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Humour et relativité


Les éditorialistes (au moins français, je n'ai pas vérifié ailleurs) sont tombés à bras raccourcis sur la promotion des filières scientifiques à l'intention des jeunes filles.

Cette vidéo m'inspire pourtant autre chose. En fin de compte, il est extrêmement difficile de produire de l'humour en s'adressant non seulement à tout le monde à la fois (message unique), mais aussi à différentes nations qui ont leurs tropismes en la matière. Et l'humour est un objet fragile qui suppose une grande connivence.

En l'occurrence, il fallait donc limiter au maximum le texte, et trouver une approche en biais de l'intérêt des questions scientifiques : vu le public visé, les adolescentes en voie d'orientation, la publication des chiffres de l'emploi ou des prospectives de la recherche n'était pas forcément productif. Aussi, montrer que les scientifiques au féminin ne sont pas forcément ternes, moches ou négligées s'imposait assez facilement.

Mais en voulant faire de l'humour trans-linguistique et trans-national, on obtient une superposition de clichés (qui certes ne se prend pas au sérieux) en vendant un clip de défilé de mode, d'une superficialité insigne, pour promouvoir la recherche. En effet, dans l'exposition itinérante qui fait contrepoint à cette campagne visuelle, on propose aux jeunes filles de réaliser du baume à lèvres ou d'identifier des arômes de cuisine...
Ainsi, en voulant dé-masculiniser les filières scientifiques, on renforce les clichés "genrés", soit l'exact inverse de ce qui était l'origine de l'initiative.

Car on pourrait même poser la question plus en amont : en quoi était-il nécessaire de chercher à recruter des femmes (en leur vendant la beauté du rouge à lèvres, alors même que sa fabrication n'a rien à voir avec l'esthétique...), au point de chercher à les influencer par des penchants pas forcément valorisants ? Cela semble déjà une question de principe un peu naïve (le problème pour les femmes est de pouvoir accéder à certains postes, pas d'y être incitées si elles n'en ont pas envie ou pis, si elles n'ont pas d'évolution de carrière ensuite...), mais si c'est de surcroît pour renforcer le ghetto féminin qu'on voulait démanteler, la cible semble assez considérablement ratée.

Au demeurant, l'exercice était à peu près impossible, sur un sujet où les susceptibilités sont vives, et avec l'arme humoristique à l'échec de dizaines de langues et de nations...


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David Le Marrec

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