Carnets sur sol

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Élégie philharmonique



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Écoute-moi, Philharmonie ! 
Quand tu t'ouvris au spectateur,
Je te confiai mon bonheur –
Et toutes mes économies.

Vois ton œuvre, Philharmonie !
Plus d'un an avant le grand jour,
Nous réservâmes côté cour,
Que tu nommes pair, étourdie !

Sache plutôt, Philharmonie :
Schumann, des impros et Mahler,
Par Viennois à la Chandeleur,
Puis Bataves aux mains hardies.

Mais la veille, Philharmonie !
Ce sont Brahms et Vie de Héros
Que tu colles à tes carreaux,  
En secret, misère de ma vie !

Pas un souffle, Philharmonie :
Tu pouvais me glisser un mot,
Ne pas me laisser, comme un sot,
Souffrir Khachaturian l'impie !

Crois-tu alors, Philharmonie,
Qu'un doux fidèle qui dès mars
Acheta Webern, voudra Glass ?
Friponne, tu es bien hardie !

T'aurait-il tant, Philharmonie,
Coûté de me le signifier,
Ou bien dois-je me défier
De tes promesses tôt vieillies ?





En l'espace de trois semaines, sur mes seuls billets : Schumann 2 par les Wiener Symphoniker est devenu Brahms 4 (et Philippe Jordan a été remplacé, sans mention non plus), Mahler 7 par le Concertgebouworkest s'est métamorphosé en Heldenleben, un concert d'improvisation d'orgue a abouti à un programme de classiques favoris (Danse du sabre incluse). Et sauf à consulter très régulièrement le site, aucune mention au spectateur.

Serul le remplacement d'Hélène Grimaud par Lars Vogt en début de saison a été signifié, sans doute parce que les risques de remous étaient supérieurs.

En tout cas, cela me scrogneugnifie vraiment, et si les billets n'étaient pas aussi faciles à revendre (entre la demande énorme pour la Philharmonie et la facilité des billets dématérialisés via les plateformes site garanti orthographe de 1990 comme ZePass), mon courroux s'épancherait en vastes imprécations contre ce manque de respect élémentaire pour le public. Il ne coûterait rien, en même temps que la mise à jour du site, d'envoyer une succincte missive à ceux qui ont réservé des places ; d'autant que, même en cas de demande de remboursement, cela s'écoulerait aussitôt en billetterie.


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Commentaires

1. Le dimanche 7 février 2016 à , par klari

Tu as le reproche classieux !
C'est un peu léger en terme de relation client...

2. Le lundi 8 février 2016 à , par Ouf1er

"Cela me scrogneugnifie"...
Hummmm, je ne suis pas sûr (ni certain) que cela fut jamais validé par l'Académie !!!

3. Le lundi 8 février 2016 à , par Xavier

Oui c'est bizarre, avec Pleyel on était toujours prévenu.
Je croyais que c'était plus ou moins la même équipe à la Philharmonie...

4. Le lundi 8 février 2016 à , par klari

Je me demande si ce n'est pas en effet la même équipe, mais surchargée ?

5. Le lundi 8 février 2016 à , par Ouf1er

Bon, avec un peu de chances, le prochain Requiem de Verdi sera remplacé par un Psaume 47 de Schmitt !! On peut toujours rêver !! ;)

6. Le lundi 8 février 2016 à , par DavidLeMarrec

@ Klari : De quoi servirait l'acrimonie de toute façon. Autant sublimer ses passions par l'Art en léguant un chef-d'œuvre aux générations.

@ Ouf1er : La réforme orthographique entend ouvrir les possibles, multiplier les formes correctes : je me trouve donc dans la parfaite continuité philosophique du grand œuvre de 1990. Dixi.

@ Xavier : Non, pas forcément les mêmes équipes, une partie du personnel (et pas seulement de salle) a changé, ce n'étaient pas forcément les mêmes attributions de toute façon. Et puis l'un n'empêche pas l'autre : ils le faisaient en début de saison, et désormais Radio-France (et bien sûr le TCE, dont la communication web est formidable, très avenante, à rebours de l'identité un peu élitiste de la salle) y parvient… ils doivent considérer que ce n'est pas important, ou traverser des difficultés pratiques pour le faire correctement. En tout cas, tout ça à la suite, alors que j'ai réservé mes places très à l'avance (et suis même abonné), j'ai trouvé ça un rien cavalier. Je n'en fais pas une question morale, mais ne pas contraindre ses spectateurs à vérifier systématiquement le maintien des programmes et à revendre dans l'urgence leurs billets, ce serait la moindre des choses.

7. Le mardi 9 février 2016 à , par DavidLeMarrec

@ Ouf 2 : Ou le remplacement de Lucio Silla par Cantegril, oui, pourquoi pas. :) Je crains que ce ne soit pas dans ce sens que les changements soient les plus probables. (Dans le genre, le remplacement des Gezeichneten à l'Opéra de Paris par un Vaisseau Fantôme, faute de pourvoir un rôle – Carlotta, je crois –, c'était plutôt rageant.)

8. Le mardi 9 février 2016 à , par Benedictus

Ça doit être gracieux, la Danse du sabre à l'orgue.

9. Le mardi 9 février 2016 à , par DavidLeMarrec

Gnégné.

Par Latry, ces transcriptions étaient assez prenantes finalement (la Danse Macabre de Saint-Saëns et, plus étonnant, François de Paule, qui sonne bien mieux qu'au piano…), sacré bonhomme. Mais considérant que j'étais parti pour l'entendre improviser pendant vingt bonnes minutes (contre rien du tout, seuls Lefebvre et Marshall l'ont fait), j'ai hésité à revendre ma place…

Il y a eu d'autres bonnes surprises : la Pièce héroïque de Franck (par Lefebvre), une caricature d'hyperchromatisme (chaque accord se décale, ça finit par en devenir rigolo) mais que j'aime assez, la pièce de Jim Mobberley Critical Mass avec bande magnétique (on a l'impression que le buffet se désagrège, c'est assez sympa), ou encore la Sixième Symphonie de Widor (ma chouchoute) par Marshall, qui joue ça deux fois plus vite que la norme (ma référence personnelle, Latry, est plutôt vive, mais à demi plus lente), perdant en majeste ce qu'il gagne en insolence, ça fonctionne vraiment bien.

Mais ce n'est pas aussi fascinant qu'un concert d'impros par des profils aussi différents, évidemment.

10. Le mardi 9 février 2016 à , par Benedictus

Mouais, en voyant le programme (et compte tenu de mes goûts en matière d'orgue), je crois que je me serais contenté de Foccroulle. Et encore, sur ce genre de machine, pas sûr que ça m'aurait transporté.

Sinon, je retiens l'idée d'Ouf1er, et m'en vais de ce pas réserver pour le 9 ou le 10 mars: avec un coup de bol, le Concerto pour deux pianos de Glass sera peut-être remplacé par De li duo soli et infiniti universi de Fedele (et la 5 de Chostakovitch par la 4 de Schmidt).

11. Le mardi 9 février 2016 à , par Chris

Un putti incendiaire en guise d'introduction, vos intentions sont très claires Monsieur !
(je n'arrive pas à replacer ce petit bonhomme, quel Fragonard ?)

12. Le mercredi 10 février 2016 à , par DavidLeMarrec

@ Benedictus : Oui, vraiment pas ton genre. Foccroulle, c'était le moins intéressant : non seulement le programme (Buxtehude et Dusapin moyens, Bach dans la norme) mais aussi l'exécution (très régulier et legato, vraiment pas pour moi, c'est encore plus sensible que dans ses disques) et l'adéquation à l'instrument (dont les jeux de fond et les anches douces sont exceptionnels, sinon tout est vraiment très froid, et c'est un peu frustrant dans ce répertoire).

Je crains néanmoins que les probabilités ne jouent pas en ta faveur. Texte-moi si jamais des gens revendent, de rage, leur faux Glass devant la Philharmonie !


@ Chris : Normal, c'est un Boucher !  (La Naissance de Vénus, avec cet étrange putto au feu de Bengale)  Je n'avais pas de Fragonard assez réprobateur dans mon petit stock.

13. Le mercredi 10 février 2016 à , par Benedictus

non seulement le programme (Buxtehude et Dusapin moyens, Bach dans la norme)


Je préfère de toute manière Foccroulle dans un répertoire plus archaïque (Weckmann, Böhm, Scheidemann...) Et je ne sais pas ce que peut valoir du Dusapin pour orgue; mais en contemporain méchant (atonal, quoi), ça m'aurait a priori plus intéressé d'entendre les improvisations / compositions de Foccroulle (il y a un disque Aeon, tu connais?)

mais aussi l'exécution (très régulier et legato, vraiment pas pour moi, c'est encore plus sensible que dans ses disques) et l'adéquation à l'instrument (dont les jeux de fond et les anches douces sont exceptionnels, sinon tout est vraiment très froid, et c'est un peu frustrant dans ce répertoire).


Voilà: le jeu régulier et lié de Foccroulle me semble idéal à la fois dans des répertoires plus archaïques (des chorals nord-allemands d'avant Buxtehude) et sur des orgues anciennes, sans trop de réverbération et avec des timbres chaleureux. Là, c'était, déjà sur le papier, typiquement le genre d'instrument qu'il ne lui fallait pas.

14. Le jeudi 11 février 2016 à , par DavidLeMarrec

Le Dusapin se voulait une évocation du rock (et, de fait, on entendait certaines harmonies « dures » façon riffs), mais tournait finalement en rond… le concept était sympa, mais des bouts de Hendrix défragmentés dans l'aigu qui tournoient pendant plusieurs minutes, toujours de la même façon, ça sent un peu trop le procédé pour me passionner tout à fait.

Je n'ai pas encore testé Foccroulle compositeur ; en revanche, comme organiste, je respecte, mais ce n'est pas vraiment mon esthétique (moi, plus c'est détaché, inégal et orné, plus j'adhère).

Mais tu as raison, bien sûr, l'orgue n'était pas du tout taillé pour ce répertoire, ni pour lui.

15. Le dimanche 14 février 2016 à , par Benedictus

Je sors d'une première écoute de ce disque de compositions de Foccroulle pour orgues historiques, chez Aeon. Moi, j'ai vraiment beaucoup aimé, mais je ne suis pas sûr que ça te plaira tellement.
Ou plus exactement, j'imagine assez bien ce que tu pourras en dire: respect pour la démarche (une composition qui tient compte des spécificités des instruments, une écriture lisible et non agressive qui ne donne jamais dans le néo), mais pas tellement touché par le résultat (sonorité grise, côté formaliste des compositions, absence de la personnalité ou des couleurs d'un Messiaen...) Si tu es d'humeur trollesque, je me demande même si tu ne te fendras pas d'une remarque du style à quoi ça sert d'utiliser un cornet à bouquin si c'est pour le faire sonner comme un saxophone planant?
Enfin bon, trêve de procès d'intention: après tout, peut-être que tu aimeras...

16. Le dimanche 14 février 2016 à , par DavidLeMarrec

Oui, procès d'intention, parce que je suis en train d'écouter, et j'aime énormément ! Pas seulement par respect, mais par goût, moi qui aurais peu de noms à citer dans la période récente, pour des corpus pour orgue vers lesquels je reviens souvent (je trouve les compositeurs d'aujourd'hui très bridés par les propriétés de ce son continu et inaltérable).

Effectivement, un peu formaliste, mais justement, c'est ça qui est beau : il y a de la structure audible, que ce soit dans le domaine atonal ou modal, et aucun effet d'épate (tout est dans les jeux de fond, ce qui évite le côté agressif-pénible très souvent présent soit chez les contemporains, soit chez les organistes !). Le Nigra sum avec soprano et cornet à bouquin, que tu mentionnais, est formidable dans le genre planant, ça m'évoque assez le Salve Regina de Rudolf Mengelberg, une des mes œuvres-doudous.

Je n'en suis qu'à la quatrième pièce, mais c'est une superbe découverte, il y avait longtemps que je n'avais pas rencontré un corpus aussi réjouissant à l'orgue ! (et, de fait, les instruments anciens choisis ne gâtent rien, par rapport aux machins néoclassiques de type Klais, désagréablement métalliques et tout à fait glacés) Merci beaucoup !

17. Le dimanche 14 février 2016 à , par Benedictus

Ta réaction me fait vraiment très, très plaisir! (Honnêtement, j'en avais un peu rajouté dans mon précédent message, comptant bien que tu aurais à cœur au minimum de nuancer...)

Moi aussi, je trouve ce Nigra sum absolument magnifique dans le genre "planant pas néo". Probablement la pièce que j'ai préférée - en tout cas, celle qui m'a le plus immédiatement saisi (peut-être aussi à cause de certains échos de modes orientaux qui m'ont fait dresser l'oreille). Mais il faut dire aussi que ce type de langage et ce type d'instruments sont très proches de ma sensibilité.

En plus, il me semble que ces œuvres, du fait précisément de leur côté formaliste et sans agressivité, peuvent, beaucoup plus que du Messiaen (nous en avions déjà causé, je crois), avoir leur place, je ne dirais pas dans un cadre directement liturgique, mais en tout cas comme support de l'oraison.

18. Le dimanche 14 février 2016 à , par DavidLeMarrec

Très juste, ça s'accommoderait bien avec la liturgie (effectivement, on en avait parlé à propos de Messiaen, qui propose une plénitude incontestable, mais assez peu compatible avec l'émotion propre de la foi), en tout cas les trois premières pièces du disque (les meilleures) ; j'ai été moins enthousiasmé par les « miroirs » prévus pour les pièces de Schlick, plus formels, moins mélodiques, moins personnels.

En tout cas, j'aime vraiment beaucoup les trois premières pièces, quelque chose que je réécouterai assez régulièrement, à n'en pas douter ; merci beaucoup, je ne suis pas sûr que j'aurais écouté ça avant un moment, sinon !

19. Le dimanche 14 février 2016 à , par lu

vous connaissez l’orgue de Benoit Mernier ?

20. Le jeudi 25 février 2016 à , par David Le Marrec

Je suis allé essayer : on sent bien l'organiste, ça reste toujours structuré et intelligible. Je n'ai pas été bouleversé pour autant, mais ça explique assez bien pourquoi le reste de sa production fonctionne toujours un minimum, il y a derrière un métier moins abstrait que chez ceux qui ont simplement fait des classes de composition.
Je doute que ce soit la réponse que tu souhaitais, mais tu as déjà dû essayer de toute façon ?

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David Le Marrec


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