Carnets sur sol

Aller au contenu | Index des notules | Aller à la recherche

jeudi 31 octobre 2013

Réjouissances parisiennes de novembre


Les traditionnelles suggestions du mois.

Comme d'habitude, en gras, là où la rédaction de CSS tâchera de se rendre.

Exposition

- Jusqu'au 24 novembre : La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette, au Musée des Arts Décoratifs. À en juger par le catalogue de l'exposition, le propos sur l'évolution de la norme physique (de ses significations et de ses contraintes pratiques) a l'air tout à fait passionnant. Si le parcours est suffisamment documenté, ce devrait être très chouette.

Théâtre

- Le 10 novembre, Salle Richelieu, lecture de (mon chouchou) Bruno Raffaelli autour de la Grande Guerre.
- Jusqu'au 22 décembre : Regardez mais ne touchez pas de Gautier, un vaudeville dans un Moyen-Âge de pacotille ; les week-ends à la Comédie de la Passerelle.
- Jusqu'au 25 janvier : La Locandiera de Goldoni, au Théâtre de l'Atelier, dans une production prometteuse – même si Dominique Blanc paraît plutôt à bout de voix dans les extraits visibles en ligne.
- Du 13 novembre au 1er décembre, Pompée de Corneille au Théâtre des Abbesses.
- Du 14 novembre au 1er décembre, Sophonisbe de Corneille au Théâtre des Abbesses.

Musique

2 - Bastille - Aida (distribution A)
2 – Pleyel – Brahms, Symphonie n°4 et Concerto pour violon. Kavakos, Gewandhaus de Leipzig, Chailly.

7 - Bastille - Elektra

8 au 10 – TCE – Casse-noisette par le corps de ballet et l'orchestre du « Saint-Péterbourg Ballet Théâtre » (mais qu'est-ce que c'est que ce nom qui ne ressemble à rien dans aucune langue?). Sans doute très confit à tout point de vue, mais au moins on peut supposer une familiarité extrême avec le style.

11 – Pleyel – Beethoven, Messe en ut (avec Orgonasova et Lippert !) ; Chostakovitch, Symphonie n°6. Cleveland, Welser-Möst.

12 – Orsay (musée) à 12h30 – Quatuors de Beethoven (n°14) et de Bartók (n°1) par le Quatuor Voce (voir en particulier le bas de la page, avec les recensions du concours de Bordeaux-Évian). Encore une occasion manquée pour les réentendre en salle – notre dernière « rencontre » date de 2007 ! À chaque fois, je suis occupé à ce moment-là. Pour ceux qui peuvent, donc, c'est réellement une formation à suivre, des musiciens qui prennent tous les risques et proposent des lectures extrêmes et très originales ; je n'aime pas forcément tout ce qu'ils font, mais c'est à chaque fois assez électrisant, même avec ses outrances.
12 – Versailles (aux Menus-Plaisirs ?) à 17h30 - Conférence sur l'interprétation des Leçons de Ténèbres de Couperin.
12 – Bastille – Aida (distribution B)

Suite de la notule.

Rétroviseur


Così fan tutte à Garnier : Schønwandt, reprise de Toffolutti, prise de rôle pour d'Oustrac.

Un bonheur de retrouver la mise en scène d'Ezio Toffolutti. L'apparence générale est très traditionnelle, mais un certain nombre de petits détails piquants avivent les contours des dialogues ou des personnages. Par ailleurs, le décor est astucieux, refusant résolument la symétrie, et se plaçant dans une Venise fantasmatique où les murs sont érodés par l'âge – de beaux effets d'éclairage à travers les ouvertures donnent contribuent aussi à cette atmosphère chaleureuse qui sent néanmoins le crépuscule. On nous donne à voir du XVIIIe, mais on ne nie pas que le temps a passé. C'est beau à l'œil, mais sobre, et pas dépourvu de subtilité.
Surpris de le voir aux saluts en revanche, car les chanteurs semblaient assez mal à l'aise sur scène, cherchant leurs gestes... et il ne semble pas qu'on les ait beaucoup contraint à se donner. Dommage, parce que la matière-première était là. Lors de la création de la production en 1996 (avec Chilcott, Graham, James, Trost, Keenlyside et Shimell), les rapports entre personnages étaient plus frémissants, moins empesés.

Suite de la notule.

Jouer faux en jouant juste – Stravinski & Pintscher à Bastille


Programme :

  • Webern - Im Sommerwind
  • Pintscher - Chute d'étoiles pour deux trompettes et orchestre (« Hommage à Anselm Kiefer »), création française
  • Stravinski - L'Oiseau de feu - ballet complet de 1910


Assez déçu par cet Oiseau de feu dirigé par Matthias Pintscher avec l'Orchestre de l'Opéra : au bout de plusieurs minutes à me demander pourquoi je ne « décolle » pas, pourquoi l'œoeuvre me semble pour une fois une suite de fragments épars, je remarque que Pintscher privilégie la netteté des entrées. Effectivement chaque nouveau groupe qui entre est très audible, mais sans qu'il y ait de hiérarchie ni de poussée d'ensemble, de façon très mécanique. (Clairement, peu de travail sur les phrasés, que ce soit en solo ou en groupe.)
C'est à tel point que dans plusieurs climax les accords joués semblent faux (on croirait rebasculer dans la pièce composée par Pintscher), sans doute parce que tous les plans étant joués également, les notes-pivots ne sont plus audibles.
Cela me paraît tout de même une sérieuse réserve ––– l'impression d'entendre une œoeuvre qui est parfaitement exécutée, mais qui n'est pas comprise.

La pièce de Pintscher, assez longue (20 minutes), ressemble à du Pintscher : pas inaccessible (beaucoup de moments très pulsés), assez bruyante (tout l'orchestre + timbales + plaques métalliques + deux tam-tam chinois et quelques autres trucs, ça fait beaucoup, surtout lorsqu'ils jouent en masses d'accords), pas passionnante non plus. On entend d'évidentes récurrentes, rien n'est réellement moche, mais comme toujours avec Pintscher, j'éprouve de la difficulté à sentir la nécessité qui dirige la pièce. Encore une fois, je me dis qu'il est dangereux d'écrire des choses inintelligibles pour le public –– et pourtant, il y avait plus ou moins des thèmes, des moments pulsés, pas trop de changements de mesure...

J'attendais beaucoup de l'Orchestre de l'Opéra –– et de l'acoustique, parfaite pour le concert symphonique. Mais entre la création, pas particulièrement chatoyante, et le manque d'éloquence spectaculaire du Stravinski, les timbres étaient finalement peu mis en valeur.

David Le Marrec


Bienvenue !

Cet aimable bac
à sable accueille
divers badinages :
opéra, lied,
théâtres & musiques
interlopes,
questions de langue
ou de voix...
en discrètes notules,
parfois constituées
en séries.

Beaucoup de requêtes de moteur de recherche aboutissent ici à propos de questions pas encore traitées. N'hésitez pas à réclamer.



Invitations à lire :

1 => L'italianisme dans la France baroque
2 => Le livre et la Toile, l'aventure de deux hiérarchies
3 => Leçons des Morts & Leçons de Ténèbres
4 => Arabelle et Didon
5 => Woyzeck le Chourineur
6 => Nasal ou engorgé ?
7 => Voix de poitrine, de tête & mixte
8 => Les trois vertus cardinales de la mise en scène
9 => Feuilleton sériel




Recueil de notes :
Diaire sur sol


Musique, domaine public

Les astuces de CSS

Répertoire des contributions (index)


Mentions légales

Tribune libre

Contact

Liens


Chapitres

Archives

Calendrier

« octobre 2013 »
lunmarmerjeuvensamdim
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031