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Épiphanie


Je me demandais depuis longtemps pourquoi, au fil de l'évolution naturelle de mes goûts, Il Trovatore demeurait toujours au firmament, alors que d'autres œuvres découvertes au même moment déclinaient un peu dans mon intérêt (Don Carlos) ou se valorisaient progressivement (Aida). Il s'agit pourtant d'une œuvre particulièrement vocale, alors que mon inclination me pousse généralement plutôt vers les opéras déclamatoires.

Après de nouvelles relectures de la partition et beaucoup d'interrogations, l'explication tient finalement en peu de mots : la prosodie du Trouvère est extraordinaire, à un degré rare pour une œuvre aussi intensément mélodique. Chaque syllabe forte est mise en valeur, et avec des procédés variés – notamment les accents « hors temps » qui sont une innovation célèbre de Verdi : les notes fortes ne sont pas forcément sur les temps forts, et les syllabes fortes ne sont pas forcément sur les notes fortes. Procédé excessivement rare chez les belcantistes ; Verdi le notait au moyen d'accents en V sur sa partition.

Les accompagnements eux-mêmes, issus de patrons belcantistes, sont particulièrement mouvants et sensibles aux atmosphères des scènes.

Fiat lux.


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Commentaires

1. Le dimanche 17 novembre 2013 à , par Cololi :: site

Oh non j'y crois pas !

Tu dois la vérité à tes lecteurs ... et désolé je ne peux pas laisser ça passer : c'est la glottophilie pure et dure qui explique ce goût pour le Trouvère (qui est parmi ce que Verdi a fait de plus mauvais :()

2. Le dimanche 17 novembre 2013 à , par DavidLeMarrec

La remarque est piquante, de la part de quelqu'un qui empile sous des monceaux de choucroutes organistiques contemporaines et de sambas symphoniques un déni assez ostensible de sa propre glottophilie honteuse. :)

L'hypothèse a été sérieusement étudiée, mais elle ne fonctionne pas vraiment, dans ce cas je devrais adorer la Battaglia di Legnano, les deux Otello ou Traviata, alors que ce sont des opéras qui, clairement, ne suscitent pas le même enthousiasme chez moi (voire vaguement de l'ennui, en ce qui concerne le premier).

Bien essayé.

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