Carnets sur sol

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Enregistrements, domaine public - VIII - Carl Maria von WEBER, Euryanthe - Stiedry 1955, Sutherland, Schech, Vroons, O. Kraus, Böhme

Puisque nous serons assurément tous affairés à écouter Mimi ce samedi dans la Louise de Gustave Charpentier, voici un petit peu plus tôt l’opéra de la semaine.

Après Marschner et Mendelssohn, nous poursuivons notre série du premier romantisme allemand un peu négligé sur les scènes avec Euryanthe, tout de même joué tous les ans ici ou là en Europe.

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Nous aurions volontiers fourni Oberon, mais la version libre de droits dont nous disposions était dans sa version traduite en allemand (lorsqu'on pense que Weber a appris l'anglais pour l'occasion...) et interprétée avec une mollesse décourageante, alors même qu'il s'agit d'une partition majeure du répertoire allemand de l'époque, bien plus palpitante encore que Freischütz ou Euryanthe.

[Au passage, la maison recommande pour Oberon, à défaut que soit publiée la formidable prestation, à la fois charnue et urgente, de Minkowski à Antwerpen en 1998, le disque Gardiner. Egalement en anglais, avec un très bon récitant, à défaut de dialogues ; toujours un peu froid et lointain, mais découvrant des sonorités hors du commun. Dans une atmosphère d'oratorio, une très grande réussite.]




La version de ce soir est dirigée par Fritz Stiedry, un chef accoutumé aux soirées du Met, aussi bien pour Don Carlo que pour le Ring. Alors même que son répertoire et ses lieux d'exercices le classent parmi les "chefs de routine", il se dégage généralement une certaine efficacité de sa direction, et c'est le cas ce soir.

Dans les noms la distribution, on reconnaître des troupiers allemands rompus à tous les répertoires dans leur langue : Marianne Schech, Otakar Kraus, Kurt Böhme. Certes pas des étoiles dont l'éclat nous éblouit encore aujourd'hui, mais des chanteurs solides.

Pour le reste, figure certes l'une de nos tortionnaires, Joan Sutherland, ogresse de tant de consonnes, détentrice d'une seule voyelle (et demie). Sévissant habituellement dans le dix-neuvième italien et français, le plus souvent avec son mari Bonynge, elle nous poursuit donc jusqu'en cet asile germanique. Avec un gazouillis un rien exotique.

En revanche, Franz Vroons, en Adolar, fait valoir un timbre irradiant, dans les mêmes verts bleutés qu'un Kónya. Avec cette ouverture singulière et douce qui caractérise certaines techniques de ténors avec un beau soutien.




L'oeuvre elle-même recèle de vraies beautés, à défaut de bénéficier d'un rythme dramatique très soutenu. En voici le livret. Pas de traduction française, mais vous pourrez aisément la trouver, ou en réaliser une ébauche à partir de traducteurs automatiques. Le but étant de donner une idée de l'oeuvre (ou de compléter votre collection d'interprétations).




En voici la distribution :

Euryanthe von Savoyen - Joan Sutherland (soprane)
Eglantine von Puiset - Marianne Schech (soprane)
Adolar, Graf von Nevers - Franz Vroons (ténor)
Lysiart, Graf von Forest - Otakar Kraus (baryton dramatique)
König Ludwig VI - Kurt Böhme (basse)
BBC Symphony Orchestra
BBC Singers
Fritz STIEDRY, 1955

Ouverture.

Acte I.

Acte II.

Acte III.


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Commentaires

1. Le jeudi 3 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

En vérifiant, je dispose du livret numérisé avec traduction française. Bien que son auteur n'en réclame pas de droits, comme elle n'est pas de moi et pas signée, je préfère la fournir par courriel sur simple demande. (Il suffit de remplir le champ "e-mail" de l'aire de commentaire.)

2. Le samedi 5 mai 2007 à , par Bajazet

Merci Majesté. Je vous ferai écho bientôt avec du Weber et Marschner instrumental, et même Der Wildschütz de Lortzing, reçu hier.

Il existe des extraits d'Euryanthe avec Mödl en Eglantine, mais ce sont des archives radio encore inédites. Ça date du début de sa carrière.

Pour Euryanthe, je recommande la version de la Radio de Vienne avec Maria Reining, inoubliable en Euryanthe. Direction un peu molle, Rössl-Majdan très engagée en Eglantine. C'est disponible sous plusieurs labels économiques : voir dans la caverne www.jpc.de
Sutherland, brrrr. J'ai du mal à voir ce qu'elle peut apporter à Weber, à part une aimable fraîcheur.

3. Le samedi 5 mai 2007 à , par Bajazet

Il faut avouer qu'Euryanthe est à peu près injouable en version scénique. Helmina von Chézy a fait très fort (si on peut dire !). Je n'ai vu qu'une production il y a 12 ans à Aix, et c'était pour le moins raté théâtralement. Tate dirigeait Meyer-Topsoe, Huffstodt, Thomas Moser et Andreas Schmidt.

4. Le samedi 5 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Le Wildschütz, ça doit faire très peur, c'est du fantastique, non ? J'imagine déjà les chorals fantômes. Barabam banbam banbam, ohe ohe huiiiiiiiiiiiiiiissa !

Pardon, je m'égare ; hinweg mit diesem, und gib uns Mödl los.

Et tu as entendu ça ?

La version que tu signales est disponible pour rien chez Cantus Classics en effet (4€ le double CD, si on se sert directement chez l'éditeur). Mais je dois avouer que Weber de façon molle, je ne peux pas.
J'imagine que tu as dû aussi écouter Borkh chez Giulini ?

Quant à Sutherland, elle peut apporter à Weber toutes les notes, ce n'est déjà pas si mal. C'est tout à fait écoutable, plus que son belcanto très fade, la musique ayant un peu plus de relief. Mais c'est comme d'habitude : aucune caractérisation, aucune consonne, pas d'engagement. C'est un joli hautbois. :)

5. Le samedi 5 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Euryanthe injouable ? On peut bien faire tenir du seria sur scène, alors en quoi Euryanthe... ?

Même Fidelio tient le coup - et ce n'est pas mieux !

6. Le samedi 5 mai 2007 à , par Bajazet

Injouable, c'est pas le mot. Mais ça n'a ni queue ni tête (la succession des scènes, c'est quand même "je navigue à vue et j'ai oublié ma lunette"). Fidelio est parfaitement solide théâtralement.

7. Le samedi 5 mai 2007 à , par Bajazet

« Le Wildschütz, ça doit faire très peur, c'est du fantastique, non ? »
>> Ne faites pas le grand dadais enfin ! Ça veut dire, le Braconnier. Vu ? C'est une comédie rurale et aristocratique (bien qu'un peu bourgeoise, hein), adaptée d'une pièce de Kotzbue. Avec des quiproquos assez dans l'esprit des Noces de Figaro, travestissements inclus. Le rôle de la Comtesse (mezzo) est un régal (c'était celui de Mödl dans une production berlinoise en 68) : aristo lettrée et un peu space, folle de l'antique mais pas comme Hölderlin : elle rassemble les paysans au château pour leur déclamer du Sophocle pendant que le Comte pelote la jeunesse. Voilà, je n'en suis qu'à la moitié mais c'est charmant, et le livret est vraiment ingénieux, avec des ressorts comiques variés. Bon, je ne vais pas non plus brûler mes cartouches : à suivre.

8. Le samedi 5 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Injouable, c'est pas le mot. Mais ça n'a ni queue ni tête (la succession des scènes, c'est quand même "je navigue à vue et j'ai oublié ma lunette"). Fidelio est parfaitement solide théâtralement.

Solide ! A condition, déjà, de laisser un minimum de dialogues. Ensuite, il ne se passe strictement rien, surtout pas au II - à la part le catéchisme.
Certes, c'est très cohérent.


>> Ne faites pas le grand dadais enfin ! Ça veut dire, le Braconnier.

Il ne faut pas s'énerver, comme ça. C'aurait pu, Lorzting avait déjà consacré une oeuvre un peu fantastique à un compositeur : Tsar et Zimmermann.


Vu ? C'est une comédie rurale et aristocratique (bien qu'un peu bourgeoise, hein), adaptée d'une pièce de Kotzbue. Avec des quiproquos assez dans l'esprit des Noces de Figaro, travestissements inclus. Le rôle de la Comtesse (mezzo) est un régal (c'était celui de Mödl dans une production berlinoise en 68) : aristo lettrée et un peu space, folle de l'antique mais pas comme Hölderlin : elle rassemble les paysans au château pour leur déclamer du Sophocle pendant que le Comte pelote la jeunesse. Voilà, je n'en suis qu'à la moitié mais c'est charmant, et le livret est vraiment ingénieux, avec des ressorts comiques variés. Bon, je ne vais pas non plus brûler mes cartouches : à suivre.

Nous suivrons, nous connaissons l'adresse.


P.S. : Tu as tenu pour la Voix, tu tiendras bien pour Louïse ?

9. Le samedi 5 mai 2007 à , par Bajazet

« Fidelio : il ne se passe strictement rien, surtout pas au II »
>> Tu t'es vu quand t'as bu ?


J'esquive la retransmission de Louise, j'ai trop peur. De toute façon, je suis contre l'amour libre.

10. Le samedi 5 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

On ne mélange pas le travail et l'alcool.

Entendu en partie. Je n'ai jamais entendu, à ma grande surprise, Paul Groves aussi rayonnant.

Peu entendu Mireille, ça semblait proche de sa Voix Humaine : intelligent, mais pas non plus bouleversant vocalement. Il faut dire que lui confier des rôles de grand lyrique derrière l'orchestre de Cambreling à Bastille est une drôle d'idée. On m'a dit qu'on l'entendait mal...

Ce que j'ai entendu ne craquait pas. Bel orchestre de Cambreling, épais bien sûr, mais très lisible. Et, décidément, les prises de son FM[s] s'améliorent. C'est en boîte, alors nous saurons.

11. Le dimanche 6 mai 2007 à , par Bajazet

Aaaaaaaaah, je suis heureuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuseuuuuuuh !

(Oui, je me répète, mais la nuit il y a des rediffusions)

12. Le dimanche 6 mai 2007 à , par Ouf :: site

Nous suivrons, nous connaissons l'adresse.



Petit veinard...

13. Le dimanche 6 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Bajazet, laissez donc Berthe en paix. Il lui faut du repos maintenant.


Ouf :
Petit veinard...

Il s'agit d'une île déserte. Mais avec un peu de perspicacité, en suivant le hongrois de cette note, tu devrais trouver. En plus, on y parle en ce moment des dernières illuminations prophétiques d'un ami à toi.

14. Le dimanche 6 mai 2007 à , par Ouf :: site

Merci pour le tuyau... de poêle...
Ah oui, ce trés cher ami....C'est gentil de me rappeler son existence, alors que je fais de mon mieux pour tenter de l'oublier...

15. Le dimanche 6 mai 2007 à , par DavidLeMarrec

Ah, mais je ne t'avais rien dit... Mais tu voulais l'adresse, je n'allais pas te priver de si bonne compagnie - même si les natures dont s'inspirent ses sujets ne sont pas toutes aussi glorieuses que celle de Kónya...

16. Le mardi 8 mai 2007 à , par Bajazet

Aaaaaaaaah, je suis nerveuuuuuuuuuuuuuuuuuseuuuuuuh !

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