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Le défi 2020 des nouveautés – épisode 7 : Rule, Britannia, rule the (sound) waves


Quoique trop en balade (et au travail) pour nourrir proprement CSS, je n'ai pas cessé d'écouter de la musique ni de mettre des notes de côté pour l'observatoire discographique du site.

Petit bilan du mois écoulé. Nouveautés écoutées de ces dernières semaines.

Du vert au violet, mes recommandations.

♦ Vert : réussi !
♦ Bleu : jalon considérable.
♦ Violet : écoute capitale.
(Les disques sans indication particulière sont à mon sens de très bons disques. Dans les cas où je ne recommande pas forcément l'écoute, je place le texte en italique.)

Dans ce très vaste choix, j'ai tout particulièrement été ébloui par des contributions britanniques : la musique symphonique de (Richard) Bennett (par le BBC Scottish SO et John Wilson), les sonates violon-piano de Bowen et Ireland (par Tasmin Little), le Schwanengesang par Roderick Williams. Par ailleurs, Super flumina Babylonis d'extrême jeunesse de Fauré (et son Requiem dans une version particulièrement différente, limpide et aboutie) et les compositions de Sinigaglia, Wölfl, Dussaut, Groven ou C.P.E. Bach ont attiré mon attention.
Bonne chasse !




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WÖLFL, J. / CLEMENTI, M. / HUMMEL, J.N. / DUSSEK, J.L.: Piano Sonatas (The Beethoven Connection, Vol. 1) (Bavouzet) (Chandos)
→ Projet passionnant de remettre Beethoven en contexte, par un pianiste de renommée qui vient justement de livrer une intégrale Beethoven. Et l'on n'esst pas déçu du voyage : on connaissait les talents d'évocation de Dussek (sa grande narration pianistique figurative autour de la mort de Marie-Antoinette), moins ses sonates ; Clementi a eu aussi ses défenseurs (l'archistar Horowitz en glissait souvent dans ses programmes), et éclaire assez bien l'écriture des premières périodes de Beethoven (cette ardeur, ces arpèges en escalier).
→ Mais le grand prix de cet album provient surtout de Wölfl, où l'on retrouve non seulement l'énergie, mais aussi l'esprit de Beethoven, avec un langage original qui travaille très différemment le matériau thématique par rapport aux classiques précédents et aux romantiques suivants. Sonate en outre très belle et aboutie.
→ En termes d'interprétation, le piano moderne capté de près sonne un peu blanc et lisse à mon goût, le toucher de Bavouzet un peu dur (ce qui ne transparaissait pas du tout dans ses Ravel chez MDG, ni même pour ses Debussy chez Chandos). Mais la qualité d'exécution et l'intérêt du programme lèvent tout début de réserve.
Nielsen, Symphonies 1 & 2, Seattle SO, Dausgaard (Seattle SO)
→ Un brin déçu par ce cycle : réussi dans l'absolu, mais venant d'un orchestre aussi engagé dans la découverte, d'un label aux prises de son de qualité aussi excellente (ce qui est ici confirmé) et surtout d'un chef ayant démontré ces dernières années, sont goût des angles, je m'attendais à un Nielsen assez fouetté, plutôt proche de Göteborg-N.Järvi. Or, au contraire, c'est un Nielsen tout en rondeur, plus proche de Schønwandt (miam), Gilbert (bof) ou Vänskä (splendide). Beau, mais qui va dans le sens d'une écriture aux basses très mélodiques qui manquent un peu de fermeté de pulsation, de rebond – et que j'aime bien voir compensée par les interprètes.
→ Le mouvement lent de la Première est tout de même exceptionnellement allant et exaltant, d'un souffle proprement inouï.
Ervind GROVEN (c-1) : Symphonies Nos. 1 & 2 – Kristiansang SO, Peter Szilvay (ints-1)
→ Sorte de romantisme avec la légèreté de touche du néoclassicisme, très séduisant et frais !
Saint-Saëns Concerto 3,4,5 ; A.Kantorow, Tapiola Sinfonietta, J.Kantorow (BIS, 2019)
→ Vraiment lisse, malgré les couleurs que devraient apporter la captation BIS (or on perçoit surtout les cordes, comme trop souvent avec cet orchestre). Toucher immatériel très impressionnant, à peine effleuré mais très timbré ; résultat calme et doux, pas très efficace dramatiquement.
CPE Bach : Trios piano-cordes (Linos piano trio)

→ Il faut s'habituer au son des cordes non vibrées (avec piano, c'est toujours un peu inconfortable pour ma part), mais le corpus est absolument passionnant, à la naissance du genre, avec un piano très volubile qui échappe totalement au modèle initial de la Sonate en trio, véritablement les premières explorations d'un vrai trio pour / avec piano. (Et de très belles œuvres réellement nourrissantes, qui ont déjà un sens de la grande structure.)
Massenet – Thaïs – Wall, Staples, Joshua Hopkins ; Toronto SO, A. Davis (Chandos)
→ Le plus bel orchestre de la discographie, d'assez loin, enfin une version où les couleurs remarquables de cet Orient s'épanouissent à plein – dans l'esprit, on se rapproche enfin de Salome !
→ Vocalement une fête aussi : superbes voix très bien faites, personnelles, mordantes, et dans un français de très bonne qualité.
Lalo, Vieuxtemps, desenclos, Philippot : « Miroir ». Trio avec piano 1, Sonate alto… Daufresne (saxhorn), Alexandre Collard (Cor), Mathilde Nguyen (pia) (Klarthe 2020)
→ Quel instrument remarquablement moche que le saxhorn ! Mais belles œuvres, en revanche !
Kurzak « Desire »
→ Toujours voix impressionnante, et étrange méli-mélo des rôles très larges (Elvira d'Ernani) aux lyriques plutôt légers et assez haut placés (Micaëla), de toutes les langues (italien, français, tchèque, polonais, russe) des architubes italiens avec du Verdi moins courant, des standards slaves de Tchaïkovski et Dvořák aux (plus locaux) succès de Moniuszko…
→ De ce fait, le récital impressionne (surtout quand on connaît l'impact de cette voix en vrai, dont les moirures saturées fendent l'espace !), mais je n'ai pas eu la sensation qu'il construise autre chose qu'un récital. Pas d'histoires racontés, de singularités affirmées – en tout cas, je ne les ai pas senties. Mais c'est globalement inattaquable sur le plan vocal.
Schumann & Christian Jost , Dichterliebe – Stella Doufexis, Peter Lodahl, Daniel Heide, Horenstein Ensemble, Christian Jost (DGG 2019
→ Très belle relecture avec arrangement de ritournelles, pour accompagnement de nonette : quatuor, flûte, clarinette, harpe, célesta (et piano), marimba (et vibraphone). Ajoute un côté contemplatif / planant à l'américaine, comme dans un quatuor de Hillborg ou un opéra de Spears… Très plaisant ! (et remarquablement interprété)
→ Dichterliebe et les Eichendorff Op.39, dans leur version d'origine sont merveilleux par Stella Doufexis, qui les chante avec une fois qui semble venir des temps anciens, capiteuse et franche à la fois !
Lassus: Inferno ; Cappella Amsterdam, Reuss (HM)
→ Voix assez rondes (un brin de pâte non nécessaire), exécution au cordeau, très nette, plutôt allante.
Saint-Saëns & autres, Si j'ai aimé, Sandrine Piau, Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (2019) Bizet: Carmen Suite No. 1 & Symphony in C - Gounod: Petite Symphonie – Scottish Chamber Orchestra, François Leleux (Linn)
→ Carmen inhabituellement nerveuse (et en petit effectif), symphonie qui manque un peu de tension et d'enjeu pour moi – pas très séduit par les phrasés non plus (inutilement sophistiqués, souvent).
Debussy (Étude retrouvée, Charbon), Ravel (Menuet), Messiaen (À vue, Canyons, Fauvette), Boulez (Toccata, Notations, Éphéméride) – « French Piano Rarities » – Ralph Van Raat (Naxos)
→ Très bel ensemble de raretés (quel legs passionnant que celui de Van Raat !). L'Ardeur du charbon toujours aussi bouleversante, les oiseaux messiaeniques fascinants. Et cette étrange triade Prélude, Toccata & Scherzo de Boulez, dans goût déframenté mais pas du tout aussi épars que son style de maturité.
Belle interprétation dans l'ensemble, pas très convaincu par les Notations (toutes d'une pièce, alors qu'on peut vraiment jouer avec les strates comme dans la vertigineuse version Fray).
Beethoven – Folk Songs – Bohnet, Johannsen, Kimbacher… (Naxos)
→ Extraits des cycles irlandais, écossais, gallois et britannique, interprétés par de belles voix simples. Accompagnement un peu tradi / blanc, pas très dansant.
Fontana, Marini, Uccellini, Kapsberger… – Seicento ! – Onofri, Imaginarium Ensemble
→ Très bel ensemble de raretés généreuses, servies avec un violon droit et fin mais très expressif, et un ensemble remarquablement coloré et souple !
Haendel – airs « La Francesina  » (Iole, Dejanire) – Sophie Junker, Le Concert de L'Hostel Dieu
→ Seules deux (très belles !) pistes disponibles (sortie le 16 octobre !).
Somervell: Maud & A Shropshire Lad
Roderick Williams (Somm)
→ Sobre écriture fin XIXe, très bien servie évidemment par Roderick Williams.
« Clara - Robert - Johannes: Darlings of the Muses »
Wieck : Improvisations, Concerto. / Messieurs : symphonies n°1 — Gabriela Montero, Canada's National Arts Centre Orchestra, Alexander Shelley (Analekta)
→ Montero propose une interprétation très vigoureuse (virile, même) des Improvisations (animées) de Wieck. Étrange couplage entre les symphonies (bien interprétées) des Messieurs et le piano (dont le Concerto) de Madame.
Leone Sinigaglia, Œuvres pour quatuor n°1 – Archos SQ (Naxos)
→ Palpitations grisantes du Concert-Étude. Interprétation d'une rare richesse et fermeté de timbres, captée avec une lisibilité suprême.
Schubert – Der Schwanengesang
Beethoven – An die ferne Geliebte
Roderick Williams, Iain Burnside (Chandos)
→ Chaque mot a sa couleur propre, on n'a jamais aussi bien senti les inflexions de ces poèmes, l'immense diseur R. Williams, déjà le meilleur interprète de songs, frappe à nouveau, après sa Müllerin miraculeuse, dans le lied.
→ Un peu déstabilisé au départ par la postproduction étrange (la distance et la réverbération ne sont pas la même pour le piano et le chant, comme s'ils avaient été enregistrés dans deux pièces différentes…), mais l'on s'y fait. Un peu déçu aussi par Burnside, que j'avais toujours trouvé merveilleux jusqu'ici, et chez qui m'ont manqué un peu de fondu, d'inflexions et de couleurs, pour cette fois.
→ On n'a jamais aussi bien dit ce cycle, en particulier les Rellstab. Et le timbre, quoique doté de peu d'assise, reste très beau (et varié). Une des plus belles propositions pour ce cycle (selon les goûts bien sûr).
The Secret Fauré III : Super flumina Babylonis, Messe des Pêcheurs de Villerville (avec Messager), Prélude de la Passion, Cantique Racine, Requiem – BNeumann Ch, Basel SO, Bolton (Sony)
→ Un peu de toupet d'inclure le Requiem dans cette troisième livraison, toujours d'un niveau suprême d'exécution, et mettant en lumière des pépites écrasées par les corpus plus connus. Très recommandable !
Wagner : Die Walküre – Theorin, Westbroek, Kulman, Skelton, Rutherford, Halfvarson – BayRSO, Rattle (BR Klassik)
→ Distribution incroyable (les meilleurs pour ainsi dire, à commencer par Skelton et Rutherford, voix démentes et diseurs éloquents !), et en walkyries Simone Schröder, Alwyn Mellor, Anna Gabler, Jennifer Johnston, de très grandes dames qui tiennent aussi les premiers rôles dans ce répertoire, au plus haut niveau aussi bien en termes de salles que de résultat !
→ Direction pleine de transparence : les détails ne sont pas exaltés par la prise de son, mais la pâte laisse passer la lumière sous des liquidités de Debussy, ses reflets troubles en moins.
Bennett : Orchestral vol.4, concerto piano, Country Dances Book 1, Anniversaries, Troubadour Music – BBC Scottish, John Wilson
→ Concerto pour piano atypique et passionnant, un des plus beaux entendus jusqu'ici, Troubadour Music archaïsant très réussi, un superbe témoignage !
Donizetti: String Quartets Nos. 4-6 ; Pleyel Quartett Koln (CPO)
→ Toujours fascinant d'entendre Donizetti… composer. De beaux quatuors postclassiques (voire franchement haydniens), bien faits, qui n'ont pas encore la personnalité des derniers, mais déjà quelques tounures fugacement dramatiques (ou quelques frottements de secondes mineures très vivaldiens !) qui ne manquent pas de charme.
→ Superbe exécution sur instruments d'époque, au sein d'une discographie déjà riche (avec notamment le Kodály SQ et une précédente intégrale CPO, avec le Revolutionary Drawing Room !).
Dussaut & Covatti-Dussaut – Mélodies – González, Oyón (Audax)
→ Univers riche et frémissant, par une voix certes un peu large, mais témoignage passionnant qui donne envie d'en entendre davantage !

Jean Cartan – Mélodies – Boché, Tacquet-Fabre (Hortus)
→ Mélodies intimes, sophistiquées, presque sévères, par des deux des plus sensibles artistes actuels pour ce répertoire !
Les pièces pour piano m'ont, je l'avoue, assez peu impressionné : jolies harmonies enrichies, mais peu de réelles surprises, en particulier rythmiques, à l'exception d'allusions de jazz dans l'Hymne à Dante.

Bowen, Ireland, Alwyn, Brown, Coates – Sonates violon-piano – Tasmin Little, Piers Lane (Chandos)
→ Chefs-d'œuvre rarissimes et remarquablement habités !

Dubra: Symphony No. 2 & Mystery of His Birth – Liepāja SO, Lakstīgala (Skani 2020)
→ Mélodies simples, orchestre par masse, qui évoque les grandes boucles de Kancheli (avec un peu plus de lyrique) et les tintinnabulements de Pärt, de façon vraiment réussi. Il ne faut pas en attendre un discours sophistiqué, ni une progression, mais des atmosphères planantes ou de grands carillons, assez insinuants et persuasifs.
→ (Cette simplicité fait merveille dans la musique choral de Rihards Dubra, que je recommande vivement.)

Mayr : Le Due Duchesse, Franz Hauk (Naxos)
→ Opéra semiserio (sur un livret de Felice Romani !) à la veine mélodique limitée (comme d'habitude), mais beaucoup plus mobile que le Mayr scénique jusqu'ici documenté… et enfin servi correctement par un orchestre informé (et décent), ainsi que de très bons chanteurs.
→ Les scènes les plus dramatiques sont réellement réussies, en particulier le dernier quart de l'opéra, avec une réelle atmosphère et une très belle déclamation tendue.


commentaires nouveautés : rééditions

Verdi, Nabucco (extraits en allemand) – Synek, Lear, Kónya, Stewart, Talvela – Deutsche Oper, Stein (DGG)
→ Superbe interprétation très intense, qui traite vraiment l'orchestre de Verdi comme s'il était aussi riche que celui des autres grands du XIXe, et le résultat en est saisissant. Et voix incroyables.

(Dans les extraits retenus, il manque étrangement « Salgo già ».)

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Autres découvertes hors nouveautés :

autres nouvelles écoutes : œuvres autres nouvelles écoutes : versions


Atterberg: Suite No. 5, Op. 23, "Suite barocco" / Atterberg: Double Concerto in G Minor-C Major, Orebro ChbO ; Thord Svedlund (Danacord)
→ Pas très palpitant, surtout dans cette version empesée.
Siaint-Saëns concertos 1 & 2 :
Descharmes Malmö Soustrot
Rogé LPO Dutoit
→ La poésie de Descharmes dans la cadence liminaire du 2, pourtant démonstrative, c'est quelque chose.
Tippett: Concerto for Double String Orchestra ;
BBCSO, A. Davis (Teldec)
→ Assez morne. Mais mouvement lent planant réussi et final plus champêtre sympathique, malgré l'épaisseur de trait d'un orchestre à cordes.
Chabrier, Le roi malgré lui, AmSO, Botstein
→ Vraiment lent, distribution inégale malgré Goncalves en Fritelli. Décevant, mais comme les versions Bigot et Dutoit sont actuellement indisponibles, on est bien embarrassé pour disposer d'une version accessible et recommandable de ce chef-d'œuvre assez considérable !
Ólafur Arnalds (c-1), Island Songs, Nanna Bryndís Hilmarsdóttir (Mercury 2016)
→ Que du planant, mais Particles avec voix est du très joli folk minimaliste.
Franck Chasseur maudit, Scottish RNO, Tingaud (Naxos)
→ Pas très mystérieux (timbres, direction, prise de son), mais bien mené, sans pesanteur.

Psyché, même disque.
→ Toujours cette composition très fine, beaucoup plus française qu'à l'accoutumée.

, T.: Verbena de la paloma (La) [Zarzuela] (Ohio Light Opera), version anglaise (Albany)
→ Version anglaise de cet archi-standard de la zarzuela.
Arriaga: Orchestral Works, 1818-1824 ; Il Fondamento, Paul Dombrecht (Fuga Libera 2006)
Arriaga: Vocal Works, 1821-1825 ;Violet Serena Noorduyn, Robert Getchell, Mikael Stenbaek, Hubert Claessens, Il Fondamento, Paul Dombrecht, 2006 | Fuga Libera – bissé
→ Très belles versions sur instruments anciens des cantates et ébauches d'opéras (Herminie, Agar, Médée, Colone, Tante Aurore) et de la musique sacrée (O salutaris, Stabat).
Arriaga, symphonie en ré, esclaves, ouv en fa – Savall (Alia Vox 1994) – trissé
→ Dans cette symphonie, on entend passer la Deuxième de Beethoven (l'ouverture), Haydn (structure du mouvement), Rossini (formules d'accords), avec un naturel mélodique typique du premier romantisme. Excessivement touchant, surtout dans cette interprétation sur instruments anciens qui combine le meilleur de tous les mondes : couleurs très chaleureuses, relief du spectre, et pour autant aucun problème de legato ni de fondu. Tout à fait idéal.
Holliger: Scardanelli-Zyklus
par Heinz Holliger, Terry Edwards, Aurele Nicolet, Ensemble Modern, London Voices
→ Chœurs planants très bien prosodiés, frottements atonals mais splendide déploiement organique en tension-détente, très lié au texte.
STRAUSS, R.: Symphony No. 2 / Concertouvertüre (German Radio Saarbrücken-Kaiserslautern Philharmonic, Bäumer) CPO 2019
William Bennett : Sextuor piano-cordes (Naxos)
→ Joli post-brahmsisme.
Rimski Shéhérazade, CzPO, Válek (Supraphon)
→ Belle tension et timbres fins ! Violoncelles pas très justes dans le III.
Richard Bennett : Hickox vol.1 Partita, vieilles danses, mélodies anglaises.
→ Bien, mais pas du tout le nerf de la nouvelle version John Wilson.
Mahler 5 Birmingham Oramo
Rossini – Concerto pour basson – Accademia d'Archi di Bolzano (Arts)
→ Pas passionnant.

Puis Introduction et vars p clar. mieux (déjà essayé)

Puis variations hautbois en ut. Nettement plus raccord avec son style virtuose.
Vidéos : G&P stanislavski, schmiedt gent, rheingold amsterdam 2014, Pikovaya stanislavski, pikovaya gorchakova met, pikovaya mariinsky tat borodina…
Pleyel, Concerto pour basson et symphonies concertantes (CPO)
→ Sympa, de beaux alliages dans la symphonie avec flûte, hautbois, cor et basson. Moins passionnant sur la durée
tchaï lisitsa intégrale (testé aussi deux autres, Dynamic mal captée et nikova très bonne)

Tchaikovsky: Nutcracker arr. pia Taneyev par Michael Nanasakov (testé aussi claudio Colombo et Akira Wakabayashi, excellents également, plus nets)

The Nutcracker Suite, 4 Hands – Double Sharp Piano Duo
Vanhal, concerto en fa pour 2 bassons (+ 2 sinfonie), Umeå Sinfonietta, Saraste (BIS)
→ Volutes enchâssées qui ressemblent à un duo tiré de Così…
Sinfonie peu intéressantes.
Wieck : intégrale piano Grützmann (Hänssler)
Wieck : intégrale piano CPO (extts)
Wieck : intégrale mélodies Fontana CPO (extts)
Wieck : intégrale mélodies Naxos
Wieck : Maximilian Schmitt et autres
Wieck-Mendelssohn-Schindler : Högman (BIS)… quel disque !
Vivaldi, Concerto pour basson, Rie Koyama (lauréate musikwettbewerb 2012), chez Genuin.
Avec Pferzhim ChbO, Sebastian Twinkel (Genuin 2013)
→ Découvertes d'interprètes, de ce concerto précis aussi je crois, très réussi. (et véritable effort baroqueux avec clavecin très présent)
Wieck : soirées musicales (extts) sur le piano de Clara, Eugénie Russo.
→ que le nocturne est une parodie servile de Chopin !
→ Impromptu Op.9 sur l'hymne impérial de Haydn « souvenir de Vienne »
Richard Bennett : Orchestral vol.2, Concerto for Stan Getz (sax), Symphonie n°2, Serenade, Partita – BBC Scottish, John Wilson
→ Peu séduit par le Concerto, en revanche la Partita plus naïve mais généreuse dispense de très belles couleurs
Fauré : Requiem Op.48 : Michel Corboz
→ Lent, avec petits braillards très frémissants, très recueilli.

Fauré : Requiem Op.48 : Bonney Hagegård, Boston, Ozawa
→ Lent, avec petits braillards très frémissants, très recueilli.
Richard Bennett : Orchestral vol.1 : Concerto pour marimba, Symphonie n°3, Sinfonietta – BBC Scottish, John Wilson
→ Le concerto pour marimba évoque par moment From Me Flows de Takemitsu, avec ses bouts de gammes obstinés, traitemnent original là encore de la forme concertante, et qui s'adapte vraiment au caractère de l'instrument. La minuscule Sinfonietta de moins de dix minutes semble un pastiche (très réussi) des Fêtes des Nocturnes de Debussy !
Bruckner 7 mvt I
♦ Furtwängler berlin 42, accélérations organiques
♦ Giulini Vienne : très belles cordes précises, impressionnante filiation avec le dernier schubert
♦ Wand NDR : allant mais un peu large de trait
♦ Beinum : allant, mais surtout lyrique, pas très détaillé
♦ Inbal Tokyo Met : grande courbe lente et superbe
♦ Böhm Vienne : son beaucoup plus clair et nasal que les autres, assez univoque dans la conception
♦ Kabasta : allant, élancé, manque un peu de mystère
♦ masur : très lent, violoncelles pas beaux, belle progression infinie. choral du II un peu lisse (pas d'attaques de cordes)
♦ von Dohnányi Cleveland : bien, peu contrasté
♦ Wand, Berlin : orchestre somptueux, tempo allant, pas énormément de tension
♦ Wand Cologne : là aussi très bien, allant, mais pas un relief phénoménal.
♦ Keizberg Wiener Symphoniker : bel allant et construction organique
♦ Jochum Berlin
♦ Jochum Dresde
Eriks Ešenvalds Passion and Resurrection/Rihards Dubra Te Deum
→ Planant sympa.
Cherubini – Médée – Phyllis Treigle, Brewer ChbO, Bart Folse (Newport)
→ Sur instruments anciens mais assez mou. Ensemble tolérable.
Juri Tetzlaff: Hänsel und Gretel (music by E. Humperdinck) (arr. A. Tarkmann) (Helbling 2015)
→ Un conte avec fond sonore.
Debussy, Pelléas, Vienne 2017, Marelli, Altinoglu
→ Production géniale (les hors scène, Yniold mi-autiste mi-Chérubin…). Et puis Eröd, Schaer, Selig, Keenlyside !
Arrangements beeth 1,2,3,4,5;8 Egmont Beethoven 7, Maximianno Cobra
Mozart Requiem, Cobra
Schubert 9, Cobra (et samples !)
→ Là aussi 2x plus lent !
Beethoven, Symphonie n°1 pour SQ – Locrian Ensemble (Guild)
→ Fonctionne bien, réutilise bien les effets orchestraux

Beethoven, Symphonie n°1 pour vents – The Albion Ensemble (Somm)

Beethoven, Symphonie n°1 pour orgue (Heywood) – Thomas Heywood (Pro Organo)
Beethoven, Symphonie n°3 – Ensemble28, Daniel Grossmann (NEOS)
→ Acide de tout côtés, mais très vif.
VERDI / TARKMANN / MUZIO, Verdiana (Verdi in Arrangements) (Guber, Arte Ensemble de Hanovre) (CPO 2002)
→ Son aigrelet de l'ensemble (vents et cordes). Musique forcément un peu carrée, donne un côté militaire.
→ Et après inclut du chant, perd son intérêt – intéressant pour un concert dans une petite salle et à moindre coût, mais au disque, pas vraiment d'intérêt majeur, le chant écrase tout à nouveau… (et chanteuse pas particulièrement extraordinaire)
→ Dans le Luisa Miller, le son du quatuor geint un peu (malgré la belle qualité de discours.
Beethoven: Symphony No. 10 in E-Flat Major (realized and completed by B. Cooper) – Birmingham, Weller (Chandos)
→ Très opaque.

Beethoven: Symphony No. 10 in E-Flat Major (realized and completed by B. Cooper) – Czech Chamber Philharmonic Orchestra; Bostock, Douglas (ClassicO)
→ Hautbois qui joue trop bas, ouille. La partition ainsi réalisée n'est vraiment pas exaltante.
The Ring - Symphonic (Arr. for Orchestra by Andreas Tarkmann)
par Daniel Klajner, Nordwestdeutsche Philharmonie
Beethoven – Symphonie n°7 pour ensemble à vent – Les Vents de Montréal (ATMA)
→ Très chambriste, disjonctions du spectre. Intéressant !

Beethoven – Symphonie n°7 pour octuor à vent – Oslo Kammerakademi (LAWO)
→ Très symphonique (ces attaques éclatantes de cor !).
Haydn, Trio Hob. XV:14, Van Swieten Trio (Brilliant)
→ Délicieux adagio tout gracieux. (Cordes qui grincent un brin, il doit y avoir mieux, mais l'initiative sur instruments anciens est plaisante.)
Mozart, Marche en ré, Sénérade n°3, Sérénade n°13, Harnoncourt
→ Ni œuvres ni exécution passionnantes.
The Prodigy, The Fat Of The Land (XL 2012)
→ Ouille.

The Prodigy, Invaders Must Die (XL 2009)
→ Davantage de la musique de danse, moins sexuée, plus détendue, plus agréable. (Mais tout à fait hors sol pour moi.)
Mozart, Sérénades 10,11,12, COE (Teldec)
→ Saveur… et discours ! Splendide, en particulier la 12 très tendue…

Mozart, Sérénade n°10, Wiener Mozart Bläser, Harnoncourt (RCA 1982)
→ Ça joue faux avec un grain extraordinaire, un entrain terrible et une véritable poésie dans les mouvements lents. Épatant.

Mozart, Sérénade n°10
disco

Bruckner 9, esquisses du final, Olso PO, Talmi (Chandos)
Bruckner 9, final version Carragan – Olso PO, Talmi (Chandos)
→ Belles acidités, belle tension, et ce final est bien beau, dommage de l'ôter, et la VO fonctionne en réalité assez bien !

Bruckner 6, Suisse Romande, Janowski (Pentatone)
→ Fines nuances, orchestre un peu opaque, manque de fluidité sur la durée.

Bruckner 6,
¶ Wand / Munich PO (Profil)
¶ Wand / Köln RSO (RCA)
¶ Rögner / Berlin RSO (Berlin Classics)

Bruckner 2, Wand / Köln RSO (RCA)
→ Cor solo incroyablement à l'aise !

Bruckner 1, Wand / Köln RSO
→ Malgré le son (non sans une légère dureté, même si retravaillé par RCA en lui donnant de l'espace très agréable), une merveille élancée et naturelle, la symphonie se déploie sans jamais paraître traîner ou se contempler, un bonbon qui passe comme un songe !

Cherubini – Les Deux Journées – Beecham
→ Quelle direction vivifiante, quelle distribution de feu où le moindre second rôle brille par son timbre éclatant et son élocution exemplaire !
Contrairement au studio Spering, les dialogues sont enregistrés, ce qui change tout à l'intelligibilité et au rythme d'ensemble. On saisit enfin la saveur d'une l'œuvre qui a marqué son temps!

Bruckner 1 (survol)
¶ Wand / Köln RSO (très allant et convaincant)
¶ Janowski / Romande (pâte sombre)
¶ Venzago / Tapiola (très fin net)
¶ Sawallisch / BayRSO (battements très dramatiques et th B lyrique)
¶ Young / Hambourg (trait de cordes un peu large)

Bruckner 7, Ccgbw, Beinum (Music & Arts)
→ Très fluide, doux et poétique. Fonctionne très bien.



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réécoutes œuvres (dans mêmes versions) réécoutes versions


bliss enchantress finnie handley (et essayé rudolf schwarz, andrew davis) Chabrier, Le roi malgré lui, Pidò Lyon (bande France Mu)
Bowen, symphonie n°2, BBCPO, Andrew Davis
Moeran, Symphony in Gm, Bournemouth, Lloyd-Jones
Moeran, Sinfonietta, Bournemouth, DLJ
Nielsen: Symphonies Nos. 3 & 4, Seattle, Dausgaard
Gounod, Cinq-Mars, Schirmer d'Albert, Tiefland : fin du Prologue
versions Janowski, Schmitz, Rudolf Albert (int-1) avec aldenhoff (Walhall)
R.Strauss, Friedenstag, Sinopoli (partie la paix) Wagner, Die Meistersinger, Solti I (Vienne), Decca
→ Énergie motorique grisante et distribution superlative.
Lully, thésée, acte I – Legay, Novelli, Lannion, Immler ; Ambronay, Christie (vidéo hors commerce) Beethoven, Sonates 2 & 3, Say

Mahler 5 Stokholm RPO, Oramo

Mahler 8, Nézet Philadelphie
Méhul, Adrien, Vashegyi (Bru Zane)

et en particulier :
Méhul, Adrien, II, « Oui, vous voyez mon trouble extrême »
Cherubini, Médée, Fournillier
→ Superbe distribution et orchestre vraiment engagé et tempêtueux… Hélas Tamar gâche tout, difficile à supporter, cette pâte épaisse et presque cirée.
Méhul, Uthal, rousset (Bru Zane) Beethoven 9 Mackerras Enlightenment (Signum)
Méhul, Adrien, Vashegyi (Bru Zane)
Beethoven: Fidelio, Op. 72 (arr. A. Tarkmann) (excerpts):German Chamber Philharmonic Wind Soloists (Berlin Classics)
+ Nozze + Carmen



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Dans l'immensité des nouveaux disques à écouter que je n'ai pas mentionnés, il reste beaucoup de choix !

liste nouveautés : œuvres liste nouveautés : versions liste nouveautés : rééditions



Brandl orchestral CPO Fauré – Ballades, Nocturnes… Matvievskaya (Artalinna)
→ La notice est un fascinant guide d'écoute, aussi bien à travers les œuvres qu'à travers la cohérence interne du programme et du jeu de la pianiste – s'autorisant des exclamations admiratives qui, loin d'être de pure forme, permettent d'entrer dans la logique interne de ce récital exigeant.
DFD Edition Orfeo vol 2
Henze – Der Prinz von Homburg – Meister (Capriccio) tchaikovski ; symphonie n°4 ; pittsburgh, honeck Rudolf Schock Opera in German, Vol. 1 Rias-Kammerchor Und Rias-Sinfonieorchester
Kabalevski Préludes – Korstick, CPO brahms intermezzi sirodeau Beethoven Symphonies, Pittsburgh, william Steinberg (DGG)

→ Réédition volume par volume.
Górecki: Art Songs
Ewa Guz-Seroka
Penderecki – Passion selon saint Luc – (BIS) Tchaikovsky: Violin Concerto in D Major, Op. 35, TH 59 (Live Recording, Lausanne 1973) ; Igor Oistrakh
The Harp in the Vienna of Maria Theresa
Margret Köll
beethoven Sonates, Immerseel (Alpha) Brahms: Piano Concerto No. 1. Op. 15 (Live Recording, Lausanne 1978) ; Claudio Arrau
Un'Arpa Straordinaria: Italian Music of the 17th Century for Double Harp
Das kleine Kollektiv
Chopin sonate 3, mazurkas, geniušas
Aliotti: Il trionfo della morte
Les Traversées Baroques
haydn organ concertos ian quinn
Caldara: Works for Cello
Josetxu Obregón
Mendelssohn ; Walpurgisnacht ; Bernius (Carus)
Cyrillus Kreek - The Suspended Harp of Babel
Vox Clamantis
Schumann : Complete Works for pedal piano or organ
Daniel Beckmann

Bononcini: La conversione di Maddalena
La Venexiana
walküre duisburger PO, axxel kober
Arde el Furor
Diego Fasolis
Beethoven Symphonies Malmö SO, Robert Trevino
Carl Philipp Emanuel Bach: Empfindsam
New Collegium
London Calling
Amandine Beyer

Anna Clyne: DANCE - Edward Elgar: Cello Concerto
Inbal Segev
Barricades
Jean Rondeau

Emil Tabakov: Complete Symphonies, Vol. 5
Bulgarian National Radio Symphony Orchestra
1892 Reflections albéniz debussy grieg brahms
Uta Weyand



Nixon: Complete Orchestral Music, Vol. 3
Kodály Philharmonic Orchestra

rimski shéhérazade oslo v.petrenko
Rob Keeley: Orchestral Music Malaga Philharmon The Happiest Years ; Judith Ingolfsson
Skoryk: Complete Violin Concertos, Vol. 2
Andrej Bielow
Schumann, Cassadó, Fauré & Rachmaninoff: Works for Cello ; Denis Severin
Gál: Recorder & Piano Works
Sabrina Frey
mahler symphonie 9 ádám fischer
Gabriel Prokofiev: Concerto for Turntables No. 1 & Cello Concerto
Ural Philharmonic
Beethoven: A Chronological Odyssey ; Cyprien Katsaris
Roberto Sierra: Cantares, Loíza & Triple Concierto
Cornell University
Beethoven : The Piano Sonatas (Live) ; Andras Schiff
Sleeper's Prayer: Choral Music from North America
Choir of Merton College, Oxford
Schoenberg: Erwartung, Op. 17 & Pelleas und Melisande, Op. 5 ; Bergen PO, Gardner
Will Todd: Lights, Stories, Noise, Dreams, Love and Noodles The Bach Choir Haydn: String Quartets Op. 76 Nos. 1-3 ; Chiaroscuro Quartet
« Atonement » Caput Ensemble Tchaikovsky: All-Night Vigil & Other Sacred Choral Works ; Latvian Radio Choir
Smetana & Liszt: Piano Works
Miroslav Sekera
J.S. Bach: The Well-Tempered Clavier, Book 1, BWV 846-869 ; Trevor Pinnock
Heavenly Songes
La Quintina
Liszt, Schubert & Brahms: Works ; Christopher Park
Giovanni Battista Pergolesi: Stabat Mater, P. 77
Capriola di Gioia
Beethoven: Complete Piano Sonatas, Vol. 5 ; Konstantin Scherbakov
Façades
Andrew West (Somm)
Beethoven: Piano Concertos, Vol. 2 ; Inon Barnatan
ichmouratov symphonie chandos Beethoven: String Trios, Op. 9 Nos. 1-3 ; Trio Boccherini
Guastavino: Song Cycles
Letizia Calandra
Composing Beethoven ; Kilian Herold
Alessandro Scarlatti: Il Martirio di Santa Teodosia
Les Accents
Keyboard Variations ; Ewald Demeyere
Chinese Dreams
Lydia Maria Bader
R. Schumann: Waldszenen, Nachtstücke & Humoreske ; Zoltan Fejervari
menut les îles (HM) 90 Scriabin Complete Piano Preludes ; Daniel Pereira
Nebra Vendado es amor, no es ciego Beethoven: Complete Works for Fortepiano and Violoncello ; Nicolas Altstaedt
Bassoon Concertos - WEBER, C.M. von / BITSCH, M. / JOLIVET, A. / CRUSELL, B.H. (Plath, Deutsche Radio Philharmonie, McFall)
Label Genuin
Arion: Voyage of a Slavic Soul ; Natalya Romaniw

BYRD, W.: Keyboard Music (William Bird and Japan) (Emi Nakamura)
Label le petite dis
Chroma ; Matthieu Stefanelli
AHO, K.: Chamber Music - Prelude, Toccata and Postlude / Lamento / Halla / Violin Sonata (Chamber Music) (J. and P. Kuusisto, Peltonen, Fräki) Care pupille ; Samuel Marino
Carlisle Floyd: Prince of Players ; Keith Phares Saints inouïs ; Ensemble Scholastica
Lindberg: Accused & Two Episodes ; Anu Komsi Mirabile mysterium: Choral Music for Christmas ; Sächsisches Vocalensemble
Melchior Franck: Geistliche Gesäng und Melodeyen ; Cantus Thuringia Sweet Dreams ; Varduhi Yeritsyan
Scharwenka: Chamber Music ; Laurent Albrecht Breuninger Brahms: Klavierstücke, Op. 76 | Rhapsodies, Op. 79 | Piano Sonata No. 3, Op. 5 ; Peter Orth
Bennett: Orchestral Works, Vol. 4 ; BBC Scottish Symphony Orchestra Intermissions ; Svetozar Ivanov
John Pickard: The Gardener of Aleppo & Other Chamber Works ; Gavin D’Costa Haydn: String Quartets, Op. 20, Volume 2, Nos. 1, 4 & 6 ; Dudok Quartet Amsterdam
Penderecki: Concertos, Vol. 8 ; Maciej Frackiewicz

Penderecki: Concertos, Vol. 9 ; Maja Bogdanovic

Pēteris Vasks: Distant Light, Piano Quartet & Summer Dances ; Vadim Gluzman

Paradeis, sonates « Paradiso Plays Paradisi » ; Anna Paradiso

Valls: Missa Regalis ; The Choir of Keble College, Oxford

Augusta Read Thomas: The Auditions

Caleb Burhans: Evensong (Bonus Version) ; The Choir of Trinity Wall Street

They that in Ships to the Sea down go: Music for the Mayflower ; Passamezzo

Steve Elcock: Orchestral Music, Vol. 2 Siberian Symphony Orchestra

Tcherepnin: My Flowering Staff ; Inna Dukach

Bellman: Am I Born, Then I'll Be Living ; Torsten Mossberg

Persichetti: Organ Music ; Tom Winpenny

Zimmermann: Violin Sonatas Nos. 1-3 ; Mathilde Milwidsky




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Commentaires

1. Le dimanche 7 juin 2020 à , par Mefistofele

Bonsoir David !

De riches écoutes malgré un rythme soi-disant ralenti. J’ai moins joué au jeu des sorties également, entre cadences infernales (comme on peut s’en douter lorsqu’on travaille pour le Démon), moins de choses excitantes à mon goût et plus de rattrapage sur des “vieilleries”, parfois de l’an dernier, parfois bien plus anciennes. Pensez, on m’appâte avec des opéras anglais XIXe et des concertos pour violoncelle en simili-Dvořák. Comment résister ? Je m’excuse donc d’avance ma livraison allégée pour ce coup-ci.

Je commencerai par me joindre au concert de louanges pour une poignée de nouveautés répertoriées parfaitement enthousiasmantes : concerto de Bennett, sonates anglaises (surtout Alwyn et Ireland) par Tasmin Little, à rapprocher du superbe programme évoqué précédemment par Clare Howick ; pièces de Sinigaglia. Si le quatuor et les Variations me laissent réservé, le reste du disque est parfaitement réjouissant (le Concert-Étude, Hora Mystica et les 2 Characterstücke !!!).

Beaucoup plus circonspect sur Groven (probe mais pas palpitant) ou le Chasseur Maudit par Tingaud (en place et bien enregistré, mais où est la tension, l’atmosphère ?). La Psyché a l’avantage d’un son moderne et d’une concurrence faible.


Je note pour plus tard Elcock volume 2 que j’avais raté. Par contre, je peux badiner sur quelques pièces pas encore chroniquées…


Rimsky de Petrenko honnête et droit. Beaucoup de détails, moins de magie, cela se défend mais je trouve cela dommage pour Shéhérazade. Tellement de belles choses dans les versions anciennes... Kondrashin pour la magie, Stokowski pour le conte, Reiner pour le cinéma, Chalabala pour l'énergie, Svetlanov/URSS SO pour la noirceur...

Ichmouratov est drôle et plein d’allant, un côté cartoon assez appuyé. Agréable mais pas majeur.

Le programme Walton/Joubert du disque Façade est excellent ! J’ai retenu les Pièces nègres pour touches blanches très entraînantes.

Je me contenterai de dire que le disque Les Îles de Benoit Menut ne correspond pas à la musique que j’aime pour rester poli (ce fut, à titre personnel, une purge).

Le Gabriel Prokofiev m’a vraiment enthousiasmé ! Le concerto pour platine est bizarre mais très séduisant, donnant à entendre de multiples techniques de D.J. Quant au concerto pour violoncelle, il est noir et cinématique en diable, un régal !


Bonne continuation et au plaisir de vous lire !

2. Le lundi 8 juin 2020 à , par Mefistofele

Hop là !

J'ai eu le temps d'écouter une autre œuvre sur la liste, que j'ai beaucoup aimée mais qui m'étonne (car elle détone !) dans ce palmarès, à savoir la symphonie No. 2 de Dubra. Très planante, très cinématique, elle m'évoque avant tout Kancheli (les passages bruyants sonnent comme les climax de Styx, enfin le souvenir que j'en ai) et complètement la production japonaise pour les films d'animation ou le jeu vidéo. C'est en effet plus atmosphérique que construit, entêté sans être Glassant. Je suis curieux de sa production vocale. Un titre à recommander, peut-être ?

3. Le mardi 9 juin 2020 à , par DavidLeMarrec

Merci pour toutes ces nouveautés Mefisto !

Oh que si, rythme considérablement ralenti : je n'ai jamais, mis à part la première année de création, mis autant de distance entre deux notules que cette fois-ci !  Le Grand Confinement, ses enjeux professionnels et personnels, ainsi que l'appel du vert et des églises de campagne, ont tiré le meilleur de mon temps ces dernières semaines, je le crains.

Il n'empêche, sur un mois, j'ai quand même eu le temps d'écouter des choses, forcément, a fortiori en notre temps où il suffit d'appuyer sur un bouton pour écouter n'importe quel disque du fonds international !

Oui, moins de choses excitantes, je le trouve aussi… mais tout de même de quoi s'amuser un peu !

Groven correspond bien à mon goût, il y a parfois une prime chez moi aux musiques positives plutôt que celles menaçantes, méchantes ou désespérées. Sans doute un trait de caractère. Aussi, je suis parfois très séduit par des musiques plus sommaires (les enchaînements simples de Hamerik ne s'usent pas chez moi !), alors que d'autres, certes riches et que j'admire tout à fait, sont moins souvent programmées à cause de leur esprit de sérieux, voire leurs affects peu amènes – typiquement Bach, Bartók ou Pettersson.
Donc sa légèreté de touche, ses rebonds francs me suffisent pour leur lumière. Ce n'est pas grandiose en tant que tel, mais très bien réalité et accompagne très favorablement diverses tâches.

Le disque Franck de Tingaud, oui, je le mentionne surtout pour Psyché, à mon gré sa meilleure œuvre orchestrale, et dans un son et un style adéquats, tandis que la discographie n'en déborde pas. Je trouve le Chasseur très lisible, mais il est déjà très bien documenté et je l'écoute très rarement : il existe sans nul doute plus tendu et cravaché.

Shéhérazade-Rimski non plus, je n'écoute jamais ça… L'œuvre se répète tellement que lorsque j'en viens à bout, je ne recommence pas pendant plusieurs années… Donc je suis surtout revenu à Kondrachine, valeur sûre éprouvée de tous et de moi-même, effectivement particulièrement satisfaisant. Sinon, j'aime beaucoup Válek, très engagé à défaut d'être parfait dans la réalisation, et Immerseel (certes pas le plus souple agogiquement) pour les timbres. V. Petrenko est en général très intéressants (quels R. Strauss !), mais je n'ai pas eu le cœur de m'y replonger alors que je venais justement d'en faire ma première réécoute depuis 5 ans au moins…

J'avais beaucoup aimé le précédent volet Ichmouratov. Effectivement de la jolie musique de film, ça fonctionne très bien au disque aussi, sans, en effet, marquer un jalon incontournable.

Ah, j'espérais bien un retour sur Façades, qui m'intrigue beaucoup et que je ne vois pas quand écouter vu ma liste d'écoutes (qui s'allonge beaucoup plus vite que les écoutes elles-mêmes, à supposer que je ne réécoute jamais rien !).

J'ai apprécié la musique de chambre de Menut en concert. Quelqu'un qui écrit de la musique sur le fondement d'une prosodie imaginaire de poèmes en exergue m'intéresse inévitablement. Je suis donc curieux, et je voudrais soutenir l'une des quelques incursions ponctuelles d'Harmonia Mundi hors du grand répertoire ; mais là aussi… quand écouter ça vu la liste de priorité – et le catalogue de CPO qui prend davantage d'heures en une semaine que je ne puis consacrer à l'écoute musicale ?

Je note pour G. Prokofiev, merci !

Rihards Dubra, oui, tout à fait, on peut penser à Styx. Il dispose d'un gros catalogue de musique sacrée en latin, c'est jusque là le domaine où je l'avais entendu – femmes a cappella en particulier. Simple, mais assez évident et poétique, vraiment bien calibré pour l'exercice d'une musique sacrée suffisamment personnelle pour toucher, suffisamment accessible pour ne pas faire poser de questions pendant les extases mystiques – ce qui est en général le faible du Père Messiaen de la Couleur Fauve(tte).

4. Le mardi 2 février 2021 à , par Benedictus

Bonjour, David!
Je relisais cette notule pour voir en détail ce que tu disais du Schwanengesang de Roderick Williams: c'est ce que tu me recommanderais comme version prioritaire dans ce cycle? Ou bien il y en aurait d'autres qui seraient encore-plus-pour-moi? J'ai peu fréquenté le cycle, où j'ai souvent été déçu par mes habituels interprètes de prédilection.

5. Le mardi 2 février 2021 à , par DavidLeMarrec

Bonjour Benedictus !

Ce que je trouve de plus remarquable, verbalement, et en termes d'incarnation, c'est Bosch-Martineau (pas du tout notre type de voix, je sais).
Sinon, pour le feu, Hagegård-Ax est assez impressionnant (et sobre pourtant). Dans le même registre assez direct, refusant la sophistication, tu as, du plus sombre au plus aimable : Holzmair & Cooper, Shirley-Quirk & Bedford, R. Williams & Burnside.

Tout ça me paraît de très très haute volée, et susceptible de satisfaire nos tropismes communs (à vue de nez, je t'imagine plutôt sensible à Hagegård et à Shirley-Quirk qu'aux trois autres).

Même s'ils ne figurent pas parmi mes tout premiers chouchous, je me dis que des versions un peu roots et assez expressives, comme Schopper-Immerseel, Skovhus-Vladar ou Fassbaender-Garben devraient t'intéresser au minimum.

Que j'aime davantage, sinon, mais qui me paraissent un brin moins éloquents, tu connais sans doute déjà Padmore, Bostridge, Bauer, Groissböck, Genz, Ainsley-Rolfe-Johnson, Bär (je n'ose nommer Goerne-Brendel devant toi).

Enfin, pour du verbe nu (mais ce n'est presque plus chanté), tu peux essayer van Egmond avec Slowik…

N'hésite pas à me raconter !

6. Le mardi 2 février 2021 à , par Benedictus

Merci! Bien noté pour Hagegård-Ax (en plus, Ax accompagnateur de lied, ça rend curieux!) et Shirley-Quirk-Bedford - ainsi que les trois autres.

Fassbaender-Garben? Moi, j'ai Brigitte Fassbaender avec Aribert Reimann (chez DG), en fait la seule version que j'écoute de temps en temps.

Skovhus, je ne connaissais qu'avec Deutsch - et ça entrait tout à fait dans la catégorie «chanteurs que j'aime bien qui m'avaient plutôt déçu» - mais comme aussi bien Bär (un peu lisse, et Parsons bof), Genz (bizarrement capté), Bostridge (autant j'aime ses Schumann et ses Wolf, autant ses Schubert, bof), ainsi d'ailleurs que Haefliger et DFD.

(je n'ose nommer Goerne-Brendel devant toi)


Oui, le troll serait vraiment trop gros. Pourquoi pas Fleming-Trifonov ou Foster Jenkins-Sofronitzky, pendant qu'on y est?

Tu n'as pas sous le coude de truc déviant, dans le veine Nimsgern-Pflüger?

7. Le mardi 2 février 2021 à , par DavidLeMarrec

Dans mes notes, j'ai inscrit Fassbaender-Reimann (extraits) et Fassbaender-Garben. Or je vois qu'il existe bien un album Schubert avec Garben, mais consacré à des lieder davantage de jeunesse, et que le disque Reimann est intégral, mais coproduit par… Garben (qui ne joue pas pour autant). Bref, j'ai dû être victime d'un mauvais étiquetage numérique à un moment ou l'autre, je suppose. (De toute façon Reimann >> Garben.)

La version Skovhus-Vladar est récente et vraiment mûrie, assez anguleuse mais vraiment travaillée, si bien que je me dis que ce doit pouvoir te convenir. Oui, Bär et Genz un peu lisses (splendides tout de même, la version Genz reste une grande version, mais je ne te l'ai même pas recommandée, tu as vu), Haefliger et DFD sont en-dessous de leurs standards. Moi j'aime beaucoup Bostridge ici.

Du déviant, non, je n'ai pas vraiment ça (et de toute façon ce cycle est moins bien servi que les deux autres, moins de versions, et surtout moins de versions très personnelles).
Il y a tout de même Groissböck-Huber puisque c'est l'un des très rares disques de lieder avec une souplesse expressive chez une vraie basse, l'étrange partage Ainsley-Rolfe-Johnson+G.Johnson chez Hyperion. Surtout, c'est van Egmond (Schopper aussi, de mémoire) qui ne fait quasiment que chantonner, ce qui est plutôt inhabituel ici.
Mais rien de bien sale, contre nature et exaltant dans le goût de Nimsgern-Pflüger.

Bien sûr je n'ai pas mentionné Bauer-Immerseel, qui devrait beaucoup te plaire, mais je crois que tu as déjà testé.

8. Le mercredi 3 février 2021 à , par Benedictus

Je viens de me rendre compte qu'en fait, je n'avais pas écouté Bostridge dans le Schwanengesang, seulement Winterreise (avec Andsnes) et Müllerin (avec Mitsuko Uchida); vraisemblable d'ailleurs que ça me plaise sensiblement davantage. Rajouté à ma liste!

Bauer-Immerseel, non, je ne les ai entendus que dans Winterreise: j'ai l'impression que ce n'est plus disponible qu'en dématérialisé (tout comme Schopper-Immerseel et van Egmond-Slowik), alors qu'à l'origine, ça semble être sorti sous forme d'un coffret CD+DVD (en tirage limité? ça expliquerait qu'on ne le trouve même pas d'occase.)

Je viendrai raconter, bien sûr!

9. Le mercredi 3 février 2021 à , par DavidLeMarrec

Dans le Winterreise, la version Andsnes est assez lisse ; bien meilleur avec Drake ou même, récemment, avec Adès. Le Schwanengesang sied particulièrement à ses manières contournées.

Oh zut, tout ça est indisponible, désolé, pourtant ça t'aurait plu. Mais tu peux toujours allumer Deezer pour voir.

10. Le mercredi 3 février 2021 à , par Benedictus

Le Schwanengesang sied particulièrement à ses manières contournées.


Voilà: c'est exactement ce que je me disais a priori; en plus, c'est avec Pappano, dont l'accompagnement fonctionne toujours remarquablement bien avec Bostridge (Wolf, Requiem, The Pity of War), peut-être encore mieux que Drake, même.

11. Le jeudi 4 février 2021 à , par DavidLeMarrec

Oui, j'en ai le souvenir d'une épure très nette, comme toujours avec Pappano (moi j'aime davantage les intuitions plus fantasques de Drake, mais Pappano, avec son côté très droit, a sa séduction aussi).

12. Le mercredi 10 février 2021 à , par Benedictus

Donc, premier retour sur Schwanengesang:

Boesch / Martineau (Onyx): Forte réaction de rejet.
Je n’aime évidemment pas du tout la voix, compacte, tassée, d’un gris opaque et désespérément homogène. J’ai failli écrire que je ne voyais pas ce que tu lui trouvais de «remarquable, verbalement, et en termes d’incarnation», et puis je me suis souvenu que tu aimais Goerne - et de fait, il y a beaucoup de tropismes interprétatifs communs: les effets de suspendu-susurré à la place de la mezza-voce (à la limite du chichiteux dans Ständchen), une façon de surjouer la «véhémence» par une espèce de beuglé-engorgé très haché qui «crache» les consonnes (assez pénible dans Der Atlas) - et puis cette façon d’en rajouter dans le côté soôôôombre.
La grosse surprise aura été Martineau: lui que je connaissais surtout en mode tapisserie-Parsons, le voilà qui se met à avoir des intentions, et même carrément à expérimenter des trucs! (Rien que pour ça, il faudra que je réécoute.)
(En fait, en écoutant ça, je me suis dit que tu avais réussi à me refourguer un Goerne / Brendel de contrebande.)

Shirley-Quirk / Bedford (ASV): J’ai énormément aimé, ce qui était assez prévisible.
Comme toujours (mais je crois que c’est la première fois que je l’entends dans du lied), voix très sombre de timbre et avec de belles rugosités de textures (et quelles réserves dans le grave!), mais un verbe très direct (articulation très claire, émission un peu frontale) et une interprétation au plus près du texte, sans aucune afféterie, presque un peu brute de décoffrage. (Vraiment le genre de chanteur qu’il faudrait faire écouter aux barytons d’aujourd’hui - un peu l’anti-Boesch, en fait.)
Et l’accompagnement très droit de Bedford fonctionne au mieux. (En revanche, l’enregistrement m’a paru techniquement assez médiocre pour la date - 1976.)

Williams / Burnside (Chandos): J’ai bien aimé, mais quand même été un peu déçu.
Déjà, tout ce que tu signales quant au rendu sonore est particulièrement sensible, et même assez pénible au casque: pour ma part, je n’ai pas réussi à m’y faire. (Et je me demande d’ailleurs si l’impression un peu raide et monochrome de l’accompagnement - très surprenant pour ce qu’on connaît de Burnside - ne vient pas en fait de la prise de son.)
Quant à Williams, ce qu’il propose est effectivement magnifique, mais ne m’a pas paru aussi suprême que ce qu’il propose dans la mélodie de langue anglaise. En fait, comme tu l’as signalé, l’interprétation passe essentiellement par des effets de coloration vocale magnifiques (quel timbre magnifique, quelle richesse de couleurs, tout de même!), et articulés au texte avec une grande subtilité; en revanche, si la diction est en effet d’une grande exactitude, j’ai trouvé ça un peu frustrant en termes de déclamation expressive - presque lisse, en fait.
(Et puis, je ne sais pas si c’est de l’avoir écouté juste après Shirley-Quirk, mais j’ai trouvé la voix beaucoup plus fluette que dans mon souvenir.)

Holzmair / Cooper (Philips): L’excellente surprise!
Certes, il faut d’abord s’habituer à la voix - cet aigu très clair et ce grave comme évidé («baryton», sérieux?), cette émission très étroite et excessivement nasale, ce timbre plutôt acide… (Au demeurant, voix moche pour voix moche, j’aime bien mieux cette mocheté-là que la mocheté à la Boesch) Mais une fois que je m’y suis fait, et encore plus à la réécoute, j’ai vraiment beaucoup aimé la diction, nette et fine, et avec un très léger grain de terroir (autrichien); diction qui constitue l’outil d’un travail de déclamation particulièrement abouti - subtil, nuancé, peu spectaculaire mais d’une constante pertinence expressive.
Avec par surcroît l’éloquence et les magnifiques sonorités de l’accompagnement d’Imogen Cooper, voilà un disque auquel je reviendrai à coup sûr. (Et qui me donne envie d’essayer les autres grands cycles du répertoire enregistrés par le duo.)

Bostridge / Pappano (EMI): J’ai beaucoup aimé, ce qui était là aussi prévisible.
En effet, la versatilité expressive et le langage assez sophistiqué du Schwanengesang conviennent particulièrement bien aux manières de Bostridge. En fait, ce qui est assez surprenant, c’est que le côté sinueux et fantasque de l’expression vocale et verbale atteignent paradoxalement à l’effet d’épure que tu dis (en particulier dans les Rellstab - prévisiblement, les Heine les plus lourds sont un peu douloureux) - en fait, on sent (et encore plus à la réécoute) à quel point tout cela est pensé, concerté, mûri; et la rectitude de Pappano y contribue assurément.
Par ailleurs, je suis comme toujours assez admiratif de son allemand (à côté, celui de Shirley-Quirk semble presque approximatif, celui de Williams presque scolaire.)

J’attends encore de recevoir Hagegård / Ax et Skovhus / Vladar…

13. Le jeudi 11 février 2021 à , par DavidLeMarrec

Quel stakhanovisme !

Boesch & Martineau :
Pas surpris concernant la voix, un peu plus concernant ton appréciation de l'interprétation. Je ne suis pas suspect d'aimer ce genre de technique pourtant, mais je trouve qu'il en fait (ici, car dans le Winterreise j'aime clairement moins) quelque chose d'assez puissant en termes d'évocation. C'est possiblement le Schwanengesang le plus abouti que j'aie entendu, et c'est avec une voix que je n'aime pas !
Je suis aussi l'allé entendre en salle, même chose, vraiment charismatique et détaillé, pas du tout un gros bourrin.
Très différent, à mon sens, de la manière très musicale / plastique / ductile de Goerne, qui repose bien plus sur la nature de la voix et de l'émission, alors qu'ici Boesch prend les textes et l'incarnation à bras-le-corps. (Même si, en effet, le Schwanengesang de Goerne-Brendel me paraît magistral.)
Martineau a des approches extrêmement diverses selon ses partenaires. Des fois simple tapis en effet (bien plus tenu, toniqué et varié que Parsons, tout de même !), d'autres fois un réel partenaire. Je n'ai pas remarqué de cohérence en termes de répertoire et de partenaires, ça dépend vraiment des séances… il y en a beaucoup d'excellentes dans ses parutions les plus récentes.

Shirley-Quirk :
Pour la sobriété, on ne fait pas mieux en effet. Une valeur sûr dont ne peut pas vraiment se lasser, puisqu'il laisse parler le texte (musical) sans le forcer ni le surcharger. Voilà plus de 15 ans que je connais ce cycle, et je reste toujours aussi séduit ; davantage, même.

Roderick Williams :
Dans son genre délicat, je trouve ça vraiment réussi. Ce sont surtout sa Meunière et sa Ferne Geliebte que je trouve suprêmes, mais Chant du Cygne très habité et subtil. Oui, il sonne plus léger qu'en anglais, où il utilise des couleurs pharyngées plus viriles en soutien du reste – la voix est assez claire, haut placée, très bien projetée de salle mais pas du tout massive. C'est davantage un problème dans son Winterreise, où l'allemand est plus approximatif et où l'expression reste un peu prudente.

Holzmair :
Oui, « baryton ». (Même en opéra, et même en salle, on n'entend que les aigus, et le médium est minuscule, peine à passer la rampe…)  Un peu nasal, oui, ici c'est raisonnable (par rapport à ce que ça devient dix ans après), plutôt un bon équilibre malgré le côté ténor contrarié. Imogen Cooper toujours d'une élégance (et d'un timbre !) invraisemblables. En revanche, désolé de te décevoir, je trouve que ça fonctionne moins bien dans le Winterreise (qui est très bien, sobre, mais avec ce genre de timbre, A. Schmidt ou D. Henschel paraissent plus affirmatifs et à l'aise) ; on entend davantage la nasalité aussi. Et l'offre y est telle qu'il me paraît discutablement pertinent de passer du temps avec une version qui fait en moins bien ce qu'on connaît déjà.
Ce serait d'ailleurs le seul disque / la seule bande que je recommanderais vraiment de Holzmair, ce Chant du Cygne…

Bostridge-Pappano :
Moins fan que toi (je crois que j'aime davantage la sobriété de Padmore, et plus encore Rolfe-Ainsley), mais c'est réussi en effet, avec ces effets d'épure contournée, comme un vase Art Nouveau.

Hagegård, ça devrait vraiment bien fonctionner avec toi… (c'est un peu le timbre de Bär, mais avec une approche dramatique)

14. Le mercredi 3 mars 2021 à , par Benedictus

Retour en vitesse sur ma deuxième fournée Schwanengesng:

Hagegård / Ax:
C’est vraiment très enthousiasmant! Timbre lumineux avec d’extraordinaires couleurs vocales (vocalement, ça fait penser à un Bär extraverti) - et le piano n’est pas en reste! - et un engagement dramatique qui ne retombe jamais (parfois à la limite de l’histrionisme, dans Der Atlas ou Der Doppelgänger.) Et c’est plus enthousiasmant à chaque réécoute (en fait à la première écoute, c’est même un peu déstabilisant, entre le piano très en avant et l’accent assez prononcé.)

Skovhus / Vladar:
Assez typique du Skovhus de ces dernières années - une voix qui vieillit incroyablement bien, avec une façon de travailler le verbe par les textures vocales qui me plaît beaucoup, mais sans afféteries, avec au contraire quelque chose de très frontal, direct, voire rugueux dans la déclamation. J’aime beaucoup.

Bauer / Immerseel (en dématérialisé, donc):
Beaucoup de scories inhérentes au live. D’un côté, le genres de scories que j’aime bien: Bauer, dans son optique de diseur, prend de vrais risques, jusqu’à un point où l’élan déclamatoire, la décantation introspective ou la tension dramatique vont musicalement (et même parfois vocalement) au bord de la rupture (voire un peu au-delà.) Même chose d’ailleurs avec Immerseel, qui accompagne voire encourage les intentions de Bauer au point d’aller parfois dans le décor - ce qui est un peu plus gênant, ne serait-ce que dans la mesure où l’instrument est vraiment très mal capté (ça sonne très dépareillé et parfois voilé) - mais d’ailleurs, c’est aussi le cas avec la voix, qui semble par moments trop lointaine et par moments trop proche.
Même moi qui aime ce genre d’engagement verbal musicalement un peu sale et les plinks-plonks désaccordés, je trouve ça un peu frustrant par moments.

Sinon, réécouté Boesch / Martineau: en effet, c’est beaucoup plus verbal et moins musical que Goerne, mais il n’empêche que les posture vocales me semblent assez proches - mais je ne suis toujours pas convaincu par ce genre de charisme.

15. Le mercredi 3 mars 2021 à , par DavidLeMarrec

Quel héros !

Tout à fait d'accord avec tes impressions sur les trois – Bauer-Immerseel m'avait stupéfait en salle, mais moins impressionné au disque.

En salle, c'était tellement original et marquant que ça m'a un peu gâché le concert Gerhaher juste après (absurde idée de la biennale d'art vocal de la Philharmonie concentrée sur un week-end…). Gerhaher, pourtant ce qui se fait de mieux en matière de lied, paraissait tellement contourné après cette leçon de verbe pur et d'effacement derrière texte et musique… Hagegård, oui, c'est exactement ça… un Bär un peu extraverti. ^^

16. Le mercredi 3 mars 2021 à , par Benedictus

Oui: Hågegård comme un Bär plus extraverti - ça m’a frappé non pas tant sur le plan expressif (c’était un peu attendu) que sur le plan du timbre: vraiment des couleurs très, très proches, mais plus saturées chez Hågegård, qui semble les travailler par contrastes, là où Bär est tout en camaïeux et en nuances.

Sinon, pour ce qui est de l’héroïsme stakhanovien… j’en ai encore quelques-uns à écouter avant d’avoir à peu près fait le tour de ta sélection!
D’ici ce week-end, je tâcherai d’écouter les deux autres version uniquement disponibles en dématérialisé (van Egmond / Slowik et Schopper / Immerseel), réécouter mes versions de découverte (Bär / Parsons et Fassbaender / Reimann), et je devrais encore recevoir Padmore / Lewis ainsi que Groissböck / Huber. (Je ne devrais recevoir Genz / Dalberto et Ainsley & Rolfe-Johnson / Johnson qu’un peu plus tard.)

Bizarrement, ces écoutes intensives de Schwanengesang, loin de m’en dégoûter, m’ont au contraire fait considérablement réévaluer ce recueil. Finalement, je suis très sensible à cette espèce de genre un peu hybride (pas intégré comme un vrai cycle mais plus cohérent qu’un simple recueil), la dualité esthétique Rellstab / Heine, la versatilité des climats et, comme un fil rouge, cette façon qu’a Schubert d’y ruser avec son propre style, d’y subvertir l’expression mélodique comme la forme strophique… Je trouve ça finalement plus ouvert à différents angles d’écoute que Winterreise ou Müllerin.

Bon, et puis qui sait, peut-être un jour finirai-je même par tenter Goerne-Brendel (après tout, dans moins d’un mois, c’est le 1ᵉʳ avril.)

J’enchaînerai sans doute avec un cycle Winterreise, justement: j’ai réussi à dénicher d’occase pour trois fois rien certaines des versions que tu me recommandes depuis un bail: Allen / Vignoles, Krause / Djupsjöbacka, Araiza / Lemaire et Braun / Maule (ainsi d’ailleurs qu’un trio de versions rosbif-roots: Tear, Luxon et Partridge, ce dernier avec pianoforte); en revanche, j’ai un vrai problème avec Cold: c’est strictement introuvable - ça existe seulement en streaming sur Deezer (mais ça ne peut s’acheter nulle part en dématérialisé.)

17. Le jeudi 4 mars 2021 à , par DavidLeMarrec

Oui, pas du tout la même économie poétique entre les deux. Et comme tu le dis, Hagegård a des reflets un peu plus en gorge, peut-être ce qui caractérise leurs deux nationalités d'ailleurs, avec les rondeurs un peu voilées du bokmål par rapport à la franchise tranquille du suédois.


Ah oui, tu as trouvé certains de mes chouchous ! Pour les autres : j'avais été déçu par Partridge (bien, mais vraiment loin de la merveille de sa Meunière), Tear est vraiment capté tard, ce n'est pas bien beau. Luxon, de mémoire c'était excellent vocalement mais pas très frémissant. Ça fait bien quinze ans que j'ai écouté ces deux-là… souvenir assez précis de Tear, mais plus grand'chose de Luxon, je me trompe peut-être. Dommage pour Cold, c'est tout à fait différent du reste. Ça mérite de faire l'effort du flux.

J'attends avec gourmandise ton retour dans ce cas !

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David Le Marrec

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