Carnets sur sol

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'Playlist' de la semaine du 9 février


(Le système de cotation est exposé en fin de notule.)


Samedi 7 février

Purcell – Dido and Aeneas – Dumestre (mise en scène Roussat & Lubek)
Extraordinaire version, très détaillée instrumentalement, mais sans complaisance accessoire dans les effets. Visuellement très impressionnant, avec le choix d'un premier degré réellement effrayant. Genaux n'est pas très projetée ni très intelligible, mais bonus, Marc Mauillon en sorcière et en marin !

Schubert – Quintette en ut – Jansen, Thedéen & friends
Chouette version.

Dimanche 8 février

Verdi – Requiem (Introït & Kyrie) – L. Price, Solti (RCA)
Verdi – Requiem (Introït & Kyrie, Séquence) – RTF, Maazel (1960)
Verdi – Requiem (en entier) – Vishnevskaïa, Petrov, Markevitch (Moscou 1960)
Cette version Solti est assez peu saillante, et Maazel reste un peu englué dans le prosaïsme orchestral (et puis Ottolini, le ténor, n'est pas fameux, et Carmeli, excellent en comprimario, n'est pas à son avantage dans cette partie plus exposée). La version Markevitch est très différente de sa version de l'an précédent avec la RTF, adaptée à chaque fois à l'orchestre, ici plus ronde et un peu moins emportée. Petrov reste fidèle à lui-même, homogène et un peu impavide, mais Vishnevskaïa est vraiment intéressante et incarnée.

Boismortier – Don Quichotte chez la Duchesse – Niquet II (mise en scène des Benizio)
J'ai déjà dit mon enthousiasme pour l'œuvre et mon insatisfaction (même musicale) contre cette version, dans les commentaires des notules concernées. Un si concis bijou ainsi réduit en tranches avec des alourdissements métatextuels bouffons : frustrant. Même vocalement, ce n'est vraiment pas idéal. Dommage, on ne le reverra pas de sitôt.

Mahler – Symphonie n°4 – NYP, Bernstein
Ma version de chevet : pas de complaisance dans les timbres, mais une tension permanente. Comme dans toute cette intégrale de tout premier plan, beaucoup moins irrégulière et bizarre que la célèbre publication de DG.
Mahler – Symphonie n°6 – NYP, Bernstein
Mahler – Symphonie n°5 – NYP, Bernstein

Schubert – Quatuor n°15 – Taneyev SQ
Version formidable, très lisible formellement et très généreuse en intensité – mais les Taneyev sont d'une tradition russe pré-récente qui ne bave jamais.

Lundi 9 février

Verdi – Aida (acte I) – Harnoncourt

Schubert – Quatuor n°15 – Italiano SQ
Bien sûr, quelques lenteurs et raideurs un peu archaïsantes dans le style des Italiano, mais quelle belle version, délicate et subtile.

Mardi 10 février

Schubert – Quatuor n°15 – Italiano SQ


Mercredi 11 février

Mahler – Symphonie n°5 – NYP, Bernstein
Mahler – Symphonie n°7 – NYP, Bernstein

Haydn – Quatuor Op.76 n°1 – Takács SQ
Haydn – Quatuor Op.76 n°2 – Takács SQ
Haydn – Quatuor Op.76 n°3 – Takács SQ
Haydn – Quatuor Op.76 n°4 – Takács SQ
Haydn – Quatuor Op.76 n°5 – Takács SQ
Haydn – Quatuor Op.76 n°6 – Takács SQ
Version robuste au son large, mais étrangement cela réussit mieux aux équilibres (parfaits !) et à l'entrain de Haydn qu'à leurs excellents mais très mâles Schubert. Grande lecture, une des toutes meilleures.

Sibelius – Symphonie n°1 – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Symphonie n°2 – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Symphonie n°6 – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Symphonie n°3 – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Le Cygne de Tuonela – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Suite Karelia – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Finlandia – Pittsburgh, Maazel II
Sibelius – Symphonie n°5 – Pittsburgh, Maazel II
Autant la 1 et la 2 sont assez en retrait, autant les 3 et 6 sont absolument magnétisantes, parmi les toutes meilleures versions existantes. D'une manière générale, cette intégrale, si elle n'atteint pas les cîmes d'Ashkenazy, Oramo ou Saraste, reste parmi les meilleurs choix possibles : toutes les symphonies sont réussies, et certaines assez spectaculairement. Les poèmes symphoniques de complément sont dans des versions qui peuvent faire office de référence.
J'y reviens assez souvent quand je ne veux pas d'une version d'un trop grand parti pris.

Mendelssohn – Trio avec piano n°1 – Mendelssohn Piano Trio (Centaur)
Une très, très bonne version, pleine de naturel — même si Centaur a encore mieux dans ses cartons avec la version du Trio Yuval.

Jeudi 12 février

Joni Mitchell – Blue
Je n'ai jamais pu retrouver, même chez elle, une telle qualité liederistique dans un album de folk. (mais si vous avez des suggestions…)



Beethoven – Trio Op.97 – Trio Arion (avec Poulet)

Bliss – Colour Symphony – Handley
En réalité pas mal de versions au disque (j'aime encore plus Woodworth, mais celle-ci figure tout de même parmi les meilleures, peut-être la plus colorée, d'ailleurs). Une superbe œuvre, qui mêle à un langage issu des décadents quelque chose de très allant et assez optimiste.
Bliss – Music for Strings – Bliss
Exécution pas très disciplinée.
Bliss – Introduction and Allegro – Bliss

Gounod – Cinq-Mars – BayRSO, Schirmer (bande de Munich)

Mendelssohn – Trio avec piano n°2 – Gryphon Piano Trio
Lalo – Trio avec piano – Gryphon Piano Trio

Vendredi 13 février

Schreker – Die Gezeichneten (acte I) – Zagrosek studio
Schreker – Die Gezeichneten (acte I) – Zagrosek (bande inédite de Stuttgart, 2002)
Étonnant comme, dans le studio, les chanteurs sont constamment en décalé (en particulier Connell) avec l'orchestre. Pas des décalages d'un temps entier, mais comme la mesure change sans arrêt et que les appuis sont peu clairs, les musiciens et les chanteurs n'arrivent pas exactement au même moment sur le temps fort, sans faire des fautes de rythme pour autant.
C'est beaucoup mieux avec l'orchestre somptueux de Stuttgart (et la jeune Westbroek !), peut-être parce qu'on entend parfaitement l'équilibre réel et que les voix sont reléguées un peu loin derrière l'orchestre. En tout cas, ça frémit tellement plus, c'est même sans comparaison !

Concert Delphine Galou / Ottavio Dantone : cantates de la semaine sainte et Leçons de Ténèbres de Stradella, Torelli, Zipoli et Marcello. Église des Billettes.

Fauré – Quatuor avec piano n°1 – Ax, Stern, Laredo, Ma (Sony)
Version très énergique, mais pas épaisse :

Samedi 14 février

¶ Album « Voice of Hope » de Pumeza.
Nouveau type d'artiste-concept : un peu comme Brueggergosman, Pumeza n'est peut-être pas tant destinée à triompher dans des rôles d'opéra qu'à fournir des récitals calibrés, au disque ou en salle. Avec bien sûr la profondeur donnée par son histoire émouvante. La voix, cela dit, est une bonne voix d'opéra, qui évoque beaucoup les résonances intérieurs anglophones de Kiri Te Kanawa (quelques traits plus Gheorghiu çà et là). Étonnamment, la voix sonne assez mûre pour une jeune chanteuse, et très européenne dans le placement (loin de la franchise de l'émission parlée des locuteurs sud-africains).
Cela dit, à part une poignée d'airs d'opéras pas du tout originaux et pas très difficiles techniquement, on a surtout un défilé de chansons sud-africaines dans des adaptations redoutablement sirupeuses : il est difficile de faire de la prospective à partir de ce seul objet.

Sven Helbig – Pocket Symphonies – Radio de Leipzig, K. Järvi
Affreux truc planant.

Fauré – Quatuor avec piano n°1 – Fauré Roma PiaQ
Fauré – Quatuor avec piano n°2 – Fauré Roma PiaQ
La version ne remporterait pas une écoute comparative, parce que la captation est un peu plus fruste (dans un petit studio, avec un piano un peu lointain qui ne doit pas être le Steinway-ultra-luxe standard), mais on s'habitue vite, et alors… quelle limpidité des plans, des dialogues, des couleurs… tout est facilement audible, et coule avec une bonhommie extraordinaire. À rebours des versions de virtuoses bodybuildées ou de pseudo-goût-français maigrichon et larmoyant. Tout est juste, ici.
Pas entendu mieux dans ces œuvres à ce jour, et d'assez loin.

Constant – 24 Préludes – RTF, Bernstein
Vraiment pas le meilleur Constant, de l'atonal à la mode, avec beaucoup d'effets et peu de narration. Sorte de miroir moche des Six Pièces de Webern ou des Notations de Boulez.

Chausson – Quatuor avec piano – Élyséen PiaQ (incluant Giardelli)
Version un peu molle.
Chausson – Quatuor avec piano – Schumann PiaQ (incluant Papavrami)
Une bonne version qui prend le parti de la netteté du trait.
Fauré – Quatuor avec piano n°1 – Schumann PiaQ
Très bonne version. ¶ Castillon – Quatuor avec piano – Élyséen PiaQ

Haendel, récital Padmore « As Steals the Mourn » (HM 2007)
Très belle sélection mélancolique pour ténor, culminant dans la grande scène récitative de Rodelinda.

¶ Le Flem – Quintette avec piano – Jacquon, Louvigny SQ

Dimanche 15 février 2015

Castillon – Quintette avec piano Op.1 – Laurent Martin
Plein de simplicité et de charme dansant et primesautier très directs.
Castillon – Quatuor avec piano Op.7 – Laurent Martin
Eh oui, ainsi mise en valeur avec plus de clarté et de nerf, l'œuvre se révèle meilleure. Il me semblait bien qu'elle m'avait davantage impressionné qu'avec les Élyséens.
Castillon – Quatuor à cordes Op.3 – Quatuor de Chartres
Pas très original, mais bien.
Saint-Saëns – Quatuor à cordes n°1 (Op.112 !) – Quatuor de Chartres
Une œuvre sombre, dense, complexe, vraiment du très sérieux. Le Quatuor de Chartres montre ses limites de virtuosité dans la coda (ça détimbre et n'est même plus très juste), mais n'en livre pas moins la version la plus vivante que j'aie entendu de cette œuvre assez sévère, difficile à mettre en valeur, et qui bénéficie grandement de leur chaleur.

Gounod – Cinq-Mars – Radio Bavaroise, Schirmer (bande de Munich, avec Vidal)

Schumann – Märchenbiler – Tabea Zimmermann, Hartmut Höll (la version Warner, puisque l'album Capriccio sera pour lundi)
Zimmermann est de mon point de vue la plus grande altiste de tous les temps, alors lorsqu'un disque est disponible…

Reger – Suite pour alto n°1 – Imai
Reger – Suite pour alto n°2 – Imai
Reger – Suite pour alto n°3 – Imai
Très archaïsant, visant clairement le modèle Bach. Sonne beaucoup mieux qu'au violoncelle (où l'on sent comme un peu de pauvreté).
Reger – Sonate avec alto – Imai, Brautigam
Vraiment de filiation française, on croirait entendre Le Flem (ou Alfano…). En moins bien tout de même.

Haendel – Israel in Egypt (première partie) – Chœur de la Radio Bavaroise, Concerto Köln, Djiskra
Une des grandes versions (sensiblement du niveau de Parrott, Mallon ou Wachner) de cette formidable déploration adaptée d'une ode funèbre. Voir là la structure de l'œuvre et sa discographie.

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Comment ça marche ?

La cotation est complètement subjective et ne prend pas en compte la qualité mesurable de l'oeuvre, seulement le plaisir que j'ai à l'écouter (à ce moment précis). L'interprétation n'est pas prise en compte.

Une tartelette au citron (ou un putto d'incarnat selon les jours) est signe que ça m'a plu.


Une oeuvre agréable, qui n'appelle pas forcément la réécoute.
Exemple : Le trio avec piano de Rihm.


Une oeuvre intéressante, qui méritera d'être réécoutée de temps à autre.
Exemple : Les premiers trios de Beethoven.


Une très belle oeuvre, qui appelle des écoutes régulières.
Exemple : Les trios de Debussy et Ravel.


Un chef-d'oeuvre, une des oeuvres importantes de ma discothèque, à réécouter abondamment.
Exemple : Les trios de Théodore Dubois.


L'une des quelques oeuvres qui me sont extrêmement chères.
Exemple : Les quatuors de Czerny.

Ainsi, à part la tartelette esseulée qui est un peu mitigée (oeuvre agréable mais oubliable, ça va bien si le temps ne nous est pas compté), la seule présence de portion citronnée indique que j'ai aimé. Le principe n'a donc rien à voir avec les étoiles « objectives » des magazines qui donnent ou pas la moyenne aux enregistrements.

Exceptionnellement, si je suis vraiment en colère, je peux aussi le signaler. Je distribue alors des tartelettes au citron meringué, qui sont à la vraie tarte au citron ce que les persécutions nazies sont à l'Éphèse classique.


Je n'ai pas aimé du tout, du tout. Ça ne me parle pas.
Exemple : L'oeuvre orchestrale d'Olga Neuwirth.


C'est insupportable, grotesque, scandaleux. Et surtout ça fait mal.
Exemple : L'oeuvre pour orgue de Philip Glass.


Je suis mort.


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Commentaires

1. Le lundi 16 février 2015 à , par Diablotin :: site

D'accord avec ce jugement sur Bernstein - Mahler : cette première version CBS est supportable, contrairement à celle chez DGG, assez loin de mes attentes...
Et pas vraiment d'accord avec ton jugement sur Maazel II - Sibelius : autant j'accroche assez à Maazel I, rapide et cursif, autant sa seconde intégrale me semble presque trop capiteuse -mais on entend bien bien les vents et les cuivres, ça doit être pour ça que ça te parle, remarque perfide de ma part ;-) -.

2. Le lundi 16 février 2015 à , par DavidLeMarrec

Mahler

Dans ce cas tu n'es pas d'accord :) , parce que cette première version est l'équilibre idéal pour moi, évitant le décoratif (entre le son de New York et les prises de son CBS, pas de risque de s'égarer dans la chatoyance) mais avec beaucoup de vie et de souplesse. Je trouve justement beaucoup de versions de la Quatrième un peu fortement versées dans les fleurissements anecdotiques, les jeux de timbres, contribuant à en faire une sorte de Symphonie Pastorale où la structure et la tension importent assez peu.

C'est vrai, pour des œuvres très différentes mais des raisons similaires (on va à l'essentiel, avec toute la tension nécessaire), pour à peu près tout son legs CBS, même au delà de Mahler. Je suis beaucoup moins client de sa période de DG (d'ailleurs j'écoute assez peu ses Mahler-là).

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Sibelius

J'aime beaucoup aussi Maazel I, très tranchant et premier degré, qui tire donc le meilleur parti de Vienne, mais cette seconde intégrale me plaît infiniment plus à cause de sa lisibilité — et, en effet, les bois ont du coffre ! Ça danse assez bien aussi, sans le côté un peu rutilant de Vienne.

3. Le lundi 16 février 2015 à , par Diablotin :: site

Mahler IV. Dans le genre brut de décoffrage et lisible, sans atermoiements, rien de mieux à mon sens que Klemperer avec le RIAS de Berlin et Elfriede Trötschel -concert radiodiffusé, 1956- : le dialogue des vents avec le violon dans le deuxième mouvement est remarquable, et tout file très vite : du Klemperer "ligne claire", vif et sans lourdeur -ça viendra plus tard...-.

4. Le mardi 17 février 2015 à , par DavidLeMarrec

Je n'aime pas non plus le Klemperer jeune et vif… mais dans Mahler, j'aime à peu près tout ce qu'il a fait (et en particulier son Chant de la Terre, référence personnelle à laquelle je reviens toujours quand je n'écoute pas Schuricht…), donc c'est très tentant. Je suis quand même curieux d'entendre la RIAS avec des vents mis en avant, d'ordinaire les prises de son lissent beaucoup ça, surtout pour les concerts radio. J'essaierai, merci !

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