Carnets sur sol

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Colorature et impertinence


Vous n'avez jamais eu la sensation qu'Edita Gruberová se moquait ouvertement de vous ?

Non, pas lorsqu'elle chante Norma ou Elisabetta de Devereux, là elle est juste amusante - et même salutaire, dans le second cas.

Pas non plus lorsqu'elle étale le naturel de sa virtuosité dramatique ou l'intensité de sa vis comica (3'40'').

Simplement, on l'observe facétieuse dans sa technique de vocalisation, pendant sa jeunesse :


A 1'30'' et 1'50'', vous remarquerez la botte secrète pour sortir de superbes contre-fa timbrés.

L'accomplissement artistique et la bonne éducation ne vont pas de pair, tenez-le vous pour dit.


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Commentaires

1. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par Sandrine

Voilá, je suis contente d´avoir trouvé cette vidéo car elle offre un apercu tres intéressant de la voix de soprano aigu : á l´aise dans le haut de la tessiture, exploitation de notes au-delá du contre-mi et en voix de tête , timbre tres clair sans rondeur compte parmi les criteres principaux .
Pour ce qui est de la couleur, j´ai toujours ressenti Gruberova comme une " lyrique-léger" .
Pourquoi tire-t-elle la langue pour ses contre-fa ? Question de technique sans doute mais c´est vrai que c´est la premiere que je vois faire cela .
Avait-elle le contre-sol dans sa tessiture ?

2. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Sandrine,

Sur elle

Gruberová ayant une très grande largeur de voix et un impact considérable en salle, elle est davantage considérée comme un grand lyrique très large, que les Italiens appellent souvent drammatico. On est toujours dans des histoires de frontière, parce que le répertoire italien étant moins lourd que le répertoire germanique, on y appelle quelquefois "dramatique" une voix qui n'est pas forcément grave (Gruberová a clairement peu d'extension en bas) ni forcément sombre (sa voix a évolué, mais pas au moins de sonner "dramatique").

Dans l'absolu, on peut quand même parler de grand lyrique, même si la voix a un centre de gravité un peu aigu pour Norma par exemple.

Evidemment, au début de sa carrière comme ici, elle avait vraiment l'aspect d'un lyrique léger, avec ses Reines nocturnes et autres Zerbinette. (Oui, elle avait tout à fait le contre-sol, sans problème, et aujourd'hui encore, elle a plus tendance à chanter les contre-notes au-dessus qu'au-dessous de la note, ce qui peut être assez horrible, surtout qu'elle les vibre peu...)

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Sur la langue

Oui, moi aussi, c'est la première fois que je le vois de façon aussi ostensible : la langue change de place, oui, mais pas au point de sortir !

Je suppose que le but est de libérer au maximum la gorge, et le fait de sortir la langue permet de conserver plus de clarté au son que si elle restait relevée mais tassée dans la bouche.

Il faut dire que c'est une sacrée transgression, du point de vue phonatoire, de parler en tirant la langue !

3. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par Sandrine

C´est vrai, " léger", " dramatique", etc.... n´a pas de lien avec les notes de la voix mais avec la couleur : on peut avoir une voix de couleur légere et grave comme on peut avoir une voix de type aigu mais de teinte tres dramatique .
Pour Gruberova, je dis lyrique-léger plutôt par rapport au timbre que par rapport á la couleur parce que certaines sopranos ont une voix beaucoup plus ronde tout en allant parfois aussi haut qu´elle . Pour l´instant, il ne me vient pas d´exemple mais j´en ai entendu . Effectivement, Norma est plus haut que sa tessiture mais je serais curieuse de l´entendre .
La Reine de la nuit demande une voix de soprano aigu dramatique mais tres peu possedent les deux , peut-être Eda Moser est l´une de celles qui s´en rapprochent le plus de par la couleur et l´expression . Rien á voir avec Olympia qui demande une couleur légere .

4. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

"Léger" et "dramatique" ont en fait surtout un lien avec le volume, c'est-à-dire, d'un point de vue pratique pour les directeurs de théâtre, pouvoir embaucher une voix qui parvient à passer l'orchestre.
Généralement, cela correspond aussi avec la couleur et la tessiture, ce qui fait que selon les traditions et les gens, le mot est utilisé pour l'un ou pour l'autre de ces trois critères...

Pareil pour la "rondeur" : Reri Grist a une voix beaucoup plus ronde que Gruberová, mais également bien moins large et puissante. Tout dépend si on lit la rondeur à la quantité de "chair" vocale, à la largeur donc. Dans le genre plus large et aussi haut, il y a bien sûr Sutherland et Deutekom.

Norma est plus bas que sa tessiture, au contraire. Elle chante le rôle sans difficultés techniques, le problème est davantage du point de vue du style, très affecté et accidenté, qui donne beaucoup de rythme dans Donizetti (et que j'aime beaucoup, donc : même quand c'est raté ou de mauvais goût, au moins c'est animé), mais qui s'adapte moins aisément au caractère plus intensément mélodique de Bellini.

La Reine de la Nuit, c'est une vieille histoire, qui se fonde sur les témoignages d'époque (où effectivement la créatrice du rôle avait un tempérament et une couleur "dramatiques", du moins pour l'époque, c'est-à-dire certainement très en deçà d'Edda Moser !), mais quand on voit combien la critique musicale s'est améliorée au fil des décennies, et combien elle reste très souvent médiocre, je suis très circonspect sur la fiabilité des descriptions des voix qu'on n'a pas entendues.

Quand on voit le gouffre qui sépare les années vingt des années quarante, et que sans la documentation on trouverait Stracciari épouvantablement amateur (à cause tout simplement de l'esthétique moins vibrée et de l'espèce d'émission mixte nasale qui prévalaient alors...), on est enclin à se montrer très prudent sur les hypothèses qu'on peut former autour de l'aspect des voix non documentées par le phonographe.

Mais on peut considérer en effet que la voix de la Reine de la Nuit n'est pas, idéalement, la voix de Zerbinette, et qu'elle doit avoir un peu plus de chair et de "tempérament". Si on la trouve, pourquoi pas. (Personnellement, ça m'est égal d'une force...)

5. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par Sandrine

Pardon, je me suis trompée, je voulais dire naturellement pour Gruberova que Norma était plus bas pour sa tessiture : d´ailleurs, je viens de l´entendre et, á moins que mon oreille ne me joue des tours, il me semble que c´est transposé plus haut par rapport á la version que chantait Callas .

C´est vrai que, comme vous dites, les voix de couleur dramatique passent souvent l´orchestre mais plus de volume ne signifie pas forcément un grave plus étendu car certains dramatiques ne descendent pas forcément plus bas que des lyriques .

Donizetti, si vous faites allusion pour Gruberova á la Lucia, c´est effectivement plus haut que Norma car il me semble qu´il y a un contre-mi bémol , donc c´est sans doute plus dans ses cordes bien que je préfere nettement pour ce rôle une soprano de vraie couleur dramatique mais comme pour la Reine de la Nuit, ce sont surtout des voix légeres qui prennent ce rôle . Il y a Netrebko avec une couleur plus ronde qui l´a chantée , c´est l´une de mes préférées .

Petite question : pourquoi pour l´air Spargi d´amore, toutes les cantatrices ont l´air d´avoir leur robe tachée de sang ? Je ne connais pas l´oeuvre en entier .

6. Le dimanche 4 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

1) Le rôle entier, j'en doute, mais pour certains moments précis (et notamment "Casta diva"), la tradition est de les baisser, et Gruberová peut bien évidemment les chanter plus confortablement en version originale.

2) Oui, d'où les problèmes de vocabulaire que je signalais, ces catégories pouvant signifier à peu près n'importe quoi...

3) Non, pour Donizetti, je visais ses reines Tudor, Elisabetta de Devereux par exemple. Lucia est beaucoup plus proche, aussi bien pour le caractère que pour la tessiture, de ses aptitudes "naturelles", et elle l'a chanté bien plus tôt dans sa carrière.

Ce que j'aime avant tout, dans ce rôle, c'est une forme de clarté et de tranchant, trop souvent on entend de la bouillie, et il est vrai que la ligne vocale ne favorise pas la diction. C'est pourquoi un lyrique assez léger mais précis me convient très bien, ni lyrique très-léger, ni grand-soprano-invertébré.

Pour Netrebko, oui, ce qu'elle fait est très intéressant, dommage qu'elle ne l'ait pas chanté en italien.

4) Pour "Spargi d'amaro pianto", c'est tout simplement qu'elle vient d'assassiner son mari pendant la nuit de noces. Ca explique aussi son air un peu troublé.

7. Le lundi 5 décembre 2011 à , par Gilles

Enfin ! une notule tout entière consacrée à Mme Gruberovà ! C'est Noël ! Ou bien serait-ce parce que son anniversaire se profile à l'horizon ?

C'est effectivement étonnant, cette langue tirée ! Il me semble que, par la suite, elle abandonnera ce tic. Je n'ai pas souvenir dans les divers témoignages en scène de sa Reine de la Nuit qu'elle en arrive à pareille mimique. Ce qui est certain, en revanche, c'est que (pour elles et d'autres), pour les contre-notes (à partir du ré ? du mi bémol ?), les commissures des lèvres s'écartent latéralement (alors qu'elles doivent idéalement rester neutres sur tout le reste de la tessiture pour ne pas faire monter le larynx). Effectivement, la projection en avant de la langue doit sans doute venir pour maintenir l'espace au niveau du pharynx...

Concernant les différents qualificatifs de la voix (légère, dramatique, lyrique etc.), j'ai toujours l'impression que chacun a ses propres repères. Le jour où je suis tombé sur une classification des rôles selon leurs tessitures (laquelle sert, m'a-t-on dit, pour les théâtres allemands), j'ai parfois été un peu surpris... notamment dans la catégorie Dramatische Koloratur qui englobe à la fois la Leonora du Trouvère et la Reine de la Nuit. Mais j'entends bien ce que vous dites, David : ça dépend beaucoup de la taille de l'orchestre qui accompagne le rôle et de la capacité de la voix à le passer.

Oui, Edita Gruberovà chante "Casta diva", du moins dans l'enregistrement CD, dans sa tonalité originale (en sol). Je profite de ma roulade pour dire que Nice et Paris auront, d'ici deux à trois semaines, la chance d'entendre Norma avec Gruberovà : l'occasion de constater qu'elle possède des moyens vocaux et une présence dans le rôle tout à fait extraordinaires.

8. Le lundi 5 décembre 2011 à , par Gilles

On notera également l'élégante tenue BCBG de la jeune chanteuse : petit cardigan noir et strict, collier de perles et... mini-jupe très au-dessus du genou !

Et puis, on imagine les petits pas de danseuse russe qu'elle doit accomplir pour maintenir, entre 1'10 et 1'35, tout son corps face à la caméra, donnant ainsi l'impression que c'est l'arrière-plan qui tourne autour d 'elle ! D'ailleurs, on voit bien dès le début qu'elle a mis ses pieds en troisième position !

9. Le lundi 5 décembre 2011 à , par Sandrine

Concernant Netrebko , il me semble qu´elle a fait la Lucia en italien, est-ce que vous ne confondez pas avec Dessay qui l´a chanté en francais ?

Effectivement, soprano colorature ne désigne pas forcément un soprano qui monte tres haut et qui a un timbre tres clair mais un soprano doué pour
l´ornementation : elle peut être aigue ( la Reine de la Nuit) ou plus grave ( Leonora du Trouvere, ainsi que vous le citez ) et avoir n´importe quelle couleur .
La colorature concerne juste l´agilité .

David, merci pour le renseignement sur Lucia .

Si Gruberova chante dans le ton original , pourquoi la Casta Diva de Callas me semble plus bas ?

10. Le lundi 5 décembre 2011 à , par Gilles

Edita Gruberovà chante "Casta Diva" un ton plus haut (tonalité de sol) que Maria Callas (tonalité de fa).

11. Le mercredi 7 décembre 2011 à , par Sandrine

Bonjour Gilles et merci pour l´info . Il me semblait bien qu´il y avait une différence .

12. Le mercredi 7 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonjour à tous deux !

J'attendais votre passage, Gilles. :)

Enfin ! une notule tout entière consacrée à Mme Gruberovà ! C'est Noël ! Ou bien serait-ce parce que son anniversaire se profile à l'horizon ?

N'étant ni particulièrement adorateur de Gruberová (mais si j'aime beaucoup certaines choses avec elle, une majorité d'ailleurs), ni suffisamment pourvu en temps, je ne peux pas faire état de tout. Surtout que, ne l'ayant jamais entendue en salle, je crois que je passe à côté de la vérité de cette voix qui a, de l'avis unanime, une présence particulièrement spectaculaire, qui compense son niveau de jeu scénique (régulièrement catastrophique).

Concernant les différents qualificatifs de la voix (légère, dramatique, lyrique etc.), j'ai toujours l'impression que chacun a ses propres repères. Le jour où je suis tombé sur une classification des rôles selon leurs tessitures (laquelle sert, m'a-t-on dit, pour les théâtres allemands), j'ai parfois été un peu surpris... notamment dans la catégorie Dramatische Koloratur qui englobe à la fois la Leonora du Trouvère et la Reine de la Nuit.

Ah oui, la Fach ! C'est un truc hallucinant en effet, on regroupe les voix par caractère, et de façon transversale aux répertoires.
Par exemple, le mezzo lyrique, c'est pour Arianna de Monteverdi (comme si n'importe quelle voix ne pouvait pas tenir cette tessiture, selon l'orchestre, la salle et la couleur souhaitée !), Dido, Dorabella, Sesto, Carmen, Suzuki et Octavian, autant de rôles qui réclament des qualités de projection, d'agilité et de cantabile totalement différentes. On peut avoir un soprano léger avec une superbe ligne dans Dido, pour Carmen aussi bien un mezzo léger qu'un mezzo dramatique (pas forcément puissant), alors qu'Octavian réclame une projection extrêmement performante. Sans parler des caractéristiques timbrales attendues !

Certes, c'est utile pour faire travailler en troupe, mais c'est vocalement et stylistiquement parlant, une aberration complète.


Je profite de ma roulade pour dire que Nice et Paris auront, d'ici deux à trois semaines, la chance d'entendre Norma avec Gruberovà : l'occasion de constater qu'elle possède des moyens vocaux et une présence dans le rôle tout à fait extraordinaires.

La question n'est pas celle des moyens, mais du style. C'est très... personnel. En Rosine du Barbier, ou dans les Tudor, je fonctionne totalement : affecté et maladroit, mais tellement vivant qu'elle permet d'animer toutes les séquences un peu lisses de la partition.

En revanche, dans Norma qui se soutient parfaitement seule, je suis beaucoup moins convaincu. On est très loin de mériter les anathèmes qu'on lit souvent, mais je ne suis pas complètement enthousiaste, ça reste plus amusant qu'exaltant, en ce qui me concerne.

13. Le mercredi 7 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Sandrine :
Concernant Netrebko , il me semble qu´elle a fait la Lucia en italien, est-ce que vous ne confondez pas avec Dessay qui l´a chanté en francais ?

Je faisais simplement allusion à sa prononciation des langues étrangères. Son italien est singulièrement opaque et informe, même si sa simplicité vocalique la protège des ravages qu'elle a pu faire en français. Ca reste quand même considérablement moche si on regarde les choses sous cet angle. :)

Autrement dit : je trouve Netrebko très convaincante, mais il est très dommage qu'elle abîme autant les langues... Avec l'image, ses talents d'actrice et de ballerine compense sans problème, même pour quelqu'un de particulièrement sensible à ce paramètre, dans mon genre. Au disque ou en retransmission radio, en revanche, c'est souvent assez douloureux.


Effectivement, soprano colorature ne désigne pas forcément un soprano qui monte tres haut et qui a un timbre tres clair mais un soprano doué pour
l´ornementation : elle peut être aigue ( la Reine de la Nuit) ou plus grave ( Leonora du Trouvere, ainsi que vous le citez ) et avoir n´importe quelle couleur .
La colorature concerne juste l´agilité .

Tout à fait, mais par raccourci, on l'utilise souvent comme abréviation pour "soprano léger colorature" ; et en plus de cela, le soprano léger colorature a toujours un répertoire plus aigu (du fait des rôles) que le soprano léger standard... D'où les confusions.

Si Gruberova chante dans le ton original , pourquoi la Casta Diva de Callas me semble plus bas ?
Parce que c'était la tradition de chanter cet air plus bas (et que Callas n'aurait pas plus le faire un ton plus haut). Il existe de toute façon plusieurs états de la partition, plus ou moins hauts, et dans l'édition Ricordi "officielle", Casta diva est bel et bien en fa...

14. Le mercredi 7 décembre 2011 à , par Gilles

J'aime bien savoir que mon passage est attendu ;)

La Norma à Pleyel le 20 décembre est l'occasion parfaite pour vous faire une idée de la voix sans la déformation des micros et de la chanteuse sans les artifices de la mise en scène (personnellement, j'aime beaucoup son jeu d'actrice un peu outré...). Je crains hélas qu'il ne reste plus guère de place...

15. Le mercredi 7 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Malheureusement, mon planning déborde déjà de spectacles que je ne pourrai voir, même avec des oeuvres que j'adore et des artistes que je veux absolument entendre (ou réentendre) en salle. Alors je privilégie les programmes les plus rares ou les affiches les plus puissamment évocatrices pour mon goût personnel.

Evidemment, quand j'étais en province, je me précipitais sur ce genre de programmation, pour profiter d'une oeuvre de premier plan ou même découvrir un interprète.

Et comme je doute qu'elle projette de donner du Braunfels en version de concert ou un récital de lied décadent, il est probable que je n'aie jamais l'occasion de l'entendre sur place. Vous me raconterez...

16. Le jeudi 8 décembre 2011 à , par Gilles

Mme Gruberova a tout de même enregistré du Paër et du Henze. Mais je crains qu'elle n'ait gardé ni l'un ni l'autre à son répertoire !

17. Le jeudi 8 décembre 2011 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Gilles,

Oui, ce serait plus susceptible de me faire déplacer, effectivement. C'est un peu le même problème pour Peretyatko que j'admire beaucoup, mais qui s'est spécialisée dans un répertoire qui n'est pas particulièrement valorisant sur le vif (un seria, c'est long si on est immobilisé dans un siège) et avec des titres que sa notoriété ne permet pas encore d'imposer rares...
En revanche j'ai dégusté avec gourmandise ses Debussy et Strauss (J. II comme R.), évidemment ! Et puis ce qui se trouve comme témoignages belcantistes en retransmission, même s'ils flattent moins ses qualités que l'allemand, je trouve - et puis, concernant son disque, l'effet paralysant "premier-studio" est vraiment sensible.

En somme, structurellement, il y a certains interprètes que je suis (nous sommes ?) vraisemblablement condamné à ne jamais rencontrer, faute de pouvoir être partout. |:-|

Bonne soirée.

18. Le mercredi 8 février 2012 à , par Sandrine

Il me semble que l´on avait évoqué la soprano dramatique colorature Edda Moser : je suis entrain de l´écouter dans Les oiseaux dans la charmille et je trouve magnifique cette couleur sombre dans cet air que l´on a toujours l´habitude d´entendre interpréter par des sopranos légers .
J´ai toujours trouvé qu´une voix dramatique dans une oeuvre légere donnait de l´expression alors que par contre, une voix de couleur légere dans un rôle ou air dramatique ne passerait pas du tout . Personnellement, je ne pourrais pas trouver crédible une soprano léger en Tosca même avec une tessiture grave .
Plus que les notes ( qu´il faut avoir , bien évidemment), c´est la couleur de la voix qui assure la crédibilité d´un rôle .
Comme une enseignante m´avait dit : Il ne suffit pas d´avoir les notes .

Au fait, j´aimerais savoir si Edda Moser a chanté Lucia de Lammermoor . Cela correspondait tout á fait á son format vocal . Voilá encore un rôle qui demande une couleur dramatique et que pourtant, beaucoup de légers interpretes . Gruberova pour la premiere .

19. Le samedi 11 février 2012 à , par DavidLeMarrec

Oui, Edda Moser est magnifique, mais moins encore pour sa couleur spectaculaire que pour son tempérament hors du commun. Elle aurait une voix de colibri que ça n'y changerait rien.

Je disconviens totalement de l'opinion selon laquelle le mieux-disant dramatique (en termes d'épaisseur vocale) serait un atout ; au contraire, une voix légère a beaucoup d'atouts, souvent une émission plus franche, au passage un timbre plus gracieux, et surtout une clarté d'élocution très supérieure.
On y gagne considérablement en naturel.

Pour Tosca, le problème ne se pose pas : il faut beaucoup de substance dans les graves et un aigu plutôt crié, donc cela se prête parfaitement aux sopranos dramatiques, et les voix trop lyrique n'auraient pas la tension et l'éclat nécessaires dans les grands sauts d'intervalle.

Enfin, pour Lucia, non, je ne crois vraiment pas que Moser ait fait ça (même en allemand au début de sa carrière, ça me paraît très loin de la Fach), elle n'était pas du tout dans ce courant de résurrection belcantiste avec des voix larges (Gruberová, malgré les apparences que donne le disque, en est une !).
En ce qui me concerne, je déteste que ces rôles déjà assez languissants et plats (aussi bien verbalement que dramatiquement et musicalement) soient chantés par de grandes voix homogènes ; il me faut soit énormément de tempérament, soit des voix plus légères. Le format de lyrique pur comme Andrea Rost me convient parfaitement ; une Violetta plus qu'une Norma, en somme.

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David Le Marrec

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