dont on ne doute pas qu'elles aient été remarquables (Delphine Gillot, Valérie Millot, Yann Beuron, Philippe Addis, etc.).


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Commentaires

1. Le mardi 5 février 2008 à , par Morloch

J'ai toujours cru qu'on écrivait " faire plaisir à voir " et je n'aurais jamais pensé à " faire plaisir avoir ", mais j'étais aussi convaincu que l'on écrivait " autant pour moi " alors que le passionnant débat du net à tranché pour " au temps pour moi ".

Ma vraie passion est quoi qu'il en soit de faire au moins une faute de frappe par phrase et de ne pas me relire...

2. Le mardi 5 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

J'ai toujours cru qu'on écrivait " faire plaisir à voir "

A juste titre, puisque la vilaine étourderie a désormais disparu.

mais j'étais aussi convaincu que l'on écrivait " autant pour moi " alors que le passionnant débat du net à tranché pour " au temps pour moi ".


"Au temps" est quasiment devenu une orthographe de classe, puisque le débat n'est toujours pas tranché. Mais le choix de la rareté élève bien entendu l'image d'esthète de celui qui le pratique - ou le ridiculise, au choix.

C'est devenu un problème insoluble, puisqu'"autant" expose à la correction, mais qu'"au temps" n'est pas nécessairement justifié non plus, et qu'il n'y a guère de raison de vouloir faire absolument différent pour le plaisir de se distinguer, comme aurait dit un célèbre sire dont nous tairons l'identité.

Cependant, il existe une explication historique étrangement passée sous silence, mais rigoureusement authentifiée par le chroniqueur Jean de Baynes. En 1687, une révolte mineure éclata en Ile-de-France. La pénurie de blé menaçait, et les exploitants refusaient de vendre le blé à Paris. Aussi, le temps de la crise, les réserves risquaient de manquer. Les Parisiens entreprirent donc, plutôt que de mourir tous de faim avec des réserves insuffisantes, de répartir les rations en quantités suffisantes, selon le mérite. On organisa donc des joutes au-dessus de la Seine afin de déterminer les quartiers bénéficiaires du blé ; le champion qui chutait dans le fleuve était repêché si possible, et rentrait dans son quartier, ruisselant, où, couvert d'opprobre, les passants lui jetaient des pierres en criant : « voilà le brave ! où diable étais-tu ? » « - hélas, mort de ma vie, au trempe-tournoi » .

Il n'y a pas, à ma connaissance, d'autre explication étayée et valable.

3. Le mardi 5 février 2008 à , par Morloch

Ah zut, je ne voulais pas t'ennuyer, je croyais avoir appris quelque chose. Mais j'ai appris quelque chose :) j'adore cette histoire de trempe-tournoi !

4. Le mardi 5 février 2008 à , par DavidLeMarrec :: site

Et si on veut être un peu sérieux, une parfaite synthèse - ne pas oublier non plus la page attenante, j'y reviens régulièrement, un vrai morceau de bravoure !

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