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Siegfried oedipien

[...] κἀξ ὁδοῦ μ’ ὅ θ’ ἡγεμὼν
αὐτός θ’ ὁ πρέσβυς πρὸς βίαν ἠλαυνέτην.
Κἀγὼ τὸν ἐκτρέποντα , τὸν τροχηλάτην,
παίω δι’ ὀργῆς·
[...]
κτείνω δὲ τοὺς ξύμπαντας.


En écoutant un peu attentivement deux versions de l'acte II de Siegfried [1], nous songions.

Que ce Siegfried nous rappelait fort un autre personnage. Ignorant et irritable au point que tout voyageur un peu têtu ait à craindre pour sa vie. Aussi bien Fafner qui paie cher son refus de lui enseigner la peur que ce grand-père qu'il ne connaît pas, à l'acte suivant - sans doute le moment le plus touchant du Ring, où deux générations et deux mondes se rencontrent sans pouvoir se parler -, et qu'il outrage impunément, ayant sans le savoir le destin [2] et l'effondrement des pactes [3] de son côté.

Reprenons : le petit-fils abandonné, qui ignore que ce vieillard qui lui barre le passage avec insistance est son grand-père, se montre colérique jusqu'à le menacer de mutilation et même se battre contre lui, lui brisant le symbole son bâton de pèlerin et symbole de son pouvoir.

Evidemment, le parallèle est saisissant avec la confession à Jocaste :

Καί σοι, γύναι, τἀληθὲς ἐξερῶ. Τριπλῆς
ὅτ’ ἦ κελεύθου τῆσδ’ ὁδοιπορῶν πέλας,
ἐνταῦθα μοι κῆρύξ τε κἀπι πωλικῆς
ἀνὴρ ἀπήνης ἐμβεβώς, οἷον σὺ φῄς,
ξυνηντίαζον· κἀξ ὁδοῦ μ’ ὅ θ’ ἡγεμὼν
αὐτός θ’ ὁ πρέσβυς πρὸς βίαν ἠλαυνέτην.
Κἀγὼ τὸν ἐκτρέποντα , τὸν τροχηλάτην,
παίω δι’ ὀργῆς· καί μ’ ὁ πρέσβυς ὡς ὁρᾷ
ὄχον παραστείχοντα, τηρήσας μέσον
κάρα διπλοῖς κέντροισί μου καθίκετο.
Οὐ μὴν ἴσην γ’ ἔτεισεν, ἀλλὰ συντόμως
σκήπτρῳ τυπεὶς ἐκ τῆσδε χειρὸς ὕπτιος
μέσης ἀπήνης εὐθὺς ἐκκυλίνδεται·
κτείνω δὲ τοὺς ξύμπαντας.

N'ayant pas le loisir de s'appliquer à cet exercice, on se repose sur cette traduction anonyme glanée sur la toile (tout à fait exacte).

Et à toi, femme, je dirai la vérité. Au moment où, suivant ma route, je m'approchais du croisement des deux chemins, un héraut, puis, sur un chariot attelé de pouliches, un homme tout pareil à celui que tu me décris, venaient à ma rencontre. Le guide, ainsi que le vieillard lui-même, cherche à me repousser de force. Pris de colère, je frappe, moi, celui qui me prétend écarter de ma route, le conducteur. Mais le vieux me voit, il épie l'instant où je passe près de lui et de son chariot il m'assène en pleine tête un coup de son double fouet. Il paya cher ce geste-là! En un moment, atteint par le bâton que brandit cette main, il tombe à la renverse et du milieu du chariot il s'en va rouler à terre - et je les tue tous...

(Sophocle, Oedipe-Roi, vers 800 à 813.)




Bien entendu, quelques nuances s'imposent. L'un des deux personnages connaît le lien qui les unit - ce qui ne rend son humiliation que plus pathétique. Et précisément, on n'est pas seulement touché par le 'crime' d'impiété du jeune homme [4], mais plus encore par la bienveillance de toujours, ici impuissante, de Wotan à son égard. La jouissance devant ce petit-fils vigoureux et libre, et par là même promis par les oracles à la fondation d'un ordre nouveau [5] ne correspond pas à Laïos l'ivrogne qui viola sa femme et exposa son fils par crainte. Contrairement à Wotan qui se prive de la présence de ce qu'il aime jusqu'à cette rencontre tant espérée (et si déceptive), Laïos l'a fui [6]. Le récit d'Oedipe n'est d'ailleurs chargé que de la crainte sourde du crime, aucune trace d'affectivité plus tendre.




Il n'empêche cependant que ce parallèle évident de la rencontre familiale insue et violente a quelque chose de fécond à creuser entre les deux ensembles mythiques : outre les phénomènes d'inspiration, dans les structures mêmes de représentation.

Notes

[1] Une version lumineuse et joyeuse, limpide orchestralement, dirigée par Edo de Waart, l'un des chefs privilégiés des Gezeichneten et d'une manière plus générale d'un répertoire germanique plutôt tardif. Avec une distribution de rêve : Eva Marton, Hanna Schwarz, Helmut Pampuch, René Kollo, Walter Berry, Thomas Stewart (San Francisco 1985, jamais publié). L'autre, le second Ring publié de Furtwängler en 1953 en à la RAI de Rome (Martha Mödl, Margaret Klose, Julius Patzak, Ludwig Suthaus, Alois Pernerstorfer, Ferdinand Frantz) ; au contraire très tendue et sombre, mais sans nulle opacité ni approximation (contrairement au Crépuscule de la même session.

[2] Dont nous avons appris les arrêts à la scène précédente, lorsque la devineresse Erda, à bout de son savoir sur ce monde qui disparaît, est remplacée par la vision prophétique du profane Wotan-Odin.

[3] Symbolisé par la rupture sans difficulté de la lance aux runes, vermoulue.

[4] Ce ne sera pas, significativement, ce qui pèsera comme une malédiction sur Siegfried pour la suite.

[5] Avec tout ce que peut comporter de troublant, voire d'indisposant, l'idée de l'avènement d'un monde meilleur par l'union du même au même - contrairement à ses sources originales, Wagner en fait le fils de jumeaux incestueux. Sans même convoquer les idées de pureté de race qui quelques décennies plus tard rendront l'univers idéologique du Ring aisément récupérable, on se trouve peu mal à l'aise avec cet étrange postulat, au delà même de la prohibition de l'inceste.

[6] Et dans le même mouvement le retrouve ; structure typique qu'on retrouve par exemple dans la relation Acrisios / Persée, mais qui prend son expression la plus extrême et la plus violente dans le mythe d'Oedipe. Parce que chaque pas pour s'éloigner du crime y mène ; parce que le geste du meurtre n'est pas accidentel - un voile un instant jeté sur la raison par la Nécessité de l'accomplissement des destins.


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Commentaires

1. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par jdm

Evidemment (on a remarqué que jdm commençait volontiers ses phrases par évidemment), si on convoque Siegfried, Oedipe et des hiéroglyphes, je me sens interpellé (ou un tiers pelé, comme il est parfois dit dans les salons), mais en ce moment, il faut me laisser du temps...

[tu as un message qui doit encore flotter à la surface du puits]

2. Le jeudi 6 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

[Non, je n'ai rien depuis ma dernière réponse. Apparemment, il y a des grumeaux dans les tuyaux chez Ilyad, comme tu le disais.]

J'attends impatiemment ta proposition de traduction en vers.

3. Le vendredi 7 décembre 2007 à , par Beckmesser on the Beach

Salut la jeunesse !

Soyez gentils, ne tapez pas Oedipe, mais Œdipe (taper o en enfonçant la touche Clavier sur Mac).
Cela blesse mes yeux sinon. Et puis Oe, qu'est-ce que c'est moche…

Ah, et puis aussi, je rappelle qu'on ne prononce pas Eudipe mais Édipe.
Œ =é ; ŒU = ö
D'ailleurs dans les éditions anciennes jusqu'au XVIIIe siècle, le nom du fiston à sa bobonne est écrit généralement Edipe.

Voilà. C'était juste pour égayer cette forêt de symboles. Car moi je sais faire de la pâte à crêpes sans grumeaux. Et toc !

4. Le vendredi 7 décembre 2007 à , par jdm

slt dav tro cool ton sit on en koz o bahu l1di oj jfai la bleu pr le mat g 1 copin en s en + phisic l es tro bi1 lol

[tiens moi au courant pour les courriers : le premier est bien parti, il annonçait le second qui partira avant Pâques et même avant midi - je ne sais pas pourquoi je parlais de Pâques, ça doit être une histoire d'œufs]

5. Le vendredi 7 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

C'est pas un peu fini, là-dedans !

<mode mauvaise foi attaque en rafale on>

Il existe pour les gens civilisés qui acceptent de verser leur obole à Microsoft un utilitaire qui permet d'obtenir tout cet attirail de gadgets, guillemets français, accents sur les majuscules, etc. Mais j'ai toujours eu peur que ça me fiche en l'air les ø norvégiens, les ł polonais et les ấ vietnamiens qui sont déjà souvent à la peine. C'est autrement plus important, non ?

Et puis d'abord on perd suffisamment de temps à la mise en forme, ce n'est pas un cours de typographie ici ! Bientôt on viendra nous réclamer les espaces fortes à taille règlementaire...

Si on postule que le langage sert avant tout à communiquer du sens, la révérence excessive devant les coquetteries est contre-productive. Ce qui est un peu différent pour le respect marqué aux langues étrangères, qui permet de les prononcer à peu près correctement (en fait, c'est surtout que ça nous amuse par ici). Mais le français, vous êtes d'un banal...

Bien, pour Οἰδίπους, je puis vous passer en cuistrerie (et contre-toc), mais prononcer "Edipe", bien qu'exact, est tout de même de la dernière affectation. Tout au plus valable devant un jury d'agrégation pour les disciplines concernées (c'est plein de profs ces trucs à ce qu'il paraît). Et figurez-vous que j'en connais qui revendiquent Edipe et prononcent obstinément Glück pour ne pas faire cuistre. Oui, parfaitement, on marche sur la tête, Madame Michu.

<mode off (oui, il vous est réservé, n'est-ce pas adorable ?)>




Quant à toi, (beau soldat) Jdm.

6. Le samedi 8 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Un rapport alarmé en coulisse me fait remarquer l'esthétique du bazooka de mon dernier commentaire, que les balises <mauvaise foi> n'ont manifestement pas totalement déminé.

Donc à tout hasard, pour éviter tout quiproquo fâcheux : c'est de la mauvaise foi, donc à prendre comme telle, avec la distance et le mépris nécessaire. Ce (très) vilain tâtillon de B on the B a bien sûr raison sur le fond, je ne voudrais surtout pas briser notre belle porcelaine de Sachs.

7. Le dimanche 9 décembre 2007 à , par jdm

Au commencement, lire le texte.

N'ayant plus la compétence nécessaire et suffisante pour s'appliquer à une traduction personnelle, on propose, en miroir, celle de Victor-Henri Debidour (à qui l'on doit une belle transcription d'Aristophane), Les Belles Lettres, 1976, et on se limitera à un commentaire comparé [en quelques notes].

Il s'agit seulement de lire un récit, sans négliger l'original, sans prétendre annoter la littéralité d'un texte ou de l'autre.

A toi, femme, je dirai toute la vérité : [juste effacement du Καί] [toute la vérité = meilleur] cette bifurcation [plus juste même si plus recherché que "croisement"] sur la route, j'en étais tout proche, j'allais mon chemin, lorsque voici un héraut, puis, traîné par des pouliches, un chariot où avait pris place un homme tel que tu me le décris. [on préfère "tout pareil à celui que tu me décris"] Ils venaient à ma rencontre. Le cocher, [bien meilleur que "guide"] et le vieillard lui-même, prétendaient me faire vider la route, [m'écarter de ma route ?] brutalement. Moi, celui qui me bousculait, le conducteur, je lui donne un coup, j'étais furieux. ["furieux", excellent] Le vieux me voit, guette [bien mieux que "épie"] le moment où je longe [où je passe ?] la voiture, et en plein sur la tête, d'en haut, me frappe d'un aiguillon à double pointe... [plus recherché, meilleur] Il l'a payé, et pas au même prix ! Je fonce : sous un coup de gourdin signé [excellent] de cette main, à la renverse, du fond de son chariot, il roule aussitôt à bas. Et je tue tout le monde. [excellent]

Ensuite, comment commenter un commentaire excellent, une trouvaille, incluant déjà les contre-arguments possibles ?

On se permettra de suggérer un rapprochement avec Jean Cocteau, Le Testament d'Orphée.
Et d'autres en trouveront bien d'autres.

Pour les œuvres poétiques complètes de jdm, c'est en tribune libre

8. Le dimanche 9 décembre 2007 à , par Vartan

Ce qui me frappe et me renverse dans cette rencontre c'est l'aspect fécond qu'elle provoque en effet chez Œdipe (j'espère que vous aurez noté l'effort du œ). Cela libère en lui la pulsion épistémophilique, la pulsion de savoir qu'il ne peut plus maîtriser quelles qu'en soient les conséquences, aussi funestes puissent-elles être pour lui et les siens. Découvrir les énigmes de la Sphinge, les causes de la peste, du crime, de sa responsabilité... Laïos lui ne sait rien et ne veut rien savoir, croit stupidement qu'il a facilement détourné les arrêts de Phœbus (vous avez vu, je recommence), son fils propose une nouvelle approche de la responsabilité, de la connaissance. Siegfried manifeste l'évolution inverse, régressive, face à un "père" savant mais de plus en plus impuissant, il agit de plus en plus, pense et doute de moins en moins ce qui favorise la catastrophe finale. Toutes les perches qui lui sont tendues, il les repousse, ne veut rien connaître, cultive une naïveté des plus coupables pour le camp qu'il défend. Il est absolument insupportable, source du chaos.

9. Le lundi 10 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Jdm :
Ensuite, comment commenter un commentaire excellent, une trouvaille, incluant déjà les contre-arguments possibles ?

Je m'en dispense en effet devant la virtuose démonstration.

On se permettra de suggérer un rapprochement avec Jean Cocteau, Le Testament d'Orphée.

Désolé, Monsieur, ici on ne travaille qu'avec des produits de qualité.


Ce qui me frappe et me renverse dans cette rencontre c'est l'aspect fécond qu'elle provoque en effet chez Œdipe (j'espère que vous aurez noté l'effort du œ). Cela libère en lui la pulsion épistémophilique, la pulsion de savoir qu'il ne peut plus maîtriser quelles qu'en soient les conséquences, aussi funestes puissent-elles être pour lui et les siens. Découvrir les énigmes de la Sphinge, les causes de la peste, du crime, de sa responsabilité... Laïos lui ne sait rien et ne veut rien savoir, croit stupidement qu'il a facilement détourné les arrêts de Phœbus (vous avez vu, je recommence), son fils propose une nouvelle approche de la responsabilité, de la connaissance.

Je me doutais bien que ton intérêt pour Sophocle te mènerait à rebondir avec de nouvelles pistes. :)
Mais je ne suis pas certain qu'il veuille savoir - puisqu'il occulte et nie largement. L'orgueil en tient lieu si besoin.


Siegfried manifeste l'évolution inverse, régressive, face à un "père" savant mais de plus en plus impuissant, il agit de plus en plus, pense et doute de moins en moins ce qui favorise la catastrophe finale.

A-t-il jamais pensé ?

Je m'émerveille toujours de la construction pourtant voulue comme positive de cet écervelé violent. Jusqu'à prénommer son fils Siegfried, le père Richard, il avait bien quelque affection pour le personnage. Fils qui fut au contraire une continuité musicale du père...

Mais il est vrai que le doute (la peur, puis la première femme rencontrée) est totalement exclu une fois Siegfried clos. Cela dit, c'est nécessaire aussi avec le philtre, métaphore habituelle du « coup de foudre », qui dispense de toute nécessité psychologique, en fin de compte. Je trouve toujours ces situations de mensonge forcé ou d'envoûtement très insatisfaisantes dramaturgiquement.
Et considérant le caractère de "concrétion" plus ou moins heureux de ce Götterdämmerung, mêlant Nibelungenlied et Ragnarok, avec de grosses entorses pour coller à la vision du monde wagnerienne, forcément, la cohérence ou le développement psychologique du personnage ne sont pas les priorités.

Je préfère nettement le propos de Sigurd, qui présente de façon beaucoup plus troublante, au demeurant, Hilda-Gutrune comme la première aimée - même sous philtre. C'est à elle que se destine le seul air de Sigurd, rêvant avant le combat qui doit lui faire obtenir Brunehild. Avant qu'en fin de compte Brunehild ne le désenvoûte. Ce qui place les deux rivales sur un plan d'égalité plus net, et met en scène des tourments intérieurs plus riches, moins monolithiques.

Evidemment, comme tu l'avais souligné autrefois, on est d'abord frappé par les désirs mortifères qui s'emparent des personnages dans Götterdämmerung - particulièrement si l'on écoute Furtwängler. :-)


Toutes les perches qui lui sont tendues, il les repousse, ne veut rien connaître, cultive une naïveté des plus coupables pour le camp qu'il défend. Il est absolument insupportable, source du chaos.


Ah pour ça, oui, il est casse-pieds. Coupable, ce n'est pas l'intention de Wagner ; et je ne suis pas sûr que ce soit la réalité du personnage ; même si, envoûté ou pas (la bonne excuse !), il devient antipathique par sa trahison, et qu'on est au fond privé de héros dans ce dernier volet (Brünnhilde étant devenue femme et donc essentiellement passive). La plus longue part revient, significativement, à Hagen - concernant la durée des rôles. Voilà qui laisse à penser sur la part du chaos, en effet !

10. Le lundi 10 décembre 2007 à , par jdm

Rien compris ???

Tu te commentes toi-même ?

Dès le début : le commentaire excellent, c'est le tien dont je parlais.

Jean Cocteau, Le Testament d'Orphée
Désolé, Monsieur, ici on ne travaille qu'avec des produits de qualité

c'est du même nième degré ? sinon, monsieur, tout est fini entre nous, malgré que [c'était pas Cocteau, c'était Gide] j'ai répondu à votre demande subliminale qui doit se noyer dans votre puits avec quelques lutins désespérés.

;)

11. Le lundi 10 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Ah, pardon, je croyais que tu parlais, en toute logique, du tien. :-)


c'est du même nième degré ?

Pas à tous les coups. :)


j'ai répondu à votre demande subliminale qui doit se noyer dans votre puits avec quelques lutins désespérés.

C'est bien possible... j'ai reçu par ailleurs quelques signaux de détresse.

12. Le lundi 10 décembre 2007 à , par jdm

en toute logique

--- tu cites ton article.

Le pardon ne suffit pas !

Il faut aller à Canossa !

[je crois que nous ne l'avions pas encore faite, celle-là]

[[toujours au service de ton référencement]]

13. Le lundi 10 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Je ne vois pas où je cite mon article, je cite ensuite Vartan (j'ai omis de signaler le moment où l'interlocuteur change) ?

Et il est trop tard pour prendre le dernier train.

14. Le mercredi 12 décembre 2007 à , par Vartan

Mais je ne suis pas certain qu'il veuille savoir - puisqu'il occulte et nie largement.



Je ne pensais pas à une simple dénégation (volontaire) mais à un véritable déni dès le début, un refus situé hors de sa conscience. La pulsion de savoir, en révélant l'horreur de son histoire, mène à la tragédie. Son psychisme avait bien compris l'intérêt de cacher tous ces tourments inavouables. Inceste, viol, abandon, cannibalisme, sadisme, un cocktail suffisant pour détruire une demi-douzaine de familles. Ce déni se transforme, en effet, en dénégation consciente au fur et à mesure des révélations, en cela sa pensée croît, la connaissance à un coût mais libère également, rend autonome et capable d'influer sur le cours de son destin, il renonce à la royauté et abandonne Thèbes au profit d'une errance, il fait l'expérience de la liberté de penser.

Siegfried est ausi porteur de ces horreurs, mais l'organisation plus simple, plus archaïque de sa pensée, celle de ces légendes germano-scandinaves, mettent hors champ cette discussion je trouve, ni déni, ni dénégation, pas de profondeur autre que celle que l'éxégète peut rechercher. Le déni (inconscient) ne fait que se renforcer, comme chez la plupart des autres personnages d'ailleurs et ficèle les forces vitales qui pourraient oeuvrer ici. La pulsion de mort se retrouve libre d'agir sans entrave.

Si Œdipe ouvre la voie intrinsèquement vers une vision dynamique du psychisme (avec toutes les utilisations fécondes qu'il à autorisées), Siegfried l'envoie dans une impasse.

15. Le mercredi 12 décembre 2007 à , par DavidLeMarrec :: site

Je ne doutais pas que tu avais quelque explication plus développée dans la besace à ce sujet. Je te remercie. :-)

Et d'autant plus qu'elle n'est pas forcément compatible avec celles que je propose, ça ne fait qu'enrichir les possibles !

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