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Beethoven – Intégrale des sonates pour piano – Stephen Kovacevich


J'ai toujours prisé cette intégrale, pour sa forme de juste mesure, pour son engagement permanent qui ne se départit pas d'un certain calme… Mais lors de cette dernière réécoute, j'entends d'autres détails : un soin très particulier accordé à la résonance (la pédale enrichit certains enchaînements un peu fades), des changements de couleur adroits lors des reprises, une capacité à créer le silence (avec des interruptions qui sonnent nécessaires plus que dramatiques), et par ailleurs une netteté et une fièvre assez hors du commun.
    Cela mériterait un relevé précis (déjà fait pour les 15 et 29…), mais c'est un peu long à mettre en forme, aussi je vous laisse tenter le jeu de piste par vous-même.

Je trouve que cette attitude, tournée vers la poésie sans verser dans la contemplation, sert en particulier les sonates les plus faibles – entre les premières et les dernières, j'en ressens beaucoup comme au milieu du gué, je veux dire s'affranchissant des normes classiques sublimées dans les premières, sans proposer un langage réellement nourrissant en échange. Autrement dit, alors que les premières rendent la forme classique très dense musicalement, les médianes changent la forme sans forcément y mettre la même hardiesse (ou du moins suffisamment pour remplir l'espace ouvert). Impression personnelle, il va sans dire, qui se corrigera peut-être au fil des années.

Je ne crois pas qu'on la trouve de nos jours, mais les sonates célèbres ont été régulièrement rééditées en collection économique. On peut les écouter gratuitement et légalement ici par exemple (ce ne sont pas les mêmes sélections selon les albums…).

On peut se consoler avec la centaine d'autres intégrales existantes, dont certaines de premier intérêt : je reviens souvent à Nat, Grinberg, Backhaus II et Buchbinder II, mais ce n'est qu'un choix idiosyncrasique parmi la multiplicité de possibles. Et, pour les isolés (ou les dernières), Peter Serkin par-dessus tout (les dernières sonates sur un Graf d'époque : la couleur mais aussi la maîtrise suprême – son disque sur piano moderne est en revanche très standard, voire un brin ennuyeux), et comme toujours Bellucci.
        Pour cette veine poétique, ce sont Goode et Lewis (tout à fait recommandables, en particulier le premier, d'une très séduisante sobriété) qui paraîtraient les plus proches, mais je les trouve plus tentés par la méditation, là où Kovacevich demeure toujours dans le mouvement.


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Commentaires

1. Le mercredi 2 novembre 2016 à , par Megetoile

C'est également mon intégrale préférée. Elle montre un Beethoven puissant, poétique, éminemment moderne. Elle montre la force de son esprit, sa profonde spiritualité et son immense besoin de vivre : sa joie de vivre bien sûr, ses doutes, ses désastreuses chutes dont il se relève pourtant, toutes les failles de sa personnalité, son chagrin incommensurable, sa volonté d'avancer toujours... C'est Kovacevich qui m'a permis d'entrer en contact non avec la légende de Beethoven, mais avec sa dimension humaine qui est à la fois semblable à la mienne, à ce que j'expérimente en moi chaque jour, et à la fois portée par un esprit supérieur et par une force surhumaine qui transcende son être dans l'espace et dans le temps. Kovacevich montre un Beethoven humain, doué pourtant d'un esprit quasi divin... tout en nous le rendant accessible. C'est un Beethoven qui nous parle à nous, à notre coeur, directement, d'âme à âme, et qui dévoile son mystère et son gigantisme devant nos yeux, sans que nous ayons à fournir le moindre effort : Kovacevich sert de puissant medium pour la plus magique et mystérieuse transmission humaine, par delà l'espace et le temps... Magistral !

2. Le mercredi 2 novembre 2016 à , par Palimpseste

C'est amusant, je suis justement en cours de réécoute des mes disques Beethoven par Kovacevich. Bon, je ne possède pas l'intégrale, juste un de ces coffrets dont tu parles, un petit tiers du corpus et j'aime beaucoup, vraiment, bien que je trouve les timbres parfois un peu métalliques et grêles. Il y a bien quelques points qui me chiffonnent (II de la Pastorale un rien trop rapide) mais ce sont des détails.

Pour l'intégrale ma référence, c'est Gulda II. L'intégrale Goode, j'en ai entendu une bonne partie et je l'ai beaucoup appréciée aussi. Ashkenazy est rarement cité mais se débrouille pas mal.

Lewis me tente bien aussi mais dans l'immédiat je vais me tourner vers Pollini.

3. Le mercredi 2 novembre 2016 à , par Benedictus

Impression personnelle, il va sans dire, qui se corrigera peut-être au fil des années.

Pas sûr que cette impression se corrige. Je ressens exactement la même chose que toi depuis que je connais le corpus (c'est-à-dire... un certain temps), et ça n'a jamais vraiment changé: le classicisme exalté des premières, la liberté souveraine des dernières m'enthousiasment toujours à coup sûr, alors que les médianes m'ont souvent laissé un peu plus réservé. À mon avis, il y a quand même là quelque chose de relativement objectivable, du côté du langage ou de la forme.

Sinon, merci pour les recommandations - quoique nous ayons déjà pas mal de références personnelles en commun: pour moi, c'est Nat par-dessus tout, j'aime aussi énormément Backhaus II et Goode - et je rajouterais en revanche Schnabel et Arrau. Mais Kovacevich, Buchbinder II et P. Serkin HIP me font très envie. (En revanche, j'ai peur de rester un peu extérieur à ce que propose Grinberg; et je n'ai aucune idée quant à Bellucci et Lewis: c'est comment?)

4. Le samedi 5 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Bienvenue Megetoile !

C'est intéressant – je n'ai pour ma part pas du tout senti cette dimension démesurée ou intime, j'y ai entendu plutôt une sobriété musicale, une façon d'habiter chaque anfractuosité du texte sans du tout chercher à le pousser d'un côté qui soit trop personnel, trop interprété. Une sorte de lecture neutre mais totalement investie, et explorée de très près – sans jamais perdre la poussée d'ensemble.
L'intégrale de l'honnête homme, assurément (et c'est sans doute pourquoi elle a été primée par tout sans susciter en retour des débats trop passionnés), ou plus exactement de l'honnête homme débrouillard (bon courage pour trouver l'ensemble !).

La dimension plus métaphysique de la chose m'a moins été sensible ici que chez Goode ou Lewis, peut-être aussi parce que ce n'était pas ce que je cherchais à entendre.

Merci pour cet éclairage.

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@ Palimpseste :

Oui, les timbres sont une frustration, mais pas à cause du toucher (à la fois incisif et moelleux, peu ou prou ce qu'il faut, en somme), plutôt à cause de l'instrument, qui est ce qu'il est – pas un beau Graf, ni même un Hammerflügel pas trop grêle.

Je ne crois pas avoir essayé Gulda dans les Sonates de Beethoven (considérant qu'il ne m'a jamais passionné particulièrement ailleurs – si bien que les jugements radicaux qu'il suscite souvent me restent tout à fait étrangers). Gulda II, c'est quand et chez qui ?

Oui, j'aime beaucoup Ashkenazy aussi ! Comme très souvent, une valeur très sûre. Dans l'abondance de l'offre, on peut trouver plus typé pour son goût propre, mais c'est avec Goode une des intégrales les plus équilibrées et convaincantes si on ne veut pas de parti pris trop idiosyncrasique.
Pas sûr, dans ce contexte, que Lewis apporte vraiment un supplément. Plus poète, sans doute, mais pas forcément aussi constant et tendu que les deux autres.

Pollini en a fait dans de vastes largeurs récemment ?  Parce qu'autant le Pollini réformé est miraculeux et mérite sa réputation, autant celui d'avant m'est assez pénible…

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@ Benedictus :

« À mon avis, il y a quand même là quelque chose de relativement objectivable, du côté du langage ou de la forme. »

C'est ce que je voulais esquisser, mais il n'empêche que, comme pour Bach, je ne veux pas tout de suite brûler mes vaisseaux. Beethoven est tout à fait capable d'avoir laissé des fulgurances qui me sont encore invisibles. (Ou bien c'est comme pour le triple concerto ou le trio de hautbois, c'est juste qu'il s'est raté.)

Un autre lecteur régulier m'a fait la même remarque sur la page Facebook associée au site… si ce n'est pas la vérité, nous pourrons toujours monter un club de truthseekers.

Je n'ai pas tout cité, Schnabel est bien sûr remarquable (pour ce répertoire intime, la prise de son ancienne est une frustration pour moi – Grinberg ou Backhaus ne posent aucune difficulté, mais Schnabel, c'est déjà plus inégal, et ça change tellement pendant les reports). À ceci près que les doigts sont quand même fluctuants par rapport à ce qu'on a désormais l'habitude d'entendre. Arrau, j'en ai peu écouté et il y a trop lontemps, mais oui, c'était convaincant, et il ne peut guère en être autrement, il parvient à l'être dans Debussy, alors dans Beethoven qui semble écrit pour lui…

Nat doit être la version que j'ai le plus écouté… mais la prise de son trop proche me met dans l'inconfort, vraiment. Et puis, c'est très typé, c'est pour ça que je cherche un peu ailleurs, quelque chose comme une « intégrale de tous les jours ». Et comme P. Serkin (qui règle totalement la question pour moi) n'a pas tout fait…
Grinberg, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas te plaire… c'est méchant, échevelé, peut-être pas assez inexact et sale pour te convaincre totalement, mais enfin, ça correspond plutôt bien au profil, même si c'est un Beethoven très romantique. (Je me dis qu'Annie Fischer serait peut-être encore plus indiquée pour toi.)

Pour toi, Peter Serkin sur Graf bien sûr (tellement mieux que le cristal et les manières plus standard de Brautigam), et Buchbinder, oui, ça paraît des choix très valables. Kovacevich aussi, mais je me dis que tu trouveras peut-être ça un peu lisse, un peu trop aimable malgré l'engagement : c'est du grand piano international de la fin du XXe, assurément. C'est aussi le petit quelque chose qui me manque.

Bellucci, je ne saurais trop qu'en dire, si ce n'est que c'est toujours très éloquent (et très facile), tourné vers une sorte de discours verbal plutôt que vers la virtuosité. Mais je ne mesure pas bien les paramètres qui me le rendent si différent (je me précipite systématiquement vers ses versions ou ses bandes, et à chaque fois, ça fait référence pour moi) : fondamentalement, c'est du piano romantique (et il est spécialisé dans les choses très virtuoses du genre transcriptions d'opéra à variations…), mais ça ne sonne ni liquide ni bûcheron comme les autres. Pour moi un des plus grands interprètes vivants, et pourtant je ne suis pas sûr que ce ressenti soit si aisément transposable.

Lewis, c'est un peu comme Goode, en moins carré, en plus rond et poétique, très élégants et délicat (capté d'un peu trop près aussi), je ne suis pas sûr que ce soit ton Beethoven, mais ça fonctionne assurément assez bien. (Je le trouve un brin amène, pour ma part, ce qui fait que je n'ai pas fini d'explorer l'intégrale vu l'immensité des choix – et ma tendance à écouter tout le temps Nat et P. Serkin.)

5. Le samedi 5 novembre 2016 à , par Diablotin :: site

Ce corpus supporte tellement bien diverses interprétations qu'il est difficile de trancher... On peut en effet retenir Bishop-Kovacevich en outsider de luxe, mais c'est effectivement introuvable actuellement -et ce ne fut pas disponible sur le marché très longtemps, me semble-t-il-. Peut-être une réédition à tout petit prix chez Warner, nouvel éditeur de ces bandes, est-elle prévue, qui sait : ils sont devenus spécialistes de la chose !!!
Pour ma part, parmi la vingtaine d'intégrales de ma discothèque, je reviens d'abord et avant tout à Gilels -malheureusement, son intégrale est inachevée-, à Gulda "0" -sa première intégrale diffusée sur la radio autrichienne, 1953- disponible chez Orfeo ou à Gulda 2 -au choix, Amadeo, Brilliant, Decca Eloquence à pas cher-, voire à Schnabel malgré un son bien ingrat. J'aime assez aussi Kempff I, Backhaus (1955) et, selon les jours, Grinberg, Barenboim (DGG) et Annie Fischer. Je suis également resté un peu sur ma faim avec l'intégrale de Pollini, pas au niveau de sa réputation à mon avis.
J'ai délaissé peu à peu Nat, Arrau, Brendel : c'est sûrement très bien, mais ce n'est pas forcément ce que j'ai envie d'entendre. J'y reviens donc peu souvent.
Le choix est si vaste, et il est difficile de tomber sur quelque chose de vraiment indigne, me semble-t-il, en définitive.

6. Le samedi 5 novembre 2016 à , par Diablotin :: site

Concernant la "numérotation" des intégrales de Gulda, c'est un peu compliqué...
• Gulda I est paru chez Decca -enregistrement des années 50-, mais est d'une disponibilité très aléatoire.
• Gulda II, enregistré en 1967, est paru initialement en LP chez Amadeo, puis sporadiquement sous label Philips en Allemagne. C'est ressorti en CD d'abord sous label Amadeo -introuvable à prix raisonnable de nos jours-, puis sous licence Brilliant. C'est aussi, désormais, disponible sous label Decca Eloquence, avec les concertos pour piano (dir. Horst Stein, OP Vienne : c'est très curieux et pas exceptionnel).
Donc, si tu trouves des CD Gulda/Decca, tu as plus de chance de tomber sur Gulda II que sur Gulda I !!! Comme c'est mieux dans l'ensemble, c'est une aubaine ! Il s'agit en effet d'une très grande intégrale, passée inaperçue en France à l'époque de sa sortie -label mal distribué dans notre pays et pressages LP médiocres de surcroît-.
• Enfin, Orfeo a publié en 2010 les bandes radio de l'ORF : Gulda avait enregistré pour la radio autrichienne, en 1953, l'intégrale des sonates ainsi qu'une série de variations (Eroica et Diabelli). C'est peut-être bien la meilleure intégrale des années 50, malgré Backhaus et Kempff I -que tu n'aimes pas, normalement :-) ! -. Comme elle est parue après les deux autres mais s'avère en fait antérieure, elle est communément numérotée "0".

7. Le lundi 7 novembre 2016 à , par Palimpseste

Gulda II, c'est celui de 1967 chez Amadeo / Decca, comme bien expliqué par Diablotin.

Oui, j'aime beaucoup Ashkenazy aussi ! Comme très souvent, une valeur très sûre. Dans l'abondance de l'offre, on peut trouver plus typé pour son goût propre, mais c'est avec Goode une des intégrales les plus équilibrées et convaincantes si on ne veut pas de parti pris trop idiosyncrasique.

Pour ce que j'en connais, c'est une très bonne version pour commencer. Ce n'est certes pas une lecture très personnelle ou caractérisée ce qui refroidit sans doute - et pas sans raison - les mélomanes qui connaissent ces pages sur le bout des doigts mais pour quelqu'un qui découvre, c'est assez idéal. Techniquement irréprochable et point de vue interprétation on a le texte sans outrance ni bizarrerie et, évidemment, c'est magnifique.

Pollini, je ne connais pas du tout mais ça réputation de froideur ne m'effraye pas plus que cela. Au pire, ce sera un Ashkenazy hiératique.

8. Le lundi 7 novembre 2016 à , par Palimpseste

SA réputation !

Prévisualiser, prévisualiser, prévisualiser...

9. Le mercredi 9 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

@ Diablotin le Burgonde :

Gilels, je trouve ça vraiment glacial, et pas du tout XVIIIe-début XIXe stylistiquement, évidemment. Plus le temps passe, moins sa perfection distante m'intéresse : le son est magnifique, mais il y aurait tellement plus à dire !

Le choix est si vaste, et il est difficile de tomber sur quelque chose de vraiment indigne, me semble-t-il, en définitive.

Complètement, et il y a quantité d'intégrales pas très originales qui sont assez irréprochables – on ne les écoute pas si on cherche de nouvelles versions pour ouvrir de nouveaux horizons, mais elles sont loin d'être infâmes pour autant… la recherche de l'originalité étant pour ainsi dire un tropisme de collectionneur plus que de mélomane…

Merci pour le point détaillé sur Gulda, qui clarifiera la chose pour tout le monde. Effectivement, Kempff me paraît un peu un pis-aller : ce n'est pas mal, mais toujours assez terne, et quand on a des pianistes qui sont à la fois capables de faire toutes les notes, d'avoir un joli timbre et même de varier les textures, de mettre de la tension, de raconter quelque chose, Kempff qui ne démérite pas particulièrement reste quand même un dixième choix. Dans Beethoven, l'intérêt des œuvres compense assez bien – dans la Wanderer-Fantasie, ça fait vraiment mal…

Mieux que Backhaus, ça paraît difficilement concevable, j'essaierai donc.

--

@ Palimpseste :

Ashkenazy est même au delà de la bonne version de début, ce peut aussi être totalement suffisant pour en finir, si l'on ne cherche pas à épuiser les possibilités du corpus. (Mais tu ne disais pas autre chose.)

Pour Pollini, le pire serait plutôt un Ashkenazy hiératique et moche, ce qui commence à faire beaucoup.

10. Le jeudi 10 novembre 2016 à , par Diablotin :: site

Les Burgondes ne sont pas passés par ici, ou alors à l'extrême-sud du Haut-Rhin, qui n'est déjà plus tout-à-fait l'Alsace ;-)
Gulda, à mon avis, c'est mieux que Backhaus -que j'aime bien, au demeurant-. Ce dernier est quand même assez univoque, tendance "virilité mâle", au moins dans son intégrale de studio.
Je savais que tu n'aimais pas particulièrement Gilels, on en a un peu causé ailleurs. Ce n'est pas glacial, c'est juste marmoréen et d'une construction assez implacable. Son finale de la 23 est simplement le meilleur que je connaisse, enflammé et passionné -plus encore que Richter, par exemple-, et d'une virtuosité impressionnante. Mais il est immense aussi dans 15, 16, 17, 21, 29, 30 et 31 et carrément génial dans les variations Eroica.

11. Le dimanche 13 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Je faisais référence à tes lectures du mois, pas à ta localisation. :)

Certes, Backhaus ne fait pas dans la subtilité des affects, mais pour moi, ce n'est pas du tout univoque (et encore moins musculeux), la musicalité en est très sûre et variée. Pas du tout mon genre de pianiste au départ (le son comme l'attitude), mais je rends les armes devant la connaissance intime du corpus qui semble ouvrir des portes que l'auditeur seul aurait des difficultés à pousser.

Sur Gilels, rien à faire… je l'ai adoré pour son son quand j'ai commencé (et il a quand même fait de bien beaux disques, comme ses concertos de Brahms…), mais depuis plusieurs années, je n'y arrive plus du tout… quand on a beaucoup écouté les œuvres, à quoi servent la perfection lisse et la joliesse homogène du timbre ? Ce peut être très bien pour commencer, il n'y a pas de contre-indication, mais à présent, j'ai plutôt envie d'entendre des détails, de la couleur, du discours…
Je ne nie pas ses qualités au demeurant, mais dans des œuvres à la fois aussi complexes, austères et rebattues, il y a beaucoup de propositions plus instructives, disons.

12. Le dimanche 20 novembre 2016 à , par Diablotin :: site

J'avais bien compris l'allusion relative aux Burgondes ;-)
Quant à Gilels, je n'entends pas la même chose que toi dans ses interprétations : c'est peut-être bien le meilleur "discours sur le discours", tant l'ensemble est puissamment architecturé.
Avec tout ça, je m'en retourne à l'écoute des oeuvres pour piano de Sibelius : certaines pièces sont vraiment très plaisantes à défaut d'être marquantes, et les transcriptions ou études préalables de certaines pages orchestrales sont tout-à-fait intéressantes !

13. Le mercredi 23 novembre 2016 à , par DavidLeMarrec

Architecturé, peut-être, mais je n'y entends aucun frémissement, aucun didactisme non plus… En tout cas, c'est un des interprètes avec lesquels j'ai commencé et un ceux qui, en vieillissant, ne m'intéressent plus vraiment. On n'aurait que lui, ça ferait assez bien l'affaire, bien sûr…

Oui, particulièrement les pièces à partir des opus 50-60, il y a de purs bijoux… pas du tout de développement, mais des instantanés, qui indépendamment même de leur programme sont comme des condensés de poésie, et d'expérimentations parfois naïves, parfois étonnantes ! Parmi mes corpus chouchous pour piano (il y a une notule là-dessus, d'ailleurs, et je crois même que j'ai causé spécifiquement du piano de Sibelius à un ou deux endroits, il faudrait que je vérifie).

14. Le lundi 12 juin 2017 à , par Luckas

Bonjour David
Les 32 sonates (+ Bagatelles) de Kovacevich seront à nouveau disponibles à partir du 18 août 2017 dans un coffret Warner de 9 CDs (enregistrements de 1991 à 2003). On trouve cet ensemble pour environ 26.00 € en précommande sur certains sites (Amazon ou autres).
Le détail en entrant " Kovacevich Beethoven Warner " et Google vous guide ...
Je pense que je vais me laisser tenter, après avoir lu tout ce fil ...

15. Le mardi 13 juin 2017 à , par DavidLeMarrec

Bonsoir Luckas!

Merci pour cette excellente nouvelle. Voilà mon conseil qui prend tout son sens désormais. Vraiment une bonne fréquentation (parmi beaucoup d'autres, certes).

Vient aussi de paraître le début d'une intégrale par celui qui est mon pianiste chouchou dans Schubert, Chopin, et les quelques sonates de Beethoven dont j'ai entendu des bandes de concert… éloquence incroyable, sise sur une simplicité jamais virtuose en apparence, élégance et style… S'il joue ça comme d'habitude, alors l'intégrale de Giovanni Bellucci va régler toutes mes hésitations lorsque je dois choisir une intégrale des Sonates de Beethoven à écouter – dans les faits, j'écoute une fois sur deux les dernières par Peter Serkin sur Graf…

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David Le Marrec

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