Carnets sur sol

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[fragment] Emmanuel CHABRIER - Le roi malgré lui à l'Opéra-Comique


Assisté à la représentation du 3 mai.


Très chouette.

Bien, on pourrait tresser des couronnes à l'oeuvre, on est tous d'accord. Quantité de références, aussi, il faudra en toucher un mot à l'occasion, mais cela mérite une notule à part entière. Car l'oeuvre joue avec beaucoup de liberté de tous les codes : ceux du Grand Opéra à la française (sujet historique, semi-ballets, scènes de foule, moments obligés), ceux de l'opéra-comique dont il adopte la forme, avec une part toujours indécidable de sérieux et de parodie, trait propre à Chabrier. Et puis des morceaux de thèmes ou de manières célèbres.

On pouvait discuter la mise en scène qui met largement à distance, parfois en surcharge, en montrant les coutures du drame ; mais ça n'en bannit pas l'émotion, je n'ai pas ressenti de trop-plein, à vrai dire. Et c'était agréable à regarder, amusant souvent.
[Pour ceux qui ne s'y sont pas rendus, Pelly montre la pièce en train d'être montée, en laissant tout de même parfois oublier cet aspect. Il n'y a qu'à la fin des actes que le propos musical et dramatique est suffisant pour ne pas le surcharger par les interventions muettes des trois régisseurs. Contrairement à beaucoup de commentateurs, je n'ai pas été dérangé du tout, y compris pour les répliques des mousquetaires, qui étaient cependant plus enflammées à Lyon en 2005.]

Merci au bon génie qui a providentiellement inspiré cette quasi-recréation, et qui se reconnaîtra !

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Je reproduis plus bas un mot sur les voix écrit ailleurs en manière de commentaire informel. Evidemment, c'est plus à l'emporte-pièce, avec moins de précautions pour les artistes.


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Commentaires

1. Le mercredi 6 mai 2009 à , par DavidLeMarrec

Au niveau des surprises, j'ai été malheureusement assez d'accord avec les critiques sur la direction pas très subtile (en revanche, ça ne jouait absolument pas trop fort comme j'ai lu, c'est juste que l'orchestre de Chabrier fait plus de bruit que du Mozart...). Il faut dire que William Lacey dirigeait l'Orchestre de Paris, qui s'est montré particulièrement en dessous de sa réputation (et je ne dis pas cela pour vexer André Cazalet, Jérôme Rouillard ou Philipe Aïche), assez terne (j'ai cru pendant toute la représentation qu'il s'agissait de l'Ensemble Orchestral de Paris...).
C'est sans doute pour cela que par rapport à Pidò ou même Dutoit et Le Comte, la soirée était un peu moins électrique.

Tout était excellent, et Magali Léger compensait très bien une diction toujours aussi perfectible par une présence scénique réelle - comme d'habitude, en somme. Après, j'ai regretté de ne pas découvrir Amel Brahim-Djelloul, que j'aime beaucoup, dans cette oeuvre (elle y était annoncée).

Plusieurs surprises :
- Jean-Sébastien Bou (le Roi), pendant le premier acte, n'était pas chaud du tout, et la voix s'entendait un peu tassée d'où j'étais. (Ce théâtre est étrange, on n'entend pas de façon très physique alors qu'il est tout petit.) On dirait une voix jeune, encore un peu verte, très prudente, ce que ça ne produit absolument pas au disque.
Ca s'est arrangé par la suite, je pense qu'il ne s'était pas trop chauffé pour tenir la longueur. J'imaginais plus de rayonnement, parce que l'engorgement fait parfois plus résonner le son à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Bref, j'ai trouvé ça moins électrique que Rivenq (qui est pourtant une bizarrerie sur le papier), mais c'était tout de même chanté avec toutes les qualités qu'on lui connaît : mordant, diction, maîtrise de tous les types d'émission - même s'il s'en sert moins qu'en Dorval...
- Franck Leguérinel (Fritelli), qui était apparemment peu sonore au disque, se révèle en fait une voix extrêmement bien projetée, et encore plus en parlé qu'en chanté. Très sobre dans son jeu et son chant, d'ailleurs. J'ai vraiment adoré, parce que le rôle est un peu ingrat vocalement, et il se fait toujours entendre, même dans les ensembles. Vraiment magistral. Tout l'inverse de Naouri (en 2005), qui semble faire trembler les murs au disque et qui sonne tassé en salle.

Et Sophie Marin-Degor (Alexina), c'était bien sûr très chouette, comme d'hab. Petite surprise : le timbre est moins 'typé' dans la salle. Mais elle se balade sérieux dans un rôle assez inchantable. C'est un bon choix de distribution : ils ont pris une voix assez légère, mais avec suffisamment d'ampleur, ce qui évite, en prenant tout à fait la voix du rôle, qu'il y ait des difficultés de souplesse.

Nabil Suliman (Laski), qui nous avait paru d'une technique défaillante (encore d'étudiant...) en Lord Ruthven chez Marschner (rôle-titre du Vampire), se révèle tout à fait sympathique à entendre sur pièce en français.

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Il me manque Gordon Gietz (Nangis) ; c'est une voix typique des légers américains, très homogène, tessiture haute bien soutenue, mais très peu sonore. Très bon français, mais quasiment pas d'investissement, ni scénique, ni vocal. Un peu transparent à vrai dire pour le séducteur Nangis, mais amplement correct.
Il était de toute façon impossible de passer après la grâce absolue de Yann Beuron.

Les Choeurs de Lyon bénéficient d'une bonne diction et d'une superbe homogénéité, voilà qui change un peu des habitudes parisiennes. L'Opéra-Comique fait décidément du sans-faute sur le sujet.

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David Le Marrec

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